Baisse constante des inspections en sécurité des aliments par le ministère de l’agriculture depuis 2012, mais aussi baisse des contrôles par la DGCCRF depuis 2013, donc tout va-t-il si bien que ça…
Albert Amgar*
Sécurité des aliments, chef d’œuvre en péril ? était le titre d’un article précédent… il faut dire qu’à la baisse constante des inspections en sécurité des aliments par le ministère de l’agriculture depuis 2012 – une baisse sur cinq ans de 36% des inspections en sécurité des aliments (voir le détail des chiffres, ici, ici et ici) –, s’ajoute désormais aussi celle des contrôles de la DGCCRF depuis 2013. Tout cela va dans le même sens, mais que dire surtout de la quasi-absence d’information sur ce sujet parmi les médias et les associations de consommateurs…
Les bilans de la DGCCRF ne sont pas particulièrement diserts et détaillés, beaucoup d’informations sont fournies en vrac et le lecteur a du mal à comprendre la réalité des faits et des chiffres avancés…
Néanmoins, voici quelques données extraites des cinq derniers bilans de la DGCCRF et qui montrent qu’en matière de vérifications et d’établissements contrôlés, les chiffres de la DGCCRF sont comme les inspections en sécurité des aliments du ministère de l’agriculture… à la baisse !
721 000 vérifications effectuées
137 000 établissements contrôlés
268 000 analyses en laboratoire
589 000 vérifications effectuées
126 000 établissements contrôlés
417 000 analyses réalisées
575 200 vérifications effectuées
119 200 établissements contrôlés
294 000 analyses réalisées
578 699 vérifications
116 053 établissements contrôlés
320 000 analyses réalisées en laboratoire
551 251 vérifications
112 585 établissements contrôlés
315 000 analyses réalisées en laboratoire
Rien ne vaut donc la réalité des chiffres des actions conduites par les agents de la DGCCRF, malgré les moulinets du ministère de l’économie et des finances, mais il doit savoir que les chiffres sont têtus !
Lors de la présentation du bilan 2017 de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à Bercy, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances a indiqué :
« Les fabricants doivent mettre sur le marché des produits sûrs, les distributeurs doivent commercialiser des produits sûrs, ces responsabilités sont les leurs. Les services de l'État n'ont pas vocation à porter ces responsabilités à la place des entreprises. Leur mission est une mission de contrôle ».
Heu, il faut peut-être aussi informer de façon transparente les consommateur… ce qui n’est pas encore le cas… car la DGCCRF informe un peu sur les rappels (10 avis en 2018) et le ministère de l’agriculture (2 avis de rappel), pratiquement pas… Cette situation ne peut plus durer…
A propos de l’affaire Lactalis, la secrétaire d’État a indiqué :
« D'énormes retards ont été mis en évidence dans la gestion du retrait et du rappel de ces produits alors qu'ils présentaient un risque pour la santé » a-t-elle dit. « Plusieurs centaines de produits qui devaient être retirés étaient en réalité toujours commercialisés dans 113 établissements contrôlés », a ajouté la secrétaire d'État.
En ce temps de bilan pour la DGGCRF, il ne faudra donc pas rappeler les retards des services de l’État dans l’affaire des œufs contaminés par du fipronil, 15 jours au minimum, ni du manque de com entre le ministère de l’agriculture et le la DGCCR, car tout ça, semble-t-il, c’est déjà du passé…
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* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d'une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n'exerce plus aujourd'hui, car retraité, mais au travers de son blog (quand il s'y remettra...), vous livre des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments. En attendant qu'il s'y remette, je l'accueille avec plaisir.
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