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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Cause animale » : le scandale de l'« information »

12 Septembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Animaux

« Cause animale » : le scandale de l'« information »

 

 

 

 

Dans le Monde, un cahier « Idées » militant et délirant

 

Le 24 août 2017 (date sur la toile), le Monde a produit une série d'articles sur le véganisme – « pour la promotion du... » serait plus exact... Cela s'ouvre par « Véganisme : enquête sur une révolution de palais », avec en chapô :

 

« Les arguments moraux contre la consommation de viande gagnent du terrain dans l’opinion. Allons-nous vers un bannissement de l’exploitation animale et, au-delà, vers un changement de société ? »

 

Il y a quelque chose de choquant dans ce genre de « journalisme » : ce n'est pas de l'information, mais de la propagande pour des idées que l'on peut trouver honorables, quoique à notre sens loufoques : les idéologues sont-ils/elles conscients des conséquences de leur idéologie... à commencer par l'inéluctable extinction de toutes les espèces domestiques (sauf le chat), incapables de retourner à l'état sauvage dans la nature ? Savent-ils ce que cela représenterait sur le plan non seulement économique, mais aussi environnemental ?

 

Nous ne nous aventurerons pas à penser que ces gens ne vont jamais à ce qu'il est convenu d'appeler les « sports d'hiver »... les pistes de ski sont entretenues grâce à l'« exploitation » éhontée du bétail montant à l'alpage ! Ni qu'ils partent en week-end à la « verte campagne ». Les idéologies les plus altruistes s'arrêtent souvent sur le seuil des petits intérêts personnels.

 

Reconnaissons que le propos a été tenu dans « Pourquoi Jocelyne Porcher défend l’élevage ». Mais Mme Porcher, directrice de recherches et sociologue à l'Institut National de la Recherche Agronomique (eh oui... l'INRA des temps post-modernes...) n'a eu droit qu'à une colonne dans la version papier du journal (avec un titre à la largeur de la colonne). C'est à comparer, par exemple, aux six colonnes (en gros, deux de texte), un très gros titre et une citation en pavé pour Mme Florence Burgat et son « manger pour régner » (sur la toile, c'est : « "Manger de la viande sépare l’humanité du règne animal" ». Les deux titres sont ineptes... à l'image du galimatias faisant office de propos philosophiques. Une citation aguiche pour nos lecteurs :

 

« Ce que j'appelle "humanité", c'est le moment où les être humains prennent conscience d'eux-mêmes comme d'une totalité. Dès lors, ils ont à cœur de se distinguer du reste des vivants par la violence, notamment envers les animaux. »

 

Notre jugement fait-il dans l'emphase ? Voici deux commentaires de lecteurs outrés (ils furent nombreux) :

 

« N'importe quoi. On atteint vraiment le paroxysme de la bêtise avec un tel discours. C'est déplorable que l'on accorde la parole à quelqu'un qui n'a manifestement aucune culture scientifique et qui est aussi purement motivée par l'idéologie. Ce n'est pas à travers autant de malhonnêteté intellectuelle et de mépris pour les faits que l'on va améliorer la vie des animaux. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles à ce point là ! »

 

« À se tordre de rire. Comme si de nombreuses espèces animales n'étaient pas carnivores… On se demande comment sont choisies les "personnalités" appelées à s'exprimer dans Le Monde. En tout cas cette fois il y a erreur sur la personne, du moins sur la rubrique : ce n'est pas "Idées" mais "Rions un peu". Quand on pense qu'elle est payée pour cela sur fonds publics. Et après on se demande d'où vient la mauvaise réputation des sciences humaines et sociales. Insultant pour les vrais chercheurs. »

 

À propos... Florence Burgat... philosophe et directrice de recherches à... l'INRA (eh oui... l'INRA des temps post-modernes...).

 

Il n'y a pas que les idées. Il y a aussi les lubies qui, en matière alimentaire impliquent des risques importants de santé – illustrés tragiquement par la mort, en Belgique, d'un bébé de sept mois « nourri » au « lait » (désignation impropre car réservée aux liquides sortant d'une mamelle) végétal. Ne cherchez pas l'information dans le Monde, vous ne la trouverez pas... pas dans la ligne du parti pris éditorial et idéologique.

 

Et il y a l'activisme.

 

Mme Catherine Vincent – la journaliste à qui on doit le cahier – écrit ainsi :

 

« Parce que chercheurs et intellectuels labourent depuis plusieurs décennies le terrain de la condition animale, parce que les images prises en caméra cachée et diffusées sur Internet par des associations de protection animale ont crûment révélé la violence de l’élevage industriel, parce que l’espace des droits que nos démocraties accordent aux animaux – officiellement considérés par notre code civil, depuis février 2015, comme des "êtres vivants doués de sensibilité" – ne cesse de s’étendre, les souffrances que l’homme inflige à la bête ne peuvent plus être ignorées. »

 

L'activisme qui s'étale dans le Monde avec une grande complaisance se traduit dans cette tirade par une assimilation de l'élevage – axiomatiquement « industriel » – à la violence et aux souffrances. Serions-nous une fois de plus dans l'exagération ? Non ! Car s'il y a bien des violences et des souffrances à dénoncer et réprimer dans des cas particulier, le propos est bien généralisé : « les souffrances que l’homme inflige à la bête... »

 

 

La complaisance envers L214 et Cie

 

« ...les images prises en caméra cachée... » ? Le lundi 4 septembre 2017 comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Versailles deux militants de L214, dont M. Sébastien Arsac, un des cofondateurs de l'association. Cela a fait l'objet d'une dépêche de l'AFP, un autre agent de la médiasphère qui sert complaisamment la soupe à l'activisme de la cause animale, de l'antispécisme, du véganisme...

 

Une dépêche à sens unique – d'avant audience – qui ne présente la chose que sous le seul point de vue des prévenus de L214.

 

Le Monde l'a relayée avec « Deux militants de l’association L214 jugés pour avoir caché des caméras dans un abattoir ». Le titre est un peu simpliste : ils ont comparu pour « violation du domicile d’autrui » – l'abattoir Guy Harang de Houdan (Yvelines) –, et « tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image ». Mais comme titre c'est toujours mieux que le Parisien qui a osé un « Porcs gazés à l'abattoir de Houdan : les méthodes de L214 au tribunal » de très mauvais aloi, assorti d'une vidéo – des « images choc d'un élevage de porcs diffusées par L214 » sans lien avec la procédure judiciaire.

 

Le Monde de Mme Audrey Garric a aussi produit un compte rendu d'audience avec « L214 : 15 000 euros d’amende requis pour avoir caché des caméras dans un abattoir ». Intéressant et équilibré. Voici deux paragraphes instructifs :

 

« L’avocat de l’abattoir, de son côté, s’est attaqué aux méthodes de L214. L’association, qui compte aujourd’hui 38 salariés, 600 000 "likes" sur sa page Facebook et plus de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, est devenue célèbre grâce à ses vidéos-chocs dénonçant l’exploitation animale. "Elle fait des montages d’images quand cela l’arrange. On ment, on agresse, on viole. Oui, on viole la loi pénale", s’est insurgé Me Nicolas Cassart […]

 

Il a réclamé près de 219 000 euros de dommages et intérêts, au titre du préjudice subi par l’entreprise et son directeur. "Des salariés ont été menacés de mort, et l’abattoir, le dernier d’Ile-de-France, qui fait un travail de proximité, a perdu des clients", a-t-il justifié. "La crainte d’être épiés par une caméra cachée, jetés en pâture au moindre manquement, crée une atmosphère anxiogène pour les salariés", a renchéri Amélie Bouviala, l’avocate de la Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes, qui s’est également constituée partie civile. »

 

Mais pourquoi fallait-il assortir l'article sur la toile d'une vidéo de L214 dont il est dit que les images ont été tournées à Houdan ?

 

Qu'a fait l'AFP ? À en croire Agrisalon et son « Amendes requises contre deux militants de L214 », c'est service minimum et, une nouvelle fois, un biais grossier en faveur de L214. L'avocat du plaignant a eu, en tout et pour tout, deux lignes et demie

 

Quant à Science et Avenir, c'est 100 % unilatéral !

 

 

Responsabilité et irresponsabilité des médias

 

Les arguments des avocats du plaignant et de la partie civile devraient faire réfléchir.

 

Certes pas L214 – au « chiffre d'affaires » étonnant – et d'autres entités de la cause animale, mais les responsables des médias. Ont-ils conscience du fait qu'en relayant avec complaisance les agissements de ces entités, ils contribuent à la désinformation et à ses conséquences – des impacts sur des activités économiques, des atteintes aux droits des travailleurs, etc. ?

 

Il n'y a pas que l'incivisme – en fait des agissements délictuels – qui consiste à diffuser des images volées, et certaines grossièrement truquées. Il y a aussi le mode de présentation de l'« information ».

 

Reprenons le Monde à titre d'exemple. Le 31 mai 2017 (date sur la toile), ce fut : « Nouveau scandale sanitaire dans un élevage de 160 000 poules pondeuses ». Le « scandale » s'est rapidement dégonflé, les contrôles des services de l’Etat n'ayant révélé aucune non-conformité. Comment le Monde en informe-t-il ses lecteurs ? Le 2 juin 2017 par : « Scandale sanitaire dans un élevage de poules pondeuses en Vendée : "aucune non-conformité" », suivi le lendemain de : « Scandale sanitaire dans un élevage de poules en Vendée : L214 maintient sa plainte ».

 

N'est-il pas scandaleux d'utiliser les mots « scandale sanitaire » pour une situation dont il vient d'être prouvé que ce n'est pas un scandale sanitaire... mais médiatique ?

 

Encore faut-il reconnaître au Monde qu'il a suivi l'affaire. Bien d'autres médias en sont restés à l'étape 1.

 

Ainsi, Science et Avenir a produit le 30 mai 2017 un « L214 met en cause un élevage de poules vendéen et interpelle Panzani » avec une dépêche de l'AFP (notez aussi l'atteinte à l'image et la réputation de Panzani, dont le tort a été d'être un client de l'entreprise avicole injustement mise en cause) et, le même jour et toujours avec l'AFP, « L214 interpelle Panzani dans une nouvelle vidéo choc ». La suite du fil L214 de cette revue en principe de vulgarisation scientifique ? Le « scandale » suivant dénoncé par L214.

 

Nous pensons pour notre part qu'il y a un scandale de l'« information ».

 

 

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yann 15/09/2017 14:38

Excusez moi M, mais vous faite de l'humour surement! (et c'est louper ) si ce n'est pas le cas , là il y a un problème majeurs dans votre "esprit d'analyse"
M vous dites: "Pour connaître un peu le sujet, je vois que l'auteur de l'article ne fait preuve d'aucune objectivité, détourne une partie de l'argumentaire vegan pour l'arranger à sa sauce, use d'anecdote et de sophisme."
Désolé mais là vous donnez votre avis sans aucun argument explicatif .Donc cela équivaux a des affirmation gratuite sans aucune explication!!! Et c'est ce que vous reprocher aux autres???
Vous continuez avec :"Où sont les vrais arguments ? Où sont les faits ? "
La il faut osez le faire (ou est ce a cause de cela que l'on vous (re) connait...?)
Les arguments dans le texte sont les termes écrit en bleu qui sont en fait des liens ou les sources des informations données qui sont systématiquement données sur ce site( votre remarque de non argumentation dans cette article parait vraiment débile ...! avez vous lu l'ensemble de texte ?)
Moi c'est ce genre d'intervention gratuite dénigrante et sans aucun argument (autre que le dénigrement) que je je trouve pénible sans aucun intérêt (pas d'explication ni argument)et qui finissent pas m'écœurer et qui pourrissent tous les débats aujourd hui !

M. 12/09/2017 21:48

Hum... je suis très mal à l'aise en lisant cet article. Pour connaître un peu le sujet, je vois que l'auteur de l'article ne fait preuve d'aucune objectivité, détourne une partie de l'argumentaire vegan pour l'arranger à sa sauce, use d'anecdote et de sophisme. Où sont les vrais arguments ? Où sont les faits ?
Du coup je m'interroge sur le reste des articles qui jusque maintenant me semblaient faire preuve de bon sens... Si sur un sujet que je connais, je m'aperçois que le niveau journalistique ne vaut pas mieux que le discours de charlatan, dois je faire confiance aux autres sujets traités par ce site ?
Finalement qu'elle que soit le "côté", malheureusement convaincre semble plus important que de montrer les réalités... je suis écœurée.