Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Opinion : Apprenez à connaître les faits sur l'agriculture biologique... et formez ensuite vos perceptions

17 Septembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agriculture biologique

Opinion : Apprenez à connaître les faits sur l'agriculture biologique... et formez ensuite vos perceptions

 

Dr Jessica Shade*

 

 

 

 

Le 16 août dernier, nous avons publié « Éliminer le double standard dans la perception des pesticides en conventionnel et en bio » de M. Ryan Tipps. Cela a donné lieu à une réaction courroucée, que nous reproduisons ici, pas vraiment pour l'équilibre des points de vue, mais pour en refléter la diversité.

 

 

Les produits biologiques contiennent moins de résidus de pesticides, et un large corpus de recherches prouve ce fait. Cela est logique, car les normes fédérales du bio interdisent aux agriculteurs biologiques d'utiliser des produits chimiques de synthèse, toxiques, et ne permettent l'utilisation de substances non toxiques qu'en dernier recours. Cela se traduit par des consommateurs, des agriculteurs en meilleure santé et des pratiques durables pour soutenir notre environnement.

 

Une tribune récente, « Éliminer le double standard dans la perception des pesticides en conventionnel et en bio » sur ce site web [AgDaily] tombe à côté de la plaque au sujet de l'utilisation des pesticides sur les cultures biologiques et conventionnelles.

 

Oui, même les produits biologiques peuvent présenter des résidus de pesticides sur eux, mais une quantité massive de données qui ne doivent pas être ignorées montre de manière concluante que les produits biologiques ont moins de résidus et, dans les rares cas où des résidus sont trouvés, ils apparaissent à des niveaux beaucoup plus bas sur les cultures biologiques que sur les conventionnelles. Une étude remarquable utilisant des données provenant du Département de l'Agriculture des États-Unis, par exemple, a révélé que les aliments produits selon le mode biologique contenaient toujours environ un tiers des résidus comparé aux aliments produits selon le mode conventionnel.

 

Ces résultats se reflètent dans les études portant sur ce à quoi les consommateurs sont réellement exposés par leur alimentation. Les preuves s'accumulent que choisir des produits biologiques peut réduire considérablement votre exposition aux pesticides. C'est vrai même si vous ne pouvez pas manger bio 100 pour cent du temps ; une étude récente a révélé que même manger des produits biologiques occasionnellement peut avoir un impact bénéfique sur l'évitement des pesticides.

 

Les normes fédérales régissant la production, la transformation et la gestion biologiques dans ce pays sont efficaces. Ces normes strictes exigent que les agriculteurs biologiques mettent en place des systèmes de prévention rigoureux pour éviter la dérive des pesticides et pour réduire le besoin d'utiliser même des matériaux homologués pour combattre les ravageurs. Les agriculteurs biologiques sont tenus d'utiliser des plans non toxiques et intégrés de lutte contre les organismes nuisibles, les mauvaises herbes et les maladies avant qu'ils ne considèrent une application matérielle approuvée de manière organique. Les producteurs biologiques sont autorisés à utiliser une quantité extrêmement limitée de pesticides existant naturellement lorsque les pratiques préventives échouent, mais ces produits pesticides limités à la disposition des producteurs biologiques sont bénins et ont des niveaux de toxicité si bas qu'ils sont considérés comme « exemptés de tolérance » par l'Agence de Protection de l'Environnement. De plus, ces substances sont réexaminées tous les cinq ans par le National Organic Standards Board pour de nouvelles informations concernant leur sécurité.

 

La sécurité alimentaire est une priorité et une préoccupation pour l'ensemble de l'agriculture, et il n'y a pas d'exceptions aux exigences de sécurité alimentaire dans l'agriculture biologique. En fait, il y a une multitude de règles de sécurité imposées aux producteurs biologiques qu'ils doivent respecter en plus des normes fédérales. Par exemple, le Programme Biologique National exige que les agriculteurs biologiques démontrent un plan qui décrit tous les aspects de la ferme, y compris les mesures prises pour prévenir la contamination pathogénique des cultures et de l'eau. Les producteurs et les transformateurs biologiques certifiés doivent également conserver des enregistrements importants afin qu'ils puissent tracer leurs produits du champ au point de vente.

 

La Food and Drug Administration n'a actuellement aucune ligne directrice quant à la durée pendant laquelle les agriculteurs conventionnels devraient attendre, après avoir utilisé du fumier brut, avant de récolter leurs produits, ce qui signifie que le fumier brut pourrait être appliqué un jour avant la récolte. En revanche, aucun fumier brut n'est utilisé dans les systèmes biologiques sans période d'attente prolongée entre l'application et la récolte (c'est-à-dire 90 et 120 jours), et l'utilisation de boues d'épuration est interdite dans l'agriculture biologique. Les règles biologiques sont particulièrement rigoureuses en ce qui concerne le bétail et d'autres animaux, car les normes biologiques ne permettent pas les opérations d'alimentation du bétail confinées, considérées comme l'une des principales sources d'E. coli 0157. Les normes biologiques ne permettent pas non plus l'utilisation systématique d'antibiotiques, ce qui peut conduire à des souches résistantes aux antibiotiques d'E. coli et d'autres agents pathogènes transmis par les aliments.

 

La recherche montre que l'agriculture biologique offre des avantages environnementaux réels et mesurables. L'agriculture biologique ne signifie pas « plus de destruction des habitats et une diminution de la biodiversité de la nation » comme il est dit dans l'article. La recherche scientifique montre en réalité que, par rapport aux fermes conventionnelles, les fermes biologiques entretiennent une plus grande diversité de la vie, y compris les scarabées, les araignées, les vers de terre, les parasitoïdes bénéfiques, les plantes vasculaires, les oiseaux, les abeilles et autres pollinisateurs indigènes, les microbes et les champignons du sol et les petits rongeurs. Une étude a même montré que les systèmes de production biologique ne soutiennent pas seulement la biodiversité dans les limites des fermes biologiques, mais peuvent également contribuer à accroître la biodiversité dans les fermes conventionnelles voisines !

 

Enfin, la déclaration sur l'empreinte carbone du biologique est sans équivoque fausse. Des études montrent que la proportion d'agriculteurs utilisant des systèmes de façons culturales réduites est la même en biologique que pour les fermes conventionnelles aux États-Unis. En outre, il a été montré que la production biologique est largement plus efficace en énergie que la production conventionnelle, même lorsque les rendements sont plus faibles.

 

Le système agricole des États-Unis est très productif, mais de nombreuses pratiques actuelles sont associées à la dégradation de l'eau, de l'air, du sol et de la biodiversité. Cela peut changer. Des études montrent que les pratiques d'agriculture biologique peuvent réduire les impacts environnementaux négatifs et peuvent également être appliquées dans les opérations conventionnelles pour améliorer la durabilité. Soyons au courant des faits et utilisons ces connaissances pour travailler ensemble pour produire de la nourriture d'une manière qui ne stresse pas notre environnement, mais qui nourrit et favorise la santé de notre monde et de la population de notre monde.

 

Pour plus d'informations sur The Organic Center et la science qui sous-tend l'alimentation et l'agriculture biologiques, visitez www.organic-center.org.

 

______________

 

* Mme Jessica Shade est directrice des programmes scientifiques de l'Organic Center, un organisme de recherche et d'éducation à but non lucratif axé sur la recherche sur l'alimentation et l'agriculture biologiques et opèrant sous les auspices administratifs de l'Organic Trade Association.

 

Source : https://www.agdaily.com/crops/opinion-know-facts-organic-agriculture-form-perceptions/

 

Ma note : Décidément on ne sort pas de la propagande ! Voyez le premier paragraphe : les produits chimiques de synthèse sont – par axiome – toxiques. Quant aux normes fédérales du bio qui ne permettent l'utilisation de substances – par axiome – non toxiques, c'est tout simplement faux et mensonger (voir ici et ici). Le bréviaire du bio est déroulé avec un florilège de références à des études faites par des prosélytes du bio comme Charles Benbrook ou les gens du FiBL. Mais on ne peut que souscrire à l'appel à travailler ensemble.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article