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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Assemblée Nationale : une proposition de résolution de la France Insoumise « pour aller vers les jours heureux »

4 Juin 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique

Assemblée Nationale : une proposition de résolution de la France Insoumise « pour aller vers les jours heureux »

 

« Tout cela sent le monde d’avant le monde d’avant » (Olivier Masbou)

 

 

 

 

L'Assemblé Nationale débat aujourd'hui, 4 juin 2020, une proposition de résolution « déclarant la nécessité d’une bifurcation écologique et solidaire pour aller vers les jours heureux ».

 

« [L]es jours heureux », c'est une référence au programme du Conseil National de la Résistance : à notre sens en partie seulement : l'impression qui se dégage de ce texte est que si la France Insoumise était aux manettes, les jours heureux nous seraient imposés.

 

S'ouvrant sur une citation du discours prononcé par Greta Thunberg devant l'Assemblée des Nations Unies (ses fameux rêves et son enfance volés par leurs paroles creuses), l'exposé des motifs annonce :

 

« La bifurcation est commencée. La question est la suivante : dans quelle direction ira t elle ? Deux chemins s’offrent à nous. Celui d’un monde toujours plus libéral, autoritaire et liberticide. Ou bien celui des jours heureux, par une bifurcation écologique et solidaire de notre système économique. Nous optons pour le second chemin. Tel est le sens de cette proposition de résolution. »

 

La crise du Covid-19 est évidemment mise sur le compte des « exactions » de l'humanité grâce à un passage du coq à l'âne que nous avons déjà vu par ailleurs et contre lequel M. Marcel Kuntz se bat vigoureusement :

 

« La pandémie du covid 19 est une crise aux origines écologiques. Le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’industrialisation et l’urbanisation favorisent la rencontre entre microbes pathogènes issus d’animaux et humains. 100 millions d’hectares de forêt tropicale ont été coupés entre 1980 et 2000 ; plus de 85 % des zones humides supprimées depuis le début de l’époque industrielle. Résultat : 60 % des microbes pathogènes apparus depuis 1940 sont d’origine animale, dont deux tiers issus d’animaux sauvages, 75 % de ceux découverts ces 30 dernières années. En cinquante ans, le nombre de maladies liées aux zoonoses, c’est à dire transmises des animaux aux humains, a été multiplié par 10. »

 

Mais il y a bien sûr plus fondamental :

 

« Cette crise [...] nous rappelle que le capitalisme a des conséquences mortelles. En effet, celui ci a créé les conditions de sa propre destruction, de l’émergence du virus à son incapacité à y faire face. De la crise sanitaire, nous voici confronté·es à une crise économique et sociale aux conséquences potentiellement dramatiques. »

 

On passe à l'agriculture, mais c'est pour biaiser immédiatement vers les outremers :

 

« Le désastre en matière agricole et alimentaire en est une illustration implacable. La situation des outremers [...] »

 

Mais résumons.

 

Il faut « [d]éfinir les besoins désirables », ce qui nécessitera « la planification écologique et la consolidation de nouveaux droits sociaux ».

 

Et « [p]our mener à bien une planification écologique démocratique » – comment pourrait-elle être autre que « démocratique » ? chez LFI – « il faut commencer par nous doter d’un appareil statistique qui intègre à tous les niveaux les impacts environnementaux ».

 

Fort bien ! Entrons dans le dur du volet « écologique » (c'est nous qui graissons) :

 

« […] Sur le front climatique, l’objectif est de décarboner totalement l’économie d’ici dix ans.

 

Plus largement, il s’agit de mettre en œuvre une politique de diminution et de soutenabilité dans l’usage des ressources naturelles et d’engager des mesures de préservation/restauration des écosystèmes. Car la crise climatique n’est qu’une des dimensions de l’urgence écologique. Sortir du productivisme agricole qui mène à l’épuisement des sols, des paysans qui y travaillent et à des crises sanitaires à répétition, organiser la sobriété et l’efficacité énergétique, planifier une nouvelle organisation du territoire pour relocaliser la production et la consommation, sont autant de bifurcations que l’État doit organiser.

 

La proposition de résolution présente des « mesures, réparties en quatre grands axes non exhaustifs, [qui] pourraient constituer une feuille de route ».

 

La droite très à droite rêve de protectionisme. La France Insoumise rêve aussi de protectionisme ; mais attention : il est « solidaire »...

 

« Engager un processus de protectionnisme solidaire, qui implique la relocalisation, la décarbonation industrielle (par exemple en opérant une bifurcation vers l’éco construction), et une nouvelle politique de coopération internationale basée sur le respect des droits humains, sociaux et environnementaux ainsi que l’échange de technologie et de savoirs ; »

 

S'agissant de l'agriculture :

 

« Passer à l’agriculture paysanne et écologique en subventionnant les agricultrices et agriculteurs qui souhaitent se reconvertir et leur garantir un revenu digne non dépendant de la grande distribution ; »

 

YAKA...

 

Le lecteur captivé par cet audacieux programme ou tout simplement curieux lira la proposition de résolution pour connaître les autres propositions. Mais terminons avec le dernier point du texte de la résolution mise en débat qui fournit un bon résumé de la vision de notre avenir franco-français de M. Jean-Luc Mélenchon et de ses troupes :

 

« Renforcer et étendre la puissance publique en créant des emplois dans le secteur public afin que l’État puisse garder une expertise publique forte, et ainsi lutter contre les forces privées, mais aussi étendre les réseaux et services publics. »

 

Comme l'a noté M. Olivier Masbou sur son Blog-notes, « [t]out cela sent le monde d’avant le monde d’avant ».

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Marc 10/06/2020 17:12

Le nom de ce parti "La France Insoumise" dit tout sur son idéologie ! Insoumis, c'est une personne qui est révolté contre l'état de fait. Nous sommes, actuellement, dans une démocratie, avec des députés qui votent des lois. Celui qui n'admet pas cet état de fait est un insoumis, et pourquoi fonde-t-il un parti siégeant à l'assemblée nationale ? Mr Mélanchon et sa bande souhaite une pensée unique, la leur !

Paul Aubrin 08/06/2020 09:52

Décarboner l'économie est inutile pour le climat, comme le montre cette publication de Bjorn Lomborg (https://doi.org/10.1111/1758-5899.12295). Et en plus, ce serait le moyen de mettre à l'arrêt l'économie. Pour produire quoi que ce soit, il faut de l'énergie. Sur une durée aussi courte, l'intensité énergétique PIB/TJ est constante. Les combustibles fossiles représentent 80% de l'énergie consommée et donc 80% du PIB. Décarboner en 10 ans, c'est réduire le PIB de 80% en 10 ans, ou encore de 15% par an.
Ces gens sont complètement fous.

max 05/06/2020 12:31

Programme des LFI:
Détruire l'agriculture.
Détruire l'industrie.
Détruire le nucléaire.
Soviétisation de la société.
En gros le Venezuela avec du Maoisme dedans.

max 06/06/2020 11:31

Le communisme n'a pas besoin de pétrole, le dévouement de ces citoyens camarades à assurer le bien commun et le bonheur pour tous suffit. Ce qui ne veulent pas sont de mauvais camarades au services du capitalisme et doivent êtres rééduquer par le travail salvateur pour son prochain.
Vive le héro révolutionnaire et guide Mélenchon !!

Maître Folace 06/06/2020 08:54

Et pire encore.... le Venezuela sans le pétrole.

Fm06 04/06/2020 14:22

On va bientôt fêter le 30eme anniversaire de la disparition de l’URSS. Les insoumis semblent penser que les jours heureux c’est l’application de ce qui a échoué la bas... planification par l’Etat, définition des “besoins désirables” par... par qui au fait? Le comité de salut public? Bref, pitoyable et terrifiant que LFI ait autant de supporters.

Il est là, fils spirituel de Seppi 05/06/2020 19:38

Allons, Max vous savez que les gens engagés en politique sont souvent hypocrite dans la dénonciation des violences policières. Ils les dénoncent quand elles sont faites pour défendre l'idéologie de leurs adversaires. Dès qu'elles sont réalisées pour défendre leur idéologie, ils l'approuventent et la qualifie de légitime. On trouve ce genre d'attitude à Gauche comme à Droite.

max 05/06/2020 12:24

En ce moment, ils dénoncent les violences policières. Ce qui est plutôt hypocrite de leur part sachant qu'il soutiennent des personnes comme Chavez, Maduro et que Mélenchon trouve que Castro était un humaniste.

jean 04/06/2020 13:58

Tout est mensonges chez eux.Le GIEC avec son simplisme sur le cycle du carbone pour les productions alimentaires permet de fausses analyses.Moins produire serait sans conséquences.Combien de Tonnes de Carbones stockés dans nos récoltes,les stocks de céréales,les stocks de fourrages.Si nous produisions moins en Bio automatiquement il y aurait moins de carbone dans tout ces stocks et plus de C02.Pour le Bien de la planète il faut une agriculture raisonnable intensive et surtout pas extensive et avec des mauvaises herbes

Seppi 08/06/2020 11:11

@ Paul Aubrin le lundi 08 juin 2020 à 09:59

Bonjour,

Merci pour vos deux commentaires.

Effectivement, les images de la NASA montrent un net verdissement de la planète verdit, probablement sous l'action combinée des phénomènes physiques(CO2) et climatiques (réchauffement)… et de la main de l'Homme :

http://seppi.over-blog.com/2019/07/catastrophe-la-terre-est-plus-verte.html

Pour les liens entre PIB et énergie, je ne me mouillerai pas. Mais il est clair que l'Union Européenne et la France vont dans le mur avec leurs délires de décarbonation de l'économie et de nos sociétés.

A l'heure où j'écris, le solaire produit 4.447 MW (pour 9.500 MW de puissance installée) et l'éolien 1.373 MW (pour quelque 16.500 MW installés).

J'imagine une conversion au tout électrique en dix ans (évidemment sans nucléaire…) et au tricotage de pulls...

Paul Aubrin 08/06/2020 09:59

Le dioxyde de carbone a un effet très favorable sur la production végétale. L'augmentation de 350 à 400 ppm de la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère a causé une augmentation globale de 16% de la quantité de végétation. C'est prouvé grâce à l'analyse des images satellitaire (publication NASA).