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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Revoilà Vandana Shiva... source d'inspiration pour Nicolas Hulot !

8 Mars 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Vandana Shiva

Revoilà Vandana Shiva... source d'inspiration pour Nicolas Hulot !

 

 

(Source)

 

 

 

Nous avons vu dans un billet précédent que le congrès : « Soigner l'Homme, sauver la Terre », tenu les 3 et 4 février 2018 avait bénéficié de la « présence exceptionnelle de Dr Vandana Shiva ».

 

« ...exceptionnelle » ? Vraiment ?

 

 

Un nouveau livre d'entretiens

 

 

Sans Transition ! – qui sous-titre : « La revue des citoyen.ne.s engagé.e.s » a écrit :

 

« A l'occasion de sa venue en France, pour la sortie de son nouveau livre "Le Cercle Vertueux" co-écrit avec Nicolas Hulot, Sans Transition !, en partenariat avec Actes Sud invite Vandana Shiva pour 3 conférences exceptionnelles ! »

Vous voilà donc informés que l'éco-déesse – qui assimile le viol à la culture d'OGM – a co-écrit un livre avec M. Nicolas Hulot. Enfin, façon de parler : c'est un livre d'entretiens dont l'auteur principal (celui qui a mis les propos en forme) est M. Lionel Astruc.

 

Précisons aussi que, selon l'introduction de l'ouvrage, la première rencontre de l'hélicologiste et de la jet-setteuse soi-disant éco-féministe a eu lieu en marge de la COP21 et qu'elles se sont poursuivies jusqu'à quelques heures avant que ne fût annoncée la nomination du premier au poste de Ministre de la Transition Écologique et Solidaire. Cet ouvrage – co-édité par Actes Sud et Les Liens qui libèrent – est sorti le 21 février 2018.

 

Nous trouvons que cela fait désordre : militant ou ministre, il faut choisir, M. Hulot !

 

 

 

 

Trois conférences « exceptionnelles »

 

Crédit photo : Lionel Astruc (source)

 

Toujours est-il que la dame aux saris, à chaque événement différents, et à l'énorme bindi (c'est pour impressionner les naïfs occidentaux) a donné trois conférences, à Marseille, Montpellier et Rennes, les 21, 22 et 23 février 2018. Deux voyages en France en moins de trois semaines (et pas en classe éco)... certes, elle ne maîtrise pas (totalement) le calendrier.

 

La conférence « exceptionnelle » de Marseille a fait l'objet d'une séquence de France 3 Provence-Alpes- Côte-d'Azur.

 

Avec, mis en exergue, ce propos tonitruant tenu devant « un public conquis d'avance » et rapporté par des journalistes manifestement aussi conquis d'avance :

 

« Monsanto Bayer et Syngenta sont des criminels, parce qu'ils sont responsable de crimes écologiques qui détruisent la planète et l'humanité. Ca (sic) suffit maintenant, on sait comment faire mieux, nous devons entamer une révolution  écologique, maintenant ! »

 

Trois entreprises (Bayer n'a pas encore avalé Monsanto) « détruisent la planète et l'humanité » ? La dame a le sens des proportions et des réalités. Ne se dit-elle pas « docteur » en physique quantique, donc habituée à manipuler des ordres de grandeur ?

 

 

 

Et un « grand entretien »

 

Le « [s]ymbole mondial de la révolution écologique » (quatrième de couverture du livre) ou « [e]mblème mondial de la révolution écologique et chef de file du mouvement altermondialiste » (présentation de la co-auteure sur la toile) a aussi accordé un « grand entretien » – non, pas exceptionnel cette fois-ci) à Sans transition ! (Transition Magazine), « ..."Monsanto, Bayer, Syngenta… un cartel criminel" ». Quelle obsession !

 

Notons incidemment que, selon les éditeurs de l'ouvrage,

 

« Partie seule à pied sur les chemins de l’Inde à la fin des années 1980, en quête de semences menacées par l’industrie, elle en est revenue à la tête d’un cortège de 500 000 manifestants – paysans et activistes – et d’un réseau de 120 banques de graines. »

 

Cela nous semble être la dernière affabulation...

 

 

Invitée par Léa Nature

 

Selon Transition Magazine,

 

« Il y a quelques mois, nous l'avions rencontré (sic) à La Rochelle, dans le cadre d'une conférence sur l’alimentation, organisée par la Fondation Léa Nature. »

 

En fait, c'était en mai 2017.

 

Un autre sari... (source)

 

Le journal Sud-Ouest nous apprend à cette occasion :

 

« En 1991, dans le nord de son pays, elle a créé le mouvement Navdanya (« Neuf semences ») qui enseigne l’agriculture biologique et a donné naissance à plus d’une soixantaine de banques de semences destinées à préserver les variétés locales. »

 

Alors, 120 « banques de gènes » ? 60 ? Aucune importance. La photo ci-dessous illustre la notion de « banque de gènes » à la sauce Vandana Shiva, aficionados et gogos : on peut s'interroger sur la préservation de la capacité de germination des graines qui sont conservées dans des bocaux...

 

 

(Source)

 
« Grand entretien » et grand n'importe quoi

 

Mais revenons à ce « grand entretien » (plutôt court...). Extraits commentés.

 

« Le modèle de l’agriculture chimique augmente la taille des fermes et réduit le nombre de fermiers.... »

 

Lien de cause à effet ? Contre-exemples : Chine, Japon... et même Inde !

 

« ...Il ne peut perdurer car il détruit l’agriculture, les sols, la biodiversité... »

 

Une agriculture qui détruit l'agriculture...

 

Le modèle qui nous en délivrera doit être en accord avec les lois de la nature. Nous devons travailler avec les pollinisateurs, avec les sols, avec l’eau, dans un processus écologique. Avec l’agro-écologie, que certains préfèrent nommer "biodynamie", "permaculture" ou "agriculture naturelle", les lois de la nature sont toujours respectées... »

 

On voit que les notions de base sont parfaitement assimilées. L'« agro-écologie » réduite, certes par « certains » à la biodynamie...

 

« ...Le mythe disant que ce modèle ne permet pas de produire suffisamment est dû au fait que nous ne mesurons pas ce qui compte vraiment. Le plus important, c’est la fertilité des sols et le nombre de pollinisateurs, car nous savons qu’ils contribuent à un tiers de la production agricole... »

 

Fabuleux sophismes de la rupture de corrélation.

 

« Nous pourrons améliorer notre situation en redonnant sa richesse au sol. La solution à la crise agricole mondiale est de développer davantage de petites exploitations biologiques. »

 

L'incantation mystique. Quand on sait que même des chercheurs liés à l'agriculture biologique se font mesurés et annoncent « qu'une conversion de 100% à l'agriculture biologique nécessite plus de terres que l'agriculture conventionnelle »...

 

Et voici, sans commentaires, les « explications » sur la question : « Vous dites que les OGM sont plus pauvres en vitamines et nutriments. Pourquoi ? »

 

« Il y a trois raisons pour lesquelles les OGM ne garantissent pas la santé. La première est qu’ils font partie d’un système agricole industriel qui use de la chimie pour reproduire des nutriments qui, paradoxalement, viennent du sol. La deuxième raison est le manque de biodiversité. Si je plante du maïs, des haricots et des courges, j’aurai tous les nutriments dont j’ai besoin. Mais si je fais pousser uniquement du maïs, il ne va pas me procurer toutes les protéines nécessaires. Mon sol sera pauvre en nutriments. Par extension, ma plante le sera aussi. La troisième raison est que cultiver des OGM consiste à induire une fonction dans une plante alors qu’elle ne l’a pas décidé elle-même. Privée de ses capacités naturelles à s’adapter, elle va créer moins de nutriments donc produire une nourriture pauvre. »

 

Mais le titre du « grand entretien » ne met-il pas en cause un « cartel criminel » ?

 

« ...Dans ce système, des agriculteurs n’ont pas le droit de semer les graines qu’ils veulent et des citoyens n’ont pas le droit de savoir ce qu’ils mangent. »

 

Comme disait le sinistre Joseph Goebbels, « Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit ».

 

 

Nicolas Hulot en faire-valoir !

 

Et notre Nicolas Hulot national qui se pose en faire-valoir... La conclusion de l'ouvrage :

 

« Enfin, Vandana, je ne crois pas au hasard. Que ce rendez-vous pris de longue date se déroule au moment même où j'apprends que ma vie change, la veille de mon entrée au ministère, je pense que c'est un signe. Ces trois jours d'entretiens, ici en Bretagne, me donnent beaucoup d'inspiration pour la suite. »

 

Hélas...

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