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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Mme Agnès Ricroch dans le Point : « En France, un chercheur peut ne pas être promu s'il travaille sur des sujets incorrects »

12 Octobre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Mme Agnès Ricroch dans le Point : « En France, un chercheur peut ne pas être promu s'il travaille sur des sujets incorrects »

 

Glané sur la toile 588

 

 

M. Sébastien Le Fol, du Point, a recueilli les propos de Mme Agnès Ricroch, maîtresse de conférences en génétique à AgroParisTech et à l'université Paris-Saclay, adjunct professor à Penn State University (États-Unis) et membre de l'Académie d'Agriculture de France (présidente de la Section Sciences de la Vie), à la suite de l'annonce du Prix Nobel de chimie attribué à Mmes Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna.

 

Cela a donné « En France, un chercheur peut ne pas être promu s'il travaille sur des sujets incorrects » (c'est une citation de ses propos).

 

Ce texte est malheureusement, pour les non-abonnés, derrière un péage. Mme Agnès Ricroch – un spécimen rare de la recherche en activité se prononçant favorablement sur la recherche génétique des dernières générations – « pointe les deux boulets français : bureaucratie et écologisme ».

 

Extrait :

 

« On dénonce souvent le manque d'argent dans la recherche. Est-ce la seule raison de cette fuite des cerveaux ?

 

En effet, ce n'est pas la seule raison, il y a aussi le choix des sujets porteurs : le génie génétique, notamment la transgenèse produisant des OGM au sens européen du terme, est très mal perçu en France. Un chercheur peut ne pas obtenir de promotion s'il travaille sur ces sujets devenus politiquement incorrects, et subir des pressions de sa hiérarchie pour ne pas s'exprimer dans les médias. Si une start-up veut développer une innovation et que celle-ci fait appel à la transgenèse, elle ne le fera pas, car le mentionner lui fera fermer toutes les portes pour lever des fonds ou gagner des prix. Ces recherches dans les laboratoires publics sont peu financées en France, et encore moins les applications. Il n'y a aucun essai au champ pour les plantes transgéniques, même si elles ont des buts "écologiques" comme utiliser moins d'eau ou si leur culture implique moins d'émissions de gaz à effet de serre, ou si elles sont enrichies en vitamines… »

 

Et aussi :

 

« Est-ce si dramatique que nos chercheurs aillent "chercher" ailleurs ?

 

Ce qui est normal en science est qu'il y ait des flux de chercheurs dans les deux sens, mais ce qui est dramatique est que notre pays n'est pas assez attractif avec une bureaucratie trop lente, une liberté d'expérimenter trop soumise à un agenda politique et à des idées dominantes relevant d'idéologie et des salaires trop bas.

 

Ce qui est aussi dramatique est que c'est le pays hôte qui récolte les fruits. L'éducation en France est gratuite pour les élèves et les étudiants grâce à nos impôts. Quand ces chercheurs formés en France s'en vont chercher ailleurs, leurs succès (brevets, prix…) reviennent au pays hôte qui n'a pas déboursé un dollar ou un euro dans leur éducation. »

 

On pourra aussi lire, de la même auteure, « Agnès Ricroch : les applications de la découverte d’Emmanuelle Charpentier, ne sont toujours pas autorisées en France » sur European Scientist.

 

On pourra aussi lire, sur la misère de la recherche française, « EDITO - Non, le prix Nobel de chimie d'Emmanuelle Charpentier n'est pas une bonne nouvelle pour la France », de M. Nicolas Beytout sur Europe 1.

 

En intertitre :

 

« "La France vénère un tombeau [celui de Pierre et Marie Curie au Panthéon] tout en ayant peur de l’avenir" »

 

Mouais... ce serait intéressant de faire un sondage pour voir qui connaît les Curie...

 

Il ne faudrait pas beaucoup, à notre sens, pour corriger la deuxième partie du propos : donner la parole à des Agnès Ricroch et retirer le micro aux prêcheurs d'apocalypse qui entretiennent la vague de peurs – souvent avec des discours ineptes – et surfent sur elle pour leur profit et celui de leurs « comités de patronage ».

 

 

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Hbsc Xris 13/10/2020 08:04

On peut dire exactement la même chose actuellement dans les milieux universitaires en histoire et en archéologie où dominent une série de thématiques "politiquement correctes". Un universitaire, qui ose démontrer par des recherches quelque chose qui serait "incorrect" peut faire une croix sur sa carrière, aussi pertinent et argumenté soit son propos. Quand aux étudiants, la mise en place de masters très spécialisés et très orientés, dans de nombreuses universités limitent leurs possibilités de recherches. Leurs études supérieures sont désormais le plus souvent fortement "orientés" dans des sens bien précis.

Une anecdote qui n'a rien à voir avec l'histoire et l'archéologie. Un de mes amis a travaillé comme chercheur dans un institut dans le Pacifique. A ce titre, il a été chargé à une époque pas si vieille d'une enquête sur la mort des coraux dans une ile dont je tairais le nom. Son verdict était clair : pêche à l'explosif, confirmée par une enquête locale. Son rapport fut mis de côté, il ne fallait pas stigmatiser les pêcheurs locaux de l'île. Résultat officiel de l'enquête : effet vraisemblable du réchauffement.
C'est une des anecdotes qui l'ont marqué et ont fait de lui, non pas un climato-septique, mais un climato-méfiant.

Kuntz 12/10/2020 22:16

Comme je connais un peu le fond de l'histoire... je résume : un chercheur est forcé de quitter un laboratoire labellisé par le CNRS simplement parce qu'il dit les faits sur les OGM ! Et je précise: dans des publications scientifiques... Et dans son institution propre, n'obtient pas de promotion, pour les mêmes raisons !
Et croyez vous que les directeurs de ces honorables institutions vont faire : RIEN !
L'esprit de résistance n'est pas la chose au monde la mieux partagée... Mais on le sait depuis l'Occupation...

Il est là, fils spirituel de Seppi 13/10/2020 13:41

C'est vrai, M Kuntz. Mais que faire à part fonder un mouvement de résistants clandestins ?

un physicien 12/10/2020 21:49

Un chercheur politiquement incorrect ou même juste hors des courants dominants n'a aucune chance d'obtenir un financement ANR ou autre. Les vraies découvertes, celles qui marquent une rupture ne seront plus faites en France.

Marc FAURE 12/10/2020 14:31

Bonjour, encore un effet délétère de nos "bien pensants" écolos, journalistes, télévision publiques et autres pourfendeurs du progrès !

Fassero J-Michel 12/10/2020 10:05

Eh oui, hélas, hélas, hélas....
Lissenko pas mort...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trofim_Lyssenko