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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Burkina Faso va de l'avant avec la recherche sur les OGM

10 Mars 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

Le Burkina Faso va de l'avant avec la recherche sur les OGM

 

Joseph Opoku Gakpo

 

 

Dr Umar Traore de l'Agence Nationale de Biosécurité du Burkina Faso. Photo Joseph Opoku Gakpo

 

 

Les agriculteurs du Burkina Faso disent que leur pays est toujours ouvert à l'utilisation des outils de la biotechnologie, malgré la décision d'arrêter la culture du cotonnier génétiquement modifié.

 

Une controverse a éclaté sur la faible qualité des fibres produites par le cotonnier GM (Bt), entraînant un retrait des semences en 2015 après huit années d'utilisation. Environ 70 pour cent des agriculteurs du pays cultivaient avec succès du cotonnier Bt, de sorte que la décision d'arrêter la culture a provoqué un tollé. Bien que les agriculteurs disent qu'ils subissent maintenant d'importantes pertes de récolte, malgré l'utilisation de davantage de pesticides, les négociants en coton qui contrôlent la production continuent d'insister pour que les agriculteurs ne plantent que des variétés non GM.

 

Mais le travail continue pour développer d'autres produits GM au Burkina Faso, y compris le niébé Bt et les moustiques stériles génétiquement modifiés. La destruction des champs de niébé par la foreuse de gousses (Maruca vitrata) est un problème majeur en Afrique. Plus de 40 pour cent de tous le niébé produit dans la sous-région sont endommagés par les ravageurs. Le niébé Bt, qui porte une résistance naturelle ne nécessitant pas l'application de pesticides, devrait aider à réduire le niveau de destruction de manière drastique.

 

Dr Umar Traore, de l'Agence Nationale de Biosécurité du Burkina Faso, dit que les travaux sur le niébé Bt progressent régulièrement et que les défis liés à la production de coton ne l'affecteront pas. « À l'instar du Nigeria et du Ghana, nous travaillons sur le niébé résistant à la foreuse de gousses (Maruca vitrata). C'est pour contrôler la foreuse dans les régions du pays où les précipitations sont élevées. C'est un problème là-bas [...] Nous y travaillons. Nous avons fait cinq essais en champs confinés (CFT) et nous suivrons le lancement commercial au Nigeria », a-t-il noté.

 

« Il n'y a aucun lien entre ceux-ci et le problème avec le cotonnier Bt [...] », a-t-il ajouté. « Le niébé Bt est libre de droits. L'histoire est différente de celle du cotonnier Bt. Le niébé est à la fois une culture de base et une culture commerciale. Ce sera différent du cotonnier Bt. »

 

Le niébé est une légumineuse importante en Afrique, consommée par environ 200 millions de personnes sur le continent. La foreuse de gousses Maruca est une menace majeure pour la production de niébé, capable de causer jusqu'à 80% de perte de rendement dans les fermes.

 

La Fondation Africaine pour les Technologies Agricoles (AATF) apporte son soutien aux instituts de recherche nationaux du Ghana, du Nigeria et du Burkina Faso pour transférer le caractère Bt aux variétés locales dans ces pays afin d'augmenter la production de niébé. La technologie est fournie sans frais supplémentaires liés à des redevances pour les agriculteurs.

 

« L'un des objectifs du projet de résistance à la foreuse de gousses du niébé est d'introduire le caractère Bt dans les variétés des agriculteurs après que les lignées pionnières transgéniques ont apporté une preuve de concept pour contrôler Maruca dans le niébé » a déclaré dans une interview le Dr Prince Addae, chef du projet niébé à l'AATF.

 

Traore a déclaré qu'ils sont encore en train d'apprendre les leçons à tirer des défis liés au cotonnier Bt, leçons qui guideront le travail qu'ils font avec d'autres cultures GM. « Nous n'avons pas tiré toutes les leçons de l'affaire du cotonnier Bt mais ce que nous avons appris, c'est que nous devons éviter les erreurs en matière de biosécurité. Parce que s'il s'agissait d'un problème de biosécurité, toute la technologie s'effondrerait ici. Nous sommes heureux que ce ne soit pas un problème de biosécurité [...] Ce que nous pouvons faire en tant que régulateur est de nous assurer que la technologie est sûre [...] Les leçons nous aideront dans notre travail », a-t-il déclaré.

 

Traore a également révélé que le travail est en cours pour introduire prochainement les moustiques génétiquement modifiés dans le pays. « Nous travaillons également sur les moustiques [...] pour contrôler leurs populations afin de lutter contre le paludisme. De plus, nous avons déjà délivré des permis pour les moustiques mâles stériles [...] Nous avons délivré des permis pour des essais [en milieu confiné] en laboratoire [...] Nous allons maintenant procéder à une dissémination contrôlée », a-t-il ajouté.

 

Il prédit que les Burkinabés feront bon accueil aux moustiques GM. « Avec les moustiques, nous essayons de combattre le paludisme. Quand il s'agit de santé, les gens n'ont aucun problème avec le génie génétique. Le paludisme tue beaucoup d'enfants de moins de cinq ans [...] Et il tue aussi les femmes enceintes [...] Donc, il n'y aura pas de problème avec la dissémination de moustiques GM », a-t-il noté.

 

L'agriculteur Bonne Tumai veut le retour du cotonnier Bt. Photo Joseph Opoku Gakpo

 

Les producteurs de coton du Burkina Faso sont toujours ouverts à l'idée de cultiver du cotonnier Bt dans un avenir proche. Ils demandent à leur gouvernement et aux sociétés de négoce de coton de reprendre dès que possible leurs travaux sur la résolution du problème de la longueur de la fibre chez le cotonnier Bt. Ils veulent reprendre sa culture, disant qu'elle est plus rentable.

 

« L'année dernière, je n'ai fait aucun bénéfice avec le cotonnier conventionnel », a déclaré l'agriculteur Bonne Tumai. « Cette année, par précaution, j'ai planté du maïs. Je m'attends à une perte sur le champ de coton et je vais vendre mon maïs pour payer la dette que le coton apportera », a-t-il expliqué. Il a dit qu'il ne voulait pas continuer à s'endetter, et attend avec impatience le retour du cotonnier Bt pour l'aider à vivre sans s'endetter.

 

« Le prêt [des sociétés cotonnières pour acheter des semences, des engrais et des pesticides] doit être remboursé à travers le groupe », a-t-il ajouté. « Si vous ne pouvez pas payer, ils peuvent même prendre votre vache. Et donc, si vous voulez continuer la production de coton, vous devez rembourser le prêt coûte que coûte. Seul le cotonnier GM peut vous aider à faire cela. »

 

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Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/burkina-faso-moving-forward-gmo-research

 

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C
Il me semble bien naif de croire que les GM so r la cle de l'avenir, en afrique ou ailleurs! Le piege est grossier et les cultivateurs sont tombes dedans..demain lorsqu'il ne restera plus que des GM..l'etau se resserera sur eux..mais il sera bien trop tard pour changer de cap!
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous déroulez brièvement une argumentation mille fois rabâchée selon un principe qui fut cher à Adolf et Joseph.

Non, les OGM ne sont pas la clé de l'avenir. Juste un outil – par construction meilleur (car s'il ne l'était pas, il ne serait pas sur le marché et utilisé par les agriculteurs.

Et non, ce n'est pas un piège ou un étau. C'est du complotisme naïf (mais plus c'est gros, comme disait l'autre...).

Et encore non, adopter un OGM ne signifie pas qu'il n'y a pas de retour en arrière.