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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Mortalité des abeilles  : « L'erreur se tient debout derrière la ruche »

14 Décembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Schillipaeppa, #Abeilles

Mortalité des abeilles  : « L'erreur se tient debout derrière la ruche »
 

Schillipaeppa*

 

 

 

 

 

 

Les sonnettes d'alarme retentissent : la mort des abeilles, la mort des insectes – si vous suivez la logique des manchettes des journaux, la fin de la civilisation est imminente. J'ai interrogé un expert des abeilles à ce sujet : Gerhard Liebig.

 

 

Question : M. Liebig, depuis combien de temps travaillez-vous sur les abeilles ?

 

Réponse : J'ai étudié la biologie agricole de 1970 à 1975 à l'Université de Hohenheim, à Stuttgart. À l'Institut de Phytomédecine, j'ai fait mon travail de diplôme et ma thèse de doctorat sur les pucerons. Des pucerons je suis passé aux abeilles, car il y a des pucerons sur les arbres forestiers comme le sapin et l'épicéa qui sont importants pour l'apiculture. Ce n'est que lorsque ces pucerons suceurs d'écorce sont présents en masse, et qu'ils produisent beaucoup de miellat, qu'il y a du miel de forêt et de sapin. Celui-ci est particulièrement apprécié. J'ai reçu pour mission de recherche d'étudier la dynamique de la population de ces insectes. Je l'ai fait pendant 37 ans et, dans les années 1980, j'ai aussi été un témoin privilégié du battage autour des « pluies acides » et de la « mort des forêts ». À côté de cela, je me suis également occupé d'abeilles et d'apiculture. Il en est résulté un autre travail de recherche à long terme dans lequel j'ai étudié pendant 22 ans le développement des colonies d'abeilles et l'impact de l'environnement sur le développement des populations. Je suis devenu moi-même apiculteur.

 

 

Question : Que pensez-vous, devrons-nous bientôt polliniser les arbres fruitiers à la main comme en Chine ?

 

Réponse : Voilà un exemple de la façon dont, par la répétition constante, le mensonge devient un fait, sinon la vérité. Cette affirmation a été lancée en novembre 2012 avec le film « More than honey » – en français « Des abeilles et des hommes ». Ce film primé a été diffusé plusieurs fois à la télévision. La Chine est pourtant un pays exportateur de miel ! La densité de la population apicole est plus élevée en Chine qu'aux États-Unis. La production de pommes a plus que quintuplé en Chine depuis les années 1990, avec une superficie de vergers pratiquement constante. La pollinisation manuelle est pratiquée en Chine lorsqu'il s'agit de créer de nouvelles variétés de pommes qui sont également adaptées à l'exportation.

 

 

Question : À votre avis, n'y a-t-il pas de mortalité des abeilles ?

 

Réponse : Cela dépend de la définition de la « mortalité des abeilles ». Chaque année, dans une colonie d'abeilles, il meurt environ un quart de million d'abeilles de causes naturelles ; en été, ce sont environ 2.000 par jour, en hiver, en moyenne, seulement 30. La colonie reste cependant en vie, car il y a aussi des abeilles qui naissent. Au printemps, plus d'abeilles éclosent qu'il n'en meurt et les colonies s'accroissent. En hiver, aucune abeille n'est incubée, et les colonies rétrécissent. Quand toutes les abeilles d'une colonie meurent en hiver, la colonie est dépeuplée. Si cela se produit dans de nombreux endroits, il y a une « mortalité de colonies » qui est appelée « mortalité des abeilles » dans la couverture médiatique de ce fait.

 

En moyenne, environ 10% des colonies meurent en Allemagne en hiver ; chez chacun des quelque 100.000 apiculteurs allemands, la fluctuation est de 0 à 100 % chaque hiver. Cela aussi n'a rien d'extraordinaire. Les apiculteurs qui ne subissent pas de pertes forment la majorité silencieuse. Seules les personnes touchées se plaignent et sont entendues. Ajoutez à cela l'attitude de nombreux commentateurs des médias : « Seules les mauvaises nouvelles sont de bonnes nouvelles ». Les téléspectateurs, les auditeurs et les lecteurs voient, entendent et lisent constamment que les choses vont de mal en pis. Les pertes de colonies hivernales sont compensées par l'habituelle division des colonies au printemps, de sorte que le nombre de colonies reste stable en Allemagne, voire augmente – comme en Chine, aux États-Unis et ailleurs. Les colonies ne meurent en hiver que si l'apiculteur fait des erreurs. La principale cause des pertes hivernales est le traitement insuffisant contre un acarien, le Varroa. Donc, l'erreur se tient debout derrière la ruche.

 

 

Source: wikipedia.

 

Question : Depuis quand le Varroa existe-t-il en Allemagne ?

 

Réponse : Le Varroa a été introduit en Allemagne de l'Ouest dans les années 1970 lorsque des colonies d'abeilles ont été importées du Pakistan. Dans l'ex-RDA, il est venu de l'Est de l'Europe. Le Varroa n'était à l'origine qu'un parasite de l'abeille asiatique. Cette espèce n'avait auparavant aucun contact avec l'abeille européenne, qui vivait en Europe et en Afrique. Les Européens ont emmené avec eux des colonies de l'abeille européenne lors de la colonisation de l'Asie. Le Varroa est ainsi passé à l'abeille européenne. Cela s'est aussi produit après l'importation de colonies d'abeilles asiatiques dans le Taunus. De là, le Varroa s'est répandu dans toute l'Allemagne en une décennie.

 

L'abeille asiatique est résistante au Varroa, ce qui n'est pas le cas de l'européenne. Dans les colonies, le Varroa prolifère sans contrôle pendant la saison de reproduction, de mars à octobre. Si l'infestation par le Varroa dépasse le seuil de nuisibilité, les colonies tombent malades et meurent de « varroase ». C'est le nom de la maladie qui se produit quand il y a trop d'acariens. Les colonies se dépeuplent, les abeilles partent. Aux États-Unis, cela s'appelle « CCD », Colony Collapse Disorder, syndrome d'effondrement des colonies. Le seuil de nuisibilité est beaucoup plus bas en automne et en hiver qu'au printemps et en été.

 

 

Question : Que peut faire l'apiculteur contre l'infestation par l'acarien ?

 

Réponse : L'apiculteur doit traiter ses ruches chaque année contre le Varroa. Il y a maintenant un grand nombre de traitements approuvés. La plupart des apiculteurs traitent leurs colonies avec de l'acide formique et de l'acide oxalique. Ces acides ne sont utilisés qu'après la récolte du miel, de sorte qu'il n'y a aucun résidu dans les produits apicoles.

 

 

Question : Vous avez des dizaines d'années d'expérience avec les abeilles ; oublions le Varroa : sont-elles dans une situation pire aujourd'hui qu'autrefois ? On dit que les abeilles sont plus sensibles aujourd'hui à cause des pesticides de l'agriculture et du manque de nourriture.

 

Réponse : Cette allégation est à traiter comme la pollinisation manuelle déjà mentionnée en Chine. Elle a été faite par la Stiftung Warentest [une organisation consumériste] dans le numéro d'août 2013 de son magazine, dans « Wenn das Summen verstummt » (quand le bourdonnement s'arrête). Le BUND [Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland – Union pour l'environnement et la protection de la nature en Allemagne] a aussi contribué à la propagation de ces allégations avec le prospectus « Bienensterben stoppen! Pestizide – Gift für Mensch und Umwelt » (stop à la disparition des abeilles ! Pesticides – poisons pour les humains et l'environnement), ainsi que Greenpeace avec la brochure « Bye, Bye Biene ? » (adieu l'abeille ?). Le tout a mené à une étude de l'Université Libre de Berlin, qui a été commandée par le groupe parlementaire des Verts et est arrivée à la conclusion que les abeilles se portent mieux en ville qu'à la campagne. Le coupable en serait l'« agriculture intensive » avec ses monocultures, son utilisation excessive de pesticides et la fertilisation. C'est tout simplement faux. La production de miel en Allemagne et la production moyenne de miel par ruche n'ont cessé d'augmenter depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cela est dû principalement à l'expansion de la culture du colza. Grâce à l'amélioration des plantes, à la protection des cultures et à la fertilisation, non seulement le rendement en grains a augmenté, mais la production de miel de colza est meilleure aujourd'hui qu'il y a 40 ans lorsque j'ai commencé mes études à long terme.

 

 

Question : Les expériences montrent que les « néonicotinoïdes » désorientent les abeilles. S'il y a de telles indications que ces insecticides nuisent aux abeilles, ne vaudrait-il pas mieux interdire immédiatement l'utilisation de ces substances ?

 

Réponse : Ces résultats ont été obtenus sur le terrain avec des abeilles traitées et équipées, mais ils ne reflètent pas les conditions sur le terrain. Les expériences impressionnent par l'utilisation de « high-tech », mais ne produisent que du « vent ». Si vous collez une puce ou un transpondeur sur le dos d'une abeille pour suivre son vol, cela change déjà son comportement. Si en plus on nourrit les abeilles ainsi harnachées avec une solution de sucre additionnée de la matière active d'un pesticide, ce changement de comportement est encore plus prononcé ; cela dépend aussi de la dose. Fréquemment, la matière active a été surdosée pour prouver un effet toxique.

 

Les champs de colza ou de maïs issu de semences traitées avec un néonicotinoïde sont visités par les abeilles pendant la floraison. Les abeilles y recueillent du pollen et du nectar. Le pollen et le nectar sont contaminés par l'agent toxique à des doses sublétales pour les abeilles. Mais la collecte de pollen et de nectar contaminé n'affecte ni le comportement de butinage, ni le développement des populations. Cela est constaté dans le contexte de chaque procédure d'approbation et vérifié par la suite. Le taux de retour des butineuses est de 99 pour cent, qu'elles visitent du colza ou du maïs issu de semences traitées ou non traitées. Dans les essais avec le « high tech » évoqués ci-dessus, même les abeilles témoins non traitées ont montré un taux de retour réduit à moins de 90 pour cent. Si cela était normal et s'appliquait à toutes les butineuses, une ruche serait dépeuplée après une journée de butinage, quand les 20 000 butineuses d'une colonie de taille normale font environ 10 vols aller-retour, même si aucun pesticide n'était impliqué. La protection des végétaux par l'intermédiaire du traitement des semences est écologiquement plus appropriée que celle par pulvérisation. Par conséquent, on ne devrait pas diaboliser le traitement des semences, mais le préconiser et l'utiliser à nouveau.

 

 

Question : Qu'en est-il des cousines sauvages de notre abeille, de votre point de vue ?

 

Réponse : Ça aussi, c'est quelque chose. Il existe très peu d'études sur la présence et la densité des abeilles sauvages. La « belle époque » de la recherche sur les abeilles sauvages remonte à environ 20 ans. Au tournant du millénaire, on a signalé plus de découvertes d'abeilles sauvages qu'avant et qu'après. Les spécialistes de l'époque sont maintenant à la retraite. Le déclin régulièrement signalé des espèces d'abeilles sauvages peut aussi être dû au fait qu'il y a de moins en moins de personnes qui connaissent les espèces. Seul celui qui les cherche les trouve. Si vous ne cherchez pas, vous n'en trouverez pas. Ce courant de pensée sert également d'explication au déclin généralement déploré de la biodiversité. Beaucoup ne regardent que là où ils se sentent confirmés dans leur point de vue et, si tant est qu'ils le font, ils regardent de manière à se sentir ainsi confirmés. Certains défenseurs de l'environnement et experts des abeilles sauvages sont d'avis que celles-ci souffrent également de la concurrence de l'abeille domestique et considèrent le développement actuel de l'apiculture – le nombre d'apiculteurs et de colonies est en croissance constante – de manière très critique. Cela devrait surtout être médité par les apiculteurs, qui disent pratiquer une apiculture « écologique » et se prétendent donc les meilleurs apiculteurs. Vous pouvez les trouver chez Demeter et Bioland.

 

 

Question : Vous êtes-vous déjà fait critiquer à cause de votre point de vue et traiter, quasiment, de « négationniste de la mortalité des abeilles » ?

 

Réponse : Cela m'est arrivé et cela arrive encore et encore. C'est ainsi quand on nage contre le courant dominant. Si ceux qui pensent autrement n'ont pas d'arguments, mais veulent adhérer fermement à leurs croyances, ils réagissent souvent de manière polémique. On insinue souvent que je suis payé par une entreprise pharmaceutique.

 

 

Question : Dans les médias, la mortalité des abeilles est souvent présentée comme un fait – récemment encore, début décembre, dans l'émission de débat « hart aber fair » (dur mais juste). Qu'en pensez-vous ?

 

Réponse : Par la répétition constante, le mensonge ne devient pas une vérité, mais un fait. C'est aussi une répétition. J'ai vu l'émission deux fois, la première fois en direct, puis une seconde via la médiathèque. La deuxième fois, je l'ai aussi enregistrée. Je veux éditer le film, le combiner avec d'autres reportages sur la mortalité des abeilles – je les collectionne depuis 2006 – pour documenter comment les choses se sont déroulées jusqu'à présent et où cela nous mène. La fin de ce projet est prévue pour l'année 2020. Dans une émission diffusée dans Phoenix par le Bayerischer Rundfunk sur « Das Sterben der Bienen » (la mort des abeilles), on avait prédit qu'il n'y aurait « plus d'abeilles dans 10 ans ». Le documentaire avait été réalisé en 2010. En avril 2006, dans « Bild am Sonntag», le président de l'association des apiculteurs professionnels de l'Allemagne était cité comme disant : « L'agonie de l'abeille domestique et de l'apiculture a commencé en Allemagne ». À cette époque, l'abeille domestique était considérée selon « Bild am Sonntag » comme la quatrième espèce domestique la plus importante. Elle est passée à la troisième place. Dans cet article, vous pouvez également trouver la « citation d'Einstein » qui est mentionnée par de nombreux commentateurs. C'est clairement absurde ; et elle n'est pas d'Einstein.

 

Entre-temps, j'ai également lu les 1.604 commentaires qui ont été entrés dans le livre d'or du programme « hart aber fair » avant, pendant et après l'émission, et je suis en train de les évaluer. Cela prendra un peu plus de temps.

 

 

Question : Quelle est votre impression des commentaires jusqu'à présent ?

 

Réponse : La plupart des commentaires sont formulés de manière émotionnelle et polémique. Ils réitèrent le « discours dominant » selon lequel l'agriculture « intensive » est à blâmer pour le désastre et que l'effondrement de « l'écosystème » est imminent. Cette opinion était également émise par quatre participants du panel de « hart aber fair », de manière dure et pas juste : le modérateur et trois des cinq invités, l'apiculteur, le journaliste scientifique et le politicien du Parti Vert.

 

Dans le livre d'or, certains téléspectateurs qui ont commenté le sujet, à la fois sur le thème de la « mortalité des abeilles » et celui de la « disparition des insectes », ont fait preuve d'expertise et considéré la problématique de manière différenciée. Cette considération différenciée aurait dû avoir lieu lors de la préparation de l'émission. Cela n'a pas été fait. On peut donc supposer que les producteurs de l'émission ont été guidés par un principe qui détermine les actions de nombreux journalistes : le mensonge simple est plus facile à transmettre à l'auditoire que la vérité compliquée. À cet égard, c'était une émission fort réussie.

 

 

 

À propos de l'interviewé :

 

M. Gerhard Liebig a étudié les abeilles pendant 37 ans auprès de l'Institut d'Apiculture du Land à Stuttgart-Hohenheim. L'un de ses travaux portait sur le développement de concepts pour lutter contre le Varroa. Même à la retraite (depuis 2011), il s'occupe des abeilles, écrit des articles et gère le site www.immelieb.de, qui traite de l'abeille et de son plus grand ennemi, le Varroa. Liebig est l'auteur de l'ouvrage de référence populaire « Einfach imkern », dont la troisième édition est actuellement épuisée. Une quatrième édition est prévue pour le printemps 2018.

 

_________________

 

* L'auteure a fait des études de philosophie, est éditrice et a atterri il y a déjà plus de dix ans à la campagne. Sur son blog, elle (d)écrit – miracle  ! La traduction peut être fidèle – ce qui la préoccupe, lorsqu'elle n'est pas en train de curer l'écurie des poneys, de chercher des gants de gardien de but, de s'occuper de quantités de denrées alimentaires ou de linge, ou encore de tenter d'arracher les mauvaises herbes plus vite qu'elles ne poussent.

 

Source : https://schillipaeppa.net/2017/12/11/der-fehler-steht-hinter-dem-kasten/

 

 

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V
Alors pour reprendre l’exemple de la pollinisation manuelle en Chine, s’il est vrai qu’il existe à la base un problème d’auto-incompatibilité, ceci n’est semble t-il qu’une partie du problème. L’étude la plus détaillée que j’ai pu lire sur le sujet montre que ce choix de la pollinisation manuelle s’est quand même bien faite principalement du fait du déclin des pollinisateurs localement suite à l’utilisation massive de pesticides dans cette region de forte production fruitière. Voir cette étude:
“Hand pollination of pears and its implications for biodiversity conservation and environmental protection -- A case study from Hanyuan County, Sichuan Province, China”
Un extrait de l’étude:

”Beekeeping was common in the past in the county. According to the available data, number
of honeybee colonies was increasing from 1,513 in 1949 to 3,739 colonies in 1985. During
that time, all the honeybees were Chinese honeybees (Apis cerana cerana). At present there
are only several beekeepers who keep either the western honeybee (Apis mellifera) or the
Chinese honeybees. These beekeepers, however, do not place their bees in the pear
cultivation areas. But most people mentioned that honeybees have not been seen since mid-
1980s, which was in accordance with the large-scale cultivation of pears.
It was mentioned that a probable reason was that a large explosive of pear lice some years
ago leading to over spray of insecticides, which might have killed most insects. Since then,
pears have been sprayed often 12 times before harvesting of pears.
As mentioned already, the surveyed area has been well known in Sichuan for pears. Prior to adoption of “household responsibility system” in the early 1980s, no any hand pollination had been employed on the local pear variety. The reasons mentioned included two. The first one was that pear flowers were pollinated by insects, mainly honeybees. During that period, keeping one to three colonies of honeybees was common for some households. In addition, other wild pollinators were considered common in the region. Use of agricultural chemicals, including chemical fertilisers, pesticides, insecticides and fungicides was very rare. The second reason was that few people were concerned about the yield of pears with a commune system. Due to very concentrated and a large-scale cultivation of pears, there have been intensive sprays of many kinds of pesticides and insecticides. During the field survey, not any insects were seen on flowers of pears and other crops that are blooming simultaneously with pears. Informants also mentioned that beekeepers from the region relocated their honeybees out of this region when pear flowers start blooming. Apart from the local beekeepers, migratory beekeepers from other regions move to the valley areas in November and leave this region in late February when they see some pear flowers start to bloom. All the informants mentioned that it was pesticides/insecticides that have killed most insects if there were any insects and that have driven the honeybees out of the pear cultivation area. Use of insecticides is regarded as the sole reason for no insects pollinating pear flowers and for no beekeeping in the region.”

Une autre étude fait d'ailleurs le même constat pour les plantations de pommiers dans la même région : "The Human Pollinators of Fruit Crops in Maoxian County, Sichuan, China The Human Pollinators of Fruit Crops in Maoxian County, Sichuan, China A Case Study of the Failure of Pollination Services and Farmers' Adaptation Strategies" "Our study indicated that an insufficient proportion of pollinizer trees in the orchards and the declining populations of natural insect pollinators in the surrounding localities have created a perpetual need for human pollinators in the apple orchards of Maoxian County. Visits to different villages and discussions with farmers revealed that there is a shortage of pollinators left in the area now to ensure adequate natural pollination of apple trees. About 4 decades of pesticide sprays by the farmers, 8 to 10 sprays of pesticides per season (Table 3), have contributed to a serious decline in pollinators (Partap and Partap 2002). That pesticide use is a major factor contributing to pollinator decline has been reported in several studies conducted in other parts of the world (Johansen 1977; Allen-Wardell et al 1998; Verma and Partap 1994; Partap and Partap 2002; Berezin and Beiko 2002). The valley is also experiencing shrinking pollinator habitats due to a continuing increase in farmland area, at the cost of forests and grasslands. "

Quant à l’argument la Chine est le premier producteur de miel donc il n’y a pas de problemes de pollinisateurs n’a aucun sens. La Chine c’est quasiment la taille d’un continent entier, donc il peut tout à fait y avoir des problemes de pollinisation dans certaines regions spécialisées dans la production fruitière et pas dans d’autres ou l’on va produire majoritairement le miel. Les apiculteurs vont pas installé leur ruches au milieu des vergers qui sont massivement traités…
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'ai butiné dans le premier article, très intéressant et probablement instructif. C'est une source primaire qui confirme ce que j'ai pu lire par ailleurs.

Oui, il y a un problème d'auto-incompatibilité et -- associé -- de manque de pollinisateurs. Mais par "pollinisateurs" il faut entendre ici des variétés pollinisatrices, et de variétés fleurissant à la bonne époque. Un exemple :

" Statistical data indicate that around 50% of the pear yield in the county is Jinhuali. Before Jinhuali was planted on a large scale, the local Hanyuan Baili was the dominant variety. Two hundred eighty thousand pear trees were reported in 1982 (Wang et al., 1985), of which 224,000, or 80%, were Hanyuan Baili. The present study revealed that in Jiuxiang area around 85-90% of the pears are Jinhuali. Jinhuali was introduced from Jinchuan County of west Sichuan in 1965 but the mass cultivation of this variety did not start until 1983/4. Apart from these, some new varieties are introduced in recent years, including Huangjinli, Shuijingli, New Century, etc. "

L'absence de pollinisateurs (insectes) serait-il un autre facteur ? C'est possible. Si tel était le cas, une solution simple consisterait à faire venir des ruches comme on le fait en Californie sur l'amandier.

Incriminer les pesticides et le nombre de traitements est trop facile, sauf à supposer que les producteurs de la région s'y prennent comme des manches. Les chiffres qui sont articulés ne sont guère différents des chiffres couramment rapportés.

"Les apiculteurs vont pas installé leur ruches au milieu des vergers qui sont massivement traités…" ? C'est pourtant ce qu'ils font en vendant des services de pollinisation.

La deuxième étude montre que les gens de la région cultivent d'autres fruitiers, dont certains sont probablement auto-incompatibles, sans qu'il y ait pollinisation manuelle.

T
Merci pour cet article ,
en reponse à claude apiculteur depuis + de 30 ans qui affirme "je vois tous les ans une mortalité d'abeilles de plus en plus importante manifestement due à une détérioration de l'environnement." et" La production de miel en France a baissée de plus de 40 %" je lui conseille d 'aller sur le site de l'ADA
la production en France a été de 16 099T en 2016 19 788t en 2017 et 27 736 T en 2018 avec une augmentation du nombres de ruche . Il ne faut pas se fier à son impression locale mais ou est la perte de production de 40% alors que la production en France augmente de 40% entre 2017 et 2018 . Il faut regarder sur plusieurs années et ne pas retenir que les mauvaises années comme 2014 pour manipuler l 'opinion .
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Les débats sur cette filière, atomisée et désorganisée, sont très difficiles. S'ajoute le fait qu'une organisation prétendant représenter la filière est un supplétif des mouvements altermondialistes et technophobes : il faut que la situation soit ca-tas-tro-phi-que... Un apiculteur peut très bien devenir l'otage de cette représentation du monde. Les statistiques sur le nombre de colonies, les mortalités et la production en sont le meilleur témoin. Festival de pipotage, ai-je écrit un jour.
P
Merci pour l’article que j’ai lu.
J’ai lu également la synthèse sur le sujet (syndrôme d’effondrement des colonies) sur Wikipédia (au moins 20 pages à lire…).
Je n’en ressors pas pour autant avec des idées claires sur le sujet. Dans l’article de Wikipédia ils égrainent les causes possibles (nombreuses) sans voir qu’il y a une difficulté entre un nombre élevé de causes différentes recensées et la survenue du phénomène assez de manière assez groupée dans le temps et assez général dans l’espace (années 90 en Europe et années 2000 aux Etats Unis en gros mais pas d’infos précises sur les autres continents). Si les pratiques agricoles sont variables dans le monde comment expliquer que le phénomène d’effondrement ne soit pas aussi variable. Il manque une synthèse sur la répartition géographique selon les années.
Répondre
S
Bonjour;

Merci pour votre commentaire.

En fait, il manque beaucoup de choses dans les études sur les abeilles… à commencer par l'objectivité, voire la bonne foi. Avant d'être un sujet d'études, l'abeille est devenue un sujet de polémiques.

Il y a toujours eu des crises inexpliquées, déjà avant l'arrivée des pesticides. Le "colony collapse disorder" états-unien est ainsi arrivé, et la situation s'est rétablie. Au final, on n'a pas très bien compris ce qui s'était passé.

Malgré tout ce qui a été dit et écrit, on n'a pas eu, me semble-t-il, de phénomène similaire en Europe (mais d'aucuns se sont empressés de reprendre le terme "effondrement")..

"Si les pratiques agricoles sont variables dans le monde…", c'est que, peut-être bien, "l'erreur se tient debout derrière la ruche". Un indice : les mortalités sont généralement supérieures chez les amateurs par rapport aux professionnels.
Q
Bonjour,
Je n'ai même pas lu jusqu'a la fin l'article car j'avais envie de crier après quelques paragraphes...
Dire que les abeilles font plus de miel maintenant qu'il y a quelques années c'est vrai. Mais faire le liens direct avec la santé de l'abeille et dire que plus il y a de miel plus les abeilles sont en bonnes santé est vraiment incroyable. Il n'est pas compliqué de comprendre que si on donne beaucoup à manger à un être vivant il va manger beaucoup mais pas forcement être en bonne santé. Les obèses "humains" se trouvent ou il y a de la nourriture en masse. Est ce que obèses est un signe de bonne santé?... Ceci est un exemple pour montrer la non cohérence des propos de M. Liebig. De plus, tout le monde sait que pour être en bonne santé un animal doit avoir une nourriture varier. Monoculture n'est pas égal à nourriture varier.

Ensuite, par rapport aux néonicotinoïdes.... La c'est insoutenable... Franchement, les personnes qui ont fait les experiences avec le matériel Hightech étaient certainements les mêmes qui ont développés les balises posé sur le dos des abeilles. Je suis certains que ces personnes sont assez intelligente pour faire une étude valable et ont comparé le comportement des abeilles avec la balise et sans le produit néonicotinoïdique et ENSUITE en ajoutant le produit. OUI les proportions n'était peut être par respecté par rapport à la réalité du terrain mais les observations sont parlantes...

Bref on pourrait parler longtemps de cette article. Il faut que tout monde puisse dire ce qu'il et heureusement qu'on peut le faire.

Néanmoins, pour moi, M. Liebig ne va pas pouvoir faire avaler ces histoires à tout le monde. L'opinion public et politique voit claire, les abeilles sont malades.

Cordialement

Quentin
Répondre
J
être intelligent ne protège pas des biais, être convaincu de l'être est fatal...ajoutez de fait d'etre convaincu de faire le bien...

et vous avez toute la science militante...
V
Les néos sont interdits mais les abeilles meurent toujours. Et le spécialiste cite le coupable: le Varroa. Mais vous le génie qui sait tout continuez comme un âne bâté à répéter vos âneries sans aucune preuve qui viennent les étayer?
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Mais vous auriez dû lire jusqu'à la fin, essayer de comprendre ce qu'a dit le spécialiste et ne pas vous en remettre à « l'opinion publique et politique voit clair »...
J
"(...)mais la production de miel de colza est meilleure aujourd'hui qu'il y a 40 ans lorsque j'ai commencé mes études à long terme."
En tant qu'apiculteur amateur, je redoute le miel de colza. Son goût de chou, sa cristallisation, font qu'il n'est bon que pour l'exportation en mélange, masqué dans des miels d'appellation plus attractives. Je préfère que les abeilles visitent les fleurs des prairies, des haies, des arbres fruitiers ou forestiers que j'imagine meilleures pour elles...
Répondre
J
mais les abeilles aiment .... de la capacité à changer TOTALEMENT de sujet..
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Il va falloir que je goûte du miel de colza.