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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glyphosate, OGM et papillon monarque

27 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #Glyphosate (Roundup), #OGM

Glyphosate, OGM et papillon monarque

 

 

 

 

Dans un billet précédent, « Glyphosate : ce qu'en dit l'Environmental Protection Agency des États-Unis d'Amérique », il a été question de l'effet potentiel ou possible du glyphosate sur le papillon monarque.

 

Le monarque (Danaus plexippus) est un grand papillon (8 à 12 cm d'envergure) célèbre pour ses migrations de grande ampleur en Amérique, où il se déplace par groupes de millions d'individus sur des distances pouvant atteindre 4.000 km, deux fois par an, d'août à octobre vers le sud (en une seule génération de papillons, surtout vers le Mexique, lieu d'hivernage), et au printemps vers le nord (en plusieurs générations, jusqu'aux Grands Lacs).

 

La chenille accepte de très nombreuses plantes-hôtes, mais se nourrit surtout sur des asclépiades.

 

L'espèce est en déclin. Le glyphosate et les plantes GM associées sont souvent traînées au banc des accusés aux États-Unis d'Amérique.

 

Une étude récente, « Monarch butterfly and milkweed declines substantially predate the use of genetically modified crops », de J. H. Boyle, H. J. Dalgleish et J. R. Puzey, du Département de Biologie du College of William and Mary, Williamsburg, Virginie tend à démentir ce lien allégué : les déclins du papillon monarque et de l'asclépiade remontent à bien avant l'utilisation de plantes génétiquement modifiées.

 

En voici le résumé (nous découpons).

 

« Importance

 

Le récent déclin du papillon monarque a beaucoup attiré l'attention. L’une des hypothèses principales met en cause les cultures génétiquement modifiées (OGM), ostensiblement en raison de l’impact de l’utilisation d’herbicides liés aux OGM sur les plantes alimentaires du monarque, les asclépiade.

 

Nous utilisons ici les données des spécimens de musée pour répertorier les occurrences de monarques et d'asclépiades au cours du siècle dernier (1900 à 2016), en remontant bien avant le début des jeux de données précédents (en 1993).

 

Nous montrons que le déclin des monarques et des asclépiades commence vers 1950 et se poursuit jusqu’à nos jours. Les facteurs qui ont provoqué le déclin des asclépiades et du monarque avant l'introduction de cultures génétiquement modifiées, quels qu'ils soient, peuvent toujours intervenir.

 

Par conséquent, accuser si lourdement les cultures génétiquement modifiées n'est ni parcimonieux, ni bien étayé par des données.

 

 

Résumé

 

Le déclin du papillon monarque (Danaus plexippus) au cours des 25 dernières années a fait l’objet d’une attention considérable de la part du public et des scientifiques, en grande partie parce que son déclin et celui de sa plante hôte, l'asclépiade (Asclepias spp.), ont été liés aux cultures génétiquement modifiées (GM) et à l'utilisation d'herbicides associés.

 

Nous utilisons ici des spécimens de musées et d'herbiers pour étendre notre connaissance de la dynamique des monarques et des asclépiades aux États-Unis sur plus d'un siècle, de 1900 à 2016. Nous montrons que les monarques et les asclépiades ont augmenté au début du 20e siècle et que les récents déclins font en réalité partie d'un déclin beaucoup plus à long terme des monarques et des asclépiades commençant vers 1950.

 

Les cultures résistantes à des herbicides ne sont donc clairement pas le seul coupable et, probablement, pas même le principal coupable : non seulement le déclin du monarque et des asclépiades commence bien des décennies avant l’introduction des OGM, mais d’autres variables, notamment la diminution du nombre de fermes, prédisent plus fortement les tendances communes des asclépiades au cours de la période étudiée. »

 

L'article final est derrière un péage. On trouvera une pré-publication ici.

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