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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le merveilleux, si performant monde du bio dans le Monde !

1 Août 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Agriculture biologique, #Politique

Le merveilleux, si performant monde du bio dans le Monde !

 

 

Le Monde s'est beaucoup intéressé à l'agriculture ces derniers temps, en relation avec l'ouverture des États Généraux de l'Alimentation et, plus récemment, de l'arbitrage qu'a dû opérer le gouvernement sur la répartition des aides de la politique agricole commune (PAC). Conformément à la ligne idéologique, l'accent a été mis sur un secteur particulier de l'agriculture : le bio.

 

Les pages ont été ouvertes à des acteurs engagés sur le plan économique (des distributeurs... mais pas les producteurs) ou idéologique.

 

Il en résulte un patchwork étonnant, teinté de schizophrénie : l'agriculture biologique, c'est formidable – y compris sur le plan des résultats techniques et économiques... mais elle a besoin de subventions pour sa survie.

 

Et, c'est un fil rouge de ce genre de prose, l'agriculture qui nous nourrit est dénigrée, voire insultée.

 

 

Contrevérités et mensonges éhontés !

 

Dans « Jusqu'à quand le Monde et Biocoop dénigreront-ils l'agriculture qui nous nourrit ? », nous nous étions indignés devant les propos assénées par M. Claude Gruffat, président de Biocoop, le géant de la grande distribution du bio en France (chiffre d'affaires en 2014 de 657 millions d’euros et un bénéfice net de 3,3 millions d’euros... 5 % du chiffre d'affaires). Le forfait avait été commis dans le Monde du 16 juillet 2017, dans une tribune intitulée « "Jusqu’à quand distribuera-t-on des subventions à une agriculture aux conséquences sanitaires et environnementales coûteuses ?" »

 

La tribune est construite sur une double opposition : « L’injustice est flagrante. » Le conventionnel – forcément vilain – est subventionné ; le bio – forcément vertueux – est « surtaxé » (et donc, plus qu'implicitement, pas subventionné).

 

La réalité : toutes choses étant égalespar ailleurs, le bio touche les mêmes aides que le conventionnel plus des aides spécifiques. M. Gruffat ne peut l'ignorer...

 

D'autres médias ont aussi fait preuve d'une grande complaisance et – puisqu'il s'agit de la diffusion de contre-vérités et de mensonges éhontés – d'indigence déontologique. Relevons « "La France peut devenir le premier pays bio d'Europe ! »" sur l'Obs du 3 juillet 2017, avec ce propos fort malodorant :

 

Ce tracteur Renault GP1919 est issu de la mécanique du tank FT17... mais on est à la sortie de la première guerre mondiale...

 

« Au début des années 1960, l'agriculture française, peu productive, a dû se transformer pour permettre à notre pays de devenir autonome en matière alimentaire. C'était légitime, comme ça l'était d'offrir un meilleur niveau de vie aux paysans. Les fabricants de chars se sont mis à construire des tracteurs et les industries de poudre à canon les engrais chimiques. On est donc passé d'une industrie de la guerre... à une industrie agricole ! »

 

On connaît ce genre d'ineptie de certaine « journaliste d'investigation » qui ne manque jamais une occasion d'évoquer son « film et livre », mais appliqué à la période postérieure à la première guerre mondiale. Mais les années 1960... de plus en plus fort !

 

 

Un discours plus policé

 

Le discours était peut-être plus policé dans « Michel-Edouard Leclerc : "Le monde agricole a intérêt à quitter un modèle trop productiviste" », mais cela restait du dénigrement de l'agriculture qui nourrit 67 millions de Français, des Européens et des ressortissants de pays tiers. Nous nous en étions indignés dans « États Généraux de l'Alimentation : les recettes de Michel-Édouard Leclerc ».

 

 

Des élucubrations

 

Il y avait aussi un économiste, M. Claude Henry qui a expliqué comment faire « Pour une agroécologie à la fois plus efficace et plus équitable que le modèle industriel ». C'était, en dernière analyse, distrayant.

 

 

Un infomercial

 

On entre dans la catégorie des lourds avec « "Le bio peut permettre de nourrir la France entière à un coût qui n’est pas beaucoup plus élevé que le conventionnel" ». C'est signé Harold Levrel (professeur à AgroParisTech et chercheur au Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement (CIRED)) et Denis Couvet (professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, membre de l'Académie d'Agriculture de France).

 

L'ont-ils écrit ? Cela a toutes les caractéristiques de l'infomercial, en plus de la pire espèce. Morceau choisi :

 

« La production bio est économiquement profitable sans subvention. En France, la production bio est en pleine croissance (plus de 10 % par an) depuis dix ans, malgré presque trois fois moins de subventions par unité de surface agricole utile (SAU) (5 % des SAU et 1,7 % des subventions). Ainsi, le marché alimentaire bio en France représentait 1 milliard d’euros en 2001, contre plus de 7 milliards en 2016, le nombre d’exploitations bio passant de 10 364 en 2001 à 32 264 en 2016. La production bio génère des bénéfices bien meilleurs que dans le conventionnel (entre 22 % et 35 %). Les ratios coûts/bénéfices sont eux aussi supérieurs au conventionnel (de 20 à 24 %). Il est remarquable qu’un secteur agricole peu subventionné soit aussi profitable et en pleine croissance en France, dans un contexte de crise économique récurrente du monde agricole. »

 

 

 

 

Le taux de croissance moyen nous semble correct – mais comme le montre le graphique ci-dessus, l'évolution a été marquée par des variations importantes, dues à la mauvaise conjoncture du conventionnel et aux effets d'aubaine... les subventions à la conversion. Il se trouve que le précédent gouvernement a été particulièrement actif dans la promotion du bio, en partie sous couvert de la fumeuse « agroécologie ».

 

On peut en revanche s'étonner de voir un rapport entre les subventions – qui en toute logique seraient inutiles, s'agissant au moins du maintien de l'activité en bio « économiquement profitable sans subvention » – et la SAU. Là encore, les auteurs occultent le fait qu'il s'agit des subventions spécifiques qui s'ajoutent aux aides normales.

 

Décidément, on ne sort pas de l'enfumage. Venant d'universitaires, ce genre de discours surprend. Un commentateur a écrit sur le Monde :

 

« Bon, il va falloir que j'explique à des étudiants que leurs profs d'AgroParisTech ont quitté l'univers de la science rigoureuse pour entrer dans le militantisme complet. Ici, ils mélangent tous les chiffres pour obtenir la conclusion qui va bien [...] »

 

Autre argumentation fallacieuse (un classique de la propagande du bio) :

 

« Si le bio est économiquement rentable, c'est aussi parce que les rendements y sont plutôt bons, contrairement à ce qui est couramment affirmé. Des analyses scientifiques consolidées, à l'échelle mondiale, montrent des pertes de rendement situées autour de 25 % par rapport à du conventionnel et des pertes quasi inexistantes pour la production de fruits. »

 

La comparaison doit se faire au niveau français. Et les chiffres sont éloquents ! Enfin, quand on arrive à les obtenir, car le bio pratique l'omerta sur ses performances ; le site de l'Agence Bio, qui regorge de chiffres, est remarquablement silencieux sur les rendements. Voici, néanmoins, de FranceAgriMer :

 

 

 

 

En comparaison, en conventionnel, les rendements étaient comme suit en 2015 (entre parenthèses, le rendement du bio en pour cent par rapport au conventionnel) :

 

  • blé : 79 quintaux/hectare (37) ;

  • maïs : 86 q/ha (66) ;

  • orge : 71 q/ha (44) ;

  • triticale : 54 q/ha (57) ;

  • féverole : 29 q/ha (66) ;

  • pois : 38 q/ha (55) ;

  • tournesol : 19 q/ha (89) ;

  • soja : 27 q/ha (74).

 

Les auteurs nous affirment aussi que :

 

« ...la croissance du bio dans la grande distribution ne se fait pas au détriment des coopératives ou des ventes directes. »

 

Reste à savoir ce que l'on entend par coopératives. Biocoop par exemple ? Le fait est, cependant, qu'entre 2015 et 2016, la grande distribution généraliste et spécialisée a augmenté plus vite (22 et 24 %) que la vente directe (15 %).

 

 

 

 

Mais, chut ! Il ne faut pas perturber l'extase devant les magnifiques performances du bio. Depuis le temps qu'on nous dit qu'il peut nourrir le monde – ici qu'il peut « permettre de nourrir la France entière à un coût qui n’est pas beaucoup plus élevé que le conventionnel » –, on se demande bien pourquoi cela n'est pas encore fait.

 

 

La preuve par neuf (propositions)

 

Avec « "Neuf propositions pour l’agriculture française" », nous retrouvons M. Marc Dufumier, un vieux routier de l'alteragriculture, présenté ici comme « agronome à AgroParisTech », en fait à la retraite et par ailleurs membre du Conseil Scientifique de la Fondation (ci-devant Nicolas Hulot) pour la Nature et l'Homme.

 

Il serait fastidieux de démonter tous les arguments fallacieux d'une analyse qui tend vers un seul but : donner une image négative de l'agriculture conventionnelle pour faire, par contraste, l'article en faveur de l'agriculture biologique :

 

« Avec pour conséquences un grand nombre de dégâts environnementaux — les algues vertes sur le littoral, les nitrates et désherbants dans la nappe phréatique, les inondations dans les vallées, les émissions de gaz à effet de serre, etc. — et une qualité souvent délétère des aliments (les antibiotiques dans la viande, les hormones dans le lait, les résidus pesticides sur les fruits et légumes, etc.). Notre alimentation pas chère nous coûte finalement très cher, pour rendre potable l’eau du robinet, retirer les algues vertes du littoral et nous guérir de maladies chroniques. »

 

Ou encore :

 

« Mais c’est bien désormais toute l’agriculture française qui va devoir opérer un tel virage pour garantir la qualité sanitaire de nos aliments et préserver la fertilité de nos écosystèmes. La France ne doit surtout pas en effet se résoudre à voir les produits bios réservés aux seules personnes aisées et laisser les populations les moins fortunées ingurgiter des viandes enrichies en antibiotiques et des fruits et légumes bourrés de perturbateurs endocriniens. »

 

Le marketing par le dénigrement de la concurrence et l'agitation de la peur (de surcroît infondée) est déjà détestable en soi, mais dans cette deuxième citation on descend encore de plusieurs crans dans l'intolérable infamie. On aimerait que M. Dufumier nous prouve, par exemple, que les viandes – non seulement contiennent – mais sont en plus « enrichies » en antibiotiques.

 

Encore un prof d'AgroParisTech qui a quitté l'univers de la science rigoureuse pour entrer dans le militantisme complet.

 

Et avec le recours aux suicides – à l'instar de l'écodéesse Vandana Shiva – on touche au sordide :

 

« Avec un agriculteur qui se tue en moyenne tous les deux jours, le taux de suicides, rapporté au nombre d’actifs au travail, est de 20 % supérieur à la moyenne nationale dans la profession agricole. »

 

Quant aux propositions, comme on peut s'y attendre, c'est favoriser le bio par les obligations d'achat et l'accaparement des subventions ; décourager le conventionnel par une taxation des engrais de synthèse ; sans oublier le développement des circuits courts et l'endoctrinement des masses. Nous employons ici volontairement des mots qui choquent.

 

Il y a aussi cette idée fixe :

 

« L’association plus étroite entre agriculture et élevage pour valoriser les résidus de culture, recycler les effluents d’élevage, fabriquer et épandre du fumier en substitution d’engrais de synthèse, etc. »

 

Comment expliquer que « fabriquer et épandre du fumier » a essentiellement pour effet de déplacer des éléments nutritifs d'un endroit à un autre – typiquement, dans la conception Martine à la ferme de l'agriculture, de la prairie vers le champ ?

 

Mais, soyons optimistes :

 

« Il existe d’ores et déjà des formes d’agriculture alternatives qui permettraient de nourrir correctement et durablement la population française. »

 

Décidément, on ne sort pas du conditionnel, ni de la constatation que, ça existe mais...

 

Mais encore faudrait-il amorcer un changement radical des règles de commercialisation des produits agricoles sur notre marché intérieur et à l’échelle mondiale afin de mieux répondre aux enjeux d’une alimentation saine et d’une agriculture respectueuse de l’environnement dans toutes les régions du monde.

 

On traduit : il faut rogner l'efficacité de la production agricole et alimentaire conventionnelle pour favoriser la sortie du bio de son marché de niche pour riches. Et, comme il faut taire la motivation réelle, il faut invoquer des enjeux prétendument supérieurs. Chut... on ferme les frontières, tant aux importations qu'aux exportations (sauf pour le luxe, bio ou non), on refait la politique de la terre qui ne ment pas, avec beaucoup de main-d'œuvre affectée à des tâches pénibles et ingrates...

 

 

Le bio veut des sous

 

Nous avons donc vu ci-dessus que le monde du bio est idyllique, ou presque... capable – au conditionnel – de nourrir la France (et le monde), hautement rentable...

 

Mais dans le Monde du 24 juillet 2017 (date sur la toile), la journaliste Laurence Girard explique dans un excellent article d'information que « L’agriculture bio [est] en panne de financement » :

 

« Pour conforter le dynamisme de cette agricultur, les tenants du bio demandent que 3 % du budget du premier pilier de la PAC (il s'élève à 7,44 milliards d'euros) […] soient transférés sur le second pilier. »

 

Cela représenterait 230 millions d'euros. Que faut-il entendre par là ? Que les tenants du bio – lire la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) et des « ONG » telles que France Nature Environnement (FNE) souhaitaient une rallonge moyenne, par agriculteur bio, de quelque... 7.000 euros.

 

 

Les transferts de M. Travert

 

Il n'y a pas que l'agriculture française qui va mal : le budget est devenu un casse-tête, y compris le budget agricole.

 

Le ministre Stéphane Travert Stéphane a déclaré s’être retrouvé devant « une impasse financière de près de 853 millions d’euros » pour le financement des aides du pilier II (essentiellement les indemnités compensatoires de handicaps naturels (ICHN) – en faveur du maintien de l’activité agricole dans les zones défavorisées (montagne, piémont et zone défavorisée simple) – et l'aide au bio (conversion et maintien) pour les dernières années du dispositif actuel de la PAC, en vigueur jusqu’en 2020. Notons qu'il est mal placé pour se plaindre : n'a-t-il pas fait partie de la majorité précédente ?

 

Il a décidé de déplacer 312 millions d’euros du pilier I de la PAC vers le second, soit 4,2% des montants des crédits du pilier I.

 

Le Monde (avec AFP) s'en est fait l'écho dans « Politique agricole commune : la répartition des aides va changer ». Parmi les réactions, pour une fois citée, la Coordination Rurale :

 

« …la Coordination rurale juge que ce transfert "revient à prendre dans la poche des agonisants pour soutenir les mourants !»

 

 

Le monde alter et bio en ébullition... le Monde absent

 

Mais cette rallonge irait plus particulièrement vers les ICHN et les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC)... Fureur du monde du bio !

 

Voici par exemple le chapô du communiqué de presse de la FNAB :

 

« Décision du ministre de l'Agriculture, Stéphane TRAVERT, de ne prévoir aucun budget pour les aides à l'agriculture biologique dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible. Les producteur(rice)s bio de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB) dénoncent ce renoncement politique historique. »

 

Nous n'avons pas compris que le gouvernement a supprimé les aides au bio...

 

Cela a bien sûr donné lieu à une pétition, initiée par Agir pour l’Environnement et soutenue par la FNAB (on n'en attendait pas moins d'elle...). Elle est sobrement intitulée, en toute modération : « La bio représente 5,7% des surfaces agricoles françaises mais ne bénéficie que de 2% des aides européennes… et le gouvernement trouve ça encore trop !!! »... escroquerie caractérisée, répétons-le, les 2 % représentant les aides qui s'ajoutent aux aides standard.

 

On peut aussi lire une tribune de 34 « ONG » – il y a dans les signataires des porteurs d'intérêts économiques – sur Kaizen Magazine : « États généraux de l’alimentation : 34 ONG dénoncent le quasi-arrêt des aides à l’agriculture biologique » :

 

« Loin de la dépression qui frappe l’agriculture, la bio a donc le vent en poupe. Et c’est heureux car chaque nouvelle étude vient démontrer et confirmer tout l’intérêt de cette pratique agricole. Pour le bien-être des paysans eux-mêmes et de la rentabilité de leur ferme, pour la santé des consommateurs ensuite ; et surtout pour l’eau, l’air, les sols ainsi que la faune et la flore qui ne sont plus perçues comme des « nuisibles » et autres « mauvaises herbes » à éradiquer mais comme des partenaires sur lesquels construire une nouvelle relation au vivant. Plus résiliente, intensive en emplois locaux et non délocalisables, plus rentable économiquement, capable de réduire l’impact agricole sur le climat, la bio est une solution d’avenir qui fait déjà ses preuves. »

 

Décidément, ces gens ont un problème de positionnement et de choix entre les fanfaronnades et l'humilité du quémandeur de subventions...

 

Le Monde ne s'en est pas vraiment fait l'écho dans « Le changement de répartition des aides agricoles européennes suscite la polémique ».

 

Fatigue ? Prise de conscience du ridicule de la situation ?

 

 

Producteurs bio, exprimez-vous !

 

Par son militantisme, le Monde aura permis à ses lecteurs qui suivent le fil de ses articles sans rebooter entre deux, ou qui auront simplement fait une lecture critique de certaines contributions, de découvrir une farce. Ou plutôt redécouvrir car elle n'est pas conjoncturelle, liée aux États Généraux de l'Alimentation et à l'arbitrage budgétaire.

 

C'est un problème de fond qui s'inscrit dans la durée. Il fait des victimes : les producteurs bio, malmenés par l'idéologie tant technique qu'économique et instrumentalisés par des opérateurs économiques dont la motivation profonde reste leur propre profit (et l'assouvissement du besoin de paraître).

 

Il est grand temps que les producteurs bio prennent leur propre avenir en main.

 

 

Oh ! Et avant de nous quitter...

 

Le rendement du blé bio de 2015 (29 quintaux/hectare) nous ramène aux rendements du début des années 1960 en conventionnel, à l'époque où, selon M. Claude Gruffat, « [o]n est [...] passé d'une industrie de la guerre... à une industrie agricole » pour « permettre à notre pays de devenir autonome en matière alimentaire ».

 

 

 

 

La variété de blé la plus utilisée en bio reste Renan. Elle a été inscrite au Catalogue Officiel en 1989.

 

En 1960, la France comptait 46,81 millions d'habitants (aujourd'hui, nous sommes 67 millions).

 

En 1960, l'espérance de vie était de 69,87 ans. En 2015, elle était de 82,67 ans. On peut être tenté d'écrire, pour reprendre les propos scandaleux de M. Dufumier, malgré « les résidus pesticides sur les fruits et légumes ». En fait, plus de la moitié de nos aliments sont sans résidus de pesticides quantifiables et 97 % sont dans les limites légales, très protectrices. Et, en fait, ces pesticides dont on retrouve parfois des résidus dans les aliments (et dans les cheveux de M. Nicolas Hulot ou le pipi de Mme Michèle Rivasi) contribuent grandement à les rendre plus sains et à nous protéger des intoxications aiguës et chroniques par les mycotoxines, les alcaloïdes et autres substances toxiques de graines de mauvaises herbes vénéneuses, etc. Ce n'est pas malgré, mais grâce à.

 

Vouloir largement diffuser, voire généraliser, la production dite biologique, ce n'est certes pas faire un bond en arrière de quelque 60-70 ans. Les connaissances et les techniques ont considérablement évolué pendant cette période.

 

Mais cette promotion outrancière de l'agriculture biologique implique la renonciation à un ensemble considérable de connaissances, de techniques, de génétique avec des impacts négatifs possibles sur la sécurité sanitaire et certains sur l'environnement. Car il y a une réalité incontournable : en nous limitant au seul aspect du rendement du blé (et en tenant compte des besoins en semences), un hectare en biologique nourrit en moyenne trois fois moins de personnes qu'un hectare en conventionnel.

 

Messieurs Marc Dufumier et consorts sont à l'instar de Nikita Khrouchtchev de grands agronomes. La blague voulait que celui-ci semait le blé en Ukraine et le récoltait au Canada.

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Alberto Guidorzi 02/08/2017 14:34

Il y a un vrai scandale derrière les statistiques du bio de tous les pays européens. Il y a au moins 50-60% de surfaces certifiés bio qui ne produisent rien ou qu0un cultive de la même façon soi en bio que en conventionnel. Ces surfaces sont à la chasse des primes supplémentaires prévus pour le bio et à augmenter les revenues des fédérations du bio. En Italie on a 64% des surfaces déclares bio (en majorité dans le Sud de l’Italie qui ne produisent rien ou la conduite de la culture est la même soit en bio qu’en conventionnel. (la presque totalité des surfaces en herbe). Il faudrait le dénoncer, car la même situation italienne on la trouve en Autrice, en Allemagne, dans les pays de l’Est e même en France je pense.

Seppi 05/08/2017 10:53

Buongiorno,

Merci pour votre commentaire.

Vous touchez là un problème important. Mais il sera sans doute difficile de compiler des statistiques.

Notez que les « chasseurs de primes » existent aussi en conventionnel.