Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« La farce des tests au glyphosate » dans le Mensuel du Morbihan

5 Novembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Activisme, #critique de l'information

« La farce des tests au glyphosate » dans le Mensuel du Morbihan

 

Glané sur la toile 432

 

 

Et en couverture, s'il vous plait !

 

Quelqu'un s'y est enfin mis !

 

Le Mensuel du Morbihan écrit sur Facebook :

 

« Pisseurs involontaires ou agriculteurs conventionnels, qui a raison ? Une polémique perdure depuis plusieurs semaines dans le Morbihan. Le motif ? Après avoir choisi chacun leur propre test au glyphosate, ils ne trouvent pas la même quantité de pesticide dans leurs prélèvements urinaires. Les résultats d’un des deux groupes sont tronqués, comme le démontre l’enquête du Mensuel du Morbihan de novembre intitulée : Pisseurs involontaires, la farce des tests au glyphosate. »

 

Deux journalistes ont donc testé les tests de Biocheck – l'officine retenue par les Pisseurs Involontaires de Glyphosate, qui utilise un test Elisa – et le CHU de Limoges – le laboratoire utilisé par des agriculteurs de la FDSEA, qui recourt à la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse.

 

Nous n'avons pas accès à la publication, mais le Télégramme s'en est fait l'écho dans « Glyphosate dans les urines. Des tests à la fiabilité contestée ».

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, voici deux commentaires de lecteurs commentés :

 

« La FNSEA confierait-elle des tests à risque à un labo intransigeant, ou plutôt à un labo complaisant ? là se trouve la vraie question ! moi, dès que je lis le sigle "FNSEA," j'ai des gros doutes.. sur tout ! »

 

Il faut atteindre un haut niveau d'animosité et de complotisme pour, voyant « FNSEA », impliquer que le CHU de Limoges pourrait être « complaisant » – lire : malhonnête.

 

« Le Mensuel du Morbihan fait sa une en utilisant le qualificatif de farce ! Je ne cache pas que j'apprécie, d'autant que l'article est documenté. Pourrait il prochainement s'intéresser aux émissions de CO2 d'origine anthropique ? »

 

L'article est documenté ? Il y a des journalistes qui font encore du bon boulot...

 

D'emblée, le Télégramme met les pieds dans le plat, quoique sur un mode interrogatif qui sied à une introduction :

 

« L’une de ces deux catégories de testeurs trompe-t-elle son monde pour servir sa cause ? »

 

On reste sur le mode interrogatif... mais cette fois de perplexité :

 

« Dix jours plus tard, le verdict est tombé. D’abord avec les résultats de BioCheck : 0,90 ng/ml de glyphosate ont été trouvés dans les urines de Laure [Le Fur] et 2,48 ng/ml dans celles de Thomas [Woloch].

 

Puis, sont arrivés les résultats du CHU de Limoges. Et là, soulagement. Les collègues se sont retrouvés tous deux en dessous du seuil de détection du labo fixé à 0,05 ng/ml ! Comment deux organismes certifiés peuvent-ils donner des résultats si différents ? »

 

Notons incidemment que Biocheck n'est pas certifié pour des analyses médicales (humaines).

 

Regardez bien l'intitulé élargi de la raison sociale...

 

Et le verdict tombe :

 

« Des doutes sur l’impartialité de BioCheck

 

L’un est-il plus fiable que l’autre ? Le Mensuel a multiplié les avis d’experts et s’est intéressé aux deux labos. Il révèle notamment que la méthode utilisée par BioCheck laisse sceptique la communauté scientifique. Sur le plan éthique, le labo n’est pas exempt de reproches non plus. Sa cofondatrice, Monika Krüger, s’est clairement exprimée dans la presse allemande pour le retrait de la molécule du marché. "Pour être à jour" de connaissances sur le danger des phytos, BioCheck accompagne aussi ses résultats d’une notice invitant les testeurs à consulter un site Internet allemand, dont le titre, traduit en français, signifie : "Pesticide poison mortel non merci". De quoi nourrir des doutes sur l’impartialité du labo, utilisée par les pisseurs… Une méfiance assumée par certains de leurs responsables, cités dans l’enquête.

 

Le site Internet allemand est vraisemblablement Ackergifte ? Nein danke ! 

 

Ce verdict n'est certes pas implacable, mais que faut-il penser de la dernière phrase ? Il nous semble qu'il faille reformuler une interrogation précédente :

 

« L’une de ces deux catégories de testeurs trompe-t-elle Les responsables de l'opération des pisseurs trompent-ils son leur monde pour servir sa leur cause ? »

 

La veille – le 3 novembre 2019 –, le Télégramme avait publié un autre article, « Glyphosate dans les urines. Labocea ne veut pas du test Elisa ».

 

Soyons prudents ! Ne nous fâchons avec personne ! Mais le résultat est quand même là :

 

« Pour détecter la présence de glyphosate dans les urines, le laboratoire public breton Labocea préfère la technique de la chromatographie-spectrométrie au test allemand Elisa. Le match est serré entre les deux méthodes.

 

Une neutralité revendiquée. À ceux qui douteraient de son impartialité et préféreraient s’adresser à un labo étranger, Labocea rappelle qu’il est issu du regroupement des laboratoires publics de Brest, Quimper, Ploufragan (22), Fougères (35) et Combourg. Et que son service des "micropolluants organiques" est accrédité par le Cofrac (*), gage de rigueur scientifique. La recherche de glyphosate dans les urines humaines se fait depuis dix ans sur le site brestois de Labocea où la capacité d’analyse est de 100 échantillons par semaine.

 

__________

 

* Le Comité français d’accréditation est une association chargée de délivrer les accréditations aux organismes intervenant dans l’évaluation de la conformité en France. »

 

Mais cette prudence n'a pas empêché d'énoncer quelques vérités dérangeantes :

 

« Avantages et inconvénients des méthodes. Alors que le laboratoire allemand Biocheck met en avant la rapidité et le faible coût de son test Elisa, Labocea annonce un délai de quinze jours ouvrés pour présenter le résultat et une facture proportionnellement plus lourde. La raison ? La méthode de la chromatographie-spectrométrie de masse utilisée à Brest nécessite un travail long et minutieux de préparation des échantillons avant de procéder avec précision à la séparation, la quantification et l’identification des molécules présentes. Mais elle présente l’avantage d’être adaptée à l’urine. Tandis que le test Elisa est initialement conçu pour l’eau, "une matrice beaucoup moins complexe" souligne Sophie Goulitquer, chef du service des micropolluants. À Labocea, on remarque, par ailleurs que le test du labo allemand se sert de "la spécificité des anticorps" créés en réaction au pesticide pour détecter la présence des molécules de glyphosate. D’où, "un risque élevé de faux positifs" liés à la présence de molécules de la même famille que le glyphosate. »

 

« ...faux positifs... » ? Comment doit-on interpréter les résultats de Biocheck pour les deux journalistes obtenus avec une méthode sensible aux faux positifs quand ces résultats sont supérieurs à la limite de détection du CHU de Limoges obtenus avec une méthode plus fiable ?

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Will 18/12/2019 20:19

Si ce labo suit les analyses le glyphosate dans les urines depuis 10 ans , ou sont les résultats ?

Seppi 21/12/2019 15:41

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Il faut demander à Labocea...

jp 10/11/2019 14:46

.sur orange actualités

Dessertenne 06/11/2019 13:48

Article bien documenté ou l'on voie la mauvaise foi de ces verdatre

Seppi 10/11/2019 15:14

jp le dimanche 10 novembre 2019 à 14:42Bonjour,

Merci pour l'alerte.

Pour une fois sur ce genre de sujet, c'est une information de l'AFP de qualité.

Mme Emmanuelle Ducros a produit plus tôt un article similaire dans l'Opinion.

jp 10/11/2019 14:42

article sur le glyphosate : supprimer le glyphosate aura un cout élevé estime un rapport parlementaire

Seppi 10/11/2019 13:31

Bonjour,

Merci pour vos deux commentaires.

Est-ce de la mauvaise foi ou du cynisme ? Ou les deux ? Après tout, si on va en justice devant des juges sans un minimum de connaissances scientifiques et d'esprit critique, possiblement aveuglés par leurs idéologies et opinions personnelles… si on a en face des défendeurs qui s'y prennent comme des manches (et dans le cas du personnel administratif et judiciaire au même niveau que les juges)...

yann 05/11/2019 14:36

Cette histoire est complétement dingue: Un paquet de pisseurs volontaires ont même payé plus de 100€ (lu 140 et une foi 160€) car en plus du cout du test ils participaient aux frais de justices qui allaient bien sur s'en suivre!! Avant l'analyse et les résultats ils savaient qu'ils allaient être positif et pouvoir attaquer !!??Merveilleux leur monde qui sait a l'avance!! Pour info, le test en question acheté par plaque de 80 ne doit par revenir a plus de 5€ pièce au labo! Facturé 50 ou 60€?? Comment des personnes avec un minimum de cerveau peuvent en arriver à débourser de telles sommes d'argent avec un test reconnu non valable, car fait pour analyser de l'eau, fait par un laboratoire vétérinaire non agréé pour les analyse humaines et penser en plus qu'il sera recevable devant la justice ?? Hormis la bêtise absolue , un QI de 2 ou le fanatisme religieux il n'y a pas beaucoup d'explications valable pour expliquer la démarche de ces pisseurs qui se sont en attendant bien fait arnaquer avec l'aval de madame Elise Lucet comme caution du vol organiser . Ce sont des victimes car ils se sont fait rouler dans la farine mais on a pas envie de les plaindre tellement l'arnaque était énorme avec ses 100% de résultats positifs .La nature humaine est bien triste quelque fois!
Par contre , elles sont ou ces sommes d'argents prévus pour les procès maintenant...? Tout le monde n'a peut être pas été complétement idiot dans cette histoire ! Le labo allemand a même été malin et a carrément fait une petite fortune sur le dos de ces idiots utiles!

Seppi 10/11/2019 13:46

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Connaître à l'avance le résultat et donc contribuer aux frais de justice… je n'y avais pas pensé.

Oui, il y a la "caution" Elise Lucet. Ses "glyphotests" ont aussi été faits chez Biocheck.

un physicien 05/11/2019 09:55

Enfin quelqu'un a fait ce test. Un peu dommage qu'il n'y ait que 2 échantillons, mais c'est quand même assez concluant. Il sera assez intéressant de voir l'écho que donneront les média nationaux ...

Seppi 10/11/2019 13:53

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Réponse sous un autre commentaire… A part Emmanuelle Ducros, rien...

Seppi 10/11/2019 13:42

@ Maître Folace le mercredi 06 novembre 2019 à 10:15

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous avez malheureusement -- et sans surprise -- raison.

A part le Mensuel du Morbihan, le Télégramme, Mme Emmanuelle Ducros dans une vidéo et moi… rien ou preseque.

Ah si ! Les pisseurs ont "répondu" :

https://pig.log.bzh/2019/11/09/communique-de-presse-campagne-nationale/

A pisser de rire !

Seppi 10/11/2019 12:05

@ Marcol le samedi 09 novembre 2019 à 16:06

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je ne suis pas sûr que les "journalistes" se feront sanctionner. A voir les prouesses de certains, il semble même qu'ils aient encore un bel avenir, enfin jusqu'à ce que leur journal s'écroule (ce qui suppose que l'Etat devrait cesser de les subventionner…).

Marcol 09/11/2019 16:06

En effet de plus en plus de ces journalistes peu scrupuleux de faire éclater une vérité loyale et sincère.
Il se feront sanctionner par eux mêmes, de leurs investigations peu objective, et partiale.
On attend d'eux une objectivé de qualité, conforme à la réalité et indépendant des valeurs, des attitudes, des sentiments ou des croyances.
En bon entendeur, soyez bon pieds bon œil.

Dessertenne 06/11/2019 13:54

Tres bonne réponse je souscrit en tout que des montage mensongė de ces pauvres cloche manipulé par des politiques vereux Pierre