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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Le cri d'alarme de l'ancien haut-commissaire à l'énergie atomique » (M. Yves Bréchet) dans le Point

30 Octobre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

« Le cri d'alarme de l'ancien haut-commissaire à l'énergie atomique » (M. Yves Bréchet) dans le Point

 

Glané sur la toile 428

 

 

Non, l'énergie atomique – ou l'énergie tout court – n'est pas un des sujets de prédilection de ce blog. Mais ce serait une erreur que de ne pas signaler « Le cri d'alarme de l'ancien haut-commissaire à l'énergie atomique », des propos recueillis par Thomas Mahler, Michel Revol et Géraldine Woessner que le Point a eu le très bonne idée de publier.

 

En chapô :

 

« Yves Bréchet alerte sur l'avenir du nucléaire, "fleuron" de l'industrie française, aujourd'hui victime de l'idéologie comme du déclin de l'État stratège. »

 

La fin du premier paragraphe :

 

« Dans un entretien tonitruant – "qui n'engage que moi" – l'ingénieur lance un cri d'alarme sur l'avenir du nucléaire en France et déplore les idées reçues qui prolifèrent sur cette filière, alimentées par l'idéologie comme par l'absence de culture scientifique dans les médias. Plus généralement, il alerte sur la fin de l'Etat stratège, capable d'avoir une vision sur long terme. La faute, dit-il, à des élites qui ne savent plus ce qu'est l'industrie et ne se soucient plus que de faire des coups de com. Pourtant, entre le réchauffement climatique et la guerre économique, il y a urgence… »

 

Remplacez « nucléaire » et « industrie » par « agriculture », et vous serez en plein dans la ligne éditoriale de ce blog !

 

Serait-il surprenant de comparer une industrie comme le nucléaire qui se construit (ou ne se construit pas, voire se démolit) à l'échelle du demi-siècle et plus ? Pas vraiment. Un jeune agriculteur qui s'installe investit aussi à l'échelle de quelques décennies (quoique pour un profit bien moins important) et les « élites » devraient cesser de penser qu'il sera en mesure, sans dommages économiques et personnels, de répondre à n'importe quel coup de com', voire caprice.

 

De manière similaire, la recherche-développement – pas celle qui répond à des coups de com' comme pour le glyphosate pour lequel nous aurions des « solutions » pour 90 % des usages – se construit sur la durée. Un programme de sélection variétale classique, même avec les outils modernes de génomique, prend une décennie entre le premier croisement et l'arrivée dans les champs des agriculteurs ; pour la vigne et les arbres fruitiers, comptez une carrière professionnelle.

 

« Nous avons complètement détruit notre industrie depuis trente ans. Dans les ministères, ils ont ainsi oublié que fabriquer des choses ce n'est pas juste concevoir des applis pour votre iPhone. Mais la situation pour le nucléaire n'est pas désespérée si on en prend conscience ! Et, pour cela, il faut une ligne de conduite claire avec des réglementations qui ne changent pas tous les six mois au fil de la construction, ainsi qu'une vision sur plusieurs années. »

 

Nous sommes en train de détruire notre agriculture, en témoigne l'inquiétante évolution de notre balance commerciale dans l'agroalimentaire, en particulier avec les autres membres de l'Union Européenne. Mais la situation n'est pas désespérée...

 

« Nous assistons à la lente dégradation de l'Etat stratège. La capacité de l'Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu'en même temps il bavarde de plus en plus. Bien sûr, l'Etat ne peut pas être stratège en tout. A titre personnel, cela ne me dérange pas que les avions fassent des vols privés. Mais l'énergie, comme la santé, ce n'est pas n'importe quoi. »

 

L'agriculture, ce n'est pas n'importe quoi non plus.

 

 

Heureusement qu'il comprend…

 

 

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Jopari 01/11/2019 02:13

Plus généralement, en dehors de l'idéologie, on constate une incapacité croissante de nos dirigeants à penser à long terme, au-delà de la prochaine échéance électorale.

Nous pouvons en voir les conséquences dans le domaine de la recherche, où l'échelle temporelle est de dix ans; on commence à le voir pour l'infrastructure, où il faut regarder pour le prochain demi-siècle.

Seppi 10/11/2019 15:00

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le pire, c'est quand le personnel politique adopte une loi ou une autre disposition à échéance lointaine… il pense bien, nominalement, à long terme, mais en vue de l'échéance électorale prochaine. Exemple typique : la réduction du nucléaire à 50 % du mix électrique.