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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée » dans le Monde

13 Février 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

« Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée » dans le Monde

 

Glané sur la toile 223

 

 

 

 

Cela a été largement annoncé : le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » habilite le Gouvernement, en son article 9, à prendre par ordonnance deux mesures dans le champ du code de commerce, pour une durée de deux ans : d’une part, le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte des denrées alimentaires revendues en l’état au consommateur ; d’autre part, un encadrement en valeur et en volume des promotions pratiquées sur les denrées alimentaires.

 

Nous avons déjà signalé la réaction de M. Daniel Sauvaitre, qui, pour autant qu'il ait mis à jour son profil sur la plate-forme Over-blog (qui m'héberge aussi), compte parmi ses casquettes une avec la mention « Président de l'Association Nationale Pommes Poires », une autre, « membre de WAPA (World Apple and Pear Association) » et une troisième, « secrétaire général d'Interfel ». C'est un blog à suivre pour qui s'intéresse à cette partie du projet de loi.

 

On peut penser que les « émeutes Nutella » sont une autre réponse...

 

Dans le Monde, un « collectif » a produit « Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée ».

 

C'est un petit collectif : Mme Marie-Laure Allain, directrice de recherche CNRS au Centre de recherches en économie et statistiques (CREST/Ecole polytechnique) ; M. Stéphane Caprice, chargé de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et à l’Ecole d’économie de Toulouse ; Mme Claire Chambolle, directrice de recherche à l’unité de recherche Alimentation et sciences sociales de l’INRA et chargée de recherche au CREST.

 

Selon le bon mot de Coluche, « c'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison! » Inversons : c'est pas parce qu'ils sont trois...

 

La tribune est claire, didactique, frappée au coin du bon sens. Par exemple :

 

« Concrètement, relever le SRP de 10 %, c’est imposer aux distributeurs de fixer le prix de détail de chaque produit au moins 10 % au-dessus de son prix d’achat effectif au fournisseur. Cette mesure les place face au choix suivant : soit, ils augmentent le prix de détail, quitte à mécontenter les consommateurs et à voir la demande pour le produit concerné diminuer, soit ils cherchent à faire baisser leur prix d’achat pour limiter l’augmentation des prix de détail. La seconde option renforce la pression exercée sur les fournisseurs les moins puissants de la filière, c’est-à-dire les agriculteurs, que cette mesure n’empêchera en rien de vendre leur production à perte. »

 

Que seront tentés de faire les distributeurs ?...

 

Les auteurs posent en conclusion :

 

« On entend beaucoup dire que la "guerre des prix" est responsable des difficultés des agriculteurs, mais un silence assourdissant entoure le rôle des trois supercentrales d’achat constituées en 2014. Pour améliorer la situation des producteurs, il nous semble d’abord crucial de renforcer la régulation des centrales d’achat. »

 

Pour cette régulation, il existe un outil tout prêt : le droit de la concurrence et notamment de l'abus

de position dominante.

 

Cela nous amène à nous interroger sur les intentions réelles du gouvernement : cette mesure, de toute manière introduite pour une période d'essai de deux ans (sans étude d'impact préalable...), n'est-elle pas simplement de la gesticulation, de la poudre aux yeux ?

 

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S
Pour ce que j'en ai entendu, cette mesure (relèvement du SRP) était une demande forte des transformateurs lors des #EGAlim
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire et information. D'où qu'elle vienne, cette proposition n'aura pas d'effet miraculeux.