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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Comment des militants sans scrupules essaient de détruire la science

19 Juin 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme

Comment des militants sans scrupules essaient de détruire la science

 

Michelle Miller*

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons ici le titre original, mais il aurait dû se terminer par « détruire des scientifiques ». Aux États-Unis d'Amérique, ils s'en prennent à M. Kevin Folta (dont nous avons publié des articles sur ce site). À Bruxelles, un professeur David Zaruk, alias Risk-monger, a été éloigné de l'université Saint-Louis à la suite de manœuvres d'un autre professeur – célèbre – passé du côté obscur, dans le militantisme sans scrupules. Ce sera l'objet d'un autre billet.

 

 

Je me suis demandé s'il était opportun d'écrire sur ce sujet.

 

Mais pour la science, l'innovation et l'humanité, il faut faire quelque chose pour mieux faire comprendre à quel point les activistes qui s'attaquent au monde agricole peuvent être destructeurs. Bien que je ne veuille pas attirer l'attention sur eux (ils ne le méritent pas), cela a été terrible de voir certaines choses qu'ils ont faites. Par exemple, Greenpeace a organisé la destruction d'essais sur le terrain et de fermes pour conforter ses propres activités de collecte de fonds. Des installations de recherche ont été détruites. Ils harcèlent les scientifiques et les agriculteurs comme moi.

 

Je suis un ardent défenseur de la biotechnologie dans les fermes. Nous cultivons des plantes dites « OGM » et c'est grâce à cette technologie que nous n'avons plus à traiter avec d'affreux insecticides comme nous l'avons fait par le passé pendant des décennies. Nous pouvons utiliser des herbicides plus sûrs, produire plus sur moins de terres en utilisant moins de ressources, et nous n'avons plus à labourer le sol, ce qui est une situation gagnant-gagnant pour la planète et pour nous. Il y a une raison pour laquelle 95 pour cent des producteurs de denrées de base utilisent ces technologies brillante dans les fermes : elles se sont avérées sûres, productives et bénéfiques, et tout ce que nous mangeons a été modifié d'une manière ou d'une autre.

 

Pour en savoir plus sur la modification génétique dans les plantes, y a-t-il meilleure source que les scientifiques des laboratoire qui travaillent sur des solutions d'ingénierie pour les agriculteurs ? Le Dr Kevin Folta est quelqu'un dont j'ai beaucoup appris sur la façon dont les plantes sont modifiées, et il est aussi un ardent défenseur de la biotechnologie. C'est un scientifique reconnu et respecté dans le monde entier, enseignant et communiquant sur des technologies révolutionnaires telles que CRISPR, l'édition de gènes, le génie génétique, l'ARNi, et bien d'autres choses encore. Il fait évoluer les cœurs et les esprits. C'est un sacrément bon communicateur et il a grandement contribué à aider le grand public à comprendre la science agricole en tant que professeur à l'Université de Floride et président du Département des Sciences Horticoles.

 

Ou devrais-je dire, était le président du Département des Sciences Horticoles ?

 

 

J'ai le regret d'annoncer que j'ai dû quitter mon poste de président du département des fruits et légumes n ° 9 dans le monde. Les attaques récentes de groupes militants ont été dommageables. Je suis confronté à beaucoup de problèmes personnels qui me prennent beaucoup de temps. Ce n'est pas juste pour les professeurs, pas juste pour les étudiants, et c'est une distraction horrible du travail 24/7 qui consiste à diriger un département universitaire de premier plan.

C'étaient six belles années et j'aurai maintenant plus de temps pour la recherche, mes étudiants, le temps passé à la ferme, les conférences et l'écriture. Je ne serai jamais en dehors du leadership universitaire – ce ne sera tout simplement pas une mission ou une attente. Peut-être que je trouverai le temps de me remettre sur mon vélo, dans mon kayak et mes chaussures de course.

J'essaie de trouver de bons côtés. Merci à la plus grande faculté du monde.

 

 

Récemment, quelqu'un ayant des liens personnels avec le professeur Folta a trouvé des relevés de versements d'il y a des années : de Monsanto, du United Soybean Board, de Bayer, etc. Il s'agissait de chèques de remboursement pour les frais de déplacement, et rien de plus, pour des conférences sur l'amélioration des plantes – pas d'honoraires de conférencier ou de rémunération personnelle. Ça a du sens, non ? Les scientifiques financés par des fonds publics ne devraient-ils pas au moins voir leurs frais couverts quand ils parlent à des auditoires de l'agriculture ? Un billet d'avion en classe économique, un hôtel bon marché, peut-être un repas ici et là – un scientifique ne devrait pas avoir à payer cela de sa propre poche. Il donne déjà son temps, loin de chez lui, souvent le week-end. Et encore une fois, pas un centime pour lui personnellement (et s'ils offrent des honoraires de conférencier, cela va à la vulgarisation de la science ou à un organisme de bienfaisance dans le besoin).

 

Les chèques de remboursement sont diffusés sur Internet comme des « récompenses » et des preuves que l'enseignement de la science de Folta n'est rien d'autre qu'un effort secret de relations publiques rémunérées. Un nouveau coup bas.

 

Les scientifiques en amélioration des plantes doivent interagir étroitement avec les entreprises semencières. Comment peut-on comprendre les besoins et les choix des agriculteurs et se concentrer sur une recherche pertinente ? Si vous travaillez à la production d'un meilleur soja par exemple, euh, oui, vous devriez discuter du développement du soja avec le conseil du soja – c'est comme ça que fonctionne la collaboration scientifique. C'est aussi mon cas en tant qu'agricultrice. Est-ce que je dois parler au conseil du soja ou à Monsanto ? Absolument ! Nous sommes des producteurs de soja ! (Incidemment, ils ne me payent pas pour écrire sur ces sujets ; tous les points de vue exprimés ici sont les miens.)

 

Ce qui s'est passé avec Folta est horrible. Les activistes anti-OGM ont décidé de monter en épingle les talons des chèques de défraiement, de le traiter comme une sorte de suppôt d'entreprise rémunéré, de créer de fausses accusations, de le diffamer et de le harceler ainsi que l'organisation universitaire. Malheureusement, il y a eu plusieurs incidents de ce genre au cours de ces années où le département universitaire a été harcelé sans arrêt. Cela l'a finalement conduit à démissionner de son poste de président de la science de l'horticulture pour protéger l'université, son département et ses étudiants. Ses collègues et étudiants ont été reconnaissants pour les quelque six années de leadership dans un poste de gestion difficile.

 

J'ai rencontré Folta la semaine dernière dans un restaurant à Chicago. Il était clair que cette décision lui pesait lourdement – il a une passion pour la science et l'alimentation qui n'a guère d'égales. Pendant que nous parlions, il a raconté certaines des menaces qu'il a affrontées, certaines des accusations, ainsi que certains de ses meilleurs moments. Il chérit son travail avec les étudiants et apprécie les occasions de parler de l'agriculture moderne avec les gens. Ce sont ces moments de lumière qui font que le nuage sombre dans lequel il a été jeté est d'autant plus difficile à gérer.

 

Tout cela est si désespérant, bien que Folta ait fait preuve de force et de persévérance dans toute cette situation. Ici, nous avons quelqu'un qui fait du bien dans le monde pour les agriculteurs, la science et l'environnement, et les activistes tentent de détruire cela et de le réduire au silence. Il a dirigé des scientifiques qui travaillent sur les fruits et légumes, aucun n'étant GM. Beaucoup de professeurs et d'étudiants travaillent dans la production biologique, un secteur dans lequel il a financé des formations et des opportunités. Mais l'activisme que Folta a rencontré consiste à détruire des carrières pour faire avancer un programme, comme le font Greenpeace, GM Watch et bien d'autres groupes.

 

Ce qui me rend triste, c'est que je suis sûre que beaucoup de militants anti-OGM sont vraiment bien intentionnés. Moi aussi, j'étais une activiste anti-OGM bien intentionnée avant de déménager dans notre ferme. Les rumeurs sur les OGM s'étalent chaque jour sur internet, mais si plus de gens interrogeaient de vrais agriculteurs et des scientifiques à plein temps sur l'agriculture et la science, le monde serait un endroit bien meilleur et bien mieux informé. Ces groupes d'activistes aimeraient que les gens croient que les OGM sont arrosés de produits chimiques toxiques, que les agriculteurs sont sous la coupe d'énormes sociétés avides de profits, qu'il y a des semences Terminator, que les OGM nuisent aux abeilles, etc. Rien de tout cela n'est vrai. Vérifiez les faits avant de partager la désinformation !

 

D'un autre côté, qui finance ces activistes ? Suivez la trace de l'argent. Alors que Kevin Folta se fait traiter de vendu et fait face à des tentatives de détruire ses moyens de subsistance et sa carrière, qui sont les vrais vendus ? Qui finance les groupes activistes comme l'Organic Consumers Association, Food Babe ou GMO Free USA ? Il y a tellement d'argent à gagner avec la peur des consommateurs, et Whole Foods n'est pas vraiment fauché. Le Non-GMO Project vaut près de 20 milliards de dollars. En créant des messages fondés sur la peur et des informations erronées, ils profitent avec succès d'un message incorrect sur l'alimentation et l'agriculture pour se faire du fric. Folta et d'autres font la lumière là-dessus.

 

Je répugne à dire que je boycotte les aliments non OGM et biologiques. Tout type de nourriture provient d'une ferme, et tous les agriculteurs méritent le respect, peu importe l'étiquette de leur produit. Malheureusement, ces groupes militants sordides ont fait qu'il est compliqué de réfuter les fausses accusations, lesquelles mettent les agriculteurs et les consommateurs dans une situation difficile. Mon espoir est qu'en suscitant une meilleure information sur ce sujet, la désinformation sera mise en évidence, que l'on vérifiera les faits et que l'on n'oubliera pas d'explorer les deux faces de chaque argument. Aller à la source, creuser plus profond.

 

Peut-être qu'un militant anti-OGM lisant ceci réalisera que des scientifiques comme Kevin Folta, des agriculteurs ou des agronomes sont une meilleure source d'information sur ce sujet qu'un activiste urbain bien financé qui n'a peut-être jamais été dans un laboratoire ou une ferme de sa vie.

 

________________

 

* Michelle Miller, la Farm Babe, est une agricultrice, conférencière et auteure de l'Iowa qui vit et travaille avec son compagnon dans sa ferme de cultures sarclées, de bovins de boucherie et de moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour combler le fossé entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : https://www.agdaily.com/features/farm-babe-how-unapologetic-activists-are-trying-to-destroy-science/

 

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M
Bonjour, j'aime beaucoup ce blog.<br /> Je lis : "Le Non-GMO Project vaut près de 20 milliards de dollars. "<br /> <br /> Je ne connaissais pas cette "association". A-t-on des informations à ce sujet et en particulier son financement ?<br /> Cordialement.
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre question.<br /> <br /> J'ai trouvé ça :<br /> <br /> http://990s.foundationcenter.org/990_pdf_archive/020/020799621/020799621_201306_990.pdf<br /> <br /> Maintenant, le Non-GMO Project est un « not-for-profit » écran qui fait faire de gros profits à ceux qu'elle sert grâce au logo « Non6GMO Project Verified ». Wikipedia a trouve une référence : on en était à une valeur de 3,5 milliards de dollars pour les produits étiquetés.