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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les erreurs du cotonnier GM du Burkina Faso ne se répéteront pas en Afrique, disent les parties prenantes

18 Janvier 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

Les erreurs du cotonnier GM du Burkina Faso ne se répéteront pas en Afrique, disent les parties prenantes

 

Joseph Opoku Gakpo*

 

 

Un champ de coton au Burkina Faso. Photo Joseph Opoku Gakpo

 

Les parties prenantes du secteur de la biotechnologie agricole garantissent que les problèmes qui ont incité le Burkina Faso à arrêter temporairement la culture du cotonnier transgénique ne se répéteront pas avec les cultures GM dans d'autres pays africains.

 

Les leçons ont été tirées, disent-ils, et cela permettra d'informer comment les projets futurs doivent être déployés pour éviter des difficultés similaires.

 

Le cultivar GM (cotonnier Bt) introduit au Burkina Faso en 2008 avait été modifié avec des gènes de Bacillus thuringiensis, une bactérie du sol, pour lui conférer une capacité inhérente à résister aux attaques des vers de la capsule qui peuvent détruire jusqu'à 90% de la production dans les fermes cotonnières.

 

Le cultivar de cotonnier Bt – introduit par l'entreprise agricole Monsanto – a permis de lutter contre les ravageurs dans les plantations de coton au Burkina Faso, réduisant ainsi l'utilisation des pesticides, avec jusqu'à 70% d'économie. Mais les problèmes liés à la commercialisation d'un coton présentant des fibres plus courtes ont poussé les autorités de ce pays à interrompre la plantation de la variété en 2015.

 

Jonathan Jenkinson, responsable de Monsanto pour l'Asie et l'Afrique, attribue le problème à l'absence d'un programme continu de sélection basé au Burkina pour améliorer le cultivar, ce qui a permis la réapparition de traits indésirables comme une longueur de fibres diminuée.

 

« Ce qui s'est passé, c'est que le Burkina a approuvé une culture biotechnologique », a expliqué Jenkinson. « Ils n'avaient pas de programme continu de sélection pour améliorer la variété. Donc, ce qui s'est passé est que le caractère de résistance [au ver de la capsule] était là et procurait bien tous les avantages nécessaires, mais que les variétés qui étaient diffusées n'étaient pas nouvelles et améliorées chaque année. » Il est convaincu que le problème ne se serait pas posé s'il y avait eu un programme continu au Burkina Faso pour améliorer le cotonnier Bt au cours de chacune des huit années où il a été cultivé dans ce pays.

 

Un certain nombre de pays africains, y compris le Malawi et le Nigeria, entreprennent actuellement des essais en milieu confiné de cotonnier Bt dans le cadre du processus réglementaire qui mène à la commercialisation.

 

« Très prochainement, l'année prochaine [2018], le niébé Bt et le cotonnier Bt devraient être prêts pour la commercialisation... », a déclaré le Dr Rose Susan Gidado, directrice adjointe de l'Agence Nationale de Développement de la Biotechnologie au Nigeria, dans une interview. « Certains agriculteurs sont déjà au courant... Pour le cotonnier, je pense qu'il sera disponible dans environ 10 États au Nigeria. »

 

Les Nigérians s'attendent à ce que l'introduction du cotonnier génétiquement modifié soit un facteur majeur de changement agricole, contribuant ainsi à endiguer les dégâts des vers de la capsule qui entraînent selon les estimations une perte de rendement de 40% dans la production de coton en Afrique de l'Ouest.

 

Jonathan Jenkinson, de Monsanto. Photo de Joseph Opoku Gakpo

 

Interrogé sur ce qui sera différent dans les autres pays, Jenkinson a déclaré que le problème ne se reproduira pas parce que les bonnes conditions ont été mises en place pour s'assurer que les cultivars biotechnologiques seront continuellement améliorés, de sorte que des traits non désirés n'apparaîtront plus à l'avenir. « Une partie du travail au Nigeria et au Malawi est qu'ils ont des programmes de sélection continus. Donc la leçon est très simple : pour qu'une culture biotechnologique ait un impact sur le marché, elle doit être associée à un programme continu d'amélioration du germoplasme », a-t-il dit.

 

Le Ghana a suspendu l'année dernière les essais sur le terrain du cotonnier génétiquement modifié suite à la décision de Monsanto de fermer son bureau au Burkina Faso, lequel apportait un soutien au travail au Ghana. Bien que le Dr Emmanuel Chamba, chercheur principal sur le projet de cotonnier Bt au Ghana, ait annoncé la décision de suspendre le travail, il est confiant que la situation au Ghana est très différente de ce qui s'est passé au Burkina Faso.

 

« Après deux années d'essais en champs confinés en station, l'étape suivante consistait à aller dans les champs des agriculteurs », a expliqué Chamba. « Après quoi nous avions envisagé une diffusion commerciale. Malheureusement, à cause de la situation au Burkina Faso, Monsanto s'est retiré. Mais nous n'allions pas répéter ce qui s'est passé au Burkina Faso. »

 

Edgar Traoré, coordinateur du Forum Ouvert sur la Biotechnologie Agricole (OFAB) au Burkina Faso, est également convaincu que son pays a tiré les leçons du cotonnier Bt et que les erreurs précédentes ne seront pas répétées s'ils ont l'opportunité de le réintroduire sur le marché. « Nous avons seulement besoin de faire plus de rétro-croisements, jusqu'à sept, et ça ira », a-t-il dit. « Nous allons faire ça. »

 

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Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/burkina-fasos-gmo-cotton-mistakes-wont-be-repeated-africa-stakeholders-say

 

 

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