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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Végans : pitié pour vos enfants !

10 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Santé publique

Végans : pitié pour vos enfants !

 

Glané sur la toile 155

 

 

Le Figaro vient de mettre à jour une tribune publiée à l'origine en février 2017, « Mode vegan : pourquoi il faut épargner les enfants » du Pr Patrick Tounian, chef du service de nutrition et gastro-entérologie pédiatriques, hôpital Trousseau, Paris.

 

En résumé :

 

« Ce type d’alimentation conduit les enfants vers des déficiences nutritionnelles dont ils subiront les conséquences tout au long de leur existence. »

 

L'auteur s'adresse sans nul doute à des huitres fermées – oups ! La comparaison est incongrue... – lorsqu'il écrit :

 

« Les adeptes de cette mode dite "vegan" (végétalisme) qui consiste à rejeter tous les produits provenant de l’exploitation des animaux se multiplient. Ce type d’alimentation n’est pourtant pas adapté à l’espèce humaine dans la mesure où il augmente le risque de carences nutritionnelles. Mais c’est lorsqu’elle est imposée à un enfant que cette déviance alimentaire devient grave. »'

 

Il y a en effet les mots « adeptes » et « mode » ; c'est peu compatible avec le rationnel. Sera-t-il entendu pour la suite ?

 

« Les pédiatres voient de plus en plus de nourrissons souffrant de carences sévères en raison de la substitution de leur lait par des boissons végétales à base de châtaignes, amandes, noisettes, riz ou soja. Les carences qu’entraîne leur consommation peuvent avoir des conséquences irrémédiables, tout particulièrement lorsqu’elles atteignent le développement cérébral. Ces complications peuvent même conduire au décès, comme nous avons pu malheureusement le constater ces dernières années. »

 

Le dernier exemple en date à avoir été relaté dans la presse, c'est un bébé d'un couple de végétariens belges, propriétaires d’un magasin biologique (on n'ose imaginer les conseils qu'ils on pu donner à leurs clients) – voir par exemple ici.

 

Le Pr Tounian pose un diagnostic plutôt juste sur les responsabilités :

 

« Les responsables de cette déviance alimentaire mortifère ne sont pas les parents, mais ceux qui les incitent à y sombrer. Naturopathes, homéopathes et ostéopathes sont parmi les principaux prescripteurs de boissons végétales. Ils utilisent, souvent avec talent, leur statut de soignant pour avancer de fausses certitudes et convaincre ainsi des parents crédules ou simplement sensibles à ce mode de pensée, et ceci malgré la vacuité scientifique de leurs propos. Les industriels commercialisant ces ersatz de lait infantile sont complices de cette dérive en cherchant parfois à inciter les acheteurs à les donner aux nourrissons... »

 

Quoique... à lire les commentaires sous certains articles, on peut se demander si les adeptes ne tombent pas dans l'excès et, forts des connaissances qu'ils ont dû acquérir pour équilibrer (tenter d'équilibrer) leur alimentation, se ferment comme des... ah non, pas deux fois... aux réalités.

 

Le paragraphe précité se poursuit avec une phrase qui aurait mérité d'être mieux mise en valeur :

 

« ...Le législateur serait ainsi bien inspiré d’instaurer l’obligation de faire figurer sur l’étiquetage de ces produits et sur les sites les mettant en vente une mention stipulant le danger de leur utilisation chez le nourrisson. »

 

Pourquoi ne pas franchir une étape de plus ? Ce qui a été fait pour l'alcool et la cigarette peut sans nul doute être reproduit, avec les adaptations nécessaires, pour les charlataneries alimentaires modernes. L'information peut aussi être rendue obligatoire dans les maternités et les consultations prénatales et pédiatriques.

 

Au lieu de distribuer des subsides tous azimuts – que ce soit directement, par les crédits d'impôts ou encore les emplois aidés – à des associations dont certaines sont manifestement nuisibles à l'intérêt public, les collectivités pourraient aussi contribuer à la lutte contre les dérives sectaires en matière d'alimentation en promouvant des activités de veille et de correction.

 

Il faut prendre la mesure du problème de ces déviances, d'une véritable maltraitance nutritionnelle (voir ici un autre article du Pr Tounian). Il ne s'agit pas seulement de la mort, de temps en temps, d'un bébé, mais des atteintes à la santé et à l'avenir de nombreux enfants.

 

Des enfants qui devraient avoir droit aux mêmes attentions que ceux qui sont confrontés à un problème d'obésité.

 

C'est un problème de santé publique.

 

 

Mme Elvira Savino, députée italienne. En août 2016, elle a déposé une proposition de loi punissant de deux années de prison les parents qui imposent un régime végan à leurs enfants. Est-ce bien nécessaire ? En France, un couple a été poursuivi en 2013 pour « privation de soins et/ou d'aliments compromettant la santé d'un mineur par ascendant ». Bien entendu, la garde de l'enfant leur avait été retirée.

 

P.S. 1

 

Le Pr Tounian nous sert aussi une intéressante réflexion :

 

« Vraisemblablement conscients de la pauvreté de leur raisonnement scientifique, ils [je résume : les charlatans] n’ont souvent d’autre issue que d’accuser les experts d’être vendus aux industriels de l’agroalimentaire pour s’y opposer. Il est exact qu’un grand nombre de médecins et de chercheurs ont des liens d’intérêt avec les industriels de la filière bovine, et j’en fais partie. Mais soyons clair, ce sont les industriels qui viennent acheter les services de ces scientifiques, et non l’inverse. Mais en aucun cas un médecin réputé ne risquerait sa carrière et sa renommée pour proclamer des thèses incompatibles avec son éthique scientifique. »

 

Les industriels et autres camelots de la charlatanerie alimentaire viendraient-ils « acheter les services de ces scientifiques » ? On peut en douter...

 

 

P.S. 2

 

Et pendant ce temps, le Monde publie non pas un, mais trois articles faisant l'article du véganisme : « Demain, tous végans ? », « Manger végan sans se priver de mousse au chocolat », et « Changement de régime chez les végans », deux pleines pages sur la version papier.

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M? 10/07/2017 22:21

Hummm... techniquement si je ne mange que du riz blanc à tous les repas je suis vegan. Lorsque je vais (forcément ) tomber malade devra t-on en conclure que tous les vegans sont des imbéciles qui vont tomber malade ? De la même manière on peut raisonnablement avancer qu'Hitler aimait sa mère. Doit on en conclure que les gens aimant leur mère sont tous des nazis ? Stupide n'est ce pas ? Autant que le raisonnement ci-dessus.
Que des personnes vegans nourrissent mal leurs gosses, cela est avéré, tout comme de bons omnivores compromettent la santé de leurs enfants en faisant n'importe quoi. Ce n'est pas une question de définition de régime mais une question de recherche de l'équilibre alimentaire en fonction des besoins de chaque âge.
Bref article particulièrement plein de poncifs sans efforts de recherches et de réflexions alors qu'il y avait beaucoup à dire aussi bien à "charge" qu'à "décharge" concernant le veganisme.

L'honnêteté intellectuelle n'est pas qu'un ornement que l'ont arbore que lorsque ça nous arrange cher SEPI...

Seppi 11/07/2017 08:36

Bonjour,

Merci pour votre commentaire (si, si).

« Ce n'est pas une question de définition de régime mais une question de recherche de l'équilibre alimentaire en fonction des besoins de chaque âge » ?

On peut être d'accord. Sauf qu'il y a un problème de santé publique quand un régime particulier, quel qu'il soit, conduit dans x % des cas à des déséquilibres chez le nourrisson, l'enfant ou l'adulte. Et, à partir d'un certain niveau de x, défini empiriquement, de mesures de santé publique, à définir, devraient être prises. L'alerte du Pr Tounian en est une.