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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Mission d'information « pesticides ». Vous avez dit « information » ?

10 Avril 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides, #Politique

Mission d'information « pesticides ». Vous avez dit « information » ?

 

 

Non, ils ne se sont pas intéressés aux pesticides domestiques...

 

La Mission d'Information Commune [à quatre commissions permanentes de l’Assemblée Nationale] sur l’Utilisation des Produits Phytopharmaceutiques vient de rendre son rapport.

 

Résumé de notre appréciation : « En même temps... »

 

 

Le côté négatif

 

C'est un rapport d'une affligeante médiocrité. Les banalités s'enchaînent aux lieux communs avec, de temps en temps, de petites lueurs.

 

Mais c'est aussi un rapport choquant : l'utilisation des produits phytopharmaceutiques n'est vue – quasiment – que sous son côté négatif, ou prétendument négatif.

 

Comment mieux l'illustrer que par l'incipit : « En premier lieu, la mission dresse le constat des effets sanitaires et environnementaux de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques » ? Par la table des matières par exemple.

SYNTHÈSE DU RAPPORT 7

INTRODUCTION 13

I – RENFORCER LES MESURES DE PROTECTION CONTRE LES EFFETS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX DES PRODUITS PHYTOPHARMACEUTIQUES 17

A. DES IMPACTS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX 17

1. L’impact sanitaire des produits phytopharmaceutiques 17

a. Un facteur de risque certain 17

b. Une évaluation délicate 19

c. Un besoin impérieux de données documentées 2

3 2. Une contamination environnementale générale encore peu prise en compte 26

a. Une pollution à spectre large 27

b. Des dégâts déjà visibles sur la biodiversité et les écosystèmes 31

c. Des impacts des produits phytopharmaceutiques mal évalués au niveau européen 39 B. DES MESURES DE PROTECTION À RENFORCER 41

1. La protection des populations 42

a. La population agricole 42

b. Les autres populations 46

2. Le renforcement de la recherche environnementale 50

a. Le renforcement de la recherche 50

b. Une surveillance écotoxicologique à systématiser 50 C. UNE LEGISLATION COMPLEXE ET INSUFFISAMMENT PROTECTRICE 54

1. Une législation complexe 55

a. La compétence de l’Union européenne pour autoriser l’usage des substances actives et chimiques composant les produits phytopharmaceutiques 56

b. La compétence de l’Union européenne pour procéder à la classification des substances actives 58

c. La compétence des États membres pour délivrer les autorisations de mises sur le marché des produits phytopharmaceutiques 58

d. La directive 2009/128/CE impose aux États membres de prendre des initiatives nationales de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques 59

2. Une législation jugée insuffisamment protectrice par les citoyens européens 62

a. La pétition européenne en faveur du retrait du glyphosate 63

b. Une législation insuffisante 65

c. Des procédures d’urgence et de sauvegarde difficiles à mettre en œuvre 67

3. Une révision nécessaire de la réglementation européenne 68

a. La révision de la réglementation européenne : l’initiative « Programme pour une réglementation affûtée et performante (REFIT) » 69

b. La création d’une commission spéciale « PEST » 70

II – PROMOUVOIR UN NOUVEAU MODÈLE AGRICOLE QUI CONCILIE LES ENJEUX ÉCONOMIQUES ET ÉCOLOGIQUES 73

A. UNE POLITIQUE VOLONTARISTE POUR DIMINUER RAPIDEMENT L’UTILISATION DES PRODUITS PHYTOPHARMACEUTIQUES 73

1. Le retrait des substances les plus préoccupantes dans le cadre européen 74

a. Une démarche déjà engagée en France 74

b. Une sortie programmée à l’échelle européenne des substances les plus préoccupantes 7

5 c. Le cas particulier du glyphosate 77

2. Le renforcement de la maîtrise des usages 8

0 a. Les outils d’aide à la décision 8

1 b. Un matériel performant 85

B. DES SOLUTIONS ALTERNATIVES POUR FACILITER LA TRANSITION VERS UN NOUVEAU MODÈLE AGRICOLE 87

1. La mise en place de solutions alternatives 88

a. Une prise de conscience réelle du milieu agricole 88

b. Des solutions opérationnelles 89

c. Les nouvelles pratiques agriculturales et agronomiques 89

2. Des difficultés qui imposent un calendrier différencié selon les situations culturales 112

a. Des impasses techniques à résoudre 112

b. Des obstacles juridiques à lever 128

c. La nécessité de solutions économiquement viables 130

C. DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT POUR LANCER LA TRANSITION AGRICOLE 139

1. Un accompagnement humain à toutes les étapes 139

a. Des formations qui font le pari de l’agro-écologie 139

b. Une diffusion des bonnes pratiques à encourager 144

c. Les métiers du conseil agricole à faire évoluer 149

2. Un accompagnement économique et financier 157

a. Réorienter les aides financières européennes et nationales 15

7 b. Les débouchés de l’agro-écologie 162

c. Expérimenter la gouvernance territoriale : régions et départements tournés vers un nouveau modèle 165

CONCLUSION 167

5 PRIORITÉS ET 35 PROPOSITIONS DE LA MISSION D’INFORMATION 171

 

Dans « La mission d’information "pesticides" ou comment enfoncer les portes ouvertes », Alerte Environnement écrit qu'« une brève analyse du rapport dans son ensemble montre qu’il faut arriver pratiquement à mi-parcours pour découvrir que les parlementaires ont découvert l’utilité d’une protection phytosanitaire des cultures et que le discours simpliste "on peut s’en passer" est dangereux ».

 

Ils l'ont peut-être trouvé ici :

 

 

 

 

Le fait est, toutefois, que malgré la présence d'agriculteurs dans cette commission, les travaux ont conduit à un document en sens unique. Il néglige le point fondamental de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, à savoir la protection des cultures dans les composantes tant de quantité que de qualité (sanitaire et nutritionnelle), et les bénéfices induits pour les agriculteurs et la filière agroalimentaire ainsi que pour les consommateurs – au final pour l'économie et la société tout entières.

 

Bien des postures anti-pesticides sont prises pour argent comptant, sans esprit critique, dans le déroulement des travaux et de l'exposé ; alors même qu'il est dit en introduction qu'en fait – on bref –, on ne sait pas grand chose sur de nombreux points en matière d'incidences sur la santé et l'environnement.

 

Mais l'opinion publique (largement manipulée) attend... donc la représentation nationale n'aura pas l'audace de faire ne serait-ce qu'un peu de pédagogie. On peut aussi s'interroger sur l'honnêteté intellectuelle de certaines contributions au débat (dont celles d'une INRA largement citée) : ne pas contredire, flatter, plaire... et chercher quelques financements pour des projets bien dans l'air du temps.

 

Le rapport constituera donc essentiellement, pour les mouvances « écologistes » et par mission autoproclamée anti-pesticides, une réserve de chasse pour des arguments frappés du sceau de l'officialité parlementaire et permettant de « flinguer » les produits phytopharmaceutiques. Cela a du reste déjà commencé ; par exemple dans le Monde Planète avec « Discorde autour du rapport de la mission d’information sur les pesticides » de... M. Stéphane Foucart.

 

Dans le détail, on trouvera dans ce rapport de nombreuses – disons... – curiosités. Par exemple, dans la partie « L'expertise génétique » qui témoigne d'une incompréhension totale de la base génétique et des controverses :

 

« La quête d’alternatives aux produits phytopharmaceutiques passe par la recherche génétique.

 

Elle porte sur des nouvelles techniques de modification ciblée du génome comme la mutagenèse, qui en introduisant des agents mutagènes chimiques ou physiques dans une séquence ADN, produit une nouvelle variété, afin que la plante avec ses propres capacités développe un type de résistance.

 

Cette approche est à différencier de la transgénèse, technique qui permet d’introduire un gène étranger, ou transgène, dans le génome d’une cellule, qui est controversée car certaines associations environnementales considèrent que les semences issues de ces techniques sont des OGM. »

 

Ne croyez surtout pas que les parlementaires auraient pris position sur les controverses et la nécessité d'aborder la question des OGM et de leurs bénéfices de manière plus sereine et plus objective... Courage fuyons... démissionnons devant une opinion publique fabriquée...

 

 

Le côté positif

 

C'est un rapport d'une affligeante médiocrité. Les banalités s'enchaînent aux lieux communs avec, de temps en temps, de petites lueurs.

 

Oh, nous aurions déjà écrit ça ? Mais c'est que la médiocrité se traduira par un archivage rapide, peut-être sans suite.

 

Voici, pour l'illustration, un autre passage, du point « La diversification des assolements » :

 

« L’INRA a cité plusieurs techniques dans son rapport (209), comme le recours à des variétés différentes au sein d’une même espèce végétale afin d’accroître leur résistance. En effet les mélanges d’espèces et de variétés, en ayant des résistances différenciées aux maladies et aux ravageurs, limitent leur progression. M. Philippe Maugin, président directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), a cité les expérimentations menées en Chine où on cultive des variétés de riz qui ont presque le même phénotype tout en présentant des résistances différentes. (210)

 

Une autre technique est la culture sur une même parcelle de cultures complémentaires. Cette culture simultanée de deux espèces ou plus sur une même surface ne passe pas nécessairement par un semis et une récolte en même temps. Les associations céréales/légumineuses sont les plus répandues. Cette pratique est menée par les agriculteurs de l’Aube rencontrés lors du déplacement de la mission.

 

Mme Marie-Monique Robin, journaliste, a cité l’exemple des agriculteurs au Mexique qui cultivent ensemble trois cultures différentes, le maïs, la courge et le haricot qui ont toutes les trois des vertus complémentaires. Le haricot s’accroche au maïs qui capte l’azote de l’air. Les courges gardent l’eau. (211)

 

L’INRA (212) considère que l’amélioration de la durabilité des filières céréalières, notamment, se fera moins au niveau des cultures mêmes, qui occupent les sols huit mois dans l’année, que par « ce qu’il y a avant et ce qu’il y a après » et évoque des cultures compagnes et des cultures intermédiaires (213). Le compagnonnage de plantes est l’alternance ou l’association de cultures qui vont favoriser ou perturber le développement de leurs voisines par leur capacité à stimuler leur croissance ou au contraire vont mettre en fuite des prédateurs. La culture intermédiaire est une culture temporaire qui protège la parcelle entre deux cultures. Les quatre mois, en moyenne, de disponibilité des sols agricoles représentent des réserves de services écosystémiques divers, dont le premier est la réserve de carbone qu’ils constituent, et le deuxième la protection qu’ils offrent pour la santé des cultures.

 

M. Fabrice Bouin, éleveur, membre du réseau CIVAM a plaidé pour une "recomplexification des systèmes". Dans ses prairies il cultive une association de légumineuses et de graminées, afin de limiter l’apport d’engrais. (214) C’est dans cette optique que lors des États généraux de l’alimentation, l’atelier 11 a suggéré de préserver de façon effective les surfaces et la qualité des prairies permanentes.

     

    Grands dieux ! On mélange allègrement espèces et variétés... on découvre des techniques vieilles de plusieurs décennies... les courges gardent l'eau... on cultive une association de légumineuses et de graminées dans des prairies et c'est quasiment re-vo-lu-tion-nai-re... Nous aurons une pensée émue pour M. André Pochon et son « La prairie temporaire à base de trèfle blanc »... 22 ans déjà !

     

     

    Un autre côté négatif : l'incompétence parlementaire

     

    Mais on peut évaluer tout cela dans l'autre sens. Le rapport démontre une grande incompréhension des réalités de l'agriculture – une notion à prendre au sens large pour y inclure notamment la production alimentaire et les services induits en matière de gestion de l'environnement.

     

    Que la représentation nationale soit ainsi coupée du monde agricole est proprement inquiétant.

     

     

    Un autre côté positif : la mesure des conclusions et recommandations

     

    Le côté positif, nous le voyons aussi dans le fait que ça aurait pu être pire, côté conclusions et recommandations. Les recommandations « ne mangent pas de pain » (mais une partie de nos finances publiques si elles sont mises en œuvre).

     

    Il y a quelques points intéressants – mais guère nouveaux ou révolutionnaire – dans les conclusions, comme la prime à la casse des anciens pulvérisateurs. Des mesurettes... Beaucoup de demandes d'études, de contrôles et de surveillance... Des vœux pieux... Des portes ouvertes enfoncées... de douces Illusions...

     

    En bref, des conclusions qui ne manqueront pas de susciter l'ire des mouvances « écologistes » et anti-pesticides. Avec un point de fixation particulier : la proposition d'interdire « dans l’immédiat l’utilisation du glyphosate dans sa [seule] fonction dessicative ».

    Les travaux de notre mission d’information nous ont permis de formuler 5 priorités et 35 propositions.

    Priorité 1 : Renforcer la protection sanitaire et environnementale.

    Grâce à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), nous pouvons mieux connaître les risques et les dangers, mieux surveiller, mieux évaluer. Nous avons par ailleurs le devoir d’indemniser les victimes des produits pharmaceutiques.

    Priorité 2 : Développer les solutions alternatives.

    Nous avons passé en revue les principales solutions : agriculture biologique, agriculture de conversion [ma note : lire : conservation], bio-contrôle accompagné de variétés végétales résistantes aux bio-agresseurs. Nous proposons d’en faire une cartographie évolutive dans le temps. Il nous a de plus semblé indispensable de prévoir le développement des cultures de protéines végétales dans le cadre plus large d’un plan national pour le végétal.

    Priorité 3 : Renforcer la maîtrise des usages actuels.

    Nous proposons de soutenir l’agriculture de précision qui réduit les doses de produits appliqués, de réformer les matériels agricoles obsolètes (pulvérisateurs de plus de 25 ans) et de développer toutes les technologies nouvelles.

    Priorité 4 : Accompagner la transition vers un nouveau modèle agro-écologique.

    Nous soulignons l’importance capitale de la formation, de la diffusion des connaissances et de la réforme du conseil stratégique ayant pour but la valorisation des pratiques vertueuses.

    Priorité 5 : Faire évoluer la règlementation et infléchir la politique européenne.

    En modifiant, en supprimant certains éléments, en précisant des vigilances nouvelles (perturbateurs endocriniens, effets cocktails, effets sans seuil, etc.), en interdisant certains coformulants inacceptables, l’Union européenne contribuera à l’amélioration de la sécurité sanitaire pour tous. Nous savons que la France pèsera dans la prochaine négociation pour une nouvelle Politique agricole commune plus verte et nous proposons dans ce sens la création d’un fonds PHYTO au sein de la nouvelle PAC pour une sortie raisonnée et accompagnée de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

    5 PRIORITÉS ET 35 PROPOSITIONS DE LA MISSION D’INFORMATION

    Priorité n° 1 : Renforcer la protection sanitaire et environnementale

    Mieux connaître

    Proposition n° 1 : Demander à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) d’effectuer en priorité des études sur les six substances les plus utilisées et identifiées comme préoccupantes pour la santé humaine et la biodiversité :

    – le glyphosate : herbicide total ;

    – 4 herbicides : le bentazone (culture du maïs et des pois), le métazachlore (culture du colza), le prosulfocarbe (culture des céréales), le S-métalochlore (culture du maïs) ;

    – 1 fongicide : le mancozebe (culture des pommes de terre et des légumes). Page 77

    Mieux indemniser

    Proposition n° 2 : Créer des groupes de travail au sein de la commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture pour actualiser et améliorer le tableau des maladies professionnelles. Page 45

    Proposition n° 3 : Créer un fonds d’indemnisation pour les victimes des produits phytopharmaceutiques Page 48

    Mieux surveiller et évaluer

    Proposition n° 4 : Mettre en place un dispositif national de surveillance des pesticides dans l’air et fixer un seuil de détection des produits phytopharmaceutiques. Page 53

    Proposition n° 5 : Renforcer les dispositifs de surveillance écotoxicologique afin de disposer de données plus complètes et suivies des différents milieux ainsi que des espèces à surveiller en priorité. Page 41

    Proposition n° 6 : Mobiliser la recherche sur la biodiversité et les écosystèmes pour mieux :

    – évaluer les impacts des traitements, des produits phytopharmaceutiques comme des produits et méthodes alternatives à venir ;

    – identifier des mécanismes naturels pouvant être utilisés comme solutions de substitution. Page 39

    Proposition n° 7 : Exiger des autorités européennes de conditionner le renouvellement d’une substance active aux impacts observés sur l’environnement. Page 40

    Proposition n° 8 : Évaluer le coût des externalités négatives sur la santé et l’environnement lié à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Page 41

    Priorité n° 2 : Développer les solutions alternatives

    Encourager le bio contrôle

    Proposition n° 9 : Élaborer une législation européenne spécifique aux produits de bio contrôle. Raccourcir les délais d’instruction en exigeant un seul essai sur une zone géographique unique et en supprimant l’obligation de destruction des récoltes ayant servi aux essais. Page 98

    Proposition n° 10 : Intensifier les recherches et augmenter les moyens alloués au Consortium bio contrôle pour favoriser la filière nationale. Page 99

    Proposition n° 11 : Valoriser les produits de bio contrôle dans le conseil proposé aux agriculteurs. Page 97

    Un plan national végétal

    Proposition n° 12 : Accroître la recherche sur les variétés résistantes ou tolérantes aux bio-agresseurs dans le cadre d’un grand plan national végétal. Page 104

    Développer les cultures de protéines végétales

     Proposition n° 13 : Accroître le développement des cultures de protéines végétales afin de parvenir à une indépendance pour l’alimentation animale. Page 107

    Renforcer l’agriculture biologique

    Proposition n° 14 : Atteindre 15 % de la surface agricole utile en agriculture biologique d’ici 2022. Page101

    Renforcer l’agriculture de conservation

    Proposition n° 15 : Atteindre 10 % de la surface agricole utile en agriculture de conservation d’ici 2025. Page 115

    Cartographier les solutions alternatives

    Proposition n° 16 : Établir une cartographie des solutions alternatives, par familles de cultures, par produits phytopharmaceutiques et types d’approches, qui indique leur état d’avancement et leurs coûts comparatifs par rapport aux produits classiques. Actualiser chaque année cette cartographie ;

    – se fonder sur les méthodologies développées par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) ;

    – décliner cette cartographie pour les principales catégories pédoclimatiques et travailler à l’affiner par terroirs. Page 123

    Priorité n° 3 : Renforcer la maîtrise des usages

    Proposition n° 17 : Interdire dans l’immédiat l’utilisation du glyphosate dans sa fonction dessicative. Page 80

    Une agriculture de précision

    Proposition n° 18 : Encourager la recherche pour le développement d’une agriculture de précision. Page 84

    Proposition n° 19 : Afficher la dose maximale autorisée ainsi que les conseils d’utilisation propres à chaque stade végétatif et prévoir un étiquetage plus précis de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques basé sur l’observation au champ prenant en compte l’hygrométrie, la température et s’agissant de la catégorie des herbicides le stade et l’intensité des adventices à éliminer. Page 83

    Proposition n° 20 : Encourager toute méthode qui écarte le recours aux insecticides lors du stockage des oléo-protéagineux et des céréales. Page 105

    Le recours aux outils d’aide à la décision

    Proposition n° 21 : Développer la diffusion des outils d’aide à la décision auprès des agriculteurs pour une utilisation optimale et donc réduite des doses utilisées de produits phytopharmaceutiques. Page 84

    Un matériel performant

    Proposition n° 22 : Instaurer une prime à la casse pour le remplacement du matériel de pulvérisation des produits phytopharmaceutiques ayant 25 ans d’âge. Page 86

    Proposition n° 23 : Favoriser les investissements collectifs dans les nouveaux équipements nécessaires à la transition agricole Page 133.

    Proposition n° 24 : Expertiser le recours à des robots miniatures pour le traitement de certaines cultures avec des produits phytopharmaceutiques. Page 86

    Priorité n° 4: Accompagner la transition

    Former à l’agro-écologie

    Proposition n° 25 : Conforter la révolution agro-écologique en cours des établissements d'enseignement agricole publics. Page 141

    Diffuser les bonnes pratiques

    Proposition n° 26 : Poursuivre l’objectif des 30 000 fermes DEPHY et renforcer leurs moyens d’encadrement technique pour accompagner le déploiement du réseau d’expérimentation. Page 146

    Proposition n° 27 : Exiger des réseaux d’expérimentation, des chercheurs en agriculture et des institutionnels du secteur agricole qu’ils alimentent régulièrement le portail ÉcophytoPIC (protection intégrée des cultures) des nouvelles connaissances, outils et pratiques qu’ils auront repérés ou contribué à développer. Page 147

    Réformer le conseil

    Proposition n° 28 : Veiller à ce que l’application de l’article 15 du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable, qui porte sur la dissociation du conseil et de la vente n’entraîne pas de charges supplémentaires pour les exploitants agricoles. Page 156

    Accroître la recherche

    Proposition n° 29 : Consacrer des fonds pluriannuels au financement de la recherche publique pour des alternatives aux produits phytopharmaceutiques en positionnant l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans ce sens. Page 124

    Valoriser les pratiques vertueuses

    Proposition n° 30 : Créer un label « sans produits phytopharmaceutiques de synthèse » qui pourrait s’intituler Zéro pesticides. Il pourrait être ouvert également à la production sous serre. Créer un label européen Zéro pesticides afin d’éviter les distorsions de concurrence avec les pays tiers dans le cadre des importations. Page 165

    Proposition n° 31 : Mettre en place un mécanisme d’exonérations fiscales pour les pratiques vertueuses en agriculture et dans le secteur agro-alimentaire. Page162

    Proposition n° 32 : Gouverner au plus près des territoires et des producteurs les démarches de réduction des produits phytopharmaceutiques. Page 167

    Priorité n° 5 : Faire évoluer la réglementation européenne dans le cadre de l’initiative Refit

    Proposition n° 33 : Engager un processus de transparence qui oblige les agences européennes à publier les études sur lesquelles elles se fondent dans le processus d’autorisation des substances actives notamment celles provenant des firmes industrielles sans porter atteinte au secret commercial et industriel ainsi que les études universitaires. Page 71

    Proposition n° 34 : Réviser le règlement (CE) n° 1107/2009 dans le cadre de l’initiative REFIT

    – en supprimant soit la répartition zonale soit en revoyant les critères de répartition des pays dans les trois zones géographiques ;

    – en réécrivant les articles 50 (282) et 71 (283) afin de rendre moins restrictives les conditions de leur application ;

    – en établissant une annexe II qui permette de donner une définition claire et précise des perturbateurs endocriniens ;

    – en prenant en compte la mesure des effets dit « cocktails » ;

    – en prenant en compte la mesure des effets sans seuil dans l’évaluation des expositions aux produits phytopharmaceutiques ;

    – en multipliant la périodicité des évaluations relatives à l’éventuelle toxicité des substances actives et de leurs composants ;

    – en établissant une annexe III qui permette de donner une définition claire et précise de la liste de coformulants inacceptables. Page 70

    Le verdissement de la politique agricole commune

    Proposition n° 35 Créer un Fonds PHYTO au sein du budget de la politique agricole commune (PAC). Page 160

    L'ire des mouvances « écologistes » et anti-pesticides ? À commencer par celle de Mme Delphine Batho qui a théâtralement démissionné de sa fonction de vice-présidente de la Commission à l'issue – consommée ou imminente des travaux – et présenté une prise de position pour le compte de Nouvelle Gauche qui se veut ravageuse. C'est à se demander ce qui est le plus pathétique.

     

     

    Clarifier les positions

     

    Mme la présidente Élisabeth Toutut-Picard a présenté à titre personnel une contribution, une « modeste contribution d’élue soucieuse de défendre l’intérêt général [qui] a pour objet de partager quelques réflexions et proposer plusieurs démarches volontaristes.. En voici un extrait :

     

    « Restent à définir les échéances et les engagements contractuels à imposer aux différents acteurs de la longue chaine du secteur agricole.

     

    Dans cet ordre d'idées, le président de la République a défini des objectifs précis pour la sortie de l'herbicide le plus utilisé en France et en Europe, le glyphosate : sortie en trois ans, avec modulations dans la mise en application de l'objectif.

     

    Personnellement j'adhère entièrement à cet objectif, car il a déjà le grand mérite d'être posé. Il est indispensable en effet de fixer des limites temporelles et de ne pas laisser "filer le temps".

     

    Nous ne devons pas perdre de vue l'objectif final d'assainissement de nos sols et de verdissement de nos pratiques. »

     

    Voilà un volontarisme qui fleure bon la flagornerie...

     

    Pour sa part, M. Antoine Herth, agriculteur et député UDI du Bas-Rhin a opiné pour le compte de son groupe :

     

    « Il est cependant difficile de comprendre la portée opérationnelle de l’annonce par l’exécutif d’une "sortie des pesticides" tant sa traduction dans les faits est complexe. Pour éviter une démotivation des parties prenantes, c’est-à-dire un sentiment d’abandon des agriculteurs confrontés à une exigence sociétale face à laquelle ils sont démunis, il est indispensable que le gouvernement clarifie rapidement ses intentions.

     

    • Des familles précises de molécules sont-elles concernées ou s’agit-il d’une posture globale ?

    • Les produits du bio-contrôle et ceux qui sont destinés à l’agriculture biologique sont-ils aussi inclus dans cette volonté de prohibition ?

    • Selon quel calendrier l’exécutif compte-t-il procéder ?

    • La mesure sera-t-elle conditionnée à l’existence d’alternatives et, si oui, comment stimuler la recherche en ce domaine ?

    • Comment protéger notre marché des importations de produits agricoles traités avec des pesticides interdits en Europe ?

    • La France va-t-elle avancer seule ou préférera-t-elle privilégier le cadre européen ?

     

    Il faut souligner que nos partenaires dans l’Union sont loin de partager notre choix quantitatif (réduction des volumes) privilégiant une approche qualitative (réduction des impacts). »

     

    Les bonnes questions sont posées...

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