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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Que Choisir et le marronnier des contaminants dans le saumon et des pesticides dans le vin

19 Janvier 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme, #Pesticides

Que Choisir et le marronnier des contaminants dans le saumon et des pesticides dans le vin

 

 

Le saumon « bio » dénigré

 

D'habitude, ça sort pour les fêtes de fin d'année... Nous avons eu droit dans le numéro de décembre 2017 d'un énième article, ainsi que d'un comparatif, sur le saumon qui nous explique doctement que les saumons « bio » et Label Rouge sont plus « contaminés » aux métaux lourds que les saumons issus d'élevages « conventionnels ».

 

La faute à l'alimentation, plus riche en produits à base de poissons issus de la pêche minotière – qui ont accumulé les polluants persistants marins – pour les premiers, alors que les seconds reçoivent des farines essentiellement d'origine végétale.

 

Et d'écrire :

 

« Quand, pour des raisons surtout économiques, l’alimentation des poissons d’élevages conventionnels fait la part belle au végétal (céréales, soja, huile de colza), celle des saumons bio et Label rouge est particulièrement riche en ressources d’origine marine (50 % contre 15 à 30 % dans le conventionnel). Un régime plus proche des besoins de ces carnassiers, plus digeste pour le poisson et qui limite même le recours aux antibiotiques. »

 

Indécrottablement bobo et faussement écolo, Que Choisir (on se souviendra de cette charge contre les grandes surfaces généralistes, accusées de prendre des marges exagérées sur les produits « bio », alors que les distributeurs spécialisés vendent encore plus cher). Pour en revenir au saumon, les « raisons économiques » de la filière conventionnelle se traduisent aussi par des prix plus abordables pour les consommateurs... enfin ceux qui ne semblent pas être le cœur de cible de Que Choisir...

 

Et la filière conventionnelle est aussi plus respectueuse de l'environnement, et surtout de la faune marine bien mal en point. Mais l'idéologie du « bio » et, surtout, le besoin de se démarquer du « conventionnel » avec des arguments qui « percutent » dans les milieux – aisés – de la bien-pensance, valent bien quelques entorses à la rationalité écologique.

 

Et aussi sanitaire. Mais qu'on se rassure : les contaminants sont présents à des niveaux largement en dessous des normes. Il n'y a donc pas de quoi faire tout un plat... juste un article dans Que Choisir (ou 60 Millions et Thalassa en décembre 2016).

 

 

Les vins de Bordeaux accros aux pesticides ?

 

Décembre 2017, c'était donc le saumon et le champagne, le premier ayant été la cible pour le discours entretenant les phobies alimentaires. Dans le numéro de janvier 2018, c'est au tour des pesticides dans les vins de Bordeaux. Attention, pas n'importe lesquels : 40 dont 38 crus classés, le plus cher à 92,50 euros.

 

Couverture attrape-nigauds, comme il se doit... Mais, problème... par rapport à l'analyse précédente, vieille de quatre ans, la « concentration » est, en moyenne, trois fois inférieure. C'est une très mauvaise nouvelle. Enfin, du point de vue du marchand de peurs...

 

Que Choisir s'en tire donc avec une pirouette en pages intérieures : « Les pesticides sont toujours là, mais... »

 

Mais ce sont cinq pages avec des informations minimalistes sur le véritable sujet. Un tableau qui ne déparerait pas sur le site activiste Générations Futures, avec une colonne « nombre de traces », une colonne « nombre de molécules > 10µg/l » et une colonne « somme des résidus », avec un code couleurs qui va du blanc au rouge foncé.

 

Il y a aussi une colonne « appréciation globale » et, surprise... les vins les plus « contaminés » (jusqu'à 440 µg/L) restent classés « moyens ». Seuls trois sont classés « médiocres », et ce, pour cause de « présence d'iprodione, un fongicide classé perturbateur endocrinien ». À quelle dose?

 

« "Cela dit, la concentration d'iprodione dans la bouteille de Mouton Cadet est 1000 fois inférieure à la limite autorisée" rassure l'ingénieur

 

 

C'est tout de même sous l'intertitre « Un perturbateur endocrinien retrouvé »... Mais il y a aussi un pavé en rouge : « Aucun dépassement des limites maximales de résidus autorisées »...

 

Et un pavé d'une bonne demi-page sur la biodynamie, avec pour titre : « Le mouvement s'enracine ». C'est qu'il y en a déjà 600 qui sont certifiés... sur 85.000 exploitations qui ont une activité viti-vinicole.

 

 

 

 

 

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P
N'écrire que des stupidités, telle est la triste vie du roi de l'idiotie où quand la crétinerie s'enracine ...
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour le commentaire (si, si).

Vous comprendrez certainement qu'au vu de la puissance de votre argumentation, je ne tente pas de produire une réponse argumentée.