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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les animaux modifiés par génie génétique font face à un processus de réglementation difficile*

20 Avril 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage, #AGM, #CRISPR

Les animaux modifiés par génie génétique font face à un processus de réglementation difficile*

 

Joan Conrow**

 

(aux USA... ne parlons pas de l'Union Européenne...)

 

 

 

 

Alors qu’AquaBounty a déployé un effort de 80 millions de dollars sur 20 ans pour obtenir l’approbation de son saumon à croissance rapide, la société savait qu’elle était en train de lancer un processus pour les autres animaux issus de la biotechnologie.

 

Sa ténacité a porté ses fruits plus tôt ce mois-ci [mars 2019] lorsque la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a finalement permis à l'entreprise de commencer à élever et commercialiser du saumon AquAdvantage aux États-Unis.

 

Ceux qui pensent que la biotechnologie promet d’améliorer le bien-être des animaux et d’élever du bétail en meilleure santé, avec un impact environnemental réduit, sont convaincus qu'AquaBounty a ouvert la voie.

 

Néanmoins, un processus réglementaire titanesque leur est opposé.

 

Cela fait plus de deux décennies que Matt Wheeler de l’Université de l’Illinois et d’autres chercheurs américains ont mis au point le premier animal transgénique destiné à l’alimentation – un porc génétiquement modifié pour produire plus de lait, réduisant ainsi la mortalité des porcelets causée par la sous-alimentation. Wheeler estime que cela pourrait sauver quelque 2,68 millions de porcelets qui meurent chaque année d'un retard de croissance.

 

Mais ses travaux et d’autres recherches importantes sur les animaux n’ont pas progressé en raison de l’incertitude réglementaire. Pendant ce temps, il a du mal à trouver les financements pour garder ses animaux en vie.

 

« C’est difficile d’aller dans la grange parce que je suis déprimé les deux ou trois jours suivants », a déclaré Wheeler à un public international de scientifiques, d’étudiants et de représentants de l’industrie alimentaire il y a quelques années. « C’est un coût économique mais aussi personnel. »

 

Depuis que Wheeler a développé son porc « mini-Holstein », la technologie et la recherche ont continué à progresser, en produisant des animaux avec des traits qui confèrent une résistance aux maladies sans médicaments vétérinaires, réduisent les impacts environnementaux de la production animale, profitent à la santé humaine et améliorent la santé et le bien-être animal.

 

Comme le Pacific Standard l’a récemment rapporté, Randall Prather, professeur de zootechnie à l’Université du Missouri et directeur du Centre National de Ressources et de Recherche sur le Porc, a mis au point un porc résistant au syndrome reproductif et respiratoire du porc (PRRS), une maladie grave qui entraîne des coûts élevés pour les producteurs en Amérique du Nord et en Europe – environ 6 millions de dollars par jour.

 

D'autres chercheurs travaillent à la sélection de porcs produisant moins de pollution par le phosphore, de porcs produisant plus de muscle et moins de gras, de porcs résistants à la peste porcine africaine, de bovins ne contractant et ne transmettant pas la maladie de la vache folle, de bovins résistants à la maladie du sommeil, de bovins tolérants à la chaleur et de volaille résistante à la grippe aviaire.

 

D'autres encore poursuivent des recherches dans l'intérêt de la santé humaine, par exemple des porcs capables de produire des organes destinés à la transplantation humaine, des chèvres produisant un lait contenant une enzyme pouvant prévenir la diarrhée mortelle chez plus d'un million d'enfants dans les pays en développement et des porcs produisant leurs propres acides gras oméga-3 bons pour le cœur.

 

Un certain nombre de projets sur le bien-être des animaux sont également en cours. La Dre Alison Van Eenennaam, spécialiste de la vulgarisation coopérative en génomique animale et biotechnologie à l'Université de Californie-Davis, a réussi à éteindre le gène qui produit des cornes, non désirées chez les vaches laitières Holstein, ce qui épargnerait ainsi aux vaches l'épreuve de l'écornage et protégerait les travailleurs agricoles du risque d'être encorné.

 

Si certains de ces animaux améliorés en sont encore au stade de la recherche, d’autres sont prêts pour l'utilisation depuis une décennie ou plus. Il est largement admis que le processus de réglementation est le principal obstacle. En réponse, le National Pork Producers Council a déjà commencé à faire pression pour que le Département Américain de l'Agriculture, qui réglemente les plantes génétiquement modifiées, ait également autorité sur les animaux issus de biotechnologies.

 

Une telle approche renforcerait probablement la commercialisation d’animaux modifiés par édition de gènes, l’USDA estimant que les plantes modifiées par édition de gènes devraient être réglementées de la même manière que celles qui sont créées par des méthodes traditionnelles.

 

Cependant, la FDA regroupe tous les outils biotechnologiques et soumet les animaux modifiés par édition de gènes au même processus réglementaire que celui utilisé pour approuver les médicaments vétérinaires. Van Eenennaam est farouchement opposée à cette réglementation et a lancé une pétition appelant les États-Unis à harmoniser leurs réglementations en matière d’édition de gènes.

 

Robbie Barbero, qui a dirigé les efforts de modernisation de la réglementation en matière de biotechnologies à la Maison Blanche sous Obama, est d’accord pour dire qu’il est temps de clarifier les choses, selon un article paru dans Wired. « En l’absence d’un système réglementaire rationnel et facile à comprendre, il sera presque impossible à aucun animal d'arriver sur le marché », a-t-il déclaré.

 

Et cela inquiète des chercheurs tels que James Murray et Jenny Graves, qui soutiennent que la biotechnologie animale est essentielle pour produire des aliments plus résilients au climat et ayant moins d'impacts sur l'environnement. En d’autres termes, c’est un outil qu’une planète qui se réchauffe, avec une population croissante, ne peut probablement pas se permettre d’ignorer.

 

______________

 

** Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/03/genetically-engineered-animals-face-daunting-regulatory-process/

 

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Marc07 22/04/2019 15:23

Bonjour, il faut des gens comme cela qui favorise le progrès ! Au 19 -ème siècle, le train était considéré comme ultra dangereux, au 20 ème siècle la voiture également. Et que dire de ces pseudos scientifiques qui sont contre la vaccination !
Stop aux Bobos parisiens et néo-ruraux qui sont bien contents de se faire livrer une pizza à 22 h. !

Raoul 21/04/2019 00:17

Nous n'avons aucun besoin de toutes ces chimères.
Dans le domaine du génie génétique l'utopie de ces pervers est un gigantesque danger pour l'humanité.