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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Commission « pesticides » du Parlement Européen : un nouveau Tribunal Monsanto ? (deuxième partie)

7 Février 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Monsanto, #Union européenne, #Politique

Commission « pesticides » du Parlement Européen : un nouveau Tribunal Monsanto ? (deuxième partie)

 

L'année 2018 est l'année de tous les dangers pour l'évaluation des substances et la décision politique y afférente

 

 

Le programme s'est fait récalcitrant et n'a pas voulu afficher la suite et fin...

Un remake de l'ignoble Tribunal International Monsanto ?

 

Mais quid du Parlement Européen ?

 

Si la démarche à l'Assemblée Nationale française relève aussi, pour partie, du besoin d'exister de la nouvelle majorité, les initiatives au sein du Parlement Européen sont largement drivées par une hystérie anti-glyphosate et anti-Monsanto.

 

 

Le pyromane se fait pompier...

 

 

À l'heure où nous écrivons, la liste des membres de la commission n'est pas encore connue. On peut craindre que l'hystérie qui a présidé à quelques initiatives ne soit exportée dans ce groupe qui risque fort de nous faire un remake de l'ignoble Tribunal International Monsanto.

 

 

La science parallèle doit avoir droit de cité

 

Mais il y a pire.

 

Il y a lieu de rappeler ici la proposition de résolution sur le projet de règlement de la Commission modifiant l’annexe II du règlement (CE) nº 1107/2009 en établissant des critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien (D048947/06 – 2017/. Elle comportait les deux paragraphes suivants :

 

« 5. demande à la Commission de veiller à ce que le document d’orientation sur l’application des critères fondés sur le danger pour identifier les perturbateurs endocriniens dans le cadre des règlements (CE) n° 1107/2009 et (UE) n° 528/2012 soit pleinement cohérent avec les critères scientifiques de détermination des propriétés perturbant le système endocrinien, et notamment l’approche fondée sur la force probante des données définie dans le règlement (CE) n° 1272/2008;

 

6. demande à la Commission de garantir que ce même document d’orientation précise qu’aucune hiérarchie ne donne la priorité aux données scientifiques générées conformément à des protocoles d’études convenus au niveau international par rapport aux autres données scientifiques ».

 

La version provisoire du texte adopté (la résolution du 4 octobre 2017) ne contient plus ces paragraphes. Aucune proposition d'amendement n'avait pourtant été déposée en vue de leur suppression. Et selon le site VoteWatch, il n'y a pas eu de vote en vue de leur suppression. Nous avons demandé une explication au service de la communication du Parlement Européen. Le courriel est resté sans réponse.

 

Mais quoi qu'il en soit, il se trouve des parlementaires européens qui pensent que les études de bonne qualité ne doivent pas l'emporter sur les autres, et qui sont prêts à introduire des propositions qui leur sont soufflées par des activistes. Plus crûment que les charlataneries – style glyphosate dans le pipi de quelques personnes connues (ou se croyant telles) ou de quelques parlementaires européens – doivent avoir droit de cité à égalité avec – sinon de préférence à – la vraie science.

 

Cette proposition ne manquera pas de refaire surface dans cette commission qui, à n'en pas douter, sera composée de membres totalement impartiaux et imperméables à toute influence, d'où qu'elle vienne (ironie).

 

 

Encore un monument de post-vérité (Source)


 

Un mandat verrouillé

 

La commission est « ... investie des responsabilités strictement définies suivantes ». C'est, nous semble-t-il, un langage qui exclut toute analyse globale des influences prétendues, suspectées ou avérées.

 

Il nous semble donc que certains présidents des partis politiques n'ont pas été attentifs...

 

Le mandat est même bien verrouillé : l'analyse porte sur la seule « ...indépendance de la procédure vis-à-vis des entreprises ». On n'examinera donc pas, en principe, les activités des entités militant contre les pesticides, dont le glyphosate, et leurs alliés – le Centre International de Recherche sur le Cancer et certains de leurs agents, ainsi que les scientifiques militants, activistes et manipulateurs (M. Christopher Portier n'étant que le personnage qui a été le plus en vue).

 

C'est d'autant plus inquiétant que la Chambre des Représentants étas-unienne a décudé d'enquêter sur les tenants et aboutissants de la classification du glyphosate en « cancérigène probable » par le CIRC.

 

L'alinéa f) est aussi extraordinaire : les visites et auditions permettront au CIRC de refaire son cirque, et aux « ONG » de répandre à nouveau leur désinformation. Si les « responsabilités strictement définies » sont appliquées à la lettre, les entreprises ne seront pas parties prenantes... Accusés, vous ne serez pas entendus...

 

Pour les journalactivistes des « Monsanto Papers », nul doute qu'« on » trouvera un moyen de les impliquer...

 

 

2018, l'année de tous les dangers

 

Au Parlement Européen...

 

L'année 2018 est l'année de tous les dangers pour notre société – et malheureusement aussi pour ces nombreux pays dans le besoin qui s'inspirent des politiques européennes ou sont incités à le faire par un activisme devenu ubiquitaire avec les réseaux d'ONG et de mercenaires.

 

Le directeur exécutif de l'EFSA Bernhard Url – l'auteur de l'inoubliable « Âge Facebook de la science » envoyé à l'adresse des militants du CIRC en réponse à leur tentative de saborder le processus européen de renouvellement de l'autorisation du glyphosate – a publié une tribune dans Nature – la « prestigieuse revue Nature » comme il est coutume de dire. Elle s'intituel : « Don’t attack science agencies for political gain » (n’attaquez pas les agences scientifiques dans un but politique – traduction sur le blog de M. Marcel Kuntz). En bref, l'érosion de la confiance dans les agences de régulation n'améliorera pas la responsabilité démocratique. M. Url ecrit :

 

« Pourquoi une telle frénésie? Les agences qui estiment que les produits réglementés présentent un faible risque sont souvent accusées d'être sous l’influence indue de l'industrie. Nous, à l'EFSA, pensons que certains militants ne sont pas disposés à accepter les preuves que certaines substances réglementées sont sûres, et vantent de faibles études scientifiques alléguant le contraire. Les mêmes groupes ont applaudi l'EFSA pour des examens sur d'autres pesticides, tels que les néonicotinoïdes, jugés dangereux.

 

Il nous semble que certains militants contestent les évaluations scientifiques de la sécurité alimentaire dans un but politique. Leurs arguments méritent d'être exposés - mais ils sont du ressort des décideurs politiques. »

 

Sauf qu'il y a des militants qui sont des décideurs politiques... en particulier des parlementaires européens à la recherche d'une stature politique.

 

 

...à la Commission...

 

Répétons : l'année 2018 est l'année de tous les dangers pour notre société...

 

En réponse à Stop Glyphosate – une Initiative Citoyenne Européenne (dont nous avons estimé qu'elle était illégale), la Commission Européenne a annoncé une proposition législative pour le printemps 2018 visant à « améliorer la transparence, la qualité et l'indépendance des évaluations scientifiques de substances, telle que l'accès du public aux données brutes », ainsi que des « futures modifications de la législation visant à renforcer la gouvernance de la conduite des études pertinentes, ce qui pourrait inclure par exemple la participation des autorités publiques dans le processus de décision des études à mener pour un cas spécifique. »

 

 

...et au Conseil

 

Oh, juste un élément du programme du candidat isochronomaniaque (dans le chapitre environnement et transition écologique) :

 

« Nous fixons le cap de protéger les Français de leur exposition aux perturbateurs endocriniens, autres que les pesticides.

 

  • Nous interviendrons avec fermeté au niveau européen pour revoir totalement les méthodes d’évaluation des produits. »

 

 

« Le débat et la discussion sont bienvenus... »

 

« Bien que le débat et la discussion soient les bienvenus, nous devrions veiller à ce que les procédures réglementaires de l'UE ne soient pas injustement attaquées et à ce qu'une attention suffisante soit accordée aux preuves scientifiques et à la recherche dans ce domaine. »

 

C'est de Mme Mairead McGuinness (Irlande, PPE), première vice-présidente du Parlement. On ne peut qu'approuver, mais ces sages paroles seront-elle entendue ?

 

Il y a déjà l'« Âge Facebook de la science ». Allons-nous aussi vers un « Âge Facebook de la décision politique » ? Une évaluation « scientifique » suivie d'une décision « politique » fondées toutes deux sur le nombre de décibels émis par les uns et les autres ?

 

Nous ne sommes pas à l'abri d'une bonne surprise... mais nous ne retenons pas notre respiration.

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S
Beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). au plaisir
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