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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Cause animale » : le choc des vidéos truquées

13 Septembre 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme, #Animaux

« Cause animale » : le choc des vidéos truquées

 

 

Dans un billet précédent, « "Cause animale" : le scandale de l'"information" », nous avons fait allusion à des « des images volées, et certaines grossièrement truquées ».

 

Un lecteur m'a signalé un article d'Agrarheute, « Analyse: Elefanten-Video von PeTA war hoch manipulativ » (la vidéo sur les éléphants de PeTA était hautement manipulatrice). Voici la vidéo (ou l'une d'entre elles, ce genre de truc étant viral sur Internet) :


 

 

PeTA, c'est People for the Ethical Treatment of Animals, une organisation évidemment à but non lucratif – mais qui a engrangé 43 millions de dollars aux États-Unis pour l'exercice annuel 2014-2015. Elle a essaimé des filiales, y compris en France où elle a pris le nom de Pour une éthique dans le traitement des animaux (entièrement opaque...). En 2016, PeTA Deutschland a encaissé 5,7 millions d'euros et fait un bénéfice – oups ! Les associations ne font pas de bénéfices... – de près d'un million d'euros.

 

PeTA Deutschland a donc accusé le zoo de Hanovre de maltraitance sur les éléphants. Et le ministère public a fait analyser la vidéo. Agr arheute rapporte :

 

« Les résultats de l'évaluation sont clairs, a rapporté en détail le Neue Presse de Hanovre fin août. La spécialiste des médias Prof. Dr Annika Schach de l'Université des Sciences Appliquées de Hanovre, a examiné très attentivement les prises de vues originales réalisées par PeTa et fournies par celle-ci avec une réticence extrême. Résultat : à partir d'enregistrements réalisés secrètement pendant des semaines à l'automne 2016, les artistes de la vidéo de PeTA ont extrait cinq heures de prises qu'ils ont ensuite condensées sur 14 minutes. Les instantanés ainsi assemblés ont été garnis d'une musique de fond dramatique, de manipulations de couleurs et de séquences en accéléré difficiles à repérer. Et, cerise sur le gâteau, le film a été accéléré d'environ 15%, de sorte que les actions des soigneurs semblait beaucoup plus brutales.

 

"Report Mainz" [un magazine de l'ARD] a extrait de ce document deux minutes particulièrement efficaces et a finalement diffusé le film avec l'accusation de PeTA selon laquelle il s'agissait de la vie quotidienne des éléphants du zoo de Hanovre. »

 

Qu'en est-il en France ?

 

Voyons cette vidéo, reprise par le Monde – hélas – dans « L214 : 15 000 euros d’amende requis pour avoir caché des caméras dans un abattoir » :

 

 

Les bruits sont-ils en accords avec les images ? On peut en douter. « Les cochons sont saisis de convulsions entre 35 et 40 secondes avant de s'effondrer, selon l'association » ? La séquence de deux minutes montre plusieurs paires de porcs – parmi combien qui auront été filmées ? – qui sont introduits dans l'ascenseur... impossible de vérifier les dires de L214. Et il semble que certaines images de porcs dans un état d'agitation sont prises avant la descente de la cage, donc le début de l'étourdissement. Les premiers porcs vus dans la séquence ne s'agitent-ils pas parce qu'ils sont tombés à la renverse ?

 

 

 

 

Voici une autre vidéo :

 

Pas d'accélération pour rendre les images encore plus écœurantes (particulièrement à partir de 0:20) ? Pas de bruitage ? Il nous semble que si. Cela n'enlève évidemment rien au caractère choquant et inacceptable des coups. Quant à l'aiguillon électrique avec lequel L214 veut faire compatir et pleurer dans les chaumières, il faut savoir qu'il est fondé sur le même principe que les colliers anti-aboiements et anti-fugues.

 

Extrayons cette image :

 

 

 

 

Les animaux sont à l'évidence entassés dans cette prise de vue.

 

Il se trouve cependant qu'un autre lecteur m'a signalé le 28 Minutes d'Arte du 11 septembre 2017 (la séquence seule de la discussion est sur Youtube, par exemple ici) qui a fait de la retape pour un ouvrage de M. Jean-Baptiste Del Amo, « L214 Une voix pour les animaux – Un autre monde est possible ».

 

La discussion sur le plateau

 

La présentation de M.Del Amo. On y trouvera la capture d'écran reproduite ci-dessous.

 

 

C'est, paraît-il, un texte « commandé » par l'éditeur Arthaud qui a invité L214 « à offrir un texte ». S'il est aussi bien documenté que son « Règne animal » dans lequel il a décrit comment « châtrer une truie destinée à l'engraissage » (ça méritait bien un prix du Livre Inter...), il y aura peut-être quelques lecteurs qui vont se marrer... En tout cas, sur 28 Minutes, on ne sort pas du discours convenu, appris par cœur et ressassé. Ainsi, à partir de 4:00 sur Youtube :

 

« Tout d'abord, l'homme n'est pas un carnivore. L'homme à l'origine est un omnivore et un chasseur-cueilleur. Il ne faut pas oublier que notre culture de la viande, elle date de l'après-deuxième guerre mondiale, des années 50-60... »

 

Caïn, le berger... Lucullus... Rabelais... « labourage et pâturage... », « la poule au pot », « on tue le cochon à la Saint-Martin », Tintin en Amérique...

 

La séquence est sous-titrée : « Aux côtés de l'Association L214 pour défendre les animaux ». Arte montre aussi des images de l'abattoir de Houdan en fond de scène (pas sur Youtube). Voici une capture d'écran :

 

 

 

 

Alors, les porcs... entassés ? Où est la vérité ?

 

En tout cas, Agrarheute a conclu :

 

« Faites vos propres images et informez les autorités !

 

Pour les agriculteurs qui élèvent des animaux, cette histoire montre surtout une chose : cela vaut la peine d'agir contre les insinuations des défenseurs des droits des animaux. Cependant, il est en tout cas important d'obtenir son propre matériel et de faire venir des témoins (dans la mesure du possible officiels) qui feront un état des lieux.

 

Pour ceux qui sont affectés par des intrusions nocturnes dans les bâtiments d'élevage, cela signifie : si de telles visites illégales sont perceptibles, créez immédiatement vos propres images, informez-en la police et les autorités vétérinaires, demandez des inspections en temps opportun et demandez même aux médias de visiter les bâtiments.

 

Vous avez généralement suffisamment de temps, car l'expérience montre que, pour PeTA et Cie, aucune "atteinte flagrante au bien-être animal" n'est assez dramatique pour faire intervenir immédiatement les autorités compétentes et encore moins pour négocier longuement les droits de diffusion et d'impression lucratifs. »

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