Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pourquoi les limites maximales de résidus sont-elles importantes ?

13 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides

Pourquoi les limites maximales de résidus sont-elles importantes ?

 

Suzanne Bopp, Syngenta (AGDAILY)*

 

 

Illustration Sean Kelly

 

 

Lorsque les pays fixent différentes limites maximales de résidus, ces réglementations peuvent avoir une incidence sur l'accès aux marchés d'exportation et aux nouvelles technologies de protection des cultures.

 

 

Chaque fois qu'un nouveau pesticide est enregistré pour être utilisé sur une culture destinée à l'alimentation humaine ou animale aux États-Unis, l'EPA établit une limite maximale de résidus (LMR) pour ce produit phytopharmaceutique et cette culture. En termes simples, les LMR sont les niveaux les plus élevés de résidus de pesticides légalement tolérés dans ou sur les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux.

 

Cela semble simple, mais à mesure que les pays du monde entier modernisent leurs programmes de normes alimentaires, ils établissent souvent leurs propres LMR nationales, qui peuvent être différentes de celles établies par l'EPA. L’écart potentiel entre les approbations américaines et les tolérances à l’importation (TI) ou les LMR étrangères est un problème commercial qui touche tous les pesticides. Avec un hectare sur trois semés aux États-Unis destiné à l'exportation, le manque d'harmonisation mondiale des LMR est une préoccupation croissante.

 

 

Un standard commercial

 

Les LMR sont toujours fixées à des niveaux beaucoup plus bas que tout niveau significatif sur le plan toxicologique ; et à cause de cette approche, les niveaux de résidus ne sont pas une question de sécurité, explique Heidi Irrig, responsable des LMR et de la réglementation pour l’Amérique du Nord chez Syngenta.

 

La méthode utilisée par les régulateurs pour calculer les LMR assure une large marge de sécurité. Premièrement, les chercheurs effectuent plusieurs essais sur le terrain selon les principes des Bonnes Pratiques de Laboratoire afin de déterminer la quantité maximale de résidus pouvant rester sur la culture lorsque les producteurs appliquent le pesticide conformément aux instructions figurant sur l’étiquette du produit. Ensuite, des autorités telles que l’EPA examinent les données de consommation – quelle quantité de produit alimentaire une personne peut consommer en un jour ou en une année – pour calculer des scénarios d’exposition réalistes.

 

Les études toxicologiques déterminent le niveau d’exposition susceptible d’avoir des effets néfastes sur les animaux, les humains ou les plantes ; et ces niveaux toxicologiques sont toujours beaucoup plus élevés que ce que vous allez voir pour les résidus, dit Irrig. « Aucune autorité ne fixerait une LMR à un niveau préoccupant. »

 

 

Troubles commerciaux

 

Ce modèle fondé sur le risque consistant à évaluer le danger d'une exposition à une substance chimique et l'exposition probable due à la consommation alimentaire est la norme légale aux États-Unis et dans de nombreux autres pays – notamment le Japon, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande – et est conforme aux obligations de l'Organisation Mondiale du Commerce.

 

« Dans le cas de l'agriculture, l'OMC demande aux Membres de fonder leurs mesures sur une évaluation du risque, et le risque est défini par la Commission du Codex Alimentarius [Codex] comme le danger multiplié par l'exposition », déclare Daniella Taveau, une ancienne négociatrice commerciale de l'EPA. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont établi le Codex en tant qu’organisme chargé de protéger la santé des consommateurs et de promouvoir des pratiques équitables dans le commerce des produits alimentaires. Il est important de noter que l’adhésion à l’OMC exige l’adoption des normes du Codex, à moins que les pays n’aient une justification scientifique pour s’écarter de la norme.

 

« Mais de nombreux pays continuent de maintenir des régimes protectionnistes en établissant des mesures relatives aux LMR qui sont en réalité une prétexte pour restreindre le commerce », a-t-elle ajouté. Par exemple, l'Union Européenne dispose de l'un des cadres les plus restrictifs au monde en matière de LMR et de biotechnologie agricole.

 

Une approche fondée sur les danger est au cœur du cadre réglementaire de l'UE. « Les régulateurs européens ont dit qu'ils ne prendraient pas en compte l'exposition », a déclaré Irrig. « Si un produit chimique est dangereux, ils ne l'examinent tout simplement plus. » Beaucoup de produits chimiques ne satisferont probablement pas ces critères basés sur le danger, ajoute-t-elle.

 

« Bien que la précaution fasse partie des cadres réglementaires dans le monde entier, il est possible d’abuser de son utilisation », explique Taveau. « Les approches fondées sur le danger qui ne considèrent pas les voies d'exposition sont incompatibles avec la science moderne et constituent une violation flagrante des obligations des Membres au titre de l'OMC consistant à fonder les mesures sur une évaluation du risque. »

 

 

Le cas du fongicide Elatus

 

Heureusement, l'harmonisation des LMR dans le monde continue de progresser. Récemment, il y a eu une avancée importante avec les LMR, qui affecte positivement la capacité d'un plus grand nombre de producteurs de pommes de terre à utiliser le fongicide Elatus.

 

« Nous avions harmonisé les LMR pour le benzovindiflupyr, l'ingrédient actif d'Elatus, dans la plupart des marchés d'exportation de la pomme de terre des États-Unis, à l'exception de Taïwan », a déclaré Irrig. « C’est un exemple de la complexité des LMR : les producteurs de pommes de terre décident souvent d’utiliser un produit ou non, en fonction de l’existence de LMR sur tous les marchés d’exportation. L'absence de LMR à Taïwan empêchait l'utilisation d'un excellent produit. »

 

Le 28 janvier 2019, la LMR de 0,02 ppm pour le benzovindiflupyr sur les pommes de terre a été officiellement établie à Taïwan.

 

« C’est une grande nouvelle », déclare Irrig. « Nous sommes maintenant en mesure d'offrir aux producteurs de pommes de terre un excellent produit pour lutter contre Rhizoctonia ou la gale noire et argentée ». Elatus dispose également d'une étiquette « Section 2 (ee) » pour le flétrissement verticillien, que n'a aucun autre fongicide sur le marché de la pomme de terre. Une disposition 2(ee) permet aux producteurs d'utiliser des pesticides dans certaines conditions limitées non spécifiées sur l'étiquette.

 

 

Synchroniser le globe

 

La mise en place de LMR dans le monde entier pourrait contribuer à éliminer de tels problèmes, et des efforts sont actuellement déployés pour y parvenir, a déclaré Irrig. Le Codex, composé d’examinateurs scientifiques indépendants représentant des gouvernements du monde entier, établit des LMR (connues sous le nom de LMR du Codex ou CXLs) à l’intention des pays qui n’ont pas de programme national de normalisation des produits alimentaires ni d’établissement de LMR nationales.

 

L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), composée de 36 pays membres, est un autre forum qui s’efforce de normaliser les essais et les données requises pour établir les LMR. Parallèlement, des organisations telles que CropLife America et CropLife International, composées de déclarants de produits chimiques agricoles, examinent actuellement les moyens de faciliter et de faire progresser l’harmonisation. Syngenta participe et soutient également ces efforts.

 

« Chez Syngenta, nous comprenons le souhait de disposer de LMR dans le monde entier lorsque nous introduisons un produit », a déclaré Irrig. « Notre rêve est de commercialiser un produit et de le faire utiliser par les producteurs aux États-Unis, selon l'étiquette, sans qu'ils aient à s'inquiéter du pays de destination de leurs produits ni à déterminer si une LMR a été établie sur le marché d'exportation prévu – c'est notre objectif. »

 

 

À propos des LMR

 

L’écart potentiel entre les approbations américaines et les tolérances à l’importation ou les LMR imposées aux importations est un problème commercial mondial qui touche tous les pesticides. L’approche de Syngenta en matière de LMR est axée sur la transparence et l’engagement proactif auprès de nos clients, producteurs et exportateurs, pour une présentation des informations actuelles sur les LMR.

 

Syngenta est engagé dans les efforts internationaux en cours pour harmoniser les normes de LMR. Les LMR pouvant être modifiées de temps à autre, veuillez vous renseigner auprès de l'Agence de Protection de l'Environnement et de la base de données sur les LMR mondiales du Département de l’Agriculture des États-Unis pour une liste complète [ma note : accès protégé... Pour l'Union Européenne, c'est à partir d'ici].

 

_______________

 

* Source : https://www.agdaily.com/crops/maximum-residue-levels-important/

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article