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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Ma ruche a le blues » dans le Monde Mag

7 Décembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles

« Ma ruche a le blues » dans le Monde Mag

 

Glané sur la toile 199

 

 

« Ma ruche a le blues » se lit avec un déplaisir certain et un plaisir tout aussi certain.

 

Déplaisir d'abord, parce que c'est sous-titré : « Depuis quatre ans, les abeilles de notre reporter apiculteur ont le bourdon. Explications ». Et nous n'aimons pas les mauvaises nouvelles et encore moins la tristesse des autres.

 

Plaisir parce que les explications sont détaillées et fort pertinentes.

 

On sort de la ritournelle des « pesticides tueurs d'abeilles ». En fait, on n'y entre guère. Le mot « néonicotinoïdes » n'apparaît que trois fois : deux fois dans des invitations – détestables quand elles ne sont pas accompagnées d'une date – à lire des articles anciens et une fois dans un paragraphe qui mérite d'être cité en entier :

 

« Le Gâtinais, région de grandes cultures à l’est de la Beauce qui peut réserver quelques surprises (une année, on récolta une pleine hausse d’un assez bon miel… d’oignon), se déploie sur des étendues immenses, faiblement boisées. Haies et bosquets qui offraient nectars et pollens bienvenus entre deux grandes récoltes ont presque disparu. Les bords de routes accueillent, parfois, quelques friches mellifères, mais ils sont rarement fleuris. Outre que le métabolisme des abeilles s’accorde mal avec une alimentation trop peu diversifiée, ces grandes cultures dont dépend leur alimentation sont traitées avec des pesticides. Pour autant, les apiculteurs professionnels des alentours ne sont pas obnubilés par les trop fameux néonicotinoïdes. Les causes de ces années "sans", disent-ils, sont multiples, et c’est cela qui les préoccupe. »

 

Y avez-vous vu le mot « pesticides » ? Il figure également dans l'intertitre, « Pesticides et ressources réduites », ainsi qu'en introduction à la partie « Ruches des villes et ruches des champs », une démystification du prétendu bonheur des abeilles citadines :

 

« ...Il y aurait à Paris un peu moins de mille ruches – et bientôt, peut-être, quelques-unes sur le toit du futur siège du Monde. On s’est donc renseigné. "La légende selon laquelle tout se passe merveilleusement bien pour les colonies installées en région parisienne est battue en brèche", nous a refroidis d’emblée Simonpierre Delorme, chroniqueur à L’Abeille de France, la revue de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF)... »

 

Comment ? Même un chroniqueur de l'UNAF ?

 

On se met à rêver... Et si, enfin, on examinait les problèmes dans leur ensemble et pas seulement à travers le prisme du militantisme anti-pesticides (et anticapitaliste) ?

 

Tenez, un exemple :

 

« "Regardez le colza et le tournesol. Désormais, il s’agit d’espèces sélectionnées pour passer le plus vite possible de la fleur à la graine. Résultat, ces plantes devenues moins nectarifères n’intéressent plus tant les abeilles qui, dès lors, voient leurs ressources se réduire", observe Jacques Goût, apiculteur à Château-Renard (Loiret) et auteur de 250 réponses aux questions d’un ami des abeilles (Editions du Gerfaut, 25 euros).

 

C'est un superbe texte de M. Jean-Michel Normand.

 

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