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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quand Greenpeace se trouve traîné devant les tribunaux – une réponse au Monde

4 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Greenpeace, #critique de l'information

Quand Greenpeace se trouve traîné devant les tribunaux – une réponse au Monde

 

 

 

 

 

Alerte Environnement nous a précédé avec « Greenpeace pointé du doigt ! », et c'est tant mieux.

 

Résumons : au Canada, la pompe à fric de Greenpeace, c'est la protection des forêts et, accessoirement des caribous des forêts. Et la technique bien rodée consiste à s'en prendre à une ou plusieurs entreprises (nous avons connu ça en France, récemment, avec Leclerc).

 

 

Résolu se rebiffe résolument

 

La tête de turc, c'est le papetier Produits Forestiers Résolu (PFR) – Resolute Forestry Product (RFP) en anglais. La com' de Greenpeace ayant franchi la ligne jaune, PFR a intenté des actions en justice au Canada et aux États-Unis d'Amérique. Dans ce dernier pays, c'est sur la base du Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act (RICO), la loi sur les organisations influencées par des racketteurs et corrompues adoptée en 1970 pour lutter contre la mafia.

 

 

Aux États-Unis, ce n'est pas comme en France où des juges bienveillants et pleins de mansuétude n'ont rien trouvé de litigieux dans un titre de Greenpeace qui fait référence à des pommes empoisonnées. En fait, Greenpeace doit se sentir plutôt mal à l'aise. Il a donc profité d'une petite victoire de procédure, sans incidence sur le fond et les menaces qui pèsent sur lui, pour lancer une campagne mondiale de défense... de la liberté d'expression (pour la France, voir notamment ici, ici et ici, avec des liens vers d'autres documents).

 

Alerte Environnement nous propose une analyse détaillée, avec force citations. C'est équilibré... tout le contraire du Monde (Planète évidemment) avec son « Un forestier canadien veut "bâillonner" Greenpeace » (voir aussi ici, la production de l'AFP).

 

 

Une responsabilité collective

 

Nous soulignerons cette déclaration de Résolu :

 

« Trop nombreux sont les dirigeants qui, lorsqu’ils ont affaire à de mauvais joueurs comme ceux-là, veulent calmer le jeu et être accommodants, fuir la moindre controverse et éviter d’être une cible. Qu’importe que des activistes irresponsables inventent des faits ou agissent sans scrupule ou pour leur propre intérêt. Il est plus facile de capituler, de payer et de les amadouer.

 

Mais il n’y a rien comme agir correctement. Dans ce cas-ci, ne pas condamner revient à fermer les yeux. En qualité de dirigeants d’entreprise, nous avons la responsabilité collective, non seulement de protéger l’avenir de notre Société, mais aussi de défendre la viabilité à long terme des collectivités où nous sommes présents ainsi que le gagne-pain de nos employés. Il s’agit là de principes fondamentaux d’une bonne gouvernance d’entreprise. »

 

 

Quand Greenpeace donnait des leçons...

 

Et voici une déclaration grandiloquente de Greenpeace (source secondaire, dans l'original, cela devait être un simple texte) :

 

« Il y a aussi une responsabilité qui va avec la liberté d'expression – qui est fondée sur l'honnêteté et la transparence. La liberté d'expression ne s'applique pas à la désinformation et la propagande. »

 

Elle a disparu du site de Greenpeace, mais pas de la toile... La revoici, dans son contexte, une FAQ sur « ExxonSecrets » :

 

« Les négationnistes n'ont-ils pas droit à la liberté d'expression ?

 

Il y a une différence entre la liberté d'expression et une campagne pour nier la science du climat dans le but de saper l'action internationale sur le changement climatique. Toutefois, il y a aussi une responsabilité qui va avec la liberté d'expression – qui est fondée sur l'honnêteté et la transparence. La liberté d'expression ne s'applique pas à la désinformation et la propagande. »

 

 

...qu'il s'est efforcé d'oublier...

 

Et voici la réalité :

 

(Source)

 

Et quid du Monde ?

 

Nous avons déjà écrit ci-dessus ce que nous pensions du « Un forestier canadien veut "bâillonner" Greenpeace » du Monde Planète. Soulignons simplement un intertitre : « Résolu se pose en victime de Greenpeace »

 

Résolu a tenté de répondre au Monde. Voici ce qu'il écrit sur le blog relatif au litige... une réponse que vous ne lirez pas sur le journal qui fut de référence :

 

Le 20 mai 2017, le journal français Le Monde a publié un article rapportant un certain nombre de faits trompeurs qui semblaient avoir été repris sans discernement de publicités de Greenpeace. La journaliste parisienne spécialisée en environnement Patricia Jolly a fait preuve de parti pris en présentant un « rapport » de Greenpeace qui ne contient en fait aucune nouvelle information. Ce document ne fait que remâcher les nombreuses déformations de la réalité et les faussetés dont sont truffées les attaques irresponsables de l’organisation à l’endroit de Résolu depuis des années. 

Nous avons déboulonné chaque accusation formulée dans ce document ou y avons répondu, comme l’indiquent les précisions que nous avons fournies dans ce billet de blogue avant même la parution de l’article dans Le Monde. Et dans chaque cas, nous avons donné une réponse transparente, au vu et au su du public et des multiples parties prenantes de la région boréale. Le résultat? De nombreux organes médiatiques crédibles ayant enquêté sur notre différend avec Greenpeace et ses alliés – du Wall Street Journal au Washington Post en passant par le National Post et l’émission Enquête – ont soulevé des questions quant à l’interprétation des faits erronée de Greenpeace, ses tactiques douteuses, ses motivations profondes, ou tous ces éléments à la fois. 

Nous avons tenté d’entrer en contact avec le rédacteur du journal 
Le Monde pour qu’il publie notre réponse à son article, mais il n’a pas donné suite à notre demande. Nous vous présentons ici notre réponse intégrale.

 

Tribune libre 
Le Monde

Un article récemment paru dans Le Monde [Un forestier canadien veut « bâillonner » Greenpeace] induit les lecteurs en erreur quant à la nature de notre litige avec Greenpeace, et ne tient pas compte de sa position hypocrite sur la question de la liberté d’expression.

Les offensives de Greenpeace vont bien au-delà de la simple opinion. Comme l’attestent nos documents juridiques déposés en cour, Greenpeace pratique depuis des années une campagne de désinformation publique à propos de nos pratiques forestières – elle usurpe l’identité de nos employés, attaque le site Web de nos clients et harcèle les entreprises avec lesquelles nous traitons, les menaçant entre autres d’une campagne de dénigrement semblable. Voilà les graves infractions qui nous ont obligés à intenter une poursuite en justice.

Lorsque Greenpeace et ses alliés ont été contraints de rendre compte de leurs déclarations en cour, ils ont commencé à changer de discours. Leurs condamnations de nos pratiques forestières « n’ont respecté ni la littéralité ni la précision scientifique », comme ils le concèdent dans les documents juridiques qu’ils ont déposés en cour. Leurs accusations contre Résolu étaient plutôt des « hyperboles », de la « rhétorique enflammée » et des « énoncés d’opinions subjectives non vérifiables » ne devant pas être pris dans « leur sens littéral » ni entraîner leur responsabilité juridique. 

Greenpeace prétend maintenant qu’elle est une martyre de la liberté d’expression. Mais il n’est pas question ici de liberté d’expression. Comme le dit elle-même Greenpeace sur son site Web : « La liberté d’expression ne s’applique pas à la désinformation ni à la propagande ». Bien que nous soyons entièrement d’accord avec cet énoncé, vos lecteurs méritent de savoir que Greenpeace ne semble pas penser qu’il s’applique à sa propre conduite. 

Sincèrement, 
Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu


 

 

 

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