Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Cause animale : le député paysan Jean-Baptiste Moreau et l'ex-porte-parole de la Conf' Laurent Pinatel font cause commune, M. Cédric Villani fait naufrage

30 Août 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage, #Politique, #Activisme

Cause animale : le député paysan Jean-Baptiste Moreau et l'ex-porte-parole de la Conf' Laurent Pinatel font cause commune, M. Cédric Villani fait naufrage

 

 

(Source et source)

 

 

M. Jean-Baptiste Moreau a publié le 24 août 2020 une excellente tribune dans l'Opinion, « "Le référendum sur le bien-être animal, cheval de Troie de revendications radicales". La tribune de Jean-Baptiste Moreau ».

 

Le résumé par le journal :

 

« "Au bout de la logique des antispécistes, ce n’est pas seulement l’abolition d’un type d’élevage, c’est la destruction des liens que nous entretenons avec les animaux depuis des millénaires", prévient le député LREM de la Creuse, éleveur de profession. »

 

Enfin... ingénieur diplômé de l'ENITA de Clermont-Ferrand, président d'une coopérative agricole regroupant 900 agriculteurs, ancien président d'abattoir... le genre de personnage que les activistes prennent pour un demeuré incapable de « changer de modèle »...

 

Pour planter le décor :

 

« Le 2 juillet a été lancé un référendum d’initiative partagée (RIP) pour les animaux. Lancé entre autres par le journaliste Hugo Clément, soutenu par les entrepreneurs Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, il propose notamment l’interdiction de l’élevage en cage, des élevages à fourrure et de toute forme d’élevage intensif, l’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et des chasses dites traditionnelles, l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages, la fin des expérimentations animales.

 

[…]

 

Mais il convient de s’interroger sur les motivations réelles de ce RIP : c’est un cheval de Troie de revendications bien plus radicales. Face à cette bien-pensance et ces idées simplistes, il en va aussi de ma responsabilité d’éleveur et de parlementaire d’expliquer pourquoi ce référendum est une fausse bonne idée, et donc pourquoi je m’y oppose. »

 

La démonstration est percutante et sans concession.

 

L'essentiel se retrouve sur un fil Twitter.

 

 

 

 

M. Laurent Pinatel, ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, a réagi, évidemment à titre personnel :

 

« Merci @moreaujb23 pour cette position sans ambiguïtés. Cessons de laisser véhiculer des fausses vérités, condamnons les abolitionnistes de l'élevage. Assumons le fait qu'il y a une hiérarchie des espèces mais n'oublions pas de revendiquer une évolution des pratiques d'élevage! »

 

Je n'ai pas trouvé de prise de position, forcément récente, de la Conf' sur le RIP. Mais...

 

 

(Source)

 

 

Voici le lien pour la manif, et le lien pour la plainte commune (c'était contre la « ferme des mille vaches »).

 

M'est avis que les discussions seront animées, ou que la Conf' se réfugiera dans un prudent silence.

 

On rappellera que le 23 septembre 2019 (date sur la toile), le Monde avait publié une étrange tribune, passablement modifiée le lendemain, de M. Nicolas Girod, actuel porte-parole de la Conf', « Nicolas Girod : "Seule l’agriculture paysanne nous permettra de nous émanciper de l’agrobusiness" ». Le chapô :

 

« Membre de la Confédération paysanne, cet éleveur du Jura répond, dans une tribune, au récent appel contre l’élevage intensif, lancé par l’association L214 avec le soutien de nombreuses personnalités. Ce manifeste n’a pas d’autre visée que l’abolition de l’élevage, quel qu’il soit, et pas uniquement des fermes-usines. »

 

Nous l'avions évoquée dans « Confédération Paysanne : défendre les paysans ou se faire les supplétifs de leurs ennemis ? »

 

Pour aboutir, le référendum d’initiative partagée (RIP) sur les animaux – qui combine astucieusement des problématiques touchant la corde sensible de l'émotion (en omettant la corrida qui pourrait faire perdre des voix...) – doit recueillir les signatures de 185 parlementaires, puis, après validation du texte par le Conseil Constitutionnel, de 4,7 millions de Français (10 % du corps électoral).

 

Ils sont 131 députés et sénateurs, à avoir souscrit à la proposition. Parmi eux... M. Joël Giraud, devenu Secrétaire d'État chargé de la Ruralité (et, incidemment, inquiet des chemtrails...). La veille de sa nomination au gouvernement, il était co-signataire d'une tribune dénonçant l'agribashing, « Face à l'agribashing, soutenons nos éleveurs! » dans le Journal du Dimanche (notre analyse ici)... Comprenne qui pourra...

 

Des voix se sont élevées pour qu'il retire sa signature, apparemment sans résultat. La Coordination Rurale a publié un mini-message sur sa page Facebook :

 

« Maintenir son soutien au RIP animaux ou démissionner : Joël Giraud doit choisir. Un ministre de la ruralité ne peut pas soutenir des antispécistes dont l'objectif pernicieux est d'abolir l'élevage. Sans animaux, pas de ruralité ! »

 

Un autre soutien du RIP est le député mathématicien, médaille Fields, Cédric Villani.

 

« Cher @moreaujb23, pourquoi faire peur aux éleveurs ? Ce ne sont pas les petites exploitations, respectueuses de leurs animaux, qui sont visées par le référendum pour les animaux : c'est l'élevage industriel inhumain et aliénant, hélas encore tellement répandu. »

 

Et :

 

« Ce projet de #RéférendumPourLesAnimaux n'est pas celui d'un homme ou d'un parti ou d'une conspiration : il est soutenu par 40 associations, des parlementaires de tout bord, et 3/4 des citoyens francais. Cela mérite un vrai débat parlementaire et citoyen.

 

 

(Source)

 

 

(Source)

 

 

«Un « élevage industriel inhumain et aliénant, hélas encore tellement répandu » ? Vraiment ?

 

« ...soutenu par [...] 3/4 des citoyens francais » ? Sur la foi d'un sondage, alors qu'à l'heure où je poste, il y aurait quelque 594.000 inscrits pour être recontactés pour apporter le vrai soutien, officiel ? Et inscrits anonymement en indiquant simplement une adresse courriel (qui devrait être) valide et, facultativement, un numéro de téléphone ?

 

Décidément, c'est un naufrage...

 

M. Jean-Baptiste Moreau a apporté trois gazouillis de réponse :

 

« Cher @VillaniCedric il est vraiment temps que tu découvres la réalité de l'élevage en France et pas l'image fausse qui en est donnée par quelques ONG et quelques médias pour lesquels l'amélioration du bien-être animal n'est qu'un prétexte.

Jean Baptiste Moreau

 

Et au vu des réactions des insultes et menaces reçues depuis 48h je vois que j'ai visé juste et que ce RPA n'est bien que le premier pas vers l'abolition de l'élevage et substituer la viande par des amas de cellules qui seront de véritables planches à billets pour investisseur

 

"Etre dans le vent: une ambition de feuille morte" et bien tu vois ce n'est pas mon ambition. Je préfère essayer d'expliquer à mes concitoyens la vérité des choses que de participer à l'intoxication médiatique massive sur le bien-être animal à des fins électoralistes »

 

 

(Source, source et source)

 

 

I concur comme aurait écrit Kofi Annan.

 

Mais dommage que cette tribune arrive si tard, car des mouches parlementaires ont déjà été attirée par... Et dommage que M. Jean-Baptiste Moreau n'ait pas eu la même clairvoyance pour le glyphosate.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

un physicien 30/08/2020 16:08

Le Code de l'Environnement autorise, au titre du principe de précautions des mesures "provisoires et proportionnées". Qui se souvient encore de ces adjectifs ?

jean 30/08/2020 15:53

Ca fait plaisirs à lire.c'est quand même des prises de positions qui dénoncent le mensonge de ces porteurs de démagogies populaires.des vrais défenseurs de la cause animale devraient être contre les attaques des loups,des ours,des vautours et autres prédateurs réintroduits.Je préfére que des animaux sauvages soient montrés dans des Zoos ou des cirques que lachés au milieu de nos troupeaux pour faire plaisirs aux riches écolos des villes qui re^vent de campagnes ensauvagées

Il est là, fils spirituel de Seppi 30/08/2020 14:52

Ah ces fameux débats autour du non moins fameux RIP pour les animaux. Voici ce que j'en pense

1) contrairement à ce que certains veulent penser, ce référendum est porté par des gens qui prônent la fin de l'élevage. Alors oui je suis contre l'élevage dit industriel etprône des élevages respectueux du bien être des animaux. Mais ce n'est pas une raison pour soutenir n'importe qui dans ce combat. En l'occurance, un tel référendum est un piège en raison de l'identité de ceux qui le prônent.
2) Ceux qui disent que les éleveurs qui refusent de soutenir ce référendum sont des hypocrites je dis non ces éleveurs ont juste compris que ce référendum était un piège et son assez sensé pour savoir l'éviter.
3) Les élevages industriels sont bien une minorité en France, même Greenpeace qui est un grand critique de l'impact de l'élevage, not industriel, l'a reconnu. Rappelons que la ferme moyenne en France c'est entre 50 et 80 vaches, on est loin des fermes de 1 000 vaches (qui sont aps nécessairement des camps de concentration pour animaux, voir la vidéo d'Etienne ou l'article de Michelle sur ce blog qui en parlent)

Enfin pour les propositions du RIP

"l’interdiction de l’élevage en cage OK avec cette idée si on accompagne les éleveurs pour les aider à changer de méthodes ou à changer de profession si impossible, hors de question si on se contente de leur imposer qq chose sans les aider ni sans les accompagner.
, des élevages à fourrure OK si on interdit seulement les élevages pour la fourrure. Si l'élevage permet d'avoir autre chose que la fourrure (viande, cuir, etc.) pas d'accord.
et de toute forme d’élevage intensif, OK si on accompagne les éleveurs.
l’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et des chasses dites traditionnelles, je suis plutôt neutre sur la question de la chasse (on peut pas avoir un avis sur tout) mais d'accord pour abandonner certaines pratiques si on conserve cette coutume (comme la chasse à la glu).
l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages, mitigé car certains cirques traitent bien leurs animaux, je ne sais pas si c'est une bonne chose de supprimer les animaux sauvages danstous les cirques.
la fin des expérimentations animales. Si c'est pour le cosmétique, je suis d'accord. En revanche si cette interdiction vise également la recherche médicale je suis contre car les instances de recherche en médecine sont formelles : on a pas encore d'alternatives nécessaires pour s'en passer.