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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Pacte Vert européen est une mauvaise affaire

30 Juin 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Union européenne, #Politique

Le Pacte Vert européen est une mauvaise affaire

 

Marcus Holtkoetter*

 

 

 

 

La Commission Européenne a un plan pour éliminer l'agriculture moderne en Europe.

 

Les détails ont été dévoilés le mois dernier, dans le cadre d'un « Pacte Vert Européen » annoncé à la fin de l'année dernière, qui prévoit que le continent deviendra « neutre pour le climat » d'ici 2050.

 

La Commission parle de transformer « les défis climatiques et environnementaux en chances à saisir ». Elle parle également de garantir une « transition juste et inclusive pour tous ».

 

Elle aurait dû ajouter quatre mots : « sauf pour les agriculteurs ».

 

En effet, la Commission Européenne vient de publier sa stratégie « de la ferme à la table », qui constitue la partie agricole du « Pacte Vert » européen. Elle annonce une série d'objectifs irréalistes : au cours de la prochaine décennie, les agriculteurs comme moi sont censés réduire de moitié l'utilisation de produits phytosanitaires, diminuer de 20 % les applications d'engrais et convertir un quart des terres agricoles totales en production biologique.

 

Rien de tout cela, bien sûr, n'est censé perturber le dîner de qui que ce soit.

 

 

 

 

Les Européens ont la chance de vivre dans une société bien nourrie. Nous avons des gouvernements stables, des infrastructures fiables et des économies avancées. Nous disposons également de certaines des meilleures terres agricoles du monde, avec de bons sols et de bons rendements, année après année. Grâce à l'agriculture intensive, nous obtenons d'excellents résultats et nous ne sommes pas confrontés aux problèmes de la faim et de la malnutrition qui frappent les populations moins fortunées dans d'autres sociétés.

 

Ce que la Commission Européenne propose maintenant, c'est essentiellement de réduire les récoltes. Pour les consommateurs, cela se traduira directement par une chose : des prix plus élevés. Les denrées alimentaires coûteront plus cher.

 

Il y a aussi un problème plus important. Comment les agriculteurs sont-ils censés gagner leur vie si nous produisons moins et vendons moins de nourriture ? La Commission ne tient pas compte de l'un des résultats les plus probables de son approche mal conçue de l'agriculture : lorsque les agriculteurs ne peuvent pas faire de bénéfices, ils abandonnent l'agriculture.

 

Si cela se produit, les récoltes déjà diminuées se réduiront encore davantage.

 

Cela va à l'encontre de l'objectif principal de la Commission, qui est de rendre « l'économie de l'UE durable ». Elle doit comprendre qu'il n'y a pas de durabilité économique sans une économie durable.

 

Cela soulève également la question de savoir d'où viendra notre nourriture, si elle ne sortira pas de nos propres exploitations agricoles. Nous pourrions toujours importer davantage de nourriture provenant d'autres endroits. Le commerce mondial est déjà une caractéristique essentielle de la production alimentaire. Nous devrions l'encourager.

 

Pourtant, le « Pacte Vert » européen conduira à une agriculture de qualité inférieure dans les endroits où les terres agricoles sont moins productives. Elle pourrait néanmoins contribuer à remplir les ventres dans une Europe qui comptera moins d'agriculteurs. Elle pourrait même apaiser les consciences des militants et des bureaucrates à Bruxelles. Elle n'aidera certainement pas le climat.

 

Notre objectif devrait être de produire plus de nourriture sur moins de terres. Or, l'approche actuelle de l'Union Européenne, qui repose sur l'idéologie plutôt que sur la science, conduira à produire moins de nourriture sur plus de terres.

 

Qu'est-ce qui est « vert » dans tout cela ?

 

Tout cela est censé se produire, soit dit en passant, à un moment où la population mondiale augmente. Les démographes prévoient que 2 milliards de personnes supplémentaires vivrons sur notre planète d'ici 2050. Nous devons aussi les nourrir. La solution, si nous en trouvons une, réside dans l'utilisation créative de technologies, de produits et de stratégies innovants, en particulier dans le monde en développement.

 

Ce dont nous n'avons pas besoin, c'est d'un fardeau supplémentaire de restrictions qui fera qu'il sera plus difficile pour les Européens de se nourrir.

 

Mais le pire dans tout cela, c'est que le « Pacte Vert » européen semble supposer que les agriculteurs sont les ennemis de la conservation. Il nous traite comme un problème à résoudre plutôt que comme des alliés d'une cause commune.

 

Nous nous efforçons déjà d'être aussi « verts » que possible. Dans ma ferme, nous produisons une partie de notre électricité avec des panneaux solaires. Nous utilisons le GPS et d'autres technologies pour réduire le gaspillage lorsque nous épandons du fumier et que nous luttons contre les mauvaises herbes. Nous semons des cultures de couverture pour protéger les sols contre l'érosion. Nous cultivons des bandes fleuries pour attirer les insectes pollinisateurs et améliorer la biodiversité.

 

Au fur et à mesure que le temps et la technologie le permettront, nous en ferons encore plus. Mais le moyen le plus sûr d'empêcher l'innovation positive est de menacer la capacité des agriculteurs à gagner leur vie.

 

Pour les agriculteurs – et pour tout le monde – le « Pacte Vert » européen est un accord pourri.

 

________________

 

La famille Holtkoetter exploite une ferme depuis plus de dix générations. Marcus gère la production porcine (250 truies et 2.000 porcs charcutiers) ainsi que 160 hectares de blé d'hiver, d'orge d'hiver, de maïs et de colza. Il a accueilli des consommateurs, des agriculteurs et des politiciens dans sa ferme, et a également partagé l'histoire de la ferme lors de conférences. Il est actif sur les réseaux sociaux et auprès des médias grand public. Il aide à mettre en relation d'autres agriculteurs à travers l'Allemagne pour faire entendre davantage de voix et a co-fondé à cet effet « Frag den Landwirt » (demandez à l'agriculteur), AgChat Germany et en stimulant les programmes d'échange de la GACC [Chambre de Commerce Gremano-américaine]. Il a également cofondé le World AgVocate Meeting, qui a rassemblé des dizaines de personnes d'Europe et d'Amérique du Nord. M. Holtkoetter est un auteur invité du Réseau Mondial d'Agriculteurs.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2020/06/the-european-green-deal-is-a-bad-deal/

 

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I
@Yann<br /> <br /> Vous avez touché juste, Reflexion est bel et bien un énième pseudo de ce Gros Main de Bionel, je le sais car j'ai déjà eu affaire à lui sous ce pseudonyme. <br /> <br /> Sinon @relfexion<br /> <br /> En fait vous n'y êtes pas du tout Bionel mon ami le Gros Malin. Les lobbyistes des pesticides comprennent à travers des éléments de preuve (études scientifiques) et des preuves (avis des instances de recherche spécialisées du sujet). Du coup on peut entendre qu'il est possible de baisser les pesticides sans baisse de rendement si des études scientifiques et des avis d'agences de recherche spécialisées nous le disent. Donc trouvez-en, pour un Gros Malin comme vous cela ne sera pas difficile :)
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R
Que ce brave Monsieur s'informe !!!<br /> <br /> -50% sur les pesticides sans baisse de rendement c'est déjà réalisable; seule chose les lobbyistes défenseurs de pesticides ne le comprennent pas ou ne veulent surtout pas l'entendre.
Répondre
U
Vous nous invitez à visiter votre ferme ?
M
Le modèle sans pesticide n'est pas réalisable, Benoit Biteau grand promoteur de se modèle était au bord de la faillite en 2018. Son exploitation ne survit que grâce aux cagnottes et aux aides.<br /> https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/charente-maritime-le-paysan-bio-benoit-biteau-a-enfin-touche-des-aides-europeennes-1535467824<br /> <br /> On peut aussi rajouter tous les pesticides utilisé en bio. (liste non exhaustive).<br /> Le sulfate de cuivre, non biodégradable et toxique. Produit par décapage du cuivre par de l'acide sulfurique en usine, faisant donc de lui un pesticide de synthèse (je croyais que le bio n'en utilisai pas ?). Il est aussi considérée comme une cause probable de l’apparition de maladies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.<br /> Le spinosad toxique pour les abeilles.<br /> L'huile de neem (ou azadirachtine), reprotoxique (il est même utilisé pour avorter en Indes), perturbateur endocrinien (je croyais que c'était le mal absolue, ou pour lui ça va ?), toxique pour les abeilles. Ce produit est même interdit en conventionnel tellement son profil est préoccupant, le bio à droit à une dérogation.<br /> Les pyréthrines issu de la chrysanthème, dont la culture prend la place de celles qui produisent de la nourriture (mais c'est pas grave, c'est en Afrique), culture qui ne sont pas bio ce qui ne semble pas dérangé le secteur du bio (hypocrisie quand tu nous tiens).<br /> La Deltaméthrine (produit par action du tetrabromure de carbone sur la cyperméthrine, encore un produit de synthèse utilisé en bio). Toxique pour l'homme, toxique pour la faune aquatique (extrêmement toxique chez les poissons et invertébré aquatique), toxique même à faible dose pour les abeilles (DL50 aiguë par contact est de 0,067 µg/abeille).<br /> Le bacillus thuringiensis, le même que les OGM BT, à la différence que dans les OGM il n'est pas répandue dans l'environnement et évite les victimes collatérale ce qui n'est pas le cas en bio ou il épandue sur la culture.<br /> L'huile de paraffine, issue de la chimie du pétrole (celle que vous décrier tant). Encore un produit de synthèse, ça fait beaucoup pour une agriculture qui n'en utilise pas.<br /> L'huile de vaseline, pareil que pour l'huile de paraffine, un produit de synthèse (encore un) issue du pétrole.<br /> Le soufre, pouvant provoquer allergie et irritation (y compris respiratoire) lors de l’épandage et présentant un caractère phytotoxique à partie de 35°C.
Y
Faux et archi faux reflexion (ou bionel encore car du même style d'affirmation toujours aussi déconnecté des réalités).<br /> Même le réseau DEPHY en grande culture avec l'aide d'un ingénieur a mi temps pour des groupes de 12 agri max ne dépasse pas les 15% de réduction IFT (Le fameux indicateur à réduire de 50%) ! Ils ont commencé a y travailler en 2012/2013 pourtant!!Les écoloregilgieux ou autre bloqués du bulbe en tous genre menteurs sans vergogne ou complétement idiots par ce qui devient du fanatismes sordide devant les résultats et les faits , pourrons répéter 10 000 fois la même bêtise cela n'en fera pas une vérité!