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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La science sûre et la technologie appropriée peuvent aider l'Afrique à atteindre la sécurité alimentaire

5 Novembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

La science sûre et la technologie appropriée peuvent aider l'Afrique à atteindre la sécurité alimentaire

 

Motlatsi Musi*

 

 

 

 

Quand j'étais enfant, je ramassais les bouses de vaches sèches à la périphérie de la ville. Ma famille s'en servait comme combustible pour cuisiner et se chauffer. Pour les protéines, nous mangions souvent des sauterelles. Elles sont croquantes et vous finissez par vous habituer au goût.

 

C'étaient des moments de désespoir, avant que j'aie eu la chance de m'installer et de devenir agriculteur. Alors, l'agriculture m'a tiré de la pauvreté et m'a donné une vie meilleure.

 

Aujourd'hui, je possède 21 hectares de terres près de Johannesburg, en Afrique du Sud. Seulement un tiers environ est arable, mais j'en loue d'autres, et je cultive du maïs, des haricots et des pommes de terre, et j'élève des porcs et des vaches.

 

En grandissant, je ne pouvais guère imaginer que j'aurais un jour cette opportunité. Ma mère a fait de son mieux pour élever mes frères et sœurs et moi-même, mais elle était une militante anti-apartheid qui était absente pendant de longues périodes, généralement parce qu'elle était en prison pour avoir protesté contre les abus du gouvernement.

 

Un jour, en 1965, peu de temps après une forte chute de neige, je suis rentré de l'école pour trouver ses affaires jetées dehors. Un gros cadenas nous empêchai d'entrer. J'avais tout juste neuf ans.

 

Nous sommes demeurés sans abri pendant des années, séjournant chez des voisins et nous déplaçant beaucoup. Je ne savais jamais vraiment où nous dormirions la nuit. J'ai quitté l'école et j'ai suivi l'exemple de ma mère en m'engageant dans le combat politique et rejoignant l'insurrection de 1976 à Soweto. Mon frère a été battu presque à mort pour avoir réclamé des droits égaux pour les Sud-Africains noirs.

 

Pour ce qui est de l'argent, j'ai travaillé comme ouvrier agricole. J'ai nettoyé les porcheries, composté le fumier et fait le « jockey » sur les semoirs en tant qu'aide pour les semis et la fertilisation. Ma rémunération était de 50 cents par jour – ce n'était pas beaucoup, mais assez pour mettre un toit sur nos têtes et acheter des produits de première nécessité.

 

En 1999, j'ai fait une demande pour un terrain dans le cadre d'un programme de redistribution. Je l'ai obtenu en 2003 et j'ai commencé ma nouvelle vie en tant qu'agriculteur.

 

Cela a tout changé. Pour la première fois, il semblait que j'étais entièrement responsable de mes affaires et j'avais une voie claire vers un avenir meilleur. Le racisme ne pouvait pas me réduire.

 

J'ai également appris que l'agriculture est difficile – et que l'une des choses qui la rendent possible est la technologie. Sans accès aux OGM qui contribuent à vaincre les mauvaises herbes et les ravageurs, je ne suis pas sûr que j'aurais pu réussir. Peut-être que je serais devenu un agriculteur de subsistance qui peine à survivre. Ou, peut-être, j'aurais été obligé d'abandonner.

 

 

 

 

Au lieu de cela, je suis un homme qui a pu payer des études à un de ses fils, maintenant analyste principal dans un laboratoire de chimie pharmaceutique.

 

Ma mère – que son âme repose en paix – serait ravie de connaître le succès de son petit-fils.

 

Lorsque les Sud-Africains se battaient contre l'apartheid, nous avions toujours apprécié le fait que les gens d'outre-mer sympathisaient avec notre cause. Le changement ne serait peut-être pas venu sans l'aide des Européens et des Américains qui ont critiqué un mauvais régime.

 

Aujourd'hui, cependant, certains de nos anciens amis nous ont tourné le dos. Plutôt que de reconnaître les avantages de la technologie, ils insistent pour que nous abandonnions les OGM et nous tournions vers l'agriculture biologique.

 

Quelque chose me dit qu'ils ne savent pas ce que c'est que de manger un insecte ou de brûler du caca pour faire un repas. Jouissant de la sécurité des nations prospères, ils s'appellent eux-mêmes « Verts » – mais ils n'ont jamais essayé de cultiver une plante verte sur un continent appauvri qui lutte pour se nourrir.

 

Cette année, le Global Farmer Network m'a choisi pour son prix Dean Kleckner. Je suis profondément honoré d'accepter – et déterminé à utiliser le prix pour le bénéfice de mes frères africains.

 

Je ne cesserai de souligner les avantages de la biotechnologie. J'ai un petit rôle, par exemple, dans l'excellent documentaire « Food Evolution », narré par le scientifique Neil deGrasse Tyson. Pour ceux qui cherchent à s'informer sur les OGM, c'est un excellent point de départ.

 

La science sûre et la technologie appropriée sont des solutions plutôt que des menaces. Dans ma ferme, je dépends d'elles et j'attends de nouvelles innovations. Elles ont le potentiel de fournir une sécurité alimentaire aux nations affamées et aussi de lutter contre le fléau de la malnutrition, la « faim cachée » que l'on trouve en Afrique et à travers le monde.

 

C'est notre nouveau combat pour la justice – et nous espérons que vous vous joindrez à nous.

 

_____________

 

 * M. Motlatsi Musi produit du maïs, des haricots, des pommes de terre, et élève des porcs et des vaches sur 21 hectares qu'il a acquis en 2004 dans le cadre du Programme de Redistribution des Terres pour le Développement Agricole (LRAD) en Afrique du Sud.

 

Source : http://globalfarmernetwork.org/2017/10/safe-science-sound-technology-can-help-africa-achieve-food-security/

 

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