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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les Européens seraient de moins en moins préoccupés par les OGM

24 Juin 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Alimentation

Les Européens seraient de moins en moins préoccupés par les OGM

 

Résultats d'un Eurobaromètre sur la sécurité des aliments

 

 

Quelle est la préoccupation principale des Européens? Du jaune au bleu :

  • Les résidus de pesticides dans l'alimentation
  • Les additifs dans les aliments et les boissons
  • Les maladies présentes chez les animaux
  • Les résidus d'antibiotiques, d'hormones ou de stéroïdes dans la viande
  • L'hygiène alimentaire
  • Les intoxications par les bactéries

 

 

Niveau de préoccupation pour les OGM ? 27 % en Europe, 28 % en France

 

L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a récemment publié un Eurobaromètre sur la sécurité des aliments. On trouvera un résumé de GMOinfo, axé sur les OGM, ici avec des liens.

 

Le résumé exécutif :

 

« Un rapport spécial d'une enquête Eurobaromètre sur la sécurité alimentaire a été publié ce mois-ci. Il montre une fois de plus que le discours régulièrement promu selon lequel "90 % des Européens sont contre les OGM" est faux. "Les ingrédients génétiquement modifiés dans les aliments et les boissons" suscitent un niveau de préoccupation relativement faible (27 %) – au huitième rang des 15 préoccupations spécifiées dans la liste. Les préoccupations ont diminué de plus de moitié par rapport à la dernière enquête similaire, publiée en 2010, selon laquelle les OGM figuraient au quatrième rang des préoccupations les plus importantes (66 %). L’édition du génome est l'objet qui suscite le moins de préoccupations (4 %) et est le moins connu (22 %). Les questions les plus fréquentes dans la plupart des États membres sont les antibiotiques, les hormones et les stéroïdes (44 %), les résidus de pesticides dans les aliments (39 %) et les additifs alimentaires (36 %). »

 

Nous ne déborderons pas d'optimisme...

 

Cette évolution est-elle due à une meilleure compréhension de la question et à la connaissance maintenant répandue du fait que bon nombre de nos animaux d'élevage consomment du soja, et dans certains pays du maïs, GM ? Ou au fait que les OGM n'apparaissent plus que sporadiquement dans les médias et sur les réseaux sociaux ?

 

 

 

 

En qui a-t-on confiance ?

 

Picorons dans le rapport détaillé de l'EFSA.

 

En qui a-t-on confiance au niveau européen pour les informations sur les risques liés à l'alimentation ?

 

Les scientifiques (82 % – en France, 80 %) et les organisations de consommateurs (79 % – en France, 87 %), suivis par les agriculteurs (69 % – en France, idem), les autorités nationales (60 % – en France, 52 %, entourée de pays de l'est), les institutions européennes (58 % – en France, 48 %, avant-dernière du classement), les ONG (56 % – en France, 61 %) et les journalistes (50 % – en France, 48 %).

 

Une minorité de répondants a cité les supermarchés et les restaurants (43 % – en France, 28 %), l'industrie agroalimentaire (36 % – en France, 16 %, en dernière position) et les célébrités, blogueurs et influenceurs (19 % – en France, 10 %).

 

Il n'y a pas eu de question spécifique sur Mme Juliette B...

 

Mais ce constat pose quelques problèmes, s'agissant de la France. Quels sont les scientifiques qui apparaissent sur les écrans radar, relayés par des médias de même obédience ou au mieux moutonniers ? Les marchands de peur... Y a-t-il une relation de cause à effet avec le point suivant ?

 

 

Les aliments sont-ils pleins de substances nocives ?

 

On peut trouver « normal » que les anciens pays de l'est soient en tête de la liste de ceux qui doutent de la qualité sanitaire de leurs aliments. Ils sont partis de très bas après la chute du Mur.

 

Mais la France est en deuxième position avec 63 %, derrière Chypre (66 %) – pour une moyenne européenne à 43 %, les Finlandais étant les moins hypocondriaques à 17 % ?

 

N'est-ce pas que la propagande dénigrant l'agriculture conventionnelle pour promouvoir les produits bio a fait son œuvre ?

 

 

 

 

Les avis scientifiques sur les risques alimentaires sont-ils indépendants des intérêts commerciaux et politiques ?

 

Ils (ne) sont (que) 21 %, les Européens à le penser (44 % des Néerlandais, 11 % des Slovaques). La France est dans la moyenne avec 23 %.

 

Du coup on se demande si les énormes efforts du Monde Planète, avec ses « Monsanto papers » et son EFSA-bashing, ont été moins efficaces sur ce plan que sur celui de la présence de substances nocives dans les aliments.

 

Mais il est vrai que la question a deux faces qu'on peut résumer par deux sigles : CIRC et EFSA.

 

 

Sommes-nous mieux informés, plus matraqués, plus hypocondriaques ?

 

Picorons dans les résultats nationaux.

 

 

 

 

Pour 9 des 10 sujets proposés, les Français ont un taux de réponse positive supérieur à celui de la moyenne des Européens, avec parfois des écarts importants.

 

On pourrait tout aussi bien inverser notre question : comment se fait-il que, par exemple, 18 % des Français n'aient pas entendu parler des résidus de pesticides dans les aliments, ou ne savent pas répondre ?

 

 

De quoi les gens ont-ils peur ?

 

 

 

 

L'analyse est un peu compliquée car les proportions dépendent ici de ce dont les gens ont entendu parler. Mais cela peut donner ceci : 82 % des Français (72 % des Européens) ont entendu parler des résidus de pesticides dans les aliments ; et 57 % des Français (39% des Européens) s'en préoccupent. En bas de tableau, 60 % des Français (51 % des Européens) ont entendu parler des matériaux en contact avec les produits alimentaires – le fameux bisphénol A, par exemple – et seuls 17 % des Français (16 % des Européens) s'en préoccupent.

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