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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dans le Figaro : « "Avoir un enfant nuit à la planète" : quand l'écologie déraille » de M. Jean de Kervasdoué

14 Octobre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #critique de l'information

Dans le Figaro : « "Avoir un enfant nuit à la planète" : quand l'écologie déraille » de M. Jean de Kervasdoué

 

Glané sur la toile 274

 

 

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait à peine sorti son dernier rapport – évidemment super-alarmiste et « sans appel » – que l'Agence France Presse (AFP) a publié sur Twitter une infographie intitulée « Réduire son empreinte carbone » réalisée par ses services.

 

 

 

 

L'AFP était-elle dans son rôle ? Cela se discute... Confrontée à une avalanche de critiques, elle a dû s'expliquer – enfin théoriquement :

 

« "Nous ne faisons que relayer le résultat d'une étude publiée dans une revue scientifique de référence", explique au HuffPost Grégoire Lemarchand, rédacteur en chef adjoint de l'AFP en charge des réseaux sociaux. […] "Je regrette que l'on nous accuse de faire la promotion du malthusianisme. Il y a une source, l'AFP ne dit rien, nous relayons simplement", précise Grégoire Lemarchand. »

 

Pitoyable ! Tout aussi pitoyable est la dévotion – cette fois-ci du HuffPost – aux revues scientifiques bien cotées et à la revue par les pairs (le dernier scandale, pourtant tout récent, c'est même dans le Huff, n'a pas ouvert les yeux...) :

 

« En effet, ce graphique reprend exactement les résultats d'un article publié en 2017 dans Environmental Research Letters, une revue avec comité de lecture, ce qui veut dire que le contenu a été validé par d'autres scientifiques. Ce sont les mêmes résultats, sans aucune modification, qu'a repris l'agence de presse. »

 

Il y a tout de même le commencement d'un début de repli :

 

« "On a jugé que c'était une publication sérieuse. Qu'elle fasse réagir, ça ne me pose pas de soucis. On peut admettre qu'il aurait peut-être fallu mieux expliquer, mieux contextualiser l'étude", concède Grégoire Lemarchand. »

 

Quant à l'« étude », c'est : « The climate mitigation gap: education and government recommendations miss the most effective individual actions » (le fossé en matière d'atténuation des changements climatiques : l'éducation et les recommandations des gouvernements passent à côté des actions individuelles les plus efficaces) de Seth Wynes et Kimberly A. Nicholas, publié en juillet 2017 dans Environmental Research Letters.

 

Juillet 2017 ? Ce n'est plus de l'information au sens qu'a ce mot pour une agence de presse... Et ; du reste, il n'y a pas eu de dépêche, mais un gazouillis.

 

Lorsque vous allez sur la page de départ de la revue scientifique, vous trouverez ceci : « A perspective for this article has been published in 2017 Environ. Res. Lett. 12 091001 ». Par « perspective », il faut entendre une critique. On reste entre gens de bonne compagnie, mais les auteurs de cette « perspective » écrivent :

 

« Ces estimations soulèvent des questions qui méritent une analyse sérieuse, mais elles reposent uniquement sur le potentiel technique des actions et ne tiennent pas compte de la plasticité des comportements et de la faisabilité de politiques pour les soutenir. »

 

 

 

L'auteur du gazouillis de l'AFP a évidemment omis de consulter toute la littérature... cela aurait pu casser la baraque ! S'est-il du reste interrogé sur le sérieux de l'étude ? Sérieux au sens de l'adéquation avec les réalités de la vie... voire plus : existence d'un travail vraiment scientifique et non de « science » militante. On peut en douter. Car voici la fin du résumé :

 

« Bien que les adolescents sur le point d’établir des schémas pour la vie constituent un groupe cible important pour la promotion d’actions à impact élevé, nous constatons que dix manuels de science du secondaire du Canada omettent généralement de mentionner ces actions (elles représentent 4 % des actions recommandées), et se concentrent au lieu de cela sur les changements marginaux avec des réductions d'émissions potentielles beaucoup plus faibles. Les ressources gouvernementales sur le changement climatique de l'UE, des États-Unis, du Canada et de l'Australie se concentrent également sur les recommandations relatives aux actions à faible impact. Nous concluons qu’il existe des possibilités d’améliorer les structures existantes en matière d’éducation et de communication afin de promouvoir les stratégies de réduction des émissions les plus efficaces et de combler ce déficit d’atténuation. »

 

En une phrase : les auteurs regrettent qu'on n'en fait pas assez pour recommander le « avoir un enfant en moins » (quelque 25 fois plus « efficace » qu'abandonner sa voiture à essence, et 40 fois plus que cette vaste blague qui consiste à « acheter de l'énergie verte », comme s'il y avait des lignes électriques dédiées) ... qu'on ne promeut pas assez le malthusianisme... Hep, M. Grégoire Lemarchand...

 

Parmi les critiques, il y a « "Avoir un enfant nuit à la planète" : quand l'écologie déraille » de M. Jean de Kervasdoué, publié par le Figaro le 10 octobre 2018.

 

En voici un long paragraphe :

 

« La publicité donnée par l'AFP à une lettre de Wynes et Kimberly qui, nous le verrons, ne le méritait pas, n'arrive pas par hasard. En effet, pourquoi ressortir en ce début octobre cette infographie de juillet 2017, plus d'un an donc après sa publication? Probablement parce que le rapport du GIEC et sa nouvelle alerte au réchauffement climatique vient de paraître. Or, dans la tradition des philosophes de l'écologie politique, à commencer par Hans Jonas, il faut faire peur et l'un des vecteurs favoris de cette peur demeure le malthusianisme. Mais comme les prévisions malthusiennes plus anciennes, notamment celles du Club de Rome publiées an 1972, n'ont pas été vérifiées, il faut chercher de nouveaux thèmes pour rendre la population sensible à la gravité de la situation, à la peur en général et la peur de l'autre en particulier. Le réchauffement climatique devient la voie privilégiée. En effet, les angles d'attaque de la santé, de la pauvreté et de la faim dans le monde se sont émoussés car ils sont sans fondement: l'espérance de vie s'est partout accrue, la pauvreté a reculé et avec elle la faim dans le monde or, durant cette période, la population mondiale a doublé! Le réchauffement climatique devient donc la voie privilégiée pour susciter l'effroi et est une aubaine pour les journalistes militants, ce qui malheureusement n'est pas un oxymore. Ils reprennent en rengaine, avec foi, des articles de prétendus scientifiques tout aussi militants. Puis, ces «informations» sont diffusées par d'autres journalistes qui n'ont pas vérifié les sources or, ainsi, ils légitiment de prétendus faits, alors qu'ils ne sont que des slogans idéologiques, d'autant plus dangereux qu'ils apparaissent sous la forme de vérités scientifiques. »

 

La question des dérapages médiatiques est posée (une fois de plus). À gazouillis largement repris et commenté combien de reprises de la critique de M. Jean de Kervasdoué ? Nous n'en avons trouvé qu'une : Yahoo ! Actualités.

 

 

Une recommandation à laquelle les auteurs de l'"article scientifique" n'ont pas pensé...

 

 

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jean 15/10/2018 13:31

je voulais écrire "caves" .il manque le ve excusez moi

jean 14/10/2018 15:27

Les progrès de la médecine , la baisse de la mortalité infantile,l'amélioration des conditions de vie a partout participé au bout d'une génération a la dispariton des natalités galopantes et a une croissance des populations plus responsables.Mettre au même niveau un enfant en moins et un voyage transatlantique est chocant.l'effort pour diminuer l'aviation est suspectement limité.Pourquoi ne demande t on pas a l'aviation de réduire de 20% sa Consommation de Kéroséne par rapport a 1990? avec plus de 10% de croissance continue depuis 1990 la consommation de Kéroséne a plus qu'été multiplié par 10 .Une croissance annuelle actuele de 10% c'est PLUS que le Kéroséne de 1990.l'AVIATION n'est pas une nécessité vitale,elle dérégle le ciel car ses émissions en plus d'être importantes ont lieu à 11 000 m d'altitude.Je suis simplement paysan mais le nombres d'avions que l'on voit au même moment dans le ciel comparé a ce que je voyais dans les années 1975 c'est au delà de 20 fois Plus .mais green peace,wwf collecte des fonds dans les aéoports et vont mettre en avant qu'il faut s'attaquer aux circulations terrestres.On se croit revenu au temps de Louis XVI avec 2 classes privillégiées qui demandent des efforts au tiers état.

Seppi 15/10/2018 19:37

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je pense que le commentaire précédent visait surtout à faire la comparaison entre l'hystérie qui frappe l'automobile et l'indifférence à propos de l'aviation.

Seppi 15/10/2018 19:35

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Où est le problème de la natalité "galopante" ? Outre l'absence d'éducation et dans certains cas des facteurs culturels, c'est la nécessité perçue par les parents de faire suffisamment d'enfants dans l'espoir qu'au moins un leur assurera les vieux jours.

On veut réduire les émissions de CO2 ? Il y a des mesures efficaces comme l'isolation des maisons, la cogénération, les pompes à chaleur (alimentées par l'électricité d'origine hydraulique ou nucléaire...

jean 15/10/2018 13:28

A l'école primaire,a la campagne nous apprenions que le gaz carbonique était plus lourd que l'Air.Il y a eu certainement beaucoups de morts du a des accumulations de gaz carbonique suite a des fermentations dans des cas où autres lieux en contre bas.En physique CO2= 44 et on me faisait faire densité par rapport à l'Air en divisant par 29.La densité du gaz carbonique est d'environ 1,5 fois celle de l'Air.Comment peux t on nous faire croire que le CO2 émis à même le sol où à 40 cm de hauteur joue le même effet de serre que celui émis en haute altitude?
fin 2001 suite aux peurs du aux événements du 11 septembre la forte réduction des transports aériens avait contribué a une forte diminution des trous d'Ozones.
Cet été je ne peux pas m'expliquer les faibles pousses de luzernes rien que par la température et le manque d'eau ! le Soleil brûle plus aussi

Murps 14/10/2018 17:54

L'aviation à 11 000 mètres d'altitude "dérègle le ciel" ?

C'est une affirmation gratuite, un ressenti, ou vous avez des preuves ?


Et puis "dérégler" dans quel sens ? il serait réglé d'une certaine manière et vous verriez des différences de réglage entre le ciel avec les avions et le ciel sans avions ?

Le ressenti, c'est indispensable quand on travaille dans les arts du spectacle ou dans la politique, mais en sciences, il vaut mieux s'en méfier…

A moins bien entendu que vous ayez des informations factuelles à fournir sur ce point….

un physicien 14/10/2018 12:38

Les revues supposées sérieuses publient beaucoup de mauvais articles ( et peuvent refuser les vraies avancées ). Le peer-review n'est qu'un très médiocre filtre.
L'AFP ne fait que relayer, mais choisit soigneusement ce qu'elle relaie, ou pas.
Il est parfaitement légitime de s'interroger sur comment faire pour nourrir tout le monde en réduisant les gaz à effet de serre et préservant la biodiversité. Une telle réflexion ne peut être que mondiale. Et il est fort probable qu'elle aboutirait à généraliser une agriculture intelligente, très productive parce qu'utilisant de façon raisonnée toutes les techniques disponibles.
Donc on remplace la réflexion par une nouvelle religion de la " Nature " ...

Seppi 15/10/2018 19:23

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Entièrement d'accord.

Murps 14/10/2018 12:04

Relier hausse de la démographie et variation climatique est gratuit et tient de la conviction personnelle et pas de la preuve scientifique.
Ensuite le problème de la démographie n'est pas "majeur". Chaque pays à son problème : en Allemagne c'est la dénatalité qui pose problème et pas le contraire.
Ce qui permet de constater que la natalité baisse dans s pays industrialisés, c'est une tendance lourde et naturelle propre à tous les pays dés qu'ils s'enrichissent.

La démographie galopante et les forts flux migratoires du sud vers le nord qu'on observe actuellement sont dus uniquement à l'instabilité politique et économique des pays concernés. Pas le climat.

Etes-vous si certain que l'Afrique serait incapable de nourrir ses enfants avec des techniques modernes comprenant l'irrigation, la mécanisation, les ogm, les herbicides, les engrais et les pesticides ? vous êtes agronomes autant que médecin et cous connaissez toute l'Afrique?


Finalement, le propos de l'AFP est excessif à la fois sur la forme et sur le fond. On a affaire à des militants idéologues et sectaires qui utilisent la peur et la culpabilisation pour vendre leurs salades malthusiennes.

En vérité, ces affirmations amenées par des calculs fantaisistes de bilan carbone sont à vomir. En plus elles représentent un vrai danger pour nos libertés et notre avenir.

Seppi 15/10/2018 19:22

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je partage une grande partie de vos opinions et questionnements.

Une chose est sûre : l'agriculture ne se développera pas pas tant qu'il n'y aura pas " l'irrigation, la mécanisation, les ogm, les herbicides, les engrais et les pesticides" -- sachant qu'il faut remplacer "OGM" par amélioration des plantes, toutes techniques mises en œuvre en fonction de leurs potentialités.

Quant à votre conclusion, on peut lire dans le Monde, sous la plume de M.Stéphane Foucart:

"Les démocraties de marché ne sont pas adaptées aux transitions radicales"

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/13/climat-il-est-parfaitement-illusoire-de-demeurer-sous-le-seuil-des-1-5-c_5368893_3232.html

Quelles conclusions en tirer ?

JL Rey 14/10/2018 10:51

le propos est sans doute excessif dans sa forme
mais le problème de la démographie est majeur
l'Afrique en particulier (que je connais bien) ne pourra pas nourrir beaucoup plus de sujets
toute la zone de savanes est déjà désertifiée à cause des cultures, la faune y est décimée et cela s'étend aux régions forestières
il est indubitable que la démographie non contrôlée est un facteur des dérèglement climatique

JLR médecin de santé publique

Seppi 15/10/2018 19:12

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, il y a un problème de démographie, particulièrement en Afrique. Mais il n'est pas résolu par le "avoir un enfant en moins" dans les pays développés, dont certains ne renouvellent pas leur population.

Quant aux problèmes agricoles en Afrique, la question est plus complexe.