Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agricultrices prennent les devants dans le mouvement indien « satyagraha des semences » pro-OGM

30 Juin 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Inde

Les agricultrices prennent les devants dans le mouvement indien « satyagraha des semences » pro-OGM

 

Alliance Cornell pour la Science*

 

 

 

 

Les femmes ont pris l’initiative dans les dernières manifestations de désobéissance civile alors que les petits agriculteurs indiens intensifiaient leur demande d’un meilleur accès aux semences génétiquement modifiées (GM).

 

Mayatai Pujadekar Patil a dirigé d'autres agricultrices, le 23 juin, alors qu'elles semaient illégalement des graines de cotonnier GM sur une parcelle qu'elle possède et cultive dans le village de Pujada, dans le district d'Amravati (Maharashtra).

 

Des vidéos et des photos de l'événement montrent des femmes marchant et chantant avec des banderoles, avant de marcher ensemble pour semer les graines interdites. Environ 150 femmes auraient assisté à l'événement, affrontant des vents violents et une chaleur intense.

 

 

Bien que l'Inde autorise la culture de cotonnier Bt résistant à des parasites, le cotonnier Bt tolérant à un herbicide (HTBt) est toujours interdit et le brinjal Bt – une aubergine résistante à des parasites – n'a jamais été autorisé, malgré la réduction marquée de l'utilisation de pesticides au Bangladesh voisin, où il a largement été adopté par les producteurs de brinjal.

 

Les agriculteurs indiens ont lancé leur mouvement de désobéissance civile pour semer des graines génétiquement modifiées illégales le 10 juin, en s'inspirant pour leur stratégie de « satyagraha » non violente – un refus d'obéir à des lois injustes – du héros de l'indépendance, Mahatma Gandhi.

 

Le mouvement a été déclenché lorsque des activistes ont découvert que des agriculteurs de l'État d'Haryana cultivaient déjà le Brinjal Bt, au mépris d'un moratoire gouvernemental imposé en 2010 après une campagne nationale alarmiste menée par des groupes anti-OGM.

 

Un agriculteur, Jeevan Saini, du district de Fatehabad, dans l'Haryana, a notamment été identifié comme cultivant du brinjal Bt et des échantillons de son champ ont été envoyés pour des tests de laboratoire. Selon les rapports d'un groupe d'agriculteurs qui le soutiennent :

 

«Suite au résultat du test, l’administration a envoyé un tracteur et JCB détruire les plantations de Saini, les a brûlées puis enterrées en creusant une fosse de 4,5 mètres de profondeur sur le même terrain. Les Sainis n'ont pas été inculpés et n'ont reçu aucun morceau de papier indiquant qu'ils avaient fait quelque chose de mal. »

 

En solidarité avec les Sainis, des agriculteurs qui se livrent à la désobéissance civile dans l'État du Maharashtra ont collecté des fonds pour remplacer les cultures détruites, fonds qui seront remis à la famille lors d'un prochain événement public à Fatehabad.

 

Entre-temps, dans le Maharashtra, des agriculteurs ont commencé à revendiquer leur droit de cultiver des plantes génétiquement modifiées dont la culture n’est pas autorisée en Inde, bien qu’elles soient déjà largement utilisées ailleurs dans le monde et que les scientifiques s’accordent à dire qu’elles sont sans danger.

 

La culture de plantes génétiquement modifiées illégales peut entraîner une peine de prison de cinq ans en Inde. En réponse, des groupes anti-GM ont appelé à rassembler et à emprisonner les agriculteurs qui protestaient, Vandana Shiva, une activiste très bien rémunérée promouvant l'agriculture biologiques, les qualifiant de « gangs de criminels ».

 

Cependant, avec de nombreuses manifestations organisées chaque jour dans 11 districts du Maharashtra, les autorités indiennes devraient probablement jeter des dizaines de milliers d'agriculteurs en prison pour réprimer le mouvement, comme le demande Shiva.

 

Selon le syndicat d'agriculteurs Shetkari Sanghatana, qui dirige les manifestations, la campagne « satyagraha » s'était étendue du village d'Akoli Jahagir (district d'Akola) à de nombreux villages d'Ahmednagar, Amravati, Buldhana, Dhule, Hingoli, Jalna, Jalgaon , Parbhani, Wardha et Yavatmal.

 

Les agriculteurs ont également manifesté en ville, semant symboliquement des graines GM dans de petits sacs dans la rue devant le bureau des autorités locales.

 

 

 

 

Alors que la science biotechnologique agricole officielle est pratiquement à l'arrêt en Inde en raison de l'intransigeance du gouvernement et de la panique anti-OGM, les agriculteurs ont déclaré leur intention de réaliser des parcelles d'essai « citoyennes » pour comparer les différents types de cotonnier et évaluer les performances des semences GM.

 

Selon un communiqué de presse publié le 24 juin par Shetkari Sanghatana, « les agriculteurs reconnaissent le risque qu’ils prennent, car les graines non autorisées qu’ils sèment, à supposer qu’il s’agisse de HTBt, peuvent se révéler des contrefaçons ou des faux. Mais cela ne fait que souligner la vulnérabilité des agriculteurs face à la paralysie actuelle des politiques en matière de biotechnologie agricole. »

 

L’organisation d'agriculteurs a ajouté : « Les agriculteurs sont les premières victimes de l’environnement réglementaire actuel. Les agriculteurs ne réclament que la liberté d'adopter la technologie de leur choix, qu'il s'agisse de GM, de biologique ou à budget zéro, ou de toute autre pratique. »

 

_____________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/06/women-farmers-take-lead-indias-pro-gmo-seed-satyagraha-movement/

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article