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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Générations d'agriculture

17 Juin 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Risk-monger

Générations d'agriculture

 

Risk-monger*

 

 

 

 

Ce qui suit est le texte de base pour une présentation faite à l'assemblée générale de la British Association of Feed Supplement and Additive Manufacturers (BAFSAM – association britannique des producteurs de compléments et d'additifs pour l'alimentation du bétail), tenue à Londres le 17 mai 2018. Comme la présentation a été faite sans notes, le contenu réel peut différer légèrement.

 

 

Joyeux 50e anniversaire  !

 

Cinquante ans, cela ne pourrait être qu'un monarque au Royaume-Uni ; ce n'est peut-être qu'un clin d'œil depuis que le Risk-monger est entré à l'école primaire ; mais c'est deux générations complètes et un monde de changements pour l'agriculture. Qu'est-il arrivé à l'industrie des additifs alimentaires pour le bétail au cours des 50 dernières années ? Qu'a fait votre demi-siècle en termes de progrès technologique pour le monde ? Comment avez-vous contribué à faire progresser l'agriculture et la sécurité alimentaire depuis l'époque de vos parents ? Depuis que vos grands-parents ont été les pionniers dans les progrès de la technologie des denrées alimentaires et des aliments pour animaux ?

 

 

Le monde de nos grands-parents

 

Le monde de l'agriculture et de la production alimentaire de nos grands-parents était très différent de ce que nous voyons aujourd'hui. L'augmentation de la production alimentaire après la Seconde Guerre Mondiale et la reconstruction étaient impératives. L'agriculture s'est intensifiée comme l'a fait la demande. Nos grands-parents avaient des technologies limitées mais étaient confrontés à des menaces mondiales. Les populations, après-guerre, ont commencé à croître et la peur d'une bombe « population » pesait sur nous avec le fantôme de Malthus qui trouvait une voix dans les prophètes de l'apocalypse moderne comme Paul Ehrlich. Les famines fréquentes en Afrique et dans le sous-continent indien ont accentué le sentiment qu'il fallait produire plus. Entrent alors en scène des agronomes et des biologistes des plantes comme Norman Borlaug, qui ont travaillé pour trouver des solutions aux besoins de l'agriculture. Les fermes elles-mêmes ont commencé à se transformer... les pressions économiques ont entraîné de nombreux petits agriculteurs à la faillite, des investissements plus importants ont été nécessaires à mesure que l'agriculture devenait une activité entrepreneuriale. Les machines lourdes et l'automatisation ont commencé à remplacer la main-d'œuvre et les troupeaux sont devenus des actifs d'exploitations d'élevage. Avec ceci est venu le besoin de plus grands volumes de matières premières fourragères et de l'introduction de compléments alimentaires. Les gouvernements trouvaient des moyens d'aider nos grands-parents à assurer un approvisionnement alimentaire stable et plus abondant, de les aider à prendre de l'expansion et à gérer les coûts. Alors que la surproduction se dessinait dans certains secteurs en Europe, les régulateurs ont payé les agriculteurs via la PAC pour laisser les champs en jachère.

 

 

Le monde de nos parents

 

Lorsque nos grands-parents ont remis la terre à nos parents, ceux-ci étaient beaucoup moins nombreux dans leur génération à prendre le chemin des champs. La technologie et les solutions scientifiques ont fait grimper les rendements et les effectifs agricoles ont chuté. Les produits agrochimiques, les engrais, la sélection végétale avancée et les additifs pour l'alimentation animale relevaient les défis et amélioraient la production agricole et la sécurité alimentaire. Nos parents ont dû opérer dans un monde de risques et de craintes des risques de la population. Les miracles de la science et les merveilles des produits chimiques ont été remplacés par des processus de gestion des risques car de nombreuses crises, notamment dans les années 90, ont commencé à faire craindre que l'approche synthétique de la production alimentaire ait ses limites. OGM, ESB, ROR, acrylamide, dioxines... il semblait que la technologie laissait une traînée d'incertitudes qui rendait les consommateurs confus et vulnérables. Les gens ont commencé à parler de confiance dans la chaîne alimentaire.

 

Les gouvernements de nos parents s'inquiétaient de la salubrité des aliments, de la limitation des flambées de maladies et de l'amélioration de la diversité calorique et alimentaire. Si les dioxines trouvaient leur chemin dans les œufs ou si les vaches devenaient bancales, alors les gouvernements devenaient eux-mêmes instables. Le public se réveillait aux évolutions de l'agriculture, mais nos parents n'étaient pas très préoccupés par les questions de relations publiques ou de confiance publique. Il y avait du travail à faire, et les marges agricoles étaient encore très serrées.

 

Leur génération a vu la montée des ONG – des idéalistes exigeant une meilleure façon de pratiquer l'agriculture, sans les produits chimiques et les technologies (et sans expérience ou compréhension de l'agriculture). Des adjectifs et termes comme organique ou biologique, naturel, pur, en libre parcours, sans cruauté et nourri à l'herbe ont commencé à trouver leur chemin sur les étiquettes alimentaires et dans les stratégies de marketing en direction d'une niche, quoique petite, de clients dévoués à ces causes. Le dialogue avec les parties prenantes et leur consultation sont devenus les principaux moyens de gouverner et de bâtir la confiance, mais les activistes ont rapidement commencé à déployer leurs tactiques de pression au sein même des gouvernements.

 

 

Notre monde

 

Nos parents nous ont laissé un monde bien meilleur que ce que nos grands-parents auraient pu imaginer. Les rendements ont grimpé en flèche, les marchés se sont stabilisés et les chaînes d'approvisionnement ont progressé jusqu'à un point où une mauvaise récolte ou une épidémie n'avait aucun effet sur l'approvisionnement alimentaire mondial. Il devient difficile de se rappeler la dernière peur quant à la sécurité alimentaire ou la famine. La population grandissante est également devenue plus aisée ; elle consomme plus de protéines provenant d'une plus grande variété de sources. Nous nourrissons maintenant de grandes exploitations aquacoles avec du soja et développons des aliments pour bétail à base d'insectes.

 

L'agriculture a également changé, en se concentrant plus sur la gestion de l'environnement et moins sur la production alimentaire. Le financement de la PAC, suivant le modèle autrichien, va à la gestion des haies et des eaux usées, tandis que la réhabilitation des sols et la préservation des habitats des pollinisateurs sont des défis importants pour les agriculteurs tout comme la limitation des émissions de CO2.

 

Peut-être le succès de nos parents nous a-t-il fait oublier que l'agriculture comporte des risques – nous sommes maintenant dans un monde qui a adopté une approche réglementaire fondée sur le danger. Nos parents ont géré les risques en réduisant l'exposition aux dangers. Les denrées alimentaires et les aliments pour animaux étaient soumis à des tests visant à déterminer les limites maximales de résidus (LMR) et les organismes de réglementation avaient pour objectif de réduire ces concentrations à un niveau aussi bas que raisonnablement possible (ALARA – as low as reasonably achievable). Aujourd'hui, les expositions ne semblent pas avoir d'importance : si une substance est jugée dangereuse, quelle que soit la gravité du danger, les incertitudes doivent être éliminées grâce à un outil appelé principe de précaution.

 

 

La perversion de précaution

 

Le principe de précaution, dans le cadre d'une approche fondée sur le danger, a changé la façon dont le processus de réglementation agricole a évolué. Alors que la plupart des membres de notre génération continuent de penser en termes d'évaluation des risques fondée sur des preuves, ceux du gouvernement utilisent d'autres outils, non rationnels. La précaution suit une logique différente, non scientifique, avec des concepts ouverts à l'interprétation et à la manipulation politiques. Voici un exemple. En ce beau jour, avec le soleil qui brille, je regarde dans mon sac et je vois que j'ai emmené un parapluie (une action très préventive). Avais-je raison d'emmener mon parapluie en cette journée ensoleillée ? Non, je n'avais pas raison. Mais, avais-je tort d'emmener mon parapluie ? Non... je n'avais pas tort non plus. En fait, je le prendrai demain, même si l'on prévoit une nouvelle journée ensoleillée. Avec le principe de précaution, la logique est inversée : ne pas avoir raison n'est pas la même chose qu'avoir tort – ou, pour être plus précis, grâce à la précaution, je ne me trompe jamais. Maintenant, si vous étiez un décideur désirant faire carrière, vous apprécieriez le fait d'être dégagé de toute responsabilité de manière inhérente par l'utilisation de la précaution pour des questions politiques sensibles. Pour les scientifiques cependant, qui croient que vous avez raison ou tort (et supposent que si vous avez raison, vous êtes dans le droit), cela peut être exaspérant.

 

La deuxième chose que la précaution a apportée à la folie de la politique chimique de notre génération, c'est de cimenter la subjectivité dans ce qui devrait être un processus objectif. La précaution est normative – nous ne l'appliquons que sur des problèmes perçus comme non désirés. L'interdiction récente de toutes les applications d'insecticides néonicotinoïdes n'a pas été fondée sur une évaluation globale des outils de protection des cultures pour savoir lesquels étaient les meilleurs ou les moins bons. Les néonicotinoïdes ont été ciblés par un groupe d'activistes qui ont planifié une stratégie à long terme pour éliminer tous les pesticides de synthèse. Personne n'a examiné si les alternatives aux néonicotinoïdes, y compris les pesticides approuvés pour l'agriculture biologique, n'étaient pas bien pires pour les agriculteurs, les consommateurs, l'environnement et, oui, les abeilles. Personne ne devait examiner cela parce que, rappelez-vous, avec le principe de précaution, vous ne vous trompez jamais (mais juste, comme dans le cas des néonics, vous n'avez pas vraiment raison). Michael Gove [Secrétaire d'État à l'Environnement, l'Alimentation et les Affaires Rurales du Gouvernement du Royaume-Uni] a fondé sa stratégie anti-néonics sur les bonnes intentions et l'opportunisme politique, pas sur les avis scientifiques.

 

La pire chose à propos de la précaution (oui, c'est pire !), c'est qu'elle peut être manipulée pour interdire tout et n'importe quoi. Bruxelles utilise ce que j'appelle la définition de la précaution de David Gee [Agence Européenne pour l’Environnement (AEE)], qui renverse le fardeau de la preuve. À moins que vous ne puissiez me prouver que votre substance, additif ou procédé est sûr, vous n'avez pas le droit de l'utiliser ou de le commercialiser. Qu'est-ce qui est « sûr » dans une approche fondée sur le danger ? Sûr pour un fœtus ? Sûr si la seule personne exposée au danger utilise un équipement de protection approprié ? Sûr sur une longue période d'exposition à de faibles doses ? Sûr signifie tout, ou rien, selon la personne qui utilise le concept, et comme c'est un concept émotionnel, il peut être manipulé dans une campagne basée sur la peur. Et même si vous pouvez montrer que votre substance est sûre, un activiste peut simplement marmonner : « Pas assez sûr ! » Il a été déterminé, dans une évaluation des dangers de piètre qualité menée par une agence des Nations Unies politiquement sous influence qu'un des produits chimiques les plus bénins, le glyphosate, n'était pas sûr à 100 % pour les utilisateurs agricoles. Il n'a pas fallu beaucoup de temps aux activistes pour exploiter la définition basée sur le danger et transformer l'herbicide du siècle en racine de tous les maux et cause de tous les problèmes de santé des consommateurs.

 

Ce processus lamentable peut être appliqué à n'importe quelle substance que n'importe quel activiste pourrait ne pas aimer. Quel sera le prochain glyphosate ? Avez-vous une nouvelle technique de sélection qui peut créer un additif alimentaire beaucoup plus nutritif et économique ? Désolé, je dirai que c'est un OGM, et puisque « nous » ne pouvons pas être certains qu'il est sûr, votre innovation n'aidera pas les agriculteurs de sitôt !

 

Notre génération a fait en sorte que la précaution devienne le principal outil stratégique dans une approche de réglementation fondée sur les dangers... pas étonnant que nos agriculteurs deviennent nerveux. Mais regardez le pedigree de nos décideurs d'aujourd'hui et vous commencerez sans aucun doute à voir comment les choses ont commencé à se défaire.

 

Le régulateur auquel nous sommes confrontés aujourd'hui diffère de celui de nos parents. Ce n'est plus un service qui attire des personnes expérimentées et talentueuses qui ont accompli des choses dans leur vie professionnelle et prendraient leur retraite en redonnant au service public. Le concept de gouvernance des anciens régulateurs était minimaliste – si l'industrie pouvait proposer une initiative volontaire, alors ils étaient heureux de laisser le processus se faire.

 

Maintenant, les couloirs du pouvoir sont peuplés de jeunes diplômés des études politiques (j'ai vu beaucoup de ces jeunes idéalistes passer dans mon amphithéâtre). Ils arrivent au gouvernement désireux de réglementer, d'utiliser les outils dont leurs professeurs ont parlé et de réaliser leur véritable objectif de service public : protéger la population et sauver la planète. En tant que généralistes sans expérience ni expertise, ces jeunots n'ont jamais été intéressés par les détails ennuyeux des preuves ou des études d'impact. L'industrie n'aura pas l'occasion d'influencer le processus – la transparence est devenue la seule vertu politique et le principe de précaution fondé sur le danger, le principal outil politique.

 

Au cours de la dernière décennie, la transformation de la politique a permis d'éliminer bon nombre des technologies dont nos parents avaient bénéficié. Les idéalistes de l'Europe ont interdit les OGM, les technologies de protection des cultures les plus avancées et certains additifs pour l'alimentation animale. Les agriculteurs ont dû revenir à des technologies plus anciennes, travailler plus dur et faire face à de plus grands défis. Nous profitons encore de l'abondance agricole, mais en Europe, cela provient de plus en plus des denrées alimentaires et des aliments pour animaux importés.

 

 

Le monde de nos enfants

 

Alors, que sera le monde que nous allons donner à nos enfants ?

 

Le monde de nos enfants pourrait être, selon notre norme actuelle, plus chaotique. Les parties prenantes aujourd'hui autour de la table disparaîtront, remplacées par des communautés constituées de manière aléatoire (les tribus de réseaux sociaux), animées par un idéalisme fluctuant et dirigées par un gourou. La confiance sera collective – ce que j'appelle la « confiance chaîne de blocs » où tout le monde regarde et vérifie les actions de chacun et les algorithmes nous disent comment procéder. Les communautés cultivant le plus l'émotion et la passion seront les plus à même d'influencer le débat politique, dans lequel les décideurs abandonneront le consensus et le dialogue et déclareront que leurs décisions sont la volonté démocratique du peuple.

 

Les décisions concernant les aliments pour animaux et l'agriculture seront prises par des professionnels de l'agitation politique, des avocats et des idéalistes qui, bien qu'ils n'aient jamais été à la ferme, se fieront aux conseils qu'ils recevront des rêveurs agroécologiques. Dans tous les cas, la consommation de viande diminuera en Europe (pour le bien commun), les suppléments et les protéines alternatives prenant de l'importance. Les tribus qui militent pour le véganisme, la réduction des effets sur le climat, le bien-être des animaux, les préoccupations de santé et de bien-être et les agro-révisionnistes prédomineront et imposeront une nouvelle forme de politique agricole en Europe.

 

Ce « peuple » déterminera les évaluations des risques, avec des scientifiques citoyens financés par des organisations militantes et se faisant passer pour des experts du peuple. Le public sera informé de tous les additifs et substances chimiques et une voix du peuple émergera à travers le processus communautaire. Tous les autres scientifiques seront ostracisés comme faisant partie d'une conspiration de l'industrie pour nous empoisonner. Nos enfants n'auront plus de Monsanto à combattre, mais le fantôme de cette entreprise sera souvent sollicité. Les grandes entreprises devront se présenter dans des myriades de petites entités promouvant le vert, le local et le bien.

 

La religion de l'alimentation biologique sera redéfinie et diluée (les fondamentalistes puritains étant respectés et tolérés poliment mais tenus à l'écart des communautés influentes). Les fabricants et les distributeurs de produits alimentaires deviendront les pires ennemis d'Agritech, en cherchant à donner aux « gens » tout ce qu'ils perçoivent comme des demandes, indépendamment de la faisabilité des exigences dans la production alimentaire. Ils ont pu s'en tirer avec leurs astuces de marketing anti-science grâce aux réalisations de la chaîne d'approvisionnement de nos parents. On ne peut pas élever suffisamment de bœuf biologique nourri à l'herbe au Royaume-Uni ? Aucun problème ! Nous pouvons le trouver en Australie.

 

Les capitales européennes deviendront des incubateurs politiques dirigés par des idéalistes, dominés par des activistes américains qui ne voient aucun espoir de changement politique à Washington mais un terrain fertile dans le climat de précaution autour de la Place Schuman. Ces carpetbaggers viennent en Europe avec l'espoir d'y handicaper les technologies agricoles, puis d'utiliser leurs acquis politiques illogiques pour perturber la chaîne de valeur. Des barrières commerciales seront exigées et des pressions seront exercées sur les distributeurs mondiaux et les fabricants d'aliments pour qu'ils adoptent les solutions préférées des activistes. Les marchés américains s'aligneront même si Washington reste axé sur la science et la gestion des risques. J'ai bien peur que le Brexit ne vous isolera de cette vague de Stupide.

 

Quelles conséquences pour les agriculteurs et la production alimentaire ? Personne ne semble leur parler. Notre génération a permis à l'expertise et à l'expérience de dériver à l'écart du processus politique. Je ne peux que commencer à imaginer comment cette folie motivée par des zélotes va affecter la production alimentaire et les rendements pour nos enfants. Nos grands-parents se retourneraient dans leurs tombes en voyant que nous embrassons volontiers leur monde d'incertitude, d'insécurité alimentaire et de sueur.

 

Oh mon dieu... J'ai l'air d'avoir peint un terrible avenir pour nos enfants. Et par une si belle journée... sur un si beau bateau !

 

 

Un présent qui assure l'avenir

 

Mais écartons la perspective de devoir entrer dans le box des accusés et imaginons des moyens d'empêcher cette tragédie. Comment pouvons-nous laisser à nos enfants un monde meilleur que celui que nous ont laissé nos parents ?

 

Clairement, ne rien faire ou espérer que les choses s'améliorent n'est pas une solution.

 

Les outils mis en place par les activistes ont été conçus pour menotter l'innovation, la technologie et l'industrie. L'approche fondée sur le danger n'est ni scientifique ni pratique. Le CIRCgate et la débâcle du glyphosate ont été le moment décisif où le processus d'évaluation des risques de l'UE a dû être renforcé. Le principe de précaution (en tant que renversement de la charge de la preuve) vise à éliminer les risques plutôt qu'à les gérer – il devrait être un outil de dernier recours (lorsque la gestion des risques a échoué) et non le premier et unique outil réglementaire. La démocratisation du processus d'évaluation des risques ne fera que conduire à des campagnes de peur orchestrées par des activistes influençant le processus décisionnel. Tous ces outils doivent être limités et placés dans une structure réglementaire rationnelle, fondée sur des données probantes et axée sur les risques.

 

Vous devrez sortir et construire vos communautés d'agriculteurs, de scientifiques, de consommateurs et de personnes raisonnables ; vous lancer dans la boue des réseaux sociaux et mettre en évidence les risques auxquels nous exposent les activistes et leurs intentions malveillantes. Nous avons besoin de beaucoup plus de personnes qui se lèvent pour la science dans un monde où les activistes répandent leur bile souvent sans opposition ni contestation. Comme nous sommes entraînés dans l'Âge du Stupide, devrions-nous continuer à ne rien faire, permettre à nos régulateurs d'embrasser l'ignorance et de conduire nos agriculteurs à l'échec ?

 

Je regarde autour moi et je vois des opportunités. Cette association n'a pas seulement 50 ans, c'est la somme de ses parties : innovante, motivée et débrouillarde. Cette communauté est composée de millions de scientifiques, de développeurs, de fabricants tout au long de la chaîne alimentaire. Vous devez prendre le taureau par les cornes, créer un mur de raison pour repousser les opportunistes de la précaution, exiger le service qui doit être rendu ainsi que la responsabilité de nos régulateurs et les rappeler à l'ordre quand ils abusent du processus pour leur profit politique. Engageons-nous aujourd'hui à faire face aux outils des activistes qui ne feront que continuer à étouffer les agriculteurs, réduire les rendements et augmenter la souffrance des animaux.

 

Nos enfants n'ont pas à hériter d'un monde dominé par des marchands de peur manipulateurs et des dirigeants faibles et opportunistes. Je crains, comme beaucoup de parents aujourd'hui, que mes enfants quittent l'Europe pour de meilleures horizons. Donnons-leur une Europe digne d'être leur patrie, un monde prospère et une communauté qui défend leurs intérêts.

 

______________

 

* David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur Twitter et sa page Facebook.

 

Source : https://risk-monger.com/2018/05/17/generations-of-farming/

 

Post scriptum

 

On lira aussi avec grand intérêt « Non, ce n’était pas le bon temps ! » sur Alerte-Environnement. Ce texte fournit de larges extraits d'une lettre de M. Pierre Chevalier, un agriculteur de Charente, publiée dans la France Agricole.

 

 

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N
> le succès de nos parents nous a-t-il fait oublier que l'agriculture comporte des risques

>Alors, que sera le monde que nous allons donner à nos enfants ?

On peut craindre le pire, effectivement. Les orages inhabituels qui emportent la terre ....biodiversité en déclin (voir http://www.lejardinvivant.fr/2018/06/16/le-ver-de-terre-moteur-de-la-transition/ ) et la propagande agro-chimique continue .... Quel sera le monde de nos enfants, oui ... bonne question ....
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui les orages violents emportent la terre. Mais oui aussi, l'agriculture conventionnelle « de conservation » et d'autres techniques protègent la terre. Ça ne date pas d'aujourd'hui et on n'a pas attendu les prêcheurs de bien-pensance pour prendre des mesures de protection.

Ne craignez pas le pire ! Sachez, pour commencer, que dans un système d'agriculture familiale, la terre est un moyen de production précieux dont les agriculteurs prennent (généralement) grand soin.
N
ah M. Douar ... regardez la couleur de l'eau dans les rivières ? Cela vous enchante de voir la terre agricole foutre le camp à chaque grosse pluie ?
avez-vous une idée des causes, non pas des orages, mais de la perte de terres ?
Osez ouvrir les yeux !
D
"Alors, que sera le monde que nous allons donner à nos enfants"
Purée, vous le ressortez souvent ce poncif? Je l'entends depuis plus de 40 ans, bon moyen pour clore un débat. Vous craignez le pire? les orages (ça n'existait pas avant, sûr), la perte de biodiversité et même pire, la descente du PSG en seconde division.
Troporrible.