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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Fongicides SDHI : une alerte sans fondement sérieux mais activiste, à la Philippulus

4 Mai 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme, #Pesticides, #Article scientifique

Fongicides SDHI : une alerte sans fondement sérieux mais activiste, à la Philippulus

 

 

Dimanche 15 avril 2018 : Libération publie une tribune d'un collectif de chercheurs menés par Mme Paule Bénit, ingénieure de recherches IR2 à l’INSERM, « Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques ».

 

 

Audace et retenue journalistiques – pour une manœuvre sociopolitique

 

Notez le procédé classique qui consiste à généraliser un problème (allégué) particulier : non, il ne s'agit pas « des antifongiques » (plus connus comme fongicides en agriculture), mais d'une classe de produits, ceux qui inhibent une enzyme, la succinate déshydrogénase, et bloquent ainsi la respiration des champignons.

 

Un représentant emblématique de cette classe est le boscalid (anciennement nicobifen), arrivé sur le marché en 2003 et dont l'autorisation expire dans l'Union Européenne le 31 juillet 2018.

 

Voilà donc un message d'alerte qui tombe à pic... suffisamment tôt pour interférer avec la procédure de réautorisation, et suffisamment tard pour empêcher une évaluation en profondeur de l'allégation. Notez aussi le mélange de hardiesse et de prudence du message d'alerte... Mais les auteurs de la tribune ne sont peut-être pas ceux du titre.

 

Ainsi donc, selon le chapô,

 

« […] des chercheurs appellent à suspendre l’utilisation de ces produits utilisés dans l’agriculture tant qu’une estimation des dangers pour la santé n’aura pas été réalisée par des organismes publics et indépendants des industriels ».

 

La suspicion pèse implicitement sur les « industriels ». C'est là une rengaine régulièrement entonnée par les mouvances chimiophobes et antimondialistes. On retrouvera cette mise en cause dans l'envolée finale de la tribune, ce qui lève tout doute sur sa finalité : activisme.

 

En résumé :

 

« Au moment où se multiplient les communications alarmantes sur l’effondrement de la biodiversité en France, en Europe et dans le monde, il nous paraît urgent d’attirer l’attention sur les risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement de l’usage d’une classe de pesticides, les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), désormais utilisés à grande échelle comme antifongiques en agriculture. »

 

Cela commence par un non sequitur (à moins de considérer que les fongicides SDHI sont responsables de l'effondrement) pour aboutir à nouveau à ce mélange d'alarmisme et de prudence. Il y a urgence, mais pour des « risques potentiels »...

 

 

Un mécanisme simple : multiplier les épouvantails...

 

Le mécanisme de l'alerte est plutôt simple... et alarmant sur le plan de l'éthique et de l'intégrité de la démarche scientifique.

 

Les fongicides SDHI visent à bloquer une étape clé de la respiration des champignons. Or, les cellules de tous les êtres vivants respirent. Et donc – c'est sous-entendu, mais ne repose sur aucun résultat de recherche – ce blocage peut se produire ailleurs.

 

Suit une description apocalyptique des pathologies induites par des dérèglements du fonctionnement des organites en cause, les mitochondries : encéphalopathies sévères chez de jeunes enfants, tumeurs du système nerveux, prédisposition à certains cancers du rein ou du système digestif, ataxie de Friedreich, syndrome de Barth, maladie de Huntington, de Parkinson et certaines asthénozoospermies.

 

Là encore, le rapprochement heurte les principes fondamentaux de la démarche scientifique ; mais c'est bougrement efficace pour l'anxiogénèse.

 

 

...et contester le « système »

 

L'appel à l'émotion est redoublé :

 

« La respiration cellulaire et l’enzyme SDH, universelles, fonctionnent dans toutes les espèces vivantes. Comment ne pas se sentir concernés par la présence des SDHI dans nos assiettes à travers la contamination des aliments ? Comment de tels pesticides ont-ils pu être mis sur le marché avec l’assurance de n’avoir aucun impact sur la santé humaine, mais aussi sur l’écosystème tout entier ? »

 

Tout cela n'a rien de scientifique, ni même de rationnel. Les procédures d'homologation et de réhomologation sont mises en cause – tout comme, implicitement, la compétence et l'honnêteté des instances décisionnelles – sur la base d'une simple construction intellectuelle truffée de sophismes.

 

 

Il y a loin de l'in vitro à l'in vivo

 

Que les auteurs se réfèrent ensuite à leurs travaux sur l’enzyme SDH qui auraient « mis en évidence un mécanisme très particulier de dérèglement cellulaire » n'y change rien : un abîme sépare l'in vitro de l'in vivo. À titre de comparaison, s'il fallait donner crédit à l'alerte de ce collectif à propos d'une classe de fongicides, il faudrait aussi sonner le tocsin sur, par exemple, la caféine ou de nombreuses substances contenues dans les épices ou même les aliments de consommation courante.

 

Le collectif écrit :

 

« […] le blocage de cette enzyme conduit à l’accumulation d’une petite molécule, le succinate. Celui-ci va entraîner à long terme, un changement de la structure de notre ADN : ce sont des phénomènes de modifications épigénétiques (6). Ces anomalies épigénétiques liées au blocage de la SDH vont déréguler des milliers de gènes, expliquant la survenue de tumeurs et cancers, sans pourtant entraîner de mutations dans les gènes comme c’est souvent le cas des carcinogènes. Et ces modifications, contrairement aux mutations, ne sont pas détectées, ni testées, au cours des tests de toxicité conduits avant la mise sur le marché des pesticides. »

 

On peut s'étonner de l'inférence qui va de la dérégulation alléguée à l'explication des tumeurs et cancers. Mais on observera surtout que si les fongicides en cause ont été autorisés, c'est que les conséquences sinistres de cette dérégulation n'ont pas été observées in vivo. Ni dans le cadre des études préalables aux autorisations de mise en marché – examinées par de nombreuses instances d'évaluation et de décision dans le monde – ni dans le cadre de la mise en œuvre des fongicides mis en cause. Une substance comme la carboxine, introduite dans les années 1960, est systémique et devrait donc provoquer des ravages sur les plantes traitées si la thèse des lanceurs d'alerte avait quelque fondement ; ce n'est pas le cas.

 

 

Cohérence dans l'activisme, incohérence dans le raisonnement

 

Notez aussi que les auteurs posent à ce stade une affirmation péremptoire sur les modalités des tests préalables. Mais ils regrettent plus loin qu'il soit « aujourd’hui très difficile d’accéder aux informations ayant donné lieu aux autorisations de mise sur le marché pour ces molécules » (on trouve pourtant ici une abondante littérature). La cohérence n'est pas le fil conducteur de cette tribune...

 

Et, dans leur élan, les auteurs ajoutent qu'« à notre connaissance, seuls quelques tests sur la toxicité chez l’humain ont été réalisés par les firmes elles-mêmes ». Propos étonnant pour les familiers du sujet : il est notoire qu'on ne procède pas à des tests sur les humains pour ce genre de produits (et quand on déroge à la règle, comme certains constructeurs automobiles allemands avec des tests d'émissions polluantes sur des humains et des singes, on est couvert d'opprobre).

 

 

L'argument d'autorité

 

Les auteurs de l'alerte ne manquent pas d'invoquer avec grandiloquence l'argument d'autorité :

 

« En tant que chercheurs et médecins, nous avons dédié ces deux dernières décennies à comprendre comment la perte de fonction de la SDH pouvait être la cause de ces maladies et à chercher comment traiter les patients. Pour d’autres, nous consacrons notre activité de recherche à l’évaluation de l’impact des polluants environnementaux sur la santé humaine (7). Ensemble, nous ne pouvons qu’être alarmé·e·s par l’utilisation à grande échelle des SDHI dans nos champs. »

 

L'article scientifique cité l'est-il à bon escient ? Mesurer l'activité de la SDH dans le cadre d'une étude – toujours in vitro – des effets du benzo[a]pyrène n'est pas chercher « à comprendre comment la perte de fonction de la SDH... ».

 

 

Au final...

 

« Sur la base de nos tout récents résultats (8) et pour ne pas reproduire les erreurs du passé, nous appelons à suspendre l’utilisation tant qu’une estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché des SDHI. »

 

L'appel à évincer les agences d'évaluation et de décision de la procédure – à les boycotter – signe le franchissement de la frontière entre la science et l'activisme. Mais cela peut aussi être un appel du pied pour que les unités de recherche des signataires se voient attribuer un juteux contrat de recherche... dont le résultat se fera sans nul doute attendre longtemps mais qui est tout à fait prévisible au vu de la teneur de la tribune.

 

 

De la science ? Non, une imposture

 

Mais il y a encore une imposture de taille : pour l'article cité en référence, nous ne disposons que d'une pré-publication (mais sans indication de la revue d'accueil et surtout sans un tableau important pour la compréhension de la situation en matière de connaissances scientifiques...). Et cet article n'a presque rien de scientifique et tout de la manœuvre sociopolitique.

 

Ainsi, les auteurs affirment dans leur résumé qu'ils ont « établi que ces inhibiteurs inhibent facilement l'enzyme du ver de terre et de l'humain, ce qui soulève une nouvelle préoccupation à propos des dangers de leur utilisation à grande échelle dans l'agriculture ». Le texte mis en ligne ne contient aucun élément à l'appui de la première partie de l'affirmation (et, partant, de la deuxième).

 

Que penser aussi du paragraphe suivant (nous ajoutons les liens ainsi que des commentaires) ?

 

Maintenant, surtout après le déclin impressionnant des populations d'insectes en Europe de l'Ouest rapporté l'année dernière (15) [ma note : l'article de Hallmann et al. porte essentiellement sur des sites en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, des biotopes particuliers et les insectes volants ; il ne permet pas une généralisation à l'Europe de l'Ouest ; de plus, sa méthodologie est très contestable], les médias se sont emparés du sujet, en popularisant les déclarations de scientifiques renommés, tels Hubert Reeves [ma note : argument d'autorité, en plus ridicule, M.Hubert Reeves n'étant pas un spécialiste de la question], exprimant leurs préoccupations majeures quant à la conséquence de l'appauvrissement de la population de vers de terre des sols, ou le travail effectué par deux réseaux faisant le suivi des oiseaux dans la campagne française soutenus par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) rapportant la disparition virtuelle [ma note : c'est une exagération grotesque ; voir aussi la série d'articles « Ces drôles d'oiseaux du CNRS, du MNHN et du Monde Planète » sur ce blog], notamment à partir de 2008-2009, de plusieurs oiseaux sauvages des champs (informations en première page dans le Monde et The Guardian). Dans tous les cas, l'utilisation à grande échelle des pesticides a été incriminée comme étant la principale cause de ces perturbations dramatiques de notre environnement [ma note : c'est faux, et en partie démenti]»

 

Quid de la suite (nous traduisons au mieux) :

 

« Pour certains d'entre eux, les pesticides ont une ou plusieurs cibles indéfinies, une ambiguïté derrière laquelle les partisans de leur utilisation tentent de s'abriter. En pratique, ils conduisent derrière une fraction de l'opinion publique et, cette dernière sur son chemin, une partie des décideurs politiques. Tel n'est pas le cas pour les SDHI dont la cible et la spécificité ne sont pas contestées par les fabricants, les utilisateurs ou les scientifiques comme nous le sommes. En conséquence, le danger que nous mettons en évidence en ce qui concerne l'inhibition de la SDH sur la base incontestable de travaux scientifiques devrait être pris au sérieux. Ces travaux ne peuvent pas être soupçonnés d'être partisans puisqu'ils ont été principalement acquis avant la commercialisation des SDHI et publiés dans de prestigieuses revues scientifiques. La difficulté d'interdire les pesticides est d'autant plus vraie que les enjeux économiques du changement des pratiques agricoles sont potentiellement considérables, exigeant une résolution et une détermination à long terme de nos décideurs politiques. Cependant, les effets délétères puissants des SDHI sur la SDH de différentes espèces, y compris l'homme, nous conduisent à penser que le principe de précaution devrait conduire à reconsidérer la diffusion généralisée des SDHI dans l'environnement. [...] »

 

En bref, la tribune analysée ici est un résumé de l'article en principe scientifique !

 

 

L'ANSES communique... et dévoile...

 

L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a promptement réagi, le 18 avril 2018. En bref :

 

« Dans une tribune récemment publiée dans la presse, plusieurs scientifiques ont souhaité alerter sur les risques potentiels pour la santé de l’usage en agriculture des fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI). Dans ce contexte, l’Anses mobilise son expertise afin de prendre en compte l’ensemble des données scientifiques disponibles sur ce sujet et notamment examiner sans délai les éléments évoqués par les scientifiques lanceurs d’alerte. »

 

Certains y ont vu une victoire des lanceurs d'alerte. C'est d'autant plus incongru que l'ANSES fait partie de ces instances que les auteurs de la tribune et appel ont désavouées ; mais l'activisme a ses raisons que la raison ignore...

 

C'est aussi un activisme qui s'étonne qu'un contact pris en novembre 2017 par l'auteur principal de l'alerte soit resté sans suite – d'où, est-il prétendu, le recours à une tribune dans un journal. En fait, l'ANSES écrit :

 

« Contactée par le principal auteur de cette alerte en novembre dernier, l’Anses lui a ouvert ses dossiers d’évaluation de la toxicité de ces produits afin d’échanger sur toute donnée nouvelle qui serait issue de ses travaux de recherche. [...] »

 

Comment faut-il comprendre, à la lumière de cette précision, l'affirmation suivante des auteurs de la tribune :

 

« Il est aujourd’hui très difficile d’accéder aux informations ayant donné lieu aux autorisations de mise sur le marché pour ces molécules, mais, à notre connaissance, seuls quelques tests sur la toxicité chez l’humain ont été réalisés par les firmes elles-mêmes » ?

 

Une réponse nous est donnée dans l'article compagnon de la tribune, de Mme Coralie Schaub, « Alerte scientifique sur les fongicides » :

 

« Contactée par Pierre Rustin en novembre, elle [l'ANSES] n’a pas eu l’air plus affolée que cela, rapporte celui-ci, qui dit avoir a été simplement invité à éplucher une myriade de documents ayant conduit à approuver les substances actives des SDHI au niveau européen (les produits qui en contiennent sont eux évalués, autorisés ou interdits dans chaque pays). »

 

Eh oui, les dossiers d'autorisation, ce sont des milliers de pages...

 

 

Mais pourquoi réserver les déclarations rassurantes à la presse ?

 

Cet article se poursuit par une déclaration de M. Gérard Lasfargues, directeur général en charge des affaires scientifiques à l’ANSES :

 

« Pour l’instant, l’évaluation scientifique des risques liés à l’usage de ces produits, qui prend en compte le mécanisme d’action, conclut à une absence de risque inacceptable. Et nous n’avons pas à ce stade d’éléments pour les interdire ou les suspendre sur la base d’hypothèses tirées de leur mécanisme d’action. Mais nous prenons toujours très au sérieux les alertes qui nous sont adressées par des chercheurs et peuvent nous conduire bien entendu à réévaluer des produits. »

 

Mais pourquoi cet élément d'information ne figure-t-il pas dans le communiqué de presse de l'ANSES ? Nous pensons que l'ANSES devrait avoir une communication plus percutante, à l'instar de celle du BfR allemand.

 

Du reste, M. Lasfargues enfonce aussi le clou, mais uniquement pour les lecteurs de Libération (et de cet article...) :

 

« Nous avons demandé à M. Rustin de nous envoyer ses données, mais nous n’avons pas reçu d’éléments nouveaux qui permettraient d’alimenter une réévaluation des risques. Néanmoins, notre comité d’experts en charge de l’évaluation des pesticides sera très intéressé de l’auditionner sur le sujet. Et nous l’avons invité à venir consulter à l’agence les dossiers d’évaluation de ces fongicides pour en discuter de façon très ouverte. »

 

L'alerte médiatique est à mettre dans ce contexte. En fait, c'est du billard à trois bandes...

 

 
Et Générations Futures vint...

 

C'est un pur produit de son fond de commerce : le 24 avril 2018, Générations Futures a demandé avec force flonflons – et en invoquant une « alerte scientifique majeure », ainsi que ses propres travaux (défense de rire...) – que l'ANSES soit saisie « afin que celle-ci suspende immédiatement les autorisations de mise en marché des produits contenant du boscalide et autres SDHis, à titre conservatoire ».

 

Pour faire bonne mesure, la petite entreprise incorporée sous forme d'association loi 1901 demande également « que la France fasse usage de la clause de sauvegarde prévue au niveau européen pour faire obstacle à l’entrée d’aliments traités avec des substances de cette famille chimique et demande une révision communautaire de l’homologation de ces substances actives SDHi ». Et, bien sûr, la France devrait s'opposer à la réautorisation du boscalid.

 

 
Alerte sanitaire ou...

 

Mme Coralie Schaub a consciencieusement relayé l'information – avec une remarquable diligence puisque c'est le même jour – dans « Fongicides : vers un nouveau scandale sanitaire ? »

 

Mais elle apporte un autre élément d'information :

 

« En revanche, Gérard Lasfargues confirme que la demande de financement soumise par ces derniers à l’Anses dès leur découverte des dangers des pesticides SDHI dans le cadre de l’appel à projet "Environnement, recherche, santé, travail 2018" n’a pas été retenue, en raison de plus de 300 projets reçus et d’un taux de sélection "très bas". Les scientifiques cherchaient à approfondir leurs recherches sur les effets potentiels de l’usage à grande échelle des SHDI. Maintenant que l’alerte a été médiatisée et que l’omniprésence de ces derniers a été mise en évidence par Générations futures, peut-être seront-ils entendus. »

 

Alors, alerte sanitaire ? Ou autre chose ?

 

 
Et pour conclure sur une note d'une infinie tristesse

 

Certains savent que les fongicides peuvent avoir un impact considérable sur le niveau et la sécurité du rendement (voir par exemple ici pour les céréales à paille). Les fongicides SDHI prennent place dans une panoplie d'outils à la disposition des agriculteurs, que ceux-ci se doivent d'utiliser à bon escient, notamment en combinant ou alternant les modes d'action pour éviter l'apparition de résistances. Restreindre la panoplie, c'est prendre des risques...

 

Pas seulement du point de vue des rendements. Dans nos recherches pour écrire cet article, nous n'avons trouvé aucune référence au rapport risque-bénéfice du point de vue de la santé publique. Ce qui a été occulté, ou plutôt ignoré sur fond d'inculture crasse sur les réalités de l'agriculture et de l'alimentation, c'est que les fongicides nous protègent aussi de dangereuses mycotoxines – cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbatrices endocriniennes...

 

L'alerte sur les dangers des SDHI – qui ne repose sur aucun élément probant à ce stade et qui a de toute évidence eu des motivations particulières – a en définitive mis en balance un risque (voire un danger) hypothétique, même pas démontré, et des dangers réels, avérés.

 

Certains médias ont évoqué un « nouveau scandale de santé publique » (par exemple, avec un point d'interrogation de prudence, le Journal de l'Environnement). Scandale il y a, mais pas là où on croit. Il est le fait d'acteurs de la santé publique... Nous pensons que c'est de l'incivisme.

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G
Bonjour, merci pour votre mise au point que j'attendais avec impatience. Je vous signale que le lien sur "l'abondante littérature" sur le boscalid ne fonctionne pas. D'autre part, ce qui m'avait frappée dans l'article du journal de l'environnement, c'est qu'il est dit que l'article en question avait déjà été refusé 2 fois, une fois par Science et une fois par le Lancet. Mais on ne savait pas pourquoi. Maintenant, on le sait !
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire et l'alerte au lien défectueux.<br /> <br /> J'avais aussi noté les deux refus, mais ça faisait un peu compliqué de les incorporer... surtout que j'aurais eu du mal à résister au sarcasme proposer ça à Science et au Lancet... au mieux une revue de série Z en pay-to-play...
B
Excellent article comme d'habitude.<br /> Hs mais:<br /> http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/contamination-des-laitues-tueuses-aux-etats-unis-1,3,2555359713.html<br /> Bio, pas bio ; A suivre...
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire et le compliment.<br /> <br /> J'ai transmis l'info à M.Amgar.