Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Deux articles sur la nutrition et le bio sur Atlantico et Contrepoints

17 Mars 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Santé publique, #Agriculture biologique

Deux articles sur la nutrition et le bio sur Atlantico et Contrepoints

 

Glané sur la toile 241

 

 

M. Patrick Tounian est professeur de pédiatrie, chef du service de nutrition et gastroentérologie pédiatrique de l'hôpital Armand-Trousseau à Paris (plus quelques autres fonctions). C'est une des rares voix de la nutrition à ne pas faire dans l'anxiogénèse et le charlatanisme.

 

Il vient de produire « Pas besoin de renoncer aux aliments industriels : certains sont bon pour vous et voilà comment les reconnaître » sur Atlantico :

 

« Les produits industriels ne sont jamais mauvais pour la santé. C'est un comportement alimentaire particulier qui peut être mauvais pour la santé, c'est une corpulence particulière qui peut être mauvaise pour la santé, pointer des aliments aussi transformés soient-ils est une ineptie. D'autre part le bio est l'arnaque du 21e siècle. Il n'est pas forcément meilleur pour la santé, toutes les publications les plus sérieuses de l'académie de l'agriculture démontrent l'inintérêt des aliments bio pour la santé.

 

Peut-être sont-ils meilleurs pour l'environnement, je suis incompétent pour juger donc je ne m'engagerai pas là-dedans.

 

On croit que les produits bio n'ont pas de pesticides mais ils ont bien des pesticides "naturels" dont on ne connaît absolument pas la concentration. Aucune législation ne régit la limite des pesticides naturels dans les produits bio contrairement aux produits non bio où la législation limite les pesticides.

 

Je pense qu'on est là plus dans du marketing pure que des considérations pour la santé des citoyens.

 

En France en particulier on n'aime pas les industriels, les gens qui réussissent et je ne vois que cette explication. On est selon moi plus dans l'idéologie que dans la preuve scientifique. »

 

Une corrélation qui doit déplaire au plus haut point à certains milieux...

 

Et que pense-t-il d'une récente étude ?

 

« ...Mais quand on fait des études scientifiques sérieuses sur l'être humain on ne trouve rien si ce n'est des corrélations statistiques comme dans l'étude dont nous avons parlé récemment qui laissait sous-entendre que les produits ultra transformés favoriseraient le développement du cancer. Ces corrélations sont criblées de biais méthodologiques qui décrédibilisent ce genre d'études. […] »

 

Cela débouches sur un appel à la raison... qui ne sera certainement pas entendu... le marché de la peur est si profitable...

 

« Il faut que l'on arrête d'embêter les Français avec la peur alimentaire. […] Il est nécessaire de stopper ces discours alarmistes qui déboussolent nos patients qui finissent par dévier vers des attitudes alimentaires déviantes qui peuvent avoir des effets délétères sur la santé. Je pense aux régimes qui excluent la viande ou le lait qui peuvent avoir des effets bien plus problématiques que la consommation de produits transformés. »

 

 

 

 

Sur Contrepoints, M. Richard Guédon, docteur en médecine, ancien directeur médical d’une mutuelle d’assurances et ancien administrateur d’une caisse d’assurance maladie, a produit « Le bio : ni vraiment bio, ni vraiment bon ». Discours similaire sur le bio – comment pourrait-il en être autrement quand on adopte une démarche rationnelle :

 

« Étude après étude, malgré l’énorme pression sociale et médiatique qui martèle le contraire, il faut se rendre à l’évidence, le bio n’a aucun effet sur la santé des gens qui le consomment à grand frais. Pourtant, certains scientifiques entretiennent la confusion.

 

"L’état actuel des connaissances ne permet pas de conclure avec un niveau de preuve suffisant, fondé sur le consensus scientifique, sur un effet bénéfique de la consommation d’aliments 'bio' pour préserver la santé de la population…"

 

C’est la conclusion limpide d’un article paru dans le dernier numéro de "La Revue du Praticien", revue médicale française de référence sous le titre "Les aliments bio sont-ils meilleurs pour la santé ?". »

 

Et M. Guédon de vitupérer une forme de double langage :

 

« Une fois de plus l’examen rigoureux des dossiers par les experts les plus compétents démontre que l’alimentation bio n’a aucun effet sur la santé des gens qui la consomment à grands frais.

 

Pourtant ce scientifique ne peut être soupçonné d’appartenir à une obscure officine favorable à l’agriculture conventionnelle puisqu’il termine ainsi sa conclusion :

 

"…toutefois comme cela est recommandé par le Haut Conseil de la Santé Publique, dans un principe de précaution et compte tenu des éléments liés à la protection de l’environnement, il est prudent de privilégier les produits végétaux issus de pratiques agricoles limitant les intrants synthétiques (engrais et pesticides)."

 

En bon français : "Je vous prouve par A + B que le bio n’est pas meilleur pour la santé mais il faut en manger quand même". »

 

En fait, pour « ce scientifique », il s'agit de Mme Emmanuelle Kesse-Guyot, co-auteure de l'étude critiquée – à juste titre – par M. Tounian dans Atlantico, Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort (consommation d’aliments ultra-transformés et risque de cancer, Thibault Fiolet et al. – communiqué de presse de l'INRA, sans lien vers la publication... inutile... ici).

 

M. Guédon met en fait le doigt sur un problème sérieux que nous décelons souvent dans la littérature scientifique (ou « scientifique ») sur des sujets politiquement et socialement controversés : le politiquement correct, en partie pour répondre aux attentes de ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Un exemple récent et pathétique : la communication de l'INRA sur les alternatives au glyphosate qui contredit de manière patente et grotesque les résultats de ses propres analyses... mais c'est ce que le/une partie du gouvernement voulait entendre.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
X
J'ai lu en diagonale, pardon<br /> Vous présentez un graphique avec la légende : "Une corrélation qui doit déplaire au plus haut point à certains milieux..." montrant une corrélation entre l'augmentation de l'autisme et la consommation de bio ; suggérant par là une relation de cause à effet. Ces erait un paralogisme typique : corrélation n'est pas relation de causalité...
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> J'ai mis ce graphique précisément pour illustrer le paralogisme... qui s'applique de la même manière aux accusations portées contre, en l'occurrence, le glyphosate par les activistes des sciences parallèles.