Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Osmobio, le successeur du glyphosate serait là... vraiment ?

2 Décembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #critique de l'information

Osmobio, le successeur du glyphosate serait là... vraiment ?

 


 

Le Télégramme

 

Les médias bruissent d'une excellente nouvelle : il y a une alternative au glyphosate, « naturelle », et en plus française... et en plus bretonne.

 

Sans recul, sans esprit critique, comme d'hab'... Le produit peine à obtenir son autorisation de mise en marché : inadaptation des règles, voire conspiration...

 

La réponse est plus simple : « chimique » ou « naturel », le produit candidat à une AMM doit répondre aux exigences de l'ANSES en matière de procédure et de preuves relatives aux risques pour la santé et l'environnement.

 

Un brevet a été déposé. Il « nous » apprend beaucoup sur le produit en cause, « nous » étant ceux qui sont suffisamment curieux... ce qui exclut les médias. Le produit était conçu a priori pour un usage limité aux zones non agricoles. Il se compose d'un mélange de substances a priori naturelles. Son efficacité est variable.

 

L'ANSES a répondu de manière détaillée à différentes allégations. Conclusion : les médias et les réseaux sociaux ont une fois de plus diffusé de fausses nouvelles.

 

L'INERIS s'est aussi exprimé. En bref : j'ai dit, mais en fait je n'ai rien dit...

 

Enfin nous avons trouvé un étonnant communiqué de la Préfecture de la Région Bretagne, qui s'est faite agence de publicité.


 

 

Dans le grand charivari anti-glyphosate, on peut entendre une petite musique de flûte : l'entreprise Osmobio titre ainsi : « Osmobio, une alternative au glyphosate », avec une série de liens.

 

 

Les médias, hélas...

 

Nous ne ferons pas l'exégèse de l'écho – favorable et bien sûr sans recul ni esprit critique – reçu par le concepteur du produit, M. Jacques Le Verger. En résumé, cependant, l'alternative existe(rait) ; elle est à base de « bio actifs naturels [qui] proviennent de plantes qui, combinées ensemble permettent d’éliminer d’autres plantes non désirées, comme le chardon » (Ouest France) ; c'est « naturel », donc (!) – au moins pour certains médias qui ne doivent pas connaître les vertus de l'amanite phalloïde ou encore des haricots crus – sans danger ; d'ailleurs cela a été prouvé par l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) ; mais le produit peine à passer la rampe de l'ANSES, sauter l'obstacle de l'autorisation de mise en marché, les exigences étant inadaptées, trop exigeantes, pour des produits naturels.


 

 

Non, il n'y a pas d'obstruction, ni de complot

 

À moins qu'il n'y ait des blocages suspects...

 

 

En fait, comme rapporté par exemple par Wikiagri, l'ANSES a rejeté le dossier, déposé il y a deux ans, parce qu'il a été jugé incomplet :

 

« Même si des simplifications ont été apportées aux dossiers pour les préparations naturelles, "il n’y a pas de reconnaissance pour les produits de biocontrôle", déplore Jacques Le Verger. Issu d’actifs végétaux, son désherbant contient beaucoup de molécules différentes. "L’Anses demande beaucoup d’études plus adaptées à une seule molécule chimique qu’à un complexe de molécules végétales. Mon produit ne rentre dans aucune de leur classification. Un désherbant avec une seule molécule chimique, si !" »

 

 

Produits « chimiques » et produits « naturels » : mêmes risques et mêmes exigences de sécurité sanitaire et environnementale

 

C'est là un discours souvent entendu qui illustre l'élasticité des conceptions sur la sécurité sanitaire et environnementale. Rien ne saurait être trop complet pour démontrer l'innocuité d'une molécule « chimique » (de synthèse) – sachant incidemment que l'innocuité est aussi indémontrable que l'inexistence des anges ; mais tout cela serait trop encombrant pour les produits « naturels »... L'« effet cocktail » est opposable à toute molécule « chimique », mais pas aux substances et préparations « naturelles »...

 

C'est une remarque incidente. On ne saurait reprocher à M. Le Verger d'utiliser les arguments qui « percutent » – et qui ont du reste mené à une relaxation des règles applicables.

 

À propos, Alerte-Environnement nous informe que l'Union européenne vient de refuser l’approbation de l’achillée millefeuille comme substance de base en protection phytosanitaire bio, demandée par l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB). Motif (fondé sur un rapport technique de l'EFSA et une consultation des États membres) :

 

« Le rapport technique de l'Autorité a mis en évidence certains aspects préoccupants, qui concernent l'exposition aux composants alpha- et bêta-thuyone, camphre et 1,8-cinéole contenus dans l'infusion, notamment dans le cadre d'une utilisation en tant que pesticide. Des aspects préoccupants ont également été mis en évidence concernant les éventuels effets négatifs sur les femmes enceintes et sur les caractéristiques du sperme, ainsi que sur le potentiel de perturbation du système endocrinien. En conséquence, l'évaluation des risques pour les opérateurs, les travailleurs, les personnes présentes, les consommateurs et les organismes non ciblés n'a pas pu être menée à terme. »

 

Revenons à notre alternative au glyphosate. Que penser de cet extrait d'Ouest France ?

 

« Jacques Le Verger met un point d’honneur à ne pas utiliser de produits chimiques "qui détruisent la biodiversité, et sont toxiques pour la santé humaine". Il assure que les alternatives "sont là, dans la nature pendant que des personnes ont d’énormes problèmes de santé parce qu’en contact avec le glyphosate". »

 

Son herbicide ne détruit-il pas – par définition et construction – la biodiversité ? Son produit ne contient-il pas des « produits chimiques », certes d'origine en principe naturelle ? Son produit est-il vraiment non toxique ?

 

Quant aux « énormes problèmes de santé » liés au glyphosate, nous serons moins charitable. Mais c'est là une manifestation de l'indigence intellectuelle et éthique du discours si répandu qui promeut le bio (et le « naturel ») par le dénigrement du conventionnel (et du « chimique »).

 

 

Une demande de brevet a été déposée

 

Les brevets, sources d'informations techniques

 

M. Le Verger a déposé une demande de brevet internationale dans le cadre du PCT (traité de coopération en matière de brevets) le 20 février 2013 sur la base de la revendication d'une priorité du 23 février 2012. Cela permet d'en savoir un peu plus ; car les brevets servent aussi à ça : l'information technique.

 

Notons que les médias qui ont évoqué ce brevet, comme France 3 Régions – et par ricochet tous les autres qui ont communiqué par la suite sur le sujet – auraient pu chercher et vérifier si les affirmations – celles de M. Le Verger et les leurs – résistaient à l'épreuve des faits.

 

 

Un produit a priori destiné à un usage limité

 

Le titre du brevet est : « Désherbant total des zones non agricoles ». Il n'a aucune valeur juridique mais signale l'idée que se faisait l'inventeur de la portée de son invention lors du dépôt de la demande. Pour une alternative au glyphosate, c'est plutôt mal parti.

 

 

Un mélange de substances a priori « naturelles »

 

Les brevets comportent deux parties importantes : la description et les revendications.

 

La description doit exposer l'invention « de façon suffisamment claire et complète pour qu'un homme du métier puisse l'exécuter ». Dans la pratique, le rédacteur en dira suffisamment pour répondre à cette exigence et tenter de convaincre l'examinateur qu'il s'agit bien d'une invention, mais laissera quelques zones d'ombre, histoire de ne pas trop faciliter le travail à la concurrence. Les revendications sont la description formelle du domaine de la technique dont l'inventeur entend se réserver l'exclusivité (on dit « monopole » quand il s'agit d'une multinationale) selon les conditions fixées par la loi.

 

La revendication 1 a la teneur suivante :

 

« 1 . Composition herbicide pour un désherbage total des zones non agricoles, contenant une infusion aqueuse de plante de henné naturel dans une teneur de 14 à 18% exprimée en pourcentage massique par rapport au poids total de la composition, au moins un tensio-actif non ionique, et comprenant en outre les ingrédients suivants :

  • au moins un oxyde terpénique 40 à 50% au moins un monoterpénol 5 à 9% au moins un monoterpène 4 à 8% ; et

  • tel que la masse de henné naturel solide utilisé pour l'infusion représente au moins 2%. »

 

La revendication 4 lève le voile sur la source des oxydes terpéniques :

 

« 4. Composition selon l'une des revendications qui précèdent, caractérisée en ce qu'elle est préparée, en plus de l'infusion de henné naturel, à partir d'huile essentielle d'eucalyptus radiée, d'huile essentielle d'eucalyptus globulus, et d'huile essentielle de saro. »

 

Selon les revendications suivantes, on peut ajouter de 10 à 30 % d'acide salicylique, un tensioactif non ionique sélectionné parmi les esters de sucres, un agent de texture émulsifiant, de préférence la gomme arabique.

 

La description précise :

 

« L'infusion de henné naturel est obtenue à partir de henné solide que l'on fait infuser pendant au moins 5 minutes : 200 g de solide pour 2 L d'eau potable portée à 70 - 80°C (le volume de l'infusion obtenu est de environ 1,25 L). »

 

 

Une efficacité a priori variable

 

Des données expérimentales sont aussi fournies. Selon l'exemple fourni, la composition est diluée à 20 %. Selon les ingrédients, le taux de destruction des mauvaises herbes a varié de 20 % à 100 %.

 

On peut donc se poser des questions sur l'efficacité. Mais il faut savoir que les règles du droit des brevets font que l'inventeur est très fortement incité à courir chez l'agent de brevet, puis l'office des brevets, dès que son invention est à un stade suffisamment avancé (en raison du principe de la priorité au premier déposant). Il est possible que le système ait été développé entre-temps pour produire de bons résultats avec des mixtures plus simples.

 

On peut néanmoins juger si nous tenons réellement le successeur du glyphosate comme le laissent entendre certains médias. Il manque quelques éléments, notamment la surface traitée avec un litre de bouillie, mais on doit pouvoir se faire une idée avec le cas de l'acide pélargonique et de l'acide acétique.

 

Il y a bien sûr d'autres questions comme la toxicité et l'écotoxicité en cas d'utilisation à grande échelle, la rémanence, l'efficacité réelle, la durabilité de la bouillie, l'approvisionnement en matières premières et le prix, etc.

 

Pour le glyphosate, on a des réponses à toutes ces questions...

 

Et il y en a une qui est sans appel : aucune méthode (hormis l'huile de coude) ni aucun produit de substitution ne sera aussi économique que le glyphosate, tombé dans le domaine public en 2000 et dont les coûts de recherche-développement sont amortis depuis belle lurette.

 

 

L'ANSES réagit avec fermeté

 

L'ANSES vient de publier une note aux rédactions pour répondre, de manière détaillée aux mises en cause. C'est plutôt dévastateur. En résumé : les déboires du concepteur du désherbant ne sont pas du tout ceux qui ont été diffusés par les médias. Encore des fake news...

 

On apprend aussi que la demande d’autorisation de mise sur le marché a porté sur « un produit phytopharmaceutique à fonction herbicide dénommé NETTOYANT ALLEES DALLAGES, à base d’actifs d’origine naturelle ». Successeur du glyphosate ?

 

Mais retenons cet avertissement aux gogos béats :

 

« Les produits dits « de biocontrôle » sont soumis aux mêmes exigences d’évaluation des risques pour l’utilisateur et l’environnement que les produits phytopharmaceutiques contenant des substances obtenues chimiquement, car le fait d’utiliser des substances d’origine naturelle n’apporte pas de garantie d’absence de risque. Les produits d’origine naturelle peuvent en effet présenter des toxicités élevées et un risque pour la santé et pour l’environnement. »

 

Les médias si prompts à dégainer n'ont pas réagi, à l'exception, à notre connaissance, de la France Agricole avec un titre neutre, « Un herbicide naturel en quête d’homologation ». Moyennant quoi les accusations à l'encontre de l'ANSES continueront à alimenter les fonds de commerce de la désinformation.

 

Science et Avenir – avec AFP – aborde aussi le sujet, mais dans un cadre plus vaste, « Alternatives écologiques et économiques au glyphosate : le nouveau défi ». Mais l'URL est plus spécifique, suggérant que l'information a été noyée dans le flot.

 

 

L'INERIS se protège les fesses

 

L'INERIS a aussi produit une page le 28 décembre 2017, « Les études de l’Ineris pour Osmobio ». Texte principal :

 

« Les analyses que l’Ineris a pu réaliser sur l’échantillon de désherbant naturel fourni par la Société Osmobio comme alternative au glyphosate ne conduiraient pas, pour les essais effectués, à classer le produit dangereux pour la santé humaine ou pour l’environnement. Ces seuls tests ne préjugent cependant pas de l’impact du produit pour la santé et pour les écosystèmes.

 

Des essais complémentaires sont nécessaires pour finaliser le classement du produit et pour réaliser l’évaluation de risques pour l’homme et pour l’environnement, et ainsi soumettre le dossier à l'Anses qui est seule compétente pour délivrer l’autorisation de mise sur le marché. »

 

En bref : j'ai dit, mais en fait je n'ai rien dit...

 

 

La Préfecture de la Région Bretagne se fait agent publicitaire

 

Le 17 novembre 2017, la Préfecture de la Région Bretagne a publié un communiqué de presse, « Expérimentation OSMOBIO à la direction interdépartementale des routes Ouest ». Extrait :

 

« Depuis 2010, la DIR Ouest recherche et expérimente des solutions alternatives aux produits phytosanitaires traditionnels en suivant l'évolution des produits naturels émergents.

 

Expérimentation "OSMOBIO" en 2012 L'expérimentation "OSMOBIO", encadrée par un protocole de suivi précis a été évaluée positivement par la DIR Ouest et la FREDON Bretagne sur les différents sites testés.

Le produit qui contient des actifs naturels non nocifs pour l'applicateur et pour les usagers (rapport de l'INERIS), pénètre rapidement par les feuilles. Il est non systémique et non rémanent. Il fait disparaître très rapidement les adventices pour plusieurs semaines et permet d'envisager un traitement limité à deux campagnes annuelles dans les secteurs où les techniques mécaniques sont inopérantes ou trop contraignantes.

 

La DIR Ouest a suspendu l'expérimentation dans l'attente d'une autorisation de mise sur le marché "AMM" du produit. »

 

Fallait-il vraiment publier, en 2017, un communiqué de presse sur des expérimentations menées en 2012 ? Avec des allégations qui échappent à la compétence de la Préfecture ? Il nous semble que cette démarche est susceptible de qualifications pénales.

 

 

 

Le Monde, 28 novembre 2017 : « Quelles sont les alternatives au glyphosate ? » Hep ! Avez-vous vérifié auprès de l'ANSES ?

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pierre Arthuis 04/06/2018 09:11

Moi la question principale que je me pose est la suivante. Si un produit doit pouvoir être une alternative au glyphosate c’est qu’il serait en mesure d’être appliqué sur des millions d’ha, donc susceptible d’être produit par centaines ou milliers de tonnes. Or des molécules végétales très toxiques ou très actives sont toujours en faible teneur dans les plantes. Donc comment sous tirer de quantités très importantes d’un produit d’une source (les plantes) dans laquelle ces molécules sont en faible quantité.

Seppi 06/06/2018 10:04

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

La question est tout à fait pertinente. La poser, c'est déjà y répondre.

HUMMEL Fred 03/06/2018 21:44

Mais qu'est-ce que c'est que ce site de lobbying moisi? Raté...

Seppi 06/06/2018 10:01

Overblog m'offre la possibilité de supprimer des commentaires, une possibilité dont je fais usage quand les limites de la bienséance sont franchies – nettement, car je suis plutôt tolérant.

Je ne l'ai pas exercée ici. Ce commentaire vole en effet à très haute altitude, et cela peut intéresser certains lecteurs que je suis lu par des chefs d'escadrille.

vigneron 04/12/2017 21:07

@angryagronomist,
Non, le Basta n'aurait pas remplacé le Glypho, un défanant juste médiocre, sans effet sur vivaces type Gramoxone ou Shark.

Seppi 09/12/2017 19:09

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Nous ne saurons pas en France, à supposer que le glyphosate soit effectivement retiré du marché.

angryagronomist 03/12/2017 23:33

Osmobio réussi sont coup de pub. En attendant, l'ANSES dans sa grande sagesse a retiré l'AMM du glufosinate (Basta, Liberty) en octobre. C'était la seule alternative au glyphosate. Cette molécule est toujours très utilisée aux US sur les sojas Liberty Link. Belle alternative au RoundUp qui permet une rotation des modes d'actions et une lutte aux mauvaises herbes résistantes. J'imagine que Bayer, qui vient de vendre ce glufosinate et les traits OGM associés, à BASF, n'a pas voulu dépenser de l'argent pour rien.
https://www.basf.com/en/company/news-and-media/news-releases/2017/10/p-17-336.html

Seppi 09/12/2017 19:08

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je n'ai pas creusé la question, mais je m'interroge sur le pourquoi du retrait de l'AMM.

yann 03/12/2017 11:42

koppelli dans les semences et osmobio pour les phyto : Mêmes démarches,mêmes techniques d'escrologiste s'appuyant sur les mêmes blocages idéologiques de notre société ("blocage encrage cognitif" entre autre) .
Gros Pb , cela marche sur cette société qui ne maitrise plus cette "masse de communication" avec le net , les medias ......!
Même nos politique se retrouve "bloquer" devant ce phénomène, et finissent par penser qu'ils n'ont plus d'autre choix que de répondre de façon pourtant minable mais purement démagogique à cette société qu'elle ne maitrise pas/plus(?)...!
Ajout a cela pour notre société, un des Pb majeur du moment, la confusion entre accès aux connaissances et accès aux compétences (l'accès aux connaissances ne donnant pas forcement accès aux compétences!), et Osmobio va devenir pour certains un emblème "lanceur d'alerte" contre les lobbys et méchantes firmes. La manipulation de masse (y compris et même surtout par nos dirigeants) est terriblement efficace et effrayante aujourd hui en FRANCE EN 2017 !
Heureusement qu'il existe encore "des points de résistances/vérité/objectivité " comme ce blog !

Seppi 09/12/2017 19:05

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, il faut résister, dénoncer, insister...

J'ai une pensée particulière pour les commentateurs qui se font insulter dans le Monde Planète