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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Étiquetage des process alimentaires : le bon, la brute et le truand

30 Août 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Étiquetage des process alimentaires : le bon, la brute et le truand

 

 

Il n'y a pas de maïs doux GM en France...

 

« Labeling Food Processes: The Good, the Bad and the Ugly » de Kent D. Messer, Marco Costanigro, et Harry M. Kaiser, publié dans Applied Economic Perspectives and Policy, est un casse-tête pour traducteur : faut-il s'inspirer du titre du western spaghetti (du reste germano-hispano-italien) réalisé par Sergio Leone ou traduire littéralement en : « le bon, le mauvais et le laid » ?

 

Voici le résumé de l'étude (nous divisons en paragraphes) :

 

« Les consommateurs sont de plus en plus exposés à des étiquettes qui informent sur des aspects particuliers de la production alimentaire, et la législation fédérale et d'État récente des États-Unis a imposé l'obligation d'apposer certaines de ces étiquettes.

 

Cet article passe en revue la littérature dans ce domaine et identifie les aspects positifs et négatifs de l'étiquetage des process alimentaires.

 

Les bonnes parties sont que, dans le cadre d'une surveillance appropriée par des tiers ou le gouvernement, l'étiquetage des process peut combler efficacement le déficit d'information entre producteurs et consommateurs, satisfaire la demande des consommateurs pour des critères d'assurance de la qualité plus larges et plus stricts et, finalement, créer de la valeur tant pour les consommateurs que pour les producteurs.

 

En dépit de l'attrait du slogan du "droit de savoir des consommateurs", l'étiquetage des processs peut également avoir de sérieuses conséquences non intentionnelles. Les mauvaises parties sont que les consommateurs peuvent mal interpréter ces étiquettes et donc créer un hiatus entre leurs préférences personnelles et leurs achats réels d'aliments.

 

Les parties laides sont que ces étiquettes peuvent stigmatiser les aliments produits à l'aide de procédés classiques, même s'il n'y a aucune preuve scientifique qu'ils causent du mal, ou même qu'ils sont de composition différente.

 

Sur la base de cette revue de la littérature, nous faisons trois recommandations politiques:

 

i) L'étiquetage des process alimentaires ne devrait être obligatoire que dans les situations dans lesquelles il a été démontré scientifiquement que le produit nuit à la santé humaine ;

 

ii) Les gouvernements ne devraient pas imposer d'interdictions de l'étiquetage des process parce que cette approche va à l'encontre du désir général des consommateurs de connaître et de contrôler les aliments qu'ils mangent, et qu'elle peut nuire à la confiance des consommateurs dans le secteur agricole ; et

 

iii) Une approche politique prudente consiste à encourager l'étiquetage volontaire des process, peut-être en utilisant une technologie de téléphonie intelligente similaire à celle qui est proposée dans la législation fédérale de 2016 relative aux produits alimentaires contenant des ingrédients génétiquement modifiés. »

 

C'est une revue de la littérature dans un domaine qui relève des sciences molles (derrière un péage).

 

On peut s'étonner de ne pas voir de recommandation sur les étiquetages de process alimentaires trompeurs, ceux qui ont des effets « mauvais », voire « laids ». Est-il bien vrai qu'il y a un « désir général des consommateurs de connaître et de contrôler les aliments qu'ils mangent » ?

 

Nous pensons plutôt que ce « désir » est souvent une fabrication d'un consortium, plus ou moins formel et organisé, passé maître dans la fabrication de peurs alimentaires et le vol de parts de marché par le dénigrement des filières conventionnelles. On ne peut que recommander à cet égard l'excellent « Panique dans l'assiette – Ils se nourrissent de nos peurs » de M. Gil Rivière-Wekstein (éd. Le Publieur).

 

S'agissant de l'Europe, nous avons déjà un étiquetage qui nuit « à la confiance des consommateurs dans le secteur agricole » en matière d'OGM. Nos décideurs politiques ont même réussi l'exploit d'imposer un étiquetage lorsque plus de 0,9 % d'un ingrédient – si petit soit-il – est dérivé d'un OGM ; et ce, même s'il n'est plus « OGM », le process alimentaire ayant éliminé tous les élément de la plante que l'on peut considérer comme génétiquement modifiés. Ainsi, un plat cuisiné qui contiendrait une petite fraction d'huile de soja devrait être étiqueté « OGM » si l'huile provient d'une variété GM, alors même qu'elle ne se distingue en rien de l'huile tirée d'une variété conventionnelle. Et que dire du délire du miel contenant quelques grains de pollen d'une variété de maïs GM (résolu par un nouveau texte législatif) ?

 

Le législateur français a fait encore mieux avec le « sans OGM », « nourri sans OGM », etc. à 0,9 ou 0,1 %...

 

 

Ce fut un moyen marketing de ce démarquer de la concurrence... cela reste un moyen d'entretenir la psychose

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Commenter cet article

Astre Noir 31/08/2017 10:39

Encore mieux...
On peut trouver une eau minérale "sans OGM, sans gluten et bio" !!!

https://actualite.housseniawriting.com/science/2017/08/29/de-leau-sans-gluten-ou-quand-letiquetage-alimentaire-devient-absurde/23352/

Seppi 07/09/2017 14:22

Bonjour,

Merci pour votre information.

Je viens d'en faire un billet.