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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Cultiver la voix des agriculteurs pour dire la vérité sur la sécurité alimentaire

16 Octobre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Alimentation

Cultiver la voix des agriculteurs pour dire la vérité sur la sécurité alimentaire

 

Ruramiso Mashumba*

 

 

Le 16 octobre est la Journée Mondiale de l'Alimentation... donnons la parole à quelqu'un qui a un sens aigu de ce besoin fondamental de l'Humanité.

 

 

 

 

Parfois, vous pouvez gagner en perdant

 

C'est ce qui m'est arrivé il y a un peu plus de quatre ans, lorsque j'ai brigué le poste d'ambassadeur d'AGCO Africa. J'ai perdu ce concours au profit de ma compatriote zimbabwéenne, Nyasha Mudukuti.

 

C'était un plaisir de terminer derrière une jeune femme aussi phénoménale. Nyasha est devenue une championne de la technologie pour les agriculteurs africains.

 

Elle m'a également mis sur la voie d'un incroyable honneur : je suis la lauréate du prix Kleckner 2020, parrainé par le Réseau Mondial d'Agriculteurs (Global Farmer Network).

 

Dean Kleckner

 

Nommé en l'honneur de feu Dean Kleckner, éminent agriculteur américain, ce prix vise à récompenser un agriculteur qui partage la conviction de M. Kleckner quant au pouvoir du commerce et de la technologie pour soutenir l'agriculture et nourrir le monde. Et, que la voix d'un agriculteur compte.

 

Je suis le 14e lauréat annuel, après les lauréats d'Inde, du Mexique, des Philippines, d'Argentine, d'Irlande, du Kenya et d'ailleurs.

 

Cela ne serait pas arrivé sans Nyasha. Lorsqu'elle est devenue ambassadrice d'AGCO Africa, elle faisait déjà partie du Réseau Mondial d'Agriculteurs, un groupe à but non lucratif dont la mission est d'amplifier la voix des agriculteurs « en promouvant le commerce, la technologie, l'agriculture durable, la croissance économique et la sécurité alimentaire ».

 

Elle m'a proposé de devenir membre du Réseau Mondial d'Agriculteurs et j'ai été acceptée. Depuis lors, le groupe a joué un rôle essentiel dans mon parcours. J'ai rencontré des agriculteurs du monde entier et nous avons partagé des histoires de luttes et d'opportunités. Nous communiquons aussi bien en personne que par le biais des réseaux sociaux.

 

 

 

 

Ces agriculteurs de divers pays sont maintenant mes amis et je suis aujourd'hui une meilleure agricultrice grâce à ce que j'ai appris d'eux. En quelques années seulement, j'ai l'impression d'avoir acquis des générations de connaissances.

 

J'ai même assisté à une cérémonie dans l'Iowa pour un précédent lauréat du prix Kleckner. L'événement a été impeccable. J'étais impressionnée par tout, du dîner aux orateurs. La lauréate de cette année-là était Maria Giraudo, une leader des pratiques agricoles sans labour en Argentine. En tant qu'innovatrice et femme qui croit en la technologie et la conservation, elle a été une source d'inspiration personnelle.

 

Il ne m'est jamais venu à l'esprit qu'un jour je pourrais la suivre pour recevoir le prix.

 

Vous me manquez

 

Je suis si reconnaissante de ce qui s'est passé – et le soutien que Nyasha m'a apporté est un parfait exemple de la manière dont le Réseau Mondial d'Agriculteurs aide les agriculteurs à se promouvoir les uns les autres. Depuis le début, elle a été mon avocate et celle des agriculteurs qui sont souvent laissés de côté dans les conversations sur l'agriculture. Elle comprend les problèmes auxquels sont confrontés les petits exploitants dans les zones rurales et a appelé à des solutions fondées sur la science dans des lieux divers, allant du site web Dirt to Dinner au Wall Street Journal.

 

J'ai hâte de voir ce qu'elle fera ensuite.

 

Son exemple nous rappelle ce qui peut se passer lorsque les agriculteurs racontent leur histoire. Il en va de même pour Patience Koku, une agricultrice nigériane qui a remporté le prix Kleckner l'année dernière. Elle a profité de l'occasion pour expliquer pourquoi les agriculteurs – et en particulier les agriculteurs africains – ont besoin d'avoir accès à des outils tels que des semences améliorées et des produits de protection des cultures. « Faites toujours que l'agriculteur ait une voix », a-t-elle écrit.

 

Je ne pourrais pas être plus d'accord. Les agriculteurs ont besoin de se faire entendre.

 

Un champ labouré dans la ferme de Mashumba.

 

Pourtant, des histoires comme celle de Nyasha et Patience – et la mienne – peuvent être rares dans les débats qui entourent l'agriculture et la sécurité alimentaire. Nous sommes trop éloignés des lieux de pouvoir et trop occupés dans nos fermes pour y aller très souvent. Mais nous sommes essentiels à la sécurité alimentaire. La voix des agriculteurs est la voix du changement.

 

Le Réseau Mondial d'Agriculteurs veille à ce que nous disposions d'une plate-forme et d'un mégaphone. Il recherche les agriculteurs qui ont quelque chose à dire, développe leur talent et nous aide à dire la vérité sur la sécurité alimentaire du point de vue des personnes qui produisent ces aliments.

 

Lorsque nous cultivons les voix, nous commençons à faire comprendre la vérité sur l'agriculture du point de vue d'un producteur de denrées alimentaires.

 

C'est ce que j'ai essayé de faire en tant que membre du Réseau Mondial d'Agriculteurs. J'ai écrit des articles sur l'agriculture à l'époque du coronavirus et de ses confinements, sur la survie à une catastrophe naturelle, sur l'importance de la science et de la technologie pour les petits exploitants agricoles comme moi, sur le pouvoir des femmes qui produisent et sur la façon dont la technologie peut améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.

 

Je n'aurais pas eu cette chance sans les encouragements de Nyasha, le mentorat de Patience et l'engagement du Réseau Mondial d'Agriculteurs.

 

Il aide chaque agriculteur à gagner.

 

_______________

 

Ruramiso Mashumba est une jeune agricultrice qui cultive des pois mange-tout, du maïs, du riz brun entier, du sorgho, du millet, des gommiers et élève des porcs à Marondera, au Zimbabwe. Elle est titulaire d'une licence en gestion d'entreprise agricole de l'Université de West England. Ruramiso est la fondatrice de Mnandi Africa, une organisation qui aide les femmes rurales à lutter contre la pauvreté et la malnutrition en leur donnant les moyens d'agir et en les dotant de compétences et de connaissances dans les domaines de l'agriculture, de la nutrition, des marchés et de la technologie ; en les aidant à accéder à l'agrotechnologie grâce à un programme de partage des intrants ; et en achetant et en vendant collectivement des biens et des services. La vision de Mnandi est de mettre fin à la faim et à la pauvreté.

 

En 2017, Ruramiso a été nommée « Echoing Green Fellow » et est la vice-présidente des jeunes ambassadeurs de la Confédération des Syndicats Agricoles d'Afrique Australe pour la région. En 2018, Ruramiso a remporté l'emblématique prix africain de l'agriculture et de l'élevage. Elle a également remporté le prix des 10 meilleurs jeunes de la JCI en 2019. En 2020, Ruramiso a été nommée parmi les 1.000 meilleurs entrepreneurs du Zimbabwe et a également été reconnue comme l'une des 54 meilleures femmes d'Afrique.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2020/10/cultivating-the-farmers-voice-to-tell-the-truth-about-food-security/

 

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