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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Étudier les interactions entre les abeilles terricoles et les sols

26 Août 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles

Étudier les interactions entre les abeilles terricoles et les sols

 

AGDAILY Reporters*

 

 

 

 

De nombreuses créatures vivantes se trouvent dans le sol. Leur taille varie du microscopique pour les microbes à quelques kilos pour des animaux comme la gophère polyphème ou tortue gaufrée ; pour toutes le sol est leur « maison ». Parmi ces espèces vivant dans le sol, on trouve des abeilles, qui jouent un rôle essentiel dans le cycle de pollinisation d'environ 90 % de la vie végétale.

 

Rebecca Lybrand et son équipe de l'Université d'État de l'Oregon étudient l'interaction entre les abeilles et le sol en milieu agricole.

 

Selon un article récemment publié, les abeilles contribuent à la valeur des cultures à hauteur de 15 milliards de dollars par an. Elles pollinisent les trois quarts environ des fruits, légumes et noix rien qu'aux États-Unis. Le déclin des colonies d'abeilles mellifères est une menace critique pour l'agriculture et l'approvisionnement alimentaire mondial.

 

« Les producteurs qui souhaitent attirer d'autres pollinisateurs, tels que les abeilles sauvages, sont confrontés à un défi majeur », déclare Mme Lybrand. « Il n'existe pas beaucoup d'études sur les habitats les plus appropriés pour ces abeilles sauvages. »

 

Les pollinisateurs sont largement affectés par l'utilisation des terres par l'homme. La création de bâtiments, de parkings et autres « changements anthropiques » perturbent les habitats naturels des animaux et des plantes. Les perturbations agricoles affectent également les communautés d'abeilles. Il est intéressant de noter que les espèces d'abeilles de surface sont neuf fois plus touchées par l'intensification agricole que les espèces terricoles.

 

Dans certains cas, les éleveurs ont pu construire des « lits d'abeilles » dans leur exploitation agricole. Dans les années 1950, ils ont commencé à concevoir des zones de sol humide et salé pour attirer les abeilles terricoles, ce qui a permis d'augmenter les rendements de la luzerne dans l'État de Washington.

 

L'étude de Lybrand a examiné les propriétés physiques et chimiques des sols recueillis sur les sites actifs de nidification d'abeilles et de guêpes des sables dans la vallée de la Willamette, dans l'ouest de l'Oregon. Les auteurs ont comparé les propriétés des sols de sept sites agricoles afin d'identifier les similitudes et les différences.

 

La vallée de la Willamette connaît des hivers humides et des étés chauds. L'équipe a d'abord trouvé des sites agricoles qui abritaient des abeilles terricoles. Elle a collaboré avec des agriculteurs qui ont observé l'activité des abeilles terricoles autour de leurs champs.

 

Les nids ne sont identifiés que par des trous assez petits (seulement 3 mm à 5 mm de diamètre). L'équipe n'a recueilli des données que si elle a observé des abeilles entrant dans le nid. Les nids et les trous peuvent subsister même après le départ des abeilles. Sur le site de l'étude, ils ont spécifié le type d'abeille au niveau de la famille (à distinguer du « genre » et de l'« espèce »). Mais ils ont également collecté quelques abeilles à ramener au laboratoire pour une identification plus poussée.

 

Les données que l'équipe a recueillies sur le terrain comprenaient la température du sol, le pH et la texture du sol. Elle a également collecté des échantillons de sol qu'elle a ramenés au laboratoire pour les analyser.

 

Les résultats de l'étude ont montré que des sites de nidification actifs étaient présents dans des endroits avec peu ou pas de couverture rocheuse et peu de végétation. Les sites de nidification ont été trouvés dans des zones à faible couverture de matière organique. La pente du terrain ne semblait pas avoir d'influence, ni une orientation nord/sud.

 

« Une de nos observations a confirmé que les trous d'émergence actifs restaient ouverts toute l'année », dit Lybrand. « Ils ne se sont pas refermés pendant les saisons plus humides et plus fraîches – malgré la présence d'argile dans les sols qui pourrait causer un gonflement et une obturation. »

 

Un résultat intéressant de la recherche est que l'équipe a trouvé des lipides dans les revêtements des nids dans le sol. Les lipides pourraient fournir une sorte d'imperméabilisation pour les nids et leurs habitants.

 

« Comme la grande majorité des espèces d'abeilles sauvages nichent dans le sol, il est important d'étudier la meilleure façon de les attirer sur les exploitations », explique Mme Lybrand. « Les pédologues et les entomologistes peuvent s'associer aux agriculteurs pour identifier les habitats terrestres qui soutiennent et attirent davantage de ces pollinisateurs dans les terres agricoles. Il est important d'améliorer notre compréhension des liens entre l'agriculture et les sols dont les abeilles, les cultures et les organismes vivants dépendent pour survivre. Nos recherches ont également fourni un cadre pour l'étude des organismes qui nichent dans le sol – un domaine de la science du sol qui est sous-représenté. »

 

Pour ce qui est de l'avenir, Mme Lybrand affirme que « la recherche future devrait également intégrer des méthodes permettant d'identifier les abeilles et/ou les guêpes au niveau des espèces. Cela permettrait d'interpréter les résultats d'un point de vue écologique. Une autre question à suivre pourrait être la nature et l'utilité des lipides trouvés dans les revêtements des nids, pour confirmer leur rôle réel. »

 

Cette recherche a été publiée dans le journal de la Soil Science Society of America.

 

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* Source : https://www.agdaily.com/crops/studying-ground-nesting-bees-soils/

 

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