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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Commission spéciale glyphosate : le combat continue ! » – le scandale d'un Parti Socialiste irresponsable !

16 Février 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Union européenne, #Activisme, #Politique

« Commission spéciale glyphosate : le combat continue ! » – le scandale d'un Parti Socialiste irresponsable !

 

 

 

 

 

Ils l'ont eue, leur « commission spéciale sur la procédure européenne d’autorisation des pesticides », déjà surnommée « commission spéciale sur le glyphosate », en attendant pire, par exemple « commission Monsanto » ou « tribunal EFSA ».

 

La composition de la commission est connue ; on trouve dans la liste des gens qui se sont fait remarquer par leur virulent activisme ; notre eurodéputé socialiste Éric Andrieu en zieute la présidence... on peut craindre le pire !

 

Nos eurodéputés du Parti Socialiste ont publié un communique sous le titre : « Commission spéciale glyphosate : le combat continue ! ».

 

Nous avons quelques difficultés avec ce vocabulaire belliqueux qui ne sied guère à un parti qui aspire à gouverner (enfin, s'il survit).

 

En voici le texte complet :

 

« Au mois de novembre 2017, nous avions perdu la bataille contre le glyphosate, substance manifestement cancérigène, malgré une mobilisation sans précédent de la société civile, une bataille parlementaire sans équivalent, un travail de la presse formidable pour alerter sur cette menace. 18 États membres avaient piétiné le Parlement européen, seule institution représentant directement les citoyens.

 

Aujourd’hui, le Parlement européen a décidé de mettre en place une commission spéciale sur le sujet, dite « d’investigation sur le système d’autorisation des pesticides en Europe ». Pas de pudeur chez nous, nous continuerons de l’appeler commission spéciale glyphosate !

Fidèles à notre engagement, nous avons milité pour répondre aux agissements des 18 Etats et de la Commission européenne lors du renouvellement de l’autorisation du glyphosate, et pour lutter contre le lobbying acharné de Monsanto. C’est donc une belle victoire aujourd’hui !

 

Notre objectif, avec cette commission spéciale, est de faire toute la lumière sur les Monsanto papers et de mettre un terme aux conflits d’intérêt entre l’industrie et les agences européennes. Enquêter, établir les responsabilités, définir de nouvelles pratiques : les citoyens sont en droit de savoir, et de contrôler la prise de décision sur des sujets comme les pesticides qui les concernent directement.

 

Au Parlement européen, nous allons sans relâche mener le combat pour sortir du glyphosate et des substances dangereuses pour notre santé. Il en va de l’avenir de nos enfants et de notre planète ! »

 

L'identité de l'auteur ne fait guère de doute. Il a, bien sûr, droit à ses opinions et à leur expression ; mais on passe à un autre registre quand les opinions sont exprimées au nom d'un parti qui aspire à gouverner (enfin, s'il survit).

 

Prenons ce texte pas à pas.

 

 

« Au mois de novembre 2017... » ?

 

Non, c'était le 24 octobre 2017 au Parlement Européen. Ce n'est pas fondamental, mais indicatif de l'amateurisme d'un eurodéputé dont on aimerait attendre mieux. En novembre, c'était le vote des États membres à la Commission.

 

Il est bien sûr loisible à un eurodéputé de contester le vote de l'autre instance représentative de l'Union Européenne (le collège des États membres réunis, non pas en Conseil, mais dans un comité dans le cadre de la Commission Européenne). Mais nous avons quelque problème quand le désappointement est exprimé au nom d'un parti qui aspire à gouverner (enfin, s'il survit).

 

 

« ...nous avions perdu la bataille contre le glyphosate... » ?

 

La proposition de résolution « sur le projet de règlement d’exécution de la Commission portant renouvellement de l’approbation de la substance active glyphosate, conformément au règlement (CE) n° 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, et modifiant l’annexe du règlement d’exécution (UE) » avait été adoptée par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions.

 

Le groupe S&D – auquel appartient M. Éric Andrieu – l'a adoptée à 153 voix pour, 18 contre et 5 abstentions.

 

Les eurodéputés français du groupe S&D l'ont votée par 8 à 3 (et 2 absents).

 

M. Andrieu l'a votée...

 

 

« ...nous avions perdu la bataille contre le glyphosate... » (bis) ?

 

Le texte adopté énonce notamment :

 

« 2. demande à la Commission de retirer son projet de règlement d’exécution et à en présenter un nouveau qui soit conforme aux exigences énoncées par le règlement (CE) n° 1107/2009, c’est-à-dire qui tienne compte non seulement de l’avis de l’EFSA, mais aussi d’autres facteurs légitimes et du principe de précaution;

 

[...]

 

6. enjoint à la Commission d’adopter les mesures nécessaires à l’élimination progressive de la substance active glyphosate dans l’Union européenne d’ici au 15 décembre 2022 au plus tard et de s’assurer que toute utilisation du glyphosate est interdite à partir de cette date, ce délai incluant d’éventuelles périodes d’extension et les périodes visées à l’article 32 du règlement (CE) n° 1107/2009 ».

 

C'est assez contradictoire, mais le Parlement a bien adopté une résolution – non contraignante – prévoyant le retrait à terme (2022) de l'autorisation de mise en marché du glyphosate... Ce n'était certes pas subito presto – l'objectif des anti-glyphosate hystériques –, mais les eurodéputés devaient bien savoir que tirer le rideau au 15 décembre 2017 n'était pas réaliste.

 

Du reste, une interdiction sera tout aussi problématique en 2022 si – comme on peut le penser – un renouvellement est demandé et qu'aucun motif dirimant de refus n'est mis en évidence.

 

Ça aussi, un eurodéputé, même activiste, doit le savoir. Et, comme il le sait sans nul doute, il manifeste par son activisme un mépris des règles démocratiques de fonctionnement de notre société.

 

Et lui et son groupe escroquent leurs électeurs en leur faisant croire qu'ils peuvent obtenir quelque chose qui est, en l'état actuel, hors de portée.

 

 

« ...nous avions perdu la bataille contre le glyphosate... » (ter) ?

 

Cela pose une question plus fondamentale : pourquoi le Parlement Européen a-t-il adopté une résolution comportant des éléments anticonstitutionnels ?

 

C'est qu'il est devenu, sur bon nombre de sujets, une instance, non pas de gestion, mais de gesticulation.

 

PPE et S&D, à eux deux majoritaires et ayant souvent l'appui d'autres formations moins nombreuses, s'entendent pour adopter des textes lénifiants, pour leur propre confort et bien-être.

 

À quoi bon se déchirer, n'est-ce pas ? Les S&D et d'autres ont – dans un texte destiné à un classement vertical immédiat – la sortie du glyphosate en 2022 ; le PPE et d'autres ont le renouvellement jusqu'à 2022 (conforme à la dernière proposition de la Commission). Tout le monde, il est content...

 

Pas moi ! Ce comportement irrationnel alimente l'euroscepticisme – sinon l'europhobie – et l'activisme, attisés ici par la communication d'un parti qui se dit europhile...

 

 

« ...nous avions perdu la bataille contre le glyphosate... » (quater) ?

 

Le texte de base a notamment été présenté par le socialiste Pavel Poc.

 

Il prévoyait une interdiction du glyphosate à partir du 15 décembre 2020. Des propositions d'amendement ont porté cette date à 2022. Parmi elles, une proposition de M. Pavel Poc au nom du groupe... S&D... (la deuxième a été présentée par Mme Angélique Delahaye au nom du groupe PPE).

 

Comment les socialistes, forgerons de cette résolution, ont-ils pu perdre ?

 

 

« ...substance manifestement cancérigène... » ?

 

C'est manifestement faux ! Et, depuis qu'on en parle, outrancièrement mensonger.

 

 

« ...malgré une mobilisation sans précédent de la société civile, une bataille parlementaire sans équivalent, un travail de la presse formidable pour alerter sur cette menace » ?

 

Pure démagogie !

 

La « mobilisation sans précédent de la société civile » ? Au-delà des professionnels de l'industrie de la protestation, certes formidablement relayés par la presse, il y a eu essentiellement du clictivisme initiés par des mercantis de la pétition très doués dans la désinformation. La fameuse et fumeuse initiative citoyenne « stop glyphosate » ? Quelle crédibilité quand, par exemple, We Move Europe récoltait des signatures sur la base de : « Saviez-vous que votre repas a probablement été aspergé d'un désherbant dont l'OMS dit qu'il cause probablement le cancer ? » (encore visible sur Google) ?

 

Pure démagogie et activation de l'activisme.

 

 

« ...18 États membres avaient piétiné le Parlement européen, seule institution représentant directement les citoyens. »

 

C'est là une déclaration infâme, d'une indigence crasse.

 

Voilà un eurodéputé qui conteste l'essence même de la constitution démocratique de l'Union Européenne... et son parti suit...

 

Le Parlement Européen aurait décidé (nous avons vu que la prémisse du raisonnement est fausse), et la deuxième instance de décision devrait « se coucher » ? C'est la dictature du Parlement... la négation de la démocratie.

 

 

« Aujourd’hui, le Parlement européen a décidé de mettre en place une commission spéciale sur le sujet, dite "d’investigation sur le système d’autorisation des pesticides en Europe". Pas de pudeur chez nous, nous continuerons de l’appeler commission spéciale glyphosate ! »

 

Belle preuve d'hystérie.

 

 

« Fidèles à notre engagement, nous avons milité pour répondre aux agissements des 18 Etats et de la Commission européenne lors du renouvellement de l’autorisation du glyphosate... »

 

Les « agissements » ? Bis repetita... C'est aussi un vocabulaire extrêmement nocif.

 

 

« ...et pour lutter contre le lobbying acharné de Monsanto. »

 

Nouvelle preuve d'hystérie. Où est le « lobbying acharné de Monsanto » à Bruxelles ?

 

 

« Notre objectif […] est [...] de mettre un terme aux conflits d’intérêt entre l’industrie et les agences européennes. »

 

Le verdict est déjà établi ! Cela rappelle les heures sombres du siècle passé.

 

En tout cas, pas les idéaux d'un parti socialiste.

 

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U
Les socialistes actuels sont incapables de la moindre esquisse de programma politique fondé sur les rapports sociaux ( comme leur nom l'indique ). Ils essaient de combler ce vide béant en empruntant les idées des écolos, qui n'ont jamais convaincu que quelque % des français.
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oh, je crains fort qu'ils ne font même plus ce calcul ! Quand on a été un parti de gouvernement et qu'une minorité bruyante et agissante de « frondeurs » se sont constitués en opposition, on ne peut plus aborder sereinement et de manière constructive les points qui font un véritable programme de gouvernement. Qu'avait-il dans sa musette Le Petit Chose que les militants socialistes se sont choisi dans des primaires dont il faudra bien que les partis (PS et LR) révisent les base ? Le fantasme du revenu universel (peut-être une bonne idée, qui sait, mais certainement pas pour une campagne électorale) et quelques hochets...

Mais au train où vont les choses, il faudra peut-être élargir la question.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Non, je crois que c'est bien plus grave. Les gesticulations illustrent le vide abyssal en matière de programme et, disons-le aussi, d'hommes. Il y a certes des gens remarquables au Parlement Européen (au PS français, à part Pervenche Bérès...), mais sur certains sujets, comme le glyphosate, ils ont laissé les commandes à des [censuré].
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je partage – hélas – votre opinion. Le problème n'est pas que français.

Il faut voir maintenant ce qu'Olivier Faure pourra reconstruire. Ils nous auront au moins évité Delphine Batho...
J
"Ils essaient de combler ce vide béant en empruntant les idées des écolos, qui n'ont jamais convaincu que quelque % des français."

Normal, complaire aux écolos leur semble rapporter plus de voix auprès de certains bobos qu'ils n'en perdent auprès des agriculteurs et du secteur énergétique (Fessenheim a beaucoup voté à droite depuis 2012).

Il serait intéressant de voir l'évolution du vote socialiste dans les campagnes.
F
Oui, toutes ces gesticulations ont un objectif évident (parmi d'autres): récupérer le vote écolo-bobo-contestataire à tout prix. C'est de la "post-vérité" appliquée. Pitoyable.