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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Bon point pour l'Obs sur l'agriculture biologique

23 Août 2017 , Rédigé par Seppi

Bon point pour l'Obs sur l'agriculture biologique

 

Glané sur la toile 170

 

 

Cette photo fait sans nul doute partie d'une série. Une autre photo a été utilisée par le Monde pour illustrer le fait qu'un agriculteur bio fauchait du maïs « contaminé » par des OGM (voir ici). La réalité, visible ici aussi, est que le maïs a été complètement envahi par les mauvaises herbes.

 

 

Il y a des vérités qu'il faut dire et rendre publiques, particulièrement en ces temps d'États Généraux de l'Alimentation, cette vaste opération de consultation et (en principe) plus. Certains porteurs d'intérêts – notamment une alliance objective entre grande distribution (généraliste et bio) et ONG (et « ONG ») environnementalistes, bien épaulée par des journalistes adeptes du « naturel » – s'emploient en effet à les détourner de leur objectif initial, au profit de leurs profits et fonds de commerce.

 

Et donc... vive l'agriculture biologique !

 

Biocoop, le leader français de la distribution spécialisée n'a pas hésité à investir le forum de discussion des EGA, avec les propositions suivantes :

 

  • « Pour une baisse de la TVA pour les produits bio et locaux » ;

     

  • « Donnons une priorité à la formation écologique pour nos agriculteurs et éduquons les jeunes générations sur la nécessité de mieux respecter notre environnement et de mieux consommer ! » ;

     

  • « Créons une TVA équitable à taux réduit sur les produits bio dès 2018 pour les rendre plus accessibles et dynamiser le développement de la filière en toute équité ! » ;

     

  • « Interdisons totalement la présence d’OGM ou de produits issus d’OGM sur notre sol ! » ;

     

  • « Faisons de la conversion au bio une priorité pour l’agriculture de demain » ;

     

  • « Le modèle coopératif est l’avenir ! Il faut travailler en coopération et non en compétition » ;

     

  • « La France doit redevenir une véritable puissance agricole et faire le choix d’une agriculture biologique et paysanne de proximité ».

 

Le bio, c'est évidemment le fond de commerce de Biocoop. Et on peut penser qu'il faut disposer d'une éthique bien particulière pour suggérer de baisser préférentiellement la TVA sur des produits, finalement, de luxe car beaucoup plus chers que les produits conventionnels. Subventionnons le fond de commerce de Biocoop – et la consommation des bien-lotis – par des allègements fiscaux !

 

Le discours pro-bio est aussi alimenté par des contre-vérités sur les performances de l'agriculture biologique. Dans notre quête de matières premières, nous sommes tombés sur « Quel est l’avenir du bio en France ? Voici l’avis de Jacques Caplat, expert en agriculture biologique », sur Bio à la Une. Petit extrait :

 

« Si on fait les bons choix maintenant, la transition peut être joyeuse. Je peux vous dire que les agriculteurs qui passent en bio sont des agriculteurs heureux, des agriculteurs qui retrouvent le plaisir d’observer, d’innover, d’expérimenter, d’être en relation avec leurs voisins parce que la bio sous-entend l’échange, l’entraide. En plus, un agriculteur bio sait qu’il fait plaisir aux consommateurs et ils lui rendent. C’est sacrément plus agréable d’être agriculteur en ayant un retour positif qu’en ayant des critiques. »

 

« Je peux vous dire... » ? « un retour positif » ? Mais pas sans subventions supplémentaires par rapport au conventionnel, sans allègements fiscaux et demandes d'allègements supplémentaires, sans création de marchés captifs comme les cantines, sans mesures telles que les interdictions de pesticides indispensables rendant l'agriculture conventionnelle moins compétitive...

 

Il est vrai que M. Caplat peut dire beaucoup de chose à l'appui de son fétichisme et, surtout, à l'encontre de ses contradicteurs (voir par exemple ici et ici – en partie reproduit ci-dessous).

 

 

 

 

 

 

Avec « Agriculture bio : "Trois ans après avoir repris la ferme, je ne me verse pas de salaire" » l'Obs fait en revanche œuvre de salubrité publique en décrivant la réalité du monde agricole : agriculture conventionnelle et agriculture biologique, c'est, au fond : « même combat ».

 

Avec une nuance d'ordre agronomique, dite par un agriculteur bio :

 

« Sur le terrain, il faut voir nos difficultés à maintenir la fertilité de ces terres biologiques. Avec les années d’exploitation, le sol s'épuise, se voit envahi par les herbes. Sur cette même surface, on produit alors moins qu’auparavant. Là où l’agriculture conventionnelle, elle, ne connaît pas cet appauvrissement grâce à ses apports d’engrais chimiques et de traitements phytosanitaires (herbicides, fongicides et insecticides).

 

C’est pourquoi il est vraiment important pour les agriculteurs bio d’avoir cette aide car, au cours du temps, nous n’avons plus du tout les mêmes rendements. »

 

C'est un problème de taille, régulièrement occulté par les thuriféraires du bio.

 

Mais revenons à Bio à la Une. Un autre article, « Comment contribuer au développement du bio ? L’avis de Philippe Desbrosses, pionnier de l’agriculture bio », faisait miroiter par son titre une feuille de route. On sera déçu – comme d'habitude. Mais M. Desbrosses a eu un propos intéressant :

 

« On a gagné la bataille culturelle pour le bio, nous ne sommes plus les ringards d'autrefois. Ce sont ceux qui pollunte, qui empoisonnent, qui rendent malades, qui détruisent notre avenir. Et, la population maintenant l’a compris. »

 

Nous ne partageons évidemment pas l'avis sur l'agriculture qui nous nourrit – un leitmotiv dans le discours qui n'est souvent pro-bio que par le fait qu'il dénigre l'autre agriculture (celle qui, incidemment, fournit une bonne quantité de matières organiques au bio...). Mais il a raison sur la « bataille culturelle ».

 

Et il appartient aux tenants de la raison – scientifique, agronomique et économique – de s'engager dans les débats de manière plus active.

 

 

 

 

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un physicien 25/08/2017 10:21

« Sur le terrain, il faut voir nos difficultés à maintenir la fertilité de ces terres biologiques. Avec les années d’exploitation, le sol s'épuise, se voit envahi par les herbes. Sur cette même surface, on produit alors moins qu’auparavant. Là où l’agriculture conventionnelle, elle, ne connaît pas cet appauvrissement grâce à ses apports d’engrais chimiques et de traitements phytosanitaires (herbicides, fongicides et insecticides).

Le "bio" ne serait pas "durable" ?
Cette question mériterait un examen approfondi.

Seppi 07/09/2017 14:21

Bonjour,

Merci pour votre commentaire, avec lequel je suis bien d'accord.

J'ai échardonné dans ma jeunesse...

yann 01/09/2017 12:23

Le Pb majeur en grandes cultures bio et une des principales causes d'arrêt du label bio est l'envahissement de vivaces. Le rumex devant remporter la palme sur les chiendents ou chardons. Le rumex a "l'avantage" sur les autres vivaces de considérablement pénaliser les éleveurs aussi dans leur production fourragère (fauche et pâture).Avec une capacité de stockage des graines de rumex dans les sols de 80 ans (une des plus longue des adventices), quand ont en perd le control dans ses parcelles, c'est terminer le "sans phyto". Pour les chardons on a toujours une loi de napoléon qui nous oblige a ne pas les laisser fleurir sans les détruire sous peine de sanctions pénales. On peu dénoncer son voisin aux gendarmes qui risque de vous polluer votre jardin si il n'entretient pas "ses chardon"!!
Et oui, en plus (des autre mensonges devenus des vérités dans la tète du con...sommateurs) , le bio n'est pas durable dans beaucoup de situations de productions beaucoup trop technique sans les solutions "modernes".

Seppi 25/08/2017 11:35

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Non, l'agriculture biologique n'est pas durable !

Vous pouvez relire :

http://imposteurs.over-blog.com/article-agriculture-biologique-un-fibl-bien-faible-par-wackes-seppi-96151754.html

Les documents de base ont – fort opportunément – disparus de la toile, la version française entièrement. Vous trouverez encore une version anglaise ici :

http://web.archive.org/web/20120118045210/www.fibl-shop.org/shop/pdf/do-1090-doc.pdf

La page 9, sur le phosphore et la potasse, est particulièrement instructive.

Il y a aussi les essais à long terme de Rothamsted :

https://www.rothamsted.ac.uk/long-term-experiments