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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Vaccinations obligatoires, rhétorique ensorceleuse et vérités martelées

1 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Santé publique

Vaccinations obligatoires, rhétorique ensorceleuse et vérités martelées

 

La rhétorique de la peur en image (source)...

 

 

La question de l'extension des vaccinations obligatoires de trois à onze maladies occupe bien les médias. Il est difficile de mesurer les « forces » en présence. Voici donc un petit florilège.

 

L'opposition frontale à la vaccination n'étant pas politiquement et médiatiquement correcte, salonfähig, la contestation se fait madrée, sournoise. Les ingrédients sont souvent les mêmes, en dosages variables : pas la bonne solution ; la liberté et la responsabilité individuelles ; les effets des vaccins (efficacité et effets secondaires) ; les profits de big pharma ; les conflits d'intérêts...

 

 

Le Monde Idées...

 

Le Monde a proposé le 28 juin 2017 (date sur la toile) le discours qui nous semble le plus ensorceleur : « Au sujet des vaccins, l’obligation n’est pas la solution », avec en chapô :

 

« Dans sa tribune au "Monde", Luc Perino, médecin généraliste et écrivain, plaide pour une vaccination libre et responsable pour améliorer la couverture de la population. »

 

On peut rire – jaune – quand on lit :

 

« Supprimer toutes les obligations vaccinales présenterait assurément plusieurs avantages : priver les sectes antivaccinales de leur meilleure arme ; éviter les suspicions de collusions d'intérêt ; redonner la première place à l'information et à l'éducation qui ont grandement fait leurs preuves en ce domaine. »

 

Analysez cela dans le contexte actuel où seuls trois vaccins sont obligatoires...

 

 

... et Tout se passe comme si (blog du C@fé des Sciences)

 

Sur Tout se passe comme si, on n'a pas apprécié. Cela donne « L’hypocrisie du débat sur la vaccination obligatoire » :

 

« Ce qui me frappe, c’est que l’on ne voit pas tant de débats "raisonnables" sur l’obligation de la ceinture de sécurité, de ne pas vendre de tabac et d’alcool aux mineurs, l’obligation d’indiquer des dates de péremption, etc. C’est seulement là où il y a un mouvement social anti mesure de sécurité, qui se trouve être anti-scientifique, que l’on a ce type de débats. Alors lorsque l’on « pose juste la question », on ne soutient pas ces mouvements explicitement. Mais on leur donne une légitimité en tant que partenaire de débat raisonnable. Légitimité qu’ils n’ont pas plus que les créationistes ou les dénialistes du lien SIDA-HIV. »

 

Si vous comprenez l'anglais et disposez d'une demi-heure :

 

 

 

L'Obs...

 

Sur l'Obs, le Dr Dominique Dupagne lance un « L’obligation vaccinale est une fausse bonne idée ».

 

On peut crier au scandale quand on lit par exemple :

 

« La ministre a insisté sur une recrudescence de cas mortels de rougeole – 10 depuis 2008 – et de méningite pour justifier ce choix.

 

Revenons en arrière pour mieux comprendre l’inanité de cet argument.

 

Les propos de Mme Buzyn n'avaient qu'une valeur illustrative dans son interview au Parisien du 15 juin 2017. Et qu'un médecin puisse considérer implicitement que 10 morts évitables sont acceptables...

 

Ces morts, ce sont maintenant des enregistrements à l'état civil. À côté, il y a eu un millier d’hospitalisations en soins intensifs. Combien de handicapés à vie ?

 

Mais le plus navrant est sans doute :

 

« Oui, mais l’église de vaccinologie raconte n’importe quoi avec un aplomb déconcertant. »

 

 

...et Le Monde Riant

 

Notre ami en rationalisme le Monde Riant n'a pas apprécié. Cela donne une nouvelle vidéo, « Zététique et journalisme - 20 - Vaccination et obligation »

 

 

 

France Inter

 

Le docteur Dupagne a aussi sévi sur France Inter. C'est toujours aussi ahurissant (le texte est de France Inter) :

 

« Si vous transposez ce discours en politique, vous obtiendrez mot pour mot la justification initiale de tous les régimes totalitaires, et on ne peut pas dire que l’Argentine, le Chili ou l’URSS aient constitué des modèles convaincants. Pour le Dr Dupagne, il en sera de même en cas d’obligation vaccinale étendue : la défiance deviendra généralisée et même si quelques vies supplémentaires sont sauvées dans un premier temps, ses conséquences seront dramatiques à terme. »

 

 

Le blog de Dominique Dupagne

 

Le thème ne change évidemment pas : « L’obligation vaccinale est une fausse bonne idée ».

 

Nous retiendrons de ce salmigondis le résumé suivant d'un sondage IPSOS :

 

 

 

 

« Les français traversent une crise de confiance vis-à-vis des vaccins, confirmée par un sondage IPSOS en octobre 2016 », écrit-il ? « L’homéopathie obtient un score supérieur à celui des vaccins, ce qui est tout de même ahurissant pour l’un des plus grands progrès sanitaires de tous les temps (avec le traitement des eaux et les antibiotiques). » ? N'est-il pas ahurissant de comparer le score des vaccins avec ceux d'éléments de santé auxquels les Français sont confrontés tous les jours (et dont ils sont du reste grands consommateurs) ?

 

Il y a aussi un encadré, « Quelques exemples de mensonges éhontés "pour la bonne cause" ». Le titre est tout à fait approprié, mais pas dans le sens initialement prévu. Il y a notamment :

 

« Auditionnée par le Sénat, une professeur de pédiatrie, membre du Comité Technique des Vaccinations à la Direction Générale de la Santé, explique que la grippe tue un enfant sur cinq (en réalité un sur cinquante mille). »

 

 

Le Pr Catherine Weil-Olivier a-t-elle vraiment dit ça ? Non ! Elle a évoqué « un risque sur cinq de faire une forme grave si on attrape la grippe » (à 00:30).

 

Mais n'insistons pas sur la rhétorique sophistique. Il y a cette conclusion :

 

« Un ami qui travaille en entreprise me faisait part récemment d’une décision absurde prise par ses collègues pendant une réunion où il était présent. Il les avait pourtant régulièrement mis en garde contre ce mauvais choix, mais pendant cette réunion, il a choisi de ce taire. Comme je l’interrogeais sur les raisons de cette passivité, il m’a fait une réponse qui me revient souvent à l’esprit : "À un moment, il faut que les couillons se prennent des tartes dans la gueule, il n’y a que comme ça qu’ils comprennent."... Je suis très triste pour les enfants d’antivaccinaux qui mourront du tétanos en cas de levée de l’obligation vaccinale, mais si c’est à ce prix que l’on peut restaurer la confiance des français dans les vaccins, le jeu en vaut la chandelle, car un nombre de vies supérieur sera épargné grâce à la confiance retrouvée. »

 

« ...restaurer la confiance » grâce à la mort d'enfants non vaccinés par des parents irresponsables... Pouah !

 

 

Le Parisien

 

Ils sont montés au créneau avec de l'artillerie : « 200 grands médecins s'engagent en faveur de la vaccination obligatoire ». Cela donne une pétition avec des arguments hélas trop peu entendus :

 

« La communication officielle insuffisante de ces dernières années et les hésitations de certains médecins se sont conjuguées pour égratigner l’image de la vaccination dans le public et laisser libre cours aux spéculations sur son efficacité ou sa toxicité.

 

Parce que la vaccination systématique a permis d’éradiquer des maladies, telle la variole,

 

Parce que la réduction du taux de couverture vaccinale de la population a entraîné la recrudescence de certaines maladies comme la rougeole,

 

Parce que les vaccins sont bien tolérés et que toutes les études internationales ont permis d’infirmer les allégations de maladies auto-immunes, neurologiques ou musculaires prétendument induites par les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons, la rubéole, la coqueluche, l’hépatite B, les infections dues au pneumocoque, à haemophilus influenzae, et au méningocoque C,

 

Parce que la vaccination n’est pas seulement un choix personnel n’ayant de bénéfices que pour la personne vaccinée mais qu’elle vise la protection de la population, en particulier enfants , personnes âgées ou fragiles,

 

Parce que l’impact financier important pour l’industrie pharmaceutique doit justifier la transparence des coûts et le cas échéant une baisse des prix mais en aucun cas l’opposition aux vaccinations, (un vrai souci de santé publique étant les ruptures d’approvisionnement des pharmacies),

 

Parce que l’attente est forte de nouveaux vaccins permettant l’éradication du paludisme ou des maladies ayant émergé ces dernières décennies comme l’infection par les virus VIH, hépatite C, Ebola, Zika…

 

Parce que les lobbys anti-scientifiques et anti-vaccination et adeptes des médecines dites naturelles, manipulent l’opinion en jouant sur la peur sans apporter la moindre preuve de leurs allégations,

 

Parce que le principe de précaution doit ici se traduire par l’application du principe de prévention, nous professionnels de santé signataires approuvons le projet de rendre 11 vaccins obligatoires (*)

 

Parce que ces vaccins sont efficaces contre des maladies graves (ou potentiellement graves), en règle contagieuses, dans le contexte d’une couverture vaccinale nationale dangereusement insuffisante.

 

(*) En plus de la diphtérie, tétanos, polio, déjà obligatoire, elle propose d’étendre l’obligation à la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, bactérie haemophilus influenza, pneumocoque, méningocoque C. »

 

Les commentaires... hélas !

 

Il y a deux articles complémentaires : « Pourquoi ces 200 médecins disent oui aux vaccins obligatoires » et « Santé: 200 médecins lancent un appel pour la vaccination obligatoire » (texte de l'AFP, repris par d'autres journaux).

 

 

Le Monde Sciences

 

Ils sont moins nombreux mais tout aussi pertinents : « Vaccins : science ou rumeurs, il faut choisir ».

 

L'entrée en matière :

 

« Dans le débat sensible en cours sur la vaccination, nous avons récemment perçu dans certains médias, y compris dans les colonnes du Monde, une dérive inquiétante. Elle tend à donner la parole plus largement aux "lanceurs d’alertes", même fausses ou non confirmées, qu’aux experts académiques dont l’exigence de rigueur médico-scientifique est moins vendeuse. On cherche de plus à disqualifier ces derniers en les accusant systématiquement de connivence avec l’industrie pharmaceutique selon une application bien sentie du principe de la théorie du complot. »

 

Bien vu !

 

Bfmtv avec Santé Magazine

 

C'est un autre article qui fait utilement dans la pédagogie : « Vaccination: les idées reçues qu'il faut oublier » (ici et ici) de Mme Alexandra Bresson. Les idées reçues ?

 

  • Le vaccin contre la grippe saisonnière n'est pas efficace

     

  • L'aluminium contenu dans les vaccins est dangereux

     

  • Les vaccins ont des effets secondaires nocifs à long terme

     

  • Pas besoin de se faire vacciner contre des maladies quasiment éradiquées

     

  • Mieux vaut s’immuniser par la maladie que par les vaccins

 

 

La rhétorique de la confiance sur Bfmtv

 

France 2

 

Une séquence d'introduction « moitié-moitié » (comme une certaine fondue...), mais une grosse moitié pédagogique, « Santé : bientôt 11 vaccins obligatoires ? », suivie du Dr Jean-Daniel Flaysakier, « Santé : la nécessité d'informer et de sensibiliser sur la question des vaccins ».

 

 

 

C'est repris et développé sur son blog : « Vaccination : expliquer, informer, débattre avant d’imposer ».

 

L'article est suivi quelques jours après par un autre billet, « Coqueluche :une recrudescence de cas liée à un double effet aux Etats-unis et un peu chez nous ».

 

Nous trouvons le Dr Flaysakier fort accommodant (repris de FranceTVInfo) :

 

« Elle a raison de s'interroger et elle devrait en profiter pour ouvrir un vaste débat avec beaucoup d'informations, beaucoup d'explications pour qu'on puisse convaincre les gens de retourner vers la vaccination. Parce qu'avec moins de 95% des personnes vaccinées, il n'y a pas d'efficacité. Alors, il ne faut peut-être pas faire 11 vaccins, il faut peut-être prendre le temps d'en discuter. Mais il est certain qu'il faut faire des progrès sur certains vaccins comme celui contre la rougeole et la rubéole. »

 

Nous pensons au contraire que l'approche par étapes ne fera que fournir des occasions répétées aux anti-vaccins de diffuser leurs mensonges.

 

Mais sur un autre plan, M. Flaysakier n'a pas mâché ses mots :

 

« L'an passé, 52% des Français considéraient les vaccins peu sûrs, ont-ils raison ? "Non, sur ce sujet il y a eu d'énormes campagnes de désinformation. Quand on voit ce qui se passe sur la rougeole, où un médecin anglais radié à vie a prétendu que le vaccin anglais antirougeole pouvait être à l'origine de l'autisme, et que l'on voit des familles refuser de faire vacciner des enfants. Il y a quand même eu 10 morts en neuf ans en France à cause de la rougeole. Il y a des enfants qui ont des séquelles neurologiques définitives. Et il y a des enfants qui ont des atteintes pneumologiques définitives. Tout ça à cause d'un mensonge propagé par un faussaire et un escroc", continue le docteur.

 

 

Hors concours...

 

Le faussaire et l'escroc, c'est M. Andrew Wakefield. Cela nous renvoie à la députée européenne écolo Michèle Rivasi.

 

Le 16 juin 2017, sur le Parisien, c'était : « Onze vaccins obligatoires ? Une eurodéputée s'interroge "sur le cadeau fait aux laboratoires" ». Cela résume fort bien le délire obsessionnel de la dame.

 

Traduisons : que des laboratoires fassent des profits, c'est inacceptable. Tant pis si le prix à payer est que des enfants (et des adultes) meurent ou soient handicapés à vie pour ne pas avoir été vaccinés.

 

Politis a produit un article sur la récente décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne, « Sclérose en plaques : le vaccin contre l’hépatite B mis en cause »... à côté de la plaque ! Relevons ceci, sachant que le projet de Mme Agnès Buzyn inclut la vaccination contre l'hépatite B :

 

« Cette décision de la justice européenne pourrait-elle freiner Agnès Buzyn ? Le vaccin contre l’hépatite B fait partie des onze vaccinations que la ministre de la Santé souhaite rendre obligatoires en France. "Cela risque de ne rien changer au projet de loi de la ministre, complètement empreint de conflits d’intérêts. En revanche, elle vient renforcer la défiance des citoyens", résume Sébastien Barles, assistant de l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi sur les questions de santé. »

 

Les conflits d'intérêts ? Le deuxième bourrin de bataille de ces gens...

 

Les deux sont rejoints dans l'ignominie par son collègue Pascal Durand.

 

 

 

 

Pitoyable.

 

 

Et pendant ce temps...

 

Santé Magazine interroge : « Tuberculose : doit-on revenir à une vaccination obligatoire ? »

 

Le contexte :

 

« Suite au décès d’un enfant de 5 ans des conséquences d’une tuberculose en avril dernier, certains habitants de la commune de Smarves, dans le département de la Vienne, ont subi un dépistage. Un enseignant a été diagnostiqué positif à la maladie. Ayant été en contact avec les élèves dans sept écoles de la région en raison de différents remplacements au cours de l’année 2015-2016, il a pu transmettre des bactéries par voix aérienne. C’est pourquoi près de 150 enfants vont bénéficier d’un test de dépistage. »

 

 

P.S.

 

L'article de Politis a fait l'objet d'un commentaire lumineux du Dr Manet, épidémiologiste. Il ne nous en voudra certainement pas de le reproduire :

 

« Cet article illustre bien la difficulté à comprendre le raisonnement scientifique en épidémiologie.

 

Il faut commencer par poser plusieurs éléments.

 

La SEP (sclérose en plaques) est une maladie qui survient de façon tout à fait inopinée, habituellement entre 20 et 50 ans, de façon aléatoire. On découvre environ 10 cas par jour en France.

 

Dans la mesure où la SEP est une maladie terrible, incompréhensible, qui tombe inopinément sur des personnes en parfaite santé jusqu’alors, on comprend très bien que les victimes cherchent à rationaliser ce qui leur arrive et à trouver une cause externe à leur malheur. Le réflexe spontané est alors d’accuser n’importe quel événement survenu dans les semaines précédentes. Or il est tout à fait attendu, statistiquement, que sur les 4000 SEP découvertes en France chaque année, quelques-unes surviennent dans les semaines qui suivent une vaccination contre n’importe quoi, une fracture du poignet, la consommation d’une choucroute ou une visite du château de Versailles. Cela n’établit pas une relation de cause à effet.

 

Un neurologue français a publié en 1994 une série de quelques cas dans lesquels l’apparition d’une SEP avait suivi de quelques semaines une vaccination contre l’hépatite B. Cet article, dépourvu de toute analyse statistique temporelle, a déclenché une polémique franco-française que les étrangers considèrent avec stupéfaction.

 

De nombreuses études scientifiques ont alors repris le problème à très grande échelle dans les 2 sens :

 

- dans les mois qui ont précédé le diagnostic d’une SEP, a-t-on pratiqué plus de vaccin HB que dans la population standard ?

 

- dans les mois qui ont suivi une vaccination HB, observe-t-on plus de SEP que dans la population n’ayant pas eu de vaccin ?

 

Des millions de cas de vaccination ont été suivis. Dans les 2 cas, la réponse a été extrêmement claire : non. Il n’y a donc aucun lien scientifiquement démontré entre le vaccin HB et la SEP.

 

Maintenant, il faut comprendre le raisonnement judiciaire, qui n’a rien à voir avec le raisonnement scientifique.

 

En effet, le raisonnement scientifique repose sur l’analyse statistique. Dans ce cadre, il n’est pas mathématiquement impossible que, du fait du caractère aléatoire de la survenue de la maladie, des cas réellement liés à la vaccination se soient exceptionnellement répartis d’une façon qui simule la survenue spontanée des SEP. On sait calculer ce risque d’erreur. La conclusion des études scientifiques n’est donc jamais : "Non, il n’existe pas de liaison entre vaccination et SEP", mais "le risque de se tromper en affirmant qu’il n’y a pas de liaison est inférieur à 0,1% (par exemple)". Les avocats de victimes de SEP ont surfé sur cette ambiguïté de la formulation scientifique et, à force de persévérance et en répétant les procès en toutes occasions, ont réussi à trouver plusieurs juges qui ont condamné les producteurs de vaccin "au bénéfice du doute qui doit profiter à la victime". En effet, la condamnation européenne n’est pas la première, et la Cour de cassation française a également rendu ce genre de jugement. À chaque fois, il est d’ailleurs précisé que la décision est prise à rebours de toute considération scientifique.

 

S’il ne s’agissait que de condamner quelques riches laboratoires à verser des millions à des personnes très malheureuses, cette aberration ne serait pas bien grave. Cependant, les conséquences en termes de santé publique de ce type de jugement irresponsable ne sont pas du tout anodines.

 

Il faut comprendre que le virus n’existe que dans l’espèce humaine ; il suffirait donc de vacciner toute une génération pour faire disparaitre définitivement cette maladie. C’est ce qui a été fait avec succès pour la variole. C’est possible pour l’hépatite B, à condition de vacciner toute la population à la naissance. L’enjeu est d’importance.

 

En effet, l’hépatite B est une maladie grave, qui entrainait avant la vaccination des milliers de morts par an, par 2 mécanismes :

 

•  l’hépatite fulminante, forme grave qui tue très rapidement

 

•  l’hépatite chronique, qui se transforme en cirrhose et parfois en cancer du foie, tuant les patients 20 à 50 ans après la contamination.

 

Un malade touché par l’hépatite va néanmoins en guérir dans la plupart des cas ; mais il risque de se transformer en porteur chronique, pouvant entretenir la chaine de transmission du virus. En effet, si plus de 95% des cas de transmission de l’hépatite se font par le sexe ou le sang, il reste quelques cas de transmission d’origine inconnue, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants.

 

Dans cette optique, la décision avait été prise dans les années 90 de rendre obligatoire cette vaccination chez le nourrisson. Devant la polémique, Bernard Kouchner a alors pris, pour des raisons purement politiciennes, la décision catastrophique de supprimer la vaccination obligatoire. Il a ainsi fait perdre des décennies de couverture vaccinale à notre pays, endossant la responsabilité de milliers de morts par cirrhose et par cancer.

 

Dans Politis, où on aime à dire qu’il vaut mieux prévenir par des méthodes simples que guérir à coup de traitements coûteux et pas si inoffensifs, on se devrait de promouvoir la vaccination généralisée contre l’hépatite B, même si celle-ci nécessite des vaccins fabriqués par de méchants industriels.

 

Dr Manet, épidémiologiste »

 

 

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flaysakier 01/07/2017 17:09

Rivasi a invité Wakefield à Bruxelles et présenté le docu de cet escroc à Paris.
Cette " spécialiste" des questions de santé avait deja expliqué que les fabricants de prothèses mammaires étaient à l'origine du choixl d'Angelina Jolie de subir une double mastectomie en raison de son statut BRCA1

Seppi 01/07/2017 19:15

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Sur Rivasi et Wakefield, il y a une série d'articles sur ce site. Au fait, l'escroc était à Paris :

http://seppi.over-blog.com/2017/02/vaccins-rivasi-a-dit.a-t-elle-menti-ou-a-t-elle-ete-grugee-par-ses-sous-traitants.html

Sur Rivasi et Jolie, il y a, sur un autre site :

http://imposteurs.over-blog.com/article-michele-rivasi-sur-angelina-jolie-ignoble-indecent-revoltant-par-wackes-seppi-118230625.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-michele-rivasi-comment-faut-il-entendre-mise-a-jour-par-wackes-seppi-118509836.html

Je crains malheureusement qu'il faille en écrire d'autres à l'avenir.