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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le CIRC, les « experts » et les avocats prédateurs : les Bâtards du Benzène (1)

30 Mars 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Risk-monger, #CIRC

Le CIRC, les « experts » et les avocats prédateurs : les Bâtards du Benzène (1)

 

Épisode 3/7 du SlimeGate : épisode 2/4 de l'arnaque des cherche-beurre – première partie

 

Risk-monger*

 

 

Notre ami le Risk-monger s'est lancé dans une série à tiroirs de longs articles qui m'ont plongé dans un abîme de perplexité s'agissant de la traduction des jeux de mots.

 

Voici l'un des derniers de la série, que je traduis en premier parce qu'il me semble essentiel : la corruption du CIRC et ses « liens » avec des avocats prédateurs états-uniens est une longue histoire... et en l'occurrence un long et passionnant article.

 

« SlimeGate » ne pose pas de réel problème. Le slime est une pâte gluante visqueuse, souvent colorée et très malléable. Cela décrit bien le processus de déliquescence dans lequel le CIRC est embarqué.

 

Pour « Tort-Tort », le Risk-monger a écrit qu'il s'agissait de « récidivistes de la recherche prêts à abandonner le processus scientifique approprié pour obtenir des paiements lucratifs et des jets privés ». Ils se font leur beurre en se mettant au service des avocats prédateurs en tant que consultants scientifiques pour leurs procédures et témoins experts. Allons pour « cherche-beurre »

 

Enfin, « Prédatort » désigne les « avocats prédateurs », les cabinets spécialisés dans la tort law, le droit de la responsabilité civile. Ils montent des affaires contre des défendeurs aux poches profondes en recrutant des plaignants qui ne paieront pas d'honoraires aux avocats mais toucheront (éventuellement, en cas de succès) une partie des dommages-intérêts. Ces avocats investissent donc dans une procédure, dans l'espoir de toucher le pactole à la suite soit de jugements, soit d'une transaction extrajudiciaire.

 

Cette pratique de rémunération au pourcentage des dommages-intérêts – illustrée au cinéma par Erin Brockovich – est interdite en France. Mais il se développe une pratique un peu similaire, illustrée par les « pisseurs involontaires de glyphosate » : des plaintes individuelles sont organisées et centralisées par une association qui s'assure le concours d'un avocat (et, grâce aux médias, une belle publicité qui favorise le recrutement de plaignants et une pression sur le processus judiciaire).

 

Erin Brockovitch relatait une affaire dans laquelle le défendeur était vraiment en tort. Mais la « litigation industry » – l'industrie du contentieux – crée maintenant son fond de commerce avec le concours de scientifiques prompts à devenir des cherche-beurre. Une étude suggère-t-elle qu'un médicament augmente le risque d'une maladie ? Les avocats prédateurs sont sur le coup et les cherche-beurre font la queue devant les cabinets. On peut en savoir plus sur cette association à profits mutuels en visitant le site de M. Nathan A. Schachtman (également conseillé aux amateurs de droit, de science et de statistiques).

 

Voici donc la première partie de l'épisode 3/7 du SlimeGate  : épisode 2/4 de l'arnaque des cherche-beurre.

 

 

(Source)

 

La deuxième partie du chapitre « l'arnaque des cherche-beurre » de « SlimeGate » n’est pas seulement une illustration de la violation délictuelle des procédures scientifiques à des fins d'enrichissement personnel, mais aussi une mise en accusation de la façon dont le CIRC a abandonné l’intégrité académique et contribue sciemment à la stratégie des avocats prédateurs. Un petit réseau de scientifiques prospérant en tant que consultants en contentieux semble contrôler le CIRC en fonction des opportunités de lancer des procès en responsabilité civile. Cet exposé sur le benzène fournira l’historique de ce qui est probablement arrivé aussi au glyphosate. Il révélera les points suivants :

 

  • Les scientifiques qui travaillent avec des cabinets d'avocats spécialisés en droit de la responsabilité civile, et faisant valoir l'effet néfaste sur la santé d'un produit ou d'une substance, contraignent le CIRC à produire des monographies dans le but d'accroître leurs opportunités de gains en tant que consultants en contentieux ;

 

  • Les responsables du CIRC en sont conscients et sont complices du processus ;

 

  • Des scientifiques déclarant ouvertement des avantages financiers découlant de leurs relations avec les cabinets d'avocats prédateurs sont toujours autorisés à servir en tant que membres de panels (groupes de travail) de monographies du CIRC ;

 

  • La liste des substances de la monographie 112 a été étendue au glyphosate sur la base d'une décision apparemment artificielle. Il ne fait guère de doute que le même processus de « persuasion » de la part des avocats prédateurs a été appliqué à la monographie du glyphosate et à celle(s) portant sur le benzène ;

 

  • Le CIRC a récemment mis à jour – discrètement – plusieurs publications liées aux monographies afin de masquer ou de modifier les informations sur les conflits d'intérêts des membres des groupes de travail correspondants ;

 

  • Cette agence de l’OMS accorde une préférence préjudiciable à son réseau de « Good Old Boys », de vieux copains (notamment au profit des membres du Collegium Ramazzini) et s’appuie sur eux pour littéralement attaquer toute personne qui interpelle le CIRC.

 

 

° o O o °

 

 

Le benzène est omniprésent dans la vie occidentale moderne. Lorsque vous remplissez le réservoir de votre voiture, vous respirez des vapeurs contenant des traces de benzène. On en trouve des émanations issues de la pétrochimie dans les plastiques, les caoutchoucs et les peintures d'usage courant. Le benzène est présent dans les savons, les produits pharmaceutiques, les cosmétiques, les vêtements et les meubles. Certains prétendent qu'il est détectable dans les cigarettes électroniques. Mais nous y sommes exposés à des doses si faibles (et de plus en plus faibles) que nos dispositifs de détection précis ont du mal à trouver des données d'exposition significatives.

 

Le benzène a été associé à diverses formes de cancer, mais à quelle dose et pour quelle durée d'exposition ? On estime qu’aux États-Unis, jusqu’à 238.000 personnes pourraient avoir contracté un cancer résultant d’une exposition professionnelle au benzène. En dehors d'une exposition professionnelle directe, la population n'est pas menacée par des contacts de bas niveau avec le benzène (et comparé à d'autres expositions quotidiennes à des agents cancérigènes courants, une telle peur du benzène est ridicule… de nombreux activistes y succombent donc).

 

Bien qu'il soit absurde de penser que la population devrait vraiment s'en inquiéter, il y a un groupe de scientifiques (principalement des statisticiens et des épidémiologistes) qui croient que tout niveau d'exposition au benzène, aussi petit soit-il, causera le cancer. Ils ont fait une belle carrière en prêtant leur crédibilité aux cabinets d'avocats prédateurs qui réclament des dommages et intérêts aux producteurs et aux utilisateurs de benzène. Ce sont les Bâtards du Benzène.

 

 

Comment utiliser une agence des Nations Unies à des fins de profits personnels

 

Le Centre International de Recherche sur le Cancer, le CIRC, a publié trois monographies déclarant le benzène comme cancérogène du groupe 1 (cancérogène certain). Cela peut sembler être une utilisation excessive des ressources de l'agence, à moins que l'on considère l'avantage que le CIRC procure aux plaideurs américains en matière de responsabilité civile. SlimeGate est une série d'articles (qui deviendront peut-être un livre) montrant comment ces avocats prédateurs ont besoin de nouveaux liens scientifiques entre produits ou substances et cancers, comment le CIRC est devenu le pivot de leur modèle économique et comment un groupe de scientifiques (cherche-beurre) du réseau du CIRC influencent le CIRC et les régulateurs pour le compte de ces cabinets d'avocats prédateurs.

 

Les monographies du CIRC sur le benzène ont servi de preuves pour des poursuites en responsabilité civile invoquant les effets du benzène sur la santé. [ma note : il y a quatre monographies qui traitent du benzène, ce qui est exceptionnel : 29 (groupe de travail en 1981, publication en 1982 – quelques substances chimiques industrielles et colorantes), 45 (groupe de travail en 1988, publication en 1989 – expositions professionnelles dans le raffinage du pétrole ; pétrole brut et principaux carburants pétroliers), 100F (groupe de travail en 2009, publication en 2012 – agents chimiques et risques professionnels) et 120 (groupe de travail en octobre 2017, publication en ligne en décembre 2018 – benzène).] Il est intéressant de noter que de nombreux cabinets d’avocats impliqués dans la course au butin sur le benzène se sont engagés dans cette course une fois que le pot de miel de l'amiante a été vidé. Le second rapport sur le benzène publié par le CIRC n’a toutefois pas permis de lier suffisamment la substance au lymphome non hodgkinien (LNH) et certains cherche-beurre ont estimé que les niveaux d’exposition dangereux étaient trop élevés. Alors que les cabinets d’avocats prédateurs alignaient un grand nombre de victimes du LNH qui pouvaient prétendre qu'il était lié à une exposition au benzène (qui n’a jamais inhalé de vapeurs émanant de produits contenant du benzène ?), il a fallu établir un lien. Solution : le CIRC devait revoir sa copie et produire une nouvelle monographie du benzène (pour le plus grand plaisir des avocats prédateurs) qui établirait un lien clair entre le benzène et le LNH.

 

Des scientifiques tels que Bernard Goldstein, Peter Infante et Martyn T. Smith se remplissent les poches en tant que consultants dans les litiges en matière de responsabilité civile liés au benzène depuis plus d'une décennie. Tous les trois ont participé au groupe de travail de 2009 du CIRC sur, en partie, le benzène (monographie 100F) et se sont tous plaints de la qualité des travaux du CIRC sur cette monographie. Infante a publié un article en 2010 exigeant que le CIRC révise sa monographie de 2009 sur le benzène (100F). Straif et d'autres membres du CIRC ont répondu qu'ils avaient confiance en la qualité de leur travail et qu'ils ne réexamineraient pas la recherche.

 

Il y avait en fait un quatrième cherche-beurre, Melvyn Kopstein, qui a aussi tenté de mettre du beurre dans les épinards et consolider sa pension personnelle en obligeant le CIRC à revenir sur ses positions et à rouvrir la monographie du CIRC sur le benzène afin d'ouvrir la voie à davantage de poursuites judiciaires ; mais Straif a rejeté l'idée de but en blanc en 2015. Kopstein, frustré, s'est adressé aux médias pour raconter son histoire (ignorant à quel point le fait qu'il soit un cherche-beurre animé par la cupidité déshonorait la profession scientifique). Les Bâtards du Benzène avaient beau être d’accord avec les arguments de Kopstein et sympathisaient avec lui, ils (et Straif) ne le laissèrent pas entrer dans leur bac à sable. Je suppose que si vous ne faites pas partie de leur cercle Ramazzini, vous ne pouviez pas être autorisés à « partager le gâteau ».

 

 

En 2015, Kurt Straif a été clair : le CIRC ne réexaminera pas le benzène !

 

 

Dans un message non signé, le CIRC a fermement réfuté les doutes suscités sur ses procédures dans l'article de Reuters sur le benzène. Il voulait en bref que tout le monde s'en aille.

 

 

Détourner les procédures du CIRC

 

Kopstein ne représentait pas l’industrie des avocats prédateurs et n’avait aucun lien avec le CIRC ; il a été facile de l'ignorer. Mais l'argument tenait toujours : une monographie du benzène plus stricte se traduirait par de meilleurs gains dans les procédures judiciaires. Les cabinets d’avocats ont laissé la tâche de créer un lien entre le LNH et le benzène aux trois Bâtards du Benzène (mais comme les victimes du cancer étaient recrutées en vue de procès, le temps était compté). Donc, un an plus tard, en 2016, la question a été soulevée à nouveau.

 

Cette section est fondée sur des documents récents obtenus en vertu des FOIA (Freedeom of Information Acts, dispositions sur le droit d'accès à l'information) qui ont révélé certaines des conversations des protagonistes du CIRC sur la troisième [ou quatrième] décision relative à la monographie du benzène.

 

Goldstein et Infante ont été chargés de faire pression sur le responsable du programme des monographies du CIRC, Kurt Straif, afin qu’il convoque un nouveau groupe d’experts du CIRC sur le benzène, en faisant valoir que cela était essentiel car, sans l'ensemble des preuves liant le benzène à un lymphome non hodgkinien (LNH), il serait « plus difficile pour les plaignants de poursuivre les industriels en justice ».

 

 

…tout cela pour faire les poches de l’industrie avec tous ces frais de conseil en contentieux, et rien d'autre !

 

 

Goldstein a-t-il eu l'impression que le rôle du CIRC est de produire des documents dans le but de multiplier les litiges « pour mettre l'industrie dans un mode préventif ». Traitez-moi d'idiot, mais j'avais toujours pensé que c'était à l'autorité de réglementation de décider, et non à un groupe de scientifiques liés à des cabinets d'avocats disposant et d'un réseau à Lyon. Dans tous les cas, le point était clair pour Kurt Straif. En tant que responsable du programme des monographies du CIRC, il devait faire appel à un autre groupe de travail sur le benzène pour que les poursuites judiciaires puissent se multiplier aux États-Unis. Bernie et Peter pouvaient en tirer profit car ils « extraient la justice » de l'industrie.

 

Le grossier courrier électronique de Goldstein se poursuit par une leçon à Straif sur les processus de réglementation et les philosophies de prévention :

 

 

Désolé, Bernie, retourne à l'école. L'identification de dangers est pratiquement inutile pour la prévention.

 

 

Je pourrais écrire un article expliquant simplement à quel point Goldstein se trompe en ce qui concerne les risques et les dangers, les processus réglementaires et la prévention (je garde cela pour un débat de la société d'analyse des risques (SRA)) ; mais pour le propos de cet article, il est clair que le motif pour une nouvelle monographie du benzène était d'aider les cabinets d'avocats prédateurs à poursuivre l'industrie à plus grande échelle. Ce message a été envoyé à Straif sur le ton de « faites-moi une faveur ».

 

Mais Kurt Straif n'était pas du tout disposé à cela. Il savait que le but d’une monographie du CIRC sur le benzène et le LNH était de faire plaisir à aux prédateurs. Straif a répondu, une fois de plus comme l'année précédente (mais plus poliment), qu'il n'y avait aucune intention de produire une monographie supplémentaire.

 

 

 

 

Et même si Kurt avait voulu aider ses camarades de Ramazzini à se nourrir dans l'auge, il ne ne l'aurait pas pu. Le responsable du programme des monographies doit respecter les procédures internes appropriées du CIRC. Le rapport du comité consultatif du CIRC de 2014 (présidé par le toujours neutre et impartial Chris Portier) n'avait pas recommandé de nouvelle monographie du benzène dans ses priorités pour les cinq années suivantes, le dossier étant clos. Sachant combien Straif a déclaré publiquement que le CIRC était meilleur que l'EFSA ou le BfR dans la mesure où il dispose de règles et de procédures, il aurait été très embarrassant pour Kurt de les violer pour aider des amis dans une situation économique difficile.

 

Comme le CIRC n’avait pas l’intention de produire une nouvelle monographie du benzène, le responsable du programme des monographies du CIRC, Kurt Straif, avait besoin d’un peu de « persuasion ». Goldstein et Infante produisirent un poster sur les liens entre le LNH et le benzène qu'ils présentèrent devant 2.000 scientifiques lors de la conférence du 50e anniversaire du CIRC en 2016 (Goldstein a même été si arrogant qu'il a dicté au CIRC le moment choisi pour sa présentation pour que cela cadre avec ses envies personnelles). Straif a été prévenu qu'ils allaient venir à Lyon pour faire pression pour une nouvelle monographie du benzène. Les procédures peuvent toujours changer lorsque les opportunités sont lucratives...

 

 

 

 

Aucun fonctionnaire scientifique intègre ne se laisserait manipuler par des cherche-beurre égoïstes, et mesquins en chasse pour des honoraires de consultance… ou peut-être pas. Peut-être que l'on pouvait persuader Kurt en personne !

 

Cinq mois plus tard, en novembre 2016, le CIRC annonçait une réunion de monographie sur le benzène… à nouveau. Ka-ching ! Bingo !

 

 

 

 

La troisième monographie du benzène a été publiée en décembre dernier [2018] et elle établissait les liens avec le LNH nécessaires pour plaire aux avocats prédateurs et faire avancer leurs nombreuses poursuites judiciaires en matière de benzène/LNH. Mission accomplie.

 

C’est peut-être pour cette raison que Kurt Straif n’est plus à la tête du programme des monographies du CIRC depuis… décembre dernier. La seule chose qui déplaise à cette nouvelle est que Kate Guyton, la seule personne au CIRC qui soit encore plus cavalière en matière de procédures et de conduite morale que Straif, dirige maintenant le programme des monographies. Curieusement, le groupe des monographies étant composé exclusivement de femmes, qu'est-ce que cela signifie maintenant pour le réseau des «vieux copains» ? S'agit-il simplement d'un affichage symbolique de vertu ou Elisabete [Weiderpass] a-t-elle quelque chose en tête ?

 

 

Pourquoi Kurt devait partir

 

Le responsable du programme des monographies du CIRC a cédé à la pression des Bâtards du Benzène et, agissant en dehors du protocole habituel de l'agence, il s'est empressé de publier une nouvelle monographie sans objet autre que d'aider ses amis à identifier encore davantage d'opportunités de poursuites lucratives et de leur permettre d'apporter leur expertise. Il s’agit là d’un avantage certain pour les scientifiques du réseau du CIRC qui arrondissent leurs retraites en tant que cherche-beurre.

 

Mais ce n'est là que le premier scandale.

 

Le processus des monographie du CIRC consiste à fournir des études fondées sur les recommandations en matière de priorités du comité consultatif externe (celui dont Kurt a confié la présidence à son ami Chris Portier). En 2015, aucune autre monographie du benzène n'avait été recommandée (je suppose que Portier était en train de se renseigner sur les types de revenus qu'un cherche-beurre pourrait générer). Portier lui-même co-présidait le groupe de travail sur la monographie 100F du CIRC (sur le benzène). Par conséquent, si une nouvelle monographie était nécessaire, il l'aurait certainement pris en compte lors de la rédaction du rapport sur les priorités.

 

J’ai contacté Kurt Straif au début de l’automne pour obtenir sa réponse concernant l’oubli de procédure concernant la production d’une troisième monographie, mais il a répondu à mes messages par le silence. Je suppose que je ressemble à Voldemort (celui dont le nom ne peut pas être prononcé) à ces fonctionnaires ridiculement impuissants qui estiment ne pas avoir à répondre à qui que ce soit. Straif savait ce qui se passait avec la course au butin des cherche-beurre et y participait. L'hypocrisie est ici totale et scandaleuse.

 

Pire encore, pour le glyphosate, Straif a utilisé sa position pour attaquer d'autres agences (qui avaient correctement évalué les risques), indiquant même qu'il était inquiétant de voir que ces agences étaient influencées par des sociétés telles que Monsanto, tout en alimentant la bête immonde des avocats prédateurs avec des mensonges et de la mauvaise science. Bon débarras !

 

Mais juste au moment où vous pensez que le CIRC ne pourrait pas sombrer plus profondément dans la honte, quelque chose d'autre apparaît pour que même le plus optimiste Risk-monger hoche la tête.

 

 

Un cherche-beurre a un conflit d'intérêts

 

Si vous êtes payé 500 dollars de l’heure pour préparer et présenter des dépositions et témoigner devant un tribunal, en tant que témoin expert pour les plaignants poursuivant des organisations pour des cancers qu’ils auraient contractés suite à une exposition à certaines substances, et que vous présentez ensuite votre candidature pour siéger dans un groupe de travail du CIRC, produire une monographie reliant cette substance aux cancers pour lesquels vous êtes payés, il semble évident que vous êtes en situation de conflit d'intérêts. Il y a bien souvent des millions de dollars en jeu, et il faut que « les choses aillent comme on veut ».

 

Martyn T. Smith (qui tiendra également un rôle important dans la troisième partie de ce chapitre) en est un bon exemple. Au moment de la deuxième monographie du benzène du CIRC, en 2009, Martyn avait de lucratives activités annexes. Voir ci-dessous une liste des dépositions (la plupart liées au benzène) tirée de son CV de cette période et demandez-vous s'il avait le temps de faire autre chose. Les dépositions impliquent généralement la fourniture de documents de recherche et d'informations de base (beaucoup plus s'il y a une audience Daubert [une procédure par laquelle le juge décide, en dehors de la présence du jury, de l'admissibilité de témoignages et de preuves d'experts ou de scientifiques et de preuves techniques]) et peuvent prendre des mois. Le CV de Smith ne mentionnant que deux cours de toxicologie, Berkeley n’a peut-être pas eu trop besoin de lui à l’époque.

 

 

Au moins un million de dollars d'honoraires pour des dépositions sur le seul benzène (Source : CV de Smith)

 

 

Compte tenu de cet investissement personnel dans les litiges, Martyn T. Smith ferait encore mieux si le CIRC renforçait son évaluation du cancer du benzène.

 

Il est tout à fait possible que de nombreux cherche-beurre aient une « prédisposition pour la vertu ». Certains pensent qu'ils servent l'humanité en aidant les victimes à obtenir réparation. Il y a un fort parti pris anti-industrie dans la communauté de l'épidémiologie, donc je peux supposer que de nombreux cherche-beurre ont trouvé la foi et se considèrent comme des « anges » rendant la justice. Qu'ils en tirent grand profit, n'est que « de l'aumône généreuse pour les croisés ».

 

Voici un exemple de feuille de temps pour la préparation et la rédaction d'un rapport d'expertise unique (remise par Chris Portier à Weitz & Luxenberg pour sa déposition sur le glyphosate).

 

 

 

 

Multipliez ce montant par 16 et vous pourrez avoir une idée des chiffres de base pour Smith ; et c'est avant même que le cherche-beurre se présente devant un tribunal pour y déposer. Une prédisposition pour la vertu ? Désolé, Martyn, je regarde ces chiffres et je vois les choses différemment.

 

Du PDF original de Lancet Oncology

 

Smith et Bernie Goldstein ont eu l'audace de participer au deuxième groupe de travail du CIRC en 2009, alors même qu'ils servaient en tant que consultants des cabinets d'avocats poursuivant des fabricants de benzène (au moins Infante a reconnu le conflit et n'a assisté qu'en tant qu'observateur). Plus audacieuse encore est la façon dont Smith a admis avoir pris de l’argent à la fois de la défense et des plaignants dans le cadre de poursuites concernant le benzène.

 

Comment ces cherche-beurre n'ont-ils pas pu reconnaître que le fait de recevoir des centaines de milliers de dollars par cas pour déposer et attester que le benzène est un cancérogène, est considéré comme un conflit d'intérêts quand il s'agit de déterminer si la substance est effectivement un cancérogène ? Pire encore, comment le CIRC a-t-il pu non seulement accepter ces deux personnes dans son groupe de travail, en pleine connaissance de cause, mais encore l'annoncer fièrement (voir la publication dans Lancet Oncology) ?

 

En soi, ce mépris flagrant pour les règles régissant les conflit d’intérêts qui a présidé à l’engagement de Goldstein et de Smith montre à quel point le programme des monographies du CIRC et ses responsables peuvent être aussi déraisonnables que cavaliers en ce qui concerne les règles, la méthodologie et les principes éthiques en faveur de certains de leurs « bons vieux copains ». Gardez à l'esprit que ce conflit d'intérêts n'est rien comparé au caractère moralement répugnant de l'obligation faite au CIRC de tenir une réunion d'une semaine pour produire une monographie et améliorer leurs chances de décrocher des contrats de consultance auprès des cabinets d'avocats auxquels ils sont liés.

 

Mais vous n'avez pas encore tout vu !

 

Et pour ménager le suspense (et la vue du traducteur), c'est à suivre

 

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David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur Twitter et la page Facebook de Risk-monger.

 

Source : https://risk-monger.com/2019/02/26/slimegate-3-7-pt2-the-benzene-bastards/

 

 

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