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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Il y a 500 ans, Martin Luther... il y a sept ans, Klaus Ammann

1 Novembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM

Il y a 500 ans, Martin Luther... il y a sept ans, Klaus Ammann

 

 

Le 31 octobre 1517, Martin Luther aurait été placardé à la porte de l'église de Wittenberg (aujourd'hui en Saxe-Anhalt) ses 95 thèses, la Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum (la Dispute sur la puissance des indulgences). L'authenticité du document n'est pas contestée, la réalité de l'événement fait l'objet de débats parmi les historiens. Mais la face du monde chrétien occidental – et du monde entier – s'en est trouvé changée.

 

Le 19 novembre 2010, le Professeur de botanique émérite Klaus Ammann a placardé 12 thèses à la porte (symbolique) de Greenpeace Deutschland, à Hambourg.

 

 

Avant-propos

 

À l'invitation de l'Académie Pontificale des Sciences, une semaine d'étude sur « les plantes transgéniques pour la sécurité alimentaire dans le contexte du développement » a eu lieu à Rome en mai 2009. Cet événement scientifiquement interdisciplinaire a réuni 40 chercheurs de différentes perspectives religieuses et idéologiques du monde entier. Ils ont unanimement adopté et rédigé des conclusions scientifiques clés pour l'utilisation du génie génétique vert.

 

En octobre 2009, les principales institutions scientifiques d'Allemagne ont plaidé dans une déclaration commune « pour une nouvelle politique dans le génie génétique vert ». L'Académie Nationale des Sciences (Leopoldina), l'Académie Allemande des Sciences Appliquées (acatech) et l'Académie de Berlin-Brandebourg des Sciences ont exprimé leur vision commune sur le génie génétique vert en citant la lauréate du Prix Nobel Christiane Nuesslein-Volhard : « En Allemagne, iIl n'est pas encore suffisamment accepté que l'application du génie génétique dans l'amélioration des plantes offre un potentiel inexploité pour l'agriculture écologique, une meilleure protection de l'environnement, la préservation de la biodiversité et la santé. Les plantes résistantes aux insectes, aux maladies fongiques, aux virus et aux nématodes n'ont pas besoin d'être traitées. Des plantes qui sont mieux adaptées à des conditions de croissance défavorables, aux sols salins, aux sols alcalins, à la sécheresse, peuvent être sélectionnées et cultivées pour rendre à nouveau fertiles des terres peu productives. »

 

En tant que participant à la semaine d'étude de l'Académie Pontificale des Sciences à Rome, moi, Dr Klaus Ammann, professeur émérite de botanique et d'écologie à l'Université de Berne, je résume les principales conclusions scientifiques des scientifiques allemands et internationaux et formule mes thèses sur la biotechnologie agricole:

 

 

Thèse 1

 

Sur les 6,8 milliards de personnes dans le monde, plus d'un milliard sont actuellement sous-alimentées. C'est une situation qui nécessite d'urgence le développement de nouveaux systèmes et technologies agricoles.

 

 

Thèse 2

 

L'augmentation prévue de 2 à 2,5 milliards de personnes portant la population totale à environ 9 milliards d'ici 2050 ajoute à l'urgence au problème.

 

 

Thèse 3

 

Les impacts prévus du changement climatique et la diminution correspondante de l'eau disponible pour l'agriculture auront un impact sur notre capacité à nourrir la population mondiale croissante.

 

 

Thèse 4

 

L'utilisation appropriée du génie génétique et d'autres techniques moléculaires modernes en agriculture peut aider à relever ces défis. En améliorant les plantes cultivées, le génie génétique peut apporter une contribution significative à l'augmentation de la productivité agricole, y compris par l'augmentation du rendement des plantes, l'amélioration de la composition nutritionnelle, un accroissement de la résistance aux ravageurs, ainsi que par une meilleure tolérance à la sécheresse et d'autres formes de stress environnementaux.

 

 

Thèse 5

 

La technologie est déjà utilisée avec succès depuis de nombreuses années dans de grandes parties du monde. Il n'y a aucune indication que l'utilisation du génie génétique pose des problèmes de sécurité concernant les cultures elles-mêmes ou la nourriture qu'elles produisent. Au contraire, l'amélioration des plantes avec des techniques de génie génétique représente une suite longue et ininterrompue de techniques de plus en plus précises et prévisibles.

 

 

Thèse 6

 

Les scientifiques sont appelés à contribuer au progrès de la productivité agricole par une recherche-développement libre de toute idéologie. Les avantages potentiels devraient être accessibles tant aux agriculteurs des pays en développement qu'aux agriculteurs des pays développés.

 

 

Thèse 7

 

Pour que les potentialités des plantes génétiquement modifiées approuvées pour la culture soient disponibles pour les agriculteurs dans le monde entier, les exigences spécifiques posées pour la culture doivent être alignées sur les dernières découvertes scientifiques généralement acceptées, et donc, le cas échéant, simplifiées.

 

 

Thèse 8

 

Des efforts particuliers devraient être faits pour mettre à la disposition des agriculteurs des pays en développement des variétés de plantes génétiquement modifiées adaptées à leurs conditions locales. Le cotonnier génétiquement modifié, résistant aux insectes et, surtout, le maïs génétiquement modifié ont grandement réduit l'utilisation d'insecticides. Dans plusieurs pays en développement, il a déjà été prouvé que ces plantes contribuent à des bénéfices notablement accrus, à des revenus des ménages plus élevés et à des taux de pauvreté plus faibles.

 

 

Thèse 9

 

Les procédures coûteuses de réglementation du génie génétique vert doivent être scientifiquement justifiées et porter sur les risques réels. Cela signifie que la réglementation doit être fondée sur les propriétés spécifiques d'une nouvelle variété de plante, et non, comme c'est le cas actuellement, sur la technologie avec laquelle cette propriété a été obtenue. L'évaluation des risques d'une variété végétale génétiquement modifiée doit non seulement tenir compte des risques potentiels de son utilisation, mais également des risques qui se posent lorsque la variété végétale en question n'est pas rendue disponible.

 

 

Thèse 10

 

La recherche et l'industrie ont besoin de conditions-cadres fiables et scientifiquement fondées, auxquelles les institutions scientifiques et les petites et moyennes entreprises peuvent aussi répondre administrativement et financièrement pour exploiter les opportunités du génie génétique vert. La sur-réglementation d'aujourd'hui est anticoncurrentielle et entraîne un processus de concentration dans la sélection végétale.

 

 

Thèse 11

 

Des seuils réalistes sont nécessaires pour permettre de nouvelles recherches et sécuriser l'approvisionnement en matières premières. Le traitement des traces involontaires et techniquement inévitables de matériel génétique génétiquement modifié dans un produit revêt une importance particulière pour l'économie, mais aussi pour la science et la recherche. Pour la filière, un cadre juridique fonctionnel doit être créé, fondé sur les développements globaux du génie génétique vert, sur les connaissances scientifiques avérées et le commerce international.

 

 

Thèse 12

 

Étant donné le grand potentiel du génie génétique vert, il existe une obligation morale d'exploiter les avantages de cette technologie dans le monde entier pour permettre à un nombre croissant de personnes, notamment des plus pauvres, d'élever leur niveau de vie, d'améliorer leur santé et de protéger leur environnement.

 

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