Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Un nouveau-venu dans le marketing de la peur : « zéro résidu de pesticide » – une analyse percutante de Forumphyto

20 Février 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Un nouveau-venu dans le marketing de la peur : « zéro résidu de pesticide » – une analyse percutante de Forumphyto

 

Glané sur la toile 224

 

 

Si vous n'avez pas lu « Panique dans l’assiette – ils se nourrissent de nos peurs » de M. Gil Rivière-Wekstein, vous avez manqué un éclairage important sur les mœurs commerciales dans le secteur de l'alimentation.

 

Il y a un nouveau-venu dans le segment des marchands de peurs et exploitants de paniques : « Zéro résidu de pesticides ».

 

Mais par précaution, « zéro » n'est pas égal à zéro : c'est « dans les limites de quantification »... même pas de détection.

 

C'est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes, « Nouveaux Champs » qui s'est constitué « autour de la promesse “Zéro Résidu de Pesticides” pour créer une nouvelle offre… » et « répondre aux attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ».

 

Forumphyto a produit une excellente analyse, « Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations », que nous partageons à deux détails près :

 

  • L'auteur a oublié de préciser que « 97 % des denrées alimentaires contiennent des résidus de pesticides ».

     

Oups ! C'est le message – faux – de l'ignoble Cash Investigation intitulé « Produits chimiques : nos enfants en danger », diffusé pour la première fois le 2 février 2016. En réalité, pour reprendre les derniers résultats de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA),

 

« ...plus de 97% des échantillons d'aliments collectés dans l'UE en 2015 se situent dans les limites autorisées, avec un peu plus de 53% d'échantillons exempts de résidus quantifiables ».

 

En d'autres termes, l'acheteur d'un produit estampillé « zéro résidu de pesticides » – en principe plus cher du fait des contraintes du label – paiera plus, statistiquement, une fois sur deux pour « zéro différence ».

 

 

 

  • Forumphyto écrit :

 

« La logique du "sans" est très bien décrite par Kevin Folta dans "Etiquettes 'sans', déni de la science, pastèque sans 'os' et burritos à 8$" (in English). Il écrit : "Le constrat est simple. Les étiquettes 'sans' conduisent activement à désinformer les consommateurs en renforçant le sentiment de la présence hypothétiques d’une menace inexistante […] Cette stratégie fonctionne particulièrement bien parce que le consommateur aisé mettra de côté la science et la raison et se précipitera sur la précaution. […] Les étiquettes 'sans' impliquent un risque là où il n’y en a pas."

 

La démarche "zéro pesticides" est dans cette logique. Elle essaie (vainement) de résoudre individuellement et commercialement un problème collectif et sociétal, celui de la défiance généralisée envers les instances de régulation, envers la loi et les élites, mais aussi envers la science. »

 

Nous avons un doute. À notre sens, la démarche consiste au contraire à entretenir un problème collectif et sociétal (déjà créé) et à exploiter la crédulité de certains consommateurs.

     

    Mais nous ne pouvons que souscrire à la conclusion :

     

    « Même engagées dans leur démarche individuelle, les entreprises du collectif "Zéro Résidu" peuvent et doivent s’engager dans une autre démarche, collective, claire, s’appuyant sur les faits et la science, montrant la sécurité des aliments. A terme, c’est la seule issue pour sortir de la confusion entretenue par les marchands de peur et pour (re-)donner confiance au public. »

     

     

     

    Partager cet article
    Repost0
    Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
    Commenter cet article