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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« A propos de Kokopelli » de M. Yann Kindo sur Blog Mediapart

11 Janvier 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

« A propos de Kokopelli » de M. Yann Kindo sur Blog Mediapart

 

Glané sur la toile 220

 

 

C'est à propos de Kokopelli, dans le contexte de l'ouvrage collectif « Nous n’irons plus pointer chez Gaïa. Jours de travail à Kokopelli » (Le Grimm, Éditions du Bout de la Ville, 2017, 143 p., 10 euros).

 

C'est un ouvrage que nous avons lu avec grand intérêt, et aussi effroi – sous l'angle tant des relations de travail que des opérations commerciales. Trottait dans notre tête l'idée d'en faire une recension.

 

Puis il y eut « Descente dans l’enfer salarial de Kokopelli » de notre ami Gil Rivière-Wekstein sur Agriculture et Environnement.

 

Il y eut aussi « Kokopelli : "l’incarnation parfaite du capitalisme vert" ? » sur Forumphyto.

 

Il y eut encore « Kokopelli, c’est fini... » avec en surtitre « qui sème le vent bio, récolte la tempête bio » sur CQFD.

 

Et d'autres.

 

Et il y avait « Pourquoi nous n'irons plus acheter nos graines chez Kokopelli », sur le blog de permaculture Le Jardin des Possibles...

 

Mais les tenanciers du lieu ont utilisé un langage contestable. Et – alors que les auteurs de l'ouvrage collectif ont fait des descriptions cauchemardesques, somme toute pour partie attentatoires à la réputation de l'entreprise et de ses dirigeants – ceux-ci ont décidé d'attaquer M. Daniel Vivas en diffamation. Ils l'ont fait en l'annonçant urbi et orbi par un très long « Communiqué suite à la parution du livre "Nous n’irons plus pointer chez Gaïa" ». Tellement long qu'il commence par un « avant-propos », dont nous citerons le texte suivant qui y figure sous forme de citation.

 

« Nous estimons que ces propos sont diffamants et injurieux, qu’ils nous causent un tort considérable, et c’est pourquoi avons décidé de demander le retrait de son article, amiablement d’abord, puis judiciairement. Ceci parce qu’il est tout aussi malsain d’offenser que de se laisser offenser, en laissant croire que l’offense est méritée. »

 

Écrire une recension du « Nous n’irons plus pointer chez Gaïa. Jours de travail à Kokopelli » aurait exigé une lecture comparative et critique avec « Communiqué suite à la parution du livre "Nous n’irons plus pointer chez Gaïa " » et le plus court « Procès contre M. et Mme Vivas, propriétaires du site “Le Jardin des Possibles” ». Ce dernier a l'avantage de reproduire en peu de lignes les propos jugés inacceptables, selon un procédé classique dans lequel celui qui se prétend atteint dans son honneur propage les propos dont il est prétendu qu'ils sont attentatoires à l'honneur.

 

Il aurait fallu risquer la nausée en (re)lisant la description des comportements prétendument critiquables... et risquer la nausée en lisant les réfutations écrites au vitriol.

 

Les soi-disant diffamés et injuriés s'offusquent de... oups ! Censuré... Nous savons par expérience qu'« on » peut introduire une procédure bâillon en se plaignant de la reproduction de propos qu'« on » a soi-même diffusés ! Ils s'offusquent, mais n'hésitent pas devant les dérapages incontrôlés...

 

« Les auteurs de “Nous n’irons plus pointer chez Gaïa” auraient mieux fait, en définitive, de mettre leurs talents d’agitateurs intellos et pseudo-anarchistes au service de Monsanto ou de Limagrain et puis de dénoncer, ensuite, les conditions de travail ou bien les dessous technico-politiques de ces grandes multinationales de la semence, qui détruisent tous les jours la biodiversité que nous essayons de préserver, en marge de la légalité. »

 

Non, non, ce n'est pas injurieux (ironie) ! Et quel sophisme de la diversion ! Du reste, ce n'est pas que nous ayons une affinité particulière pour Monsanto, mais il nous semble que la filiale française est régulièrement classée par l'institut Great Place To Work parmi les meilleurs entreprises où il fait bon travailler.

 

Quoi qu'il en soit, M. Kindo a fait un énorme travail de décryptage, y compris en faisant appel à des sources annexes. Extrait :

 

« Et donc le bouquin, je viens de le lire, et au départ, j’étais parti pour en profiter et en rajouter une couche sur le thème : "Non seulement leurs pratiques commerciales sont douteuses, non seulement ce sont des illuminés, mais en plus ils se comportent avec leurs employés comme le bas du panier des patrons capitalistes". Franchement, pour un blog comme le mien, La faucille et le labo, qui défend à la fois les idées du rationalisme scientifique et celles du communisme révolutionnaire, c’était du pain béni, ce truc.

 

Sauf que, en fait, quand on compare ce qui est dit dans le livre avec la réponse que lui fait Kokopelli, on reste très dubitatif, et on se demande si on n’est pas là face à une nouvelle fable qui se mêle à la première, la fable des "gentils anarchistes plein de bonne volonté qui ont été très déçus par leur employeur en qui ils croyaient beaucoup au départ mais qui s’est révélé être un tyran qui foule aux pieds leurs libertés fondamentales". Vous allez voir, vu de l’extérieur, et sans enquête indépendante approfondie – allô, Médiapart ?-, c’est impossible de se faire une idée précise et mieux vaut s’en tenir à une prudente réserve, plutôt que de conclure quoi que ce soit sur ce terrain des conditions de travail. Même si j’aurais tellement aimé pouvoir faire ça… »

 

Mais pour en savoir plus, lisez « A propos de Kokopelli ». Cela en vaut vraiment la peine.

 

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