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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La plupart des articles anti-OGM présentent de graves défauts

31 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #OGM

La plupart des articles anti-OGM présentent de graves défauts

 

Fallacy Man*

 

Où sont les photos pour les témoins ? Il n'y en a pas !

 

Malheureusement, de mauvais articles sont parfois publiés, et leurs résultats défectueux sont souvent salués par les membres de la communauté anti-science comme preuves à l'appui de leurs positions. En conséquence, il est extrêmement important de regarder l'ensemble de la littérature sur un sujet particulier et d'examiner de manière critique les articles eux-mêmes. Le plus souvent, lorsque vous regardez la littérature sur un sujet scientifique, vous constaterez que la plupart des études ont convergé sur une conclusion cohérente, et que quelques articles ayant valeur d'exception sont parvenus à la conclusion inverse ; mais ces exceptions sont généralement truffées de problèmes et publiées dans des revues mineures. Ainsi, il est imprudent de s'accrocher à la poignée d'articles qui vont dans votre sens et de négliger la grande majorité des articles qui vont en sens contraire.

 

La médiatisation à grande échelle... un autre signal d'alerte !

 

Il s'agit d'un problème répandu, sur lequel j'écris fréquemment (par exemple, j'ai déjà écrit sur la façon d'évaluer les articles scientifiques, la « bibliothèque des vaccins » issue d'un tri sélectif (cherry picking) de Tenpenny, les listes présumées d'articles montrant que les vaccins causent l'autisme, etc.). Dans ce billet, cependant, je me concentrerai sur les OGM. J'en ai déjà parlé et j'ai expliqué que la posture anti-OGM est, en fait, une forme de refus de la science fondé sur l'idéologie et non sur la preuve. Comme pour les vaccins, les changements climatiques et des sujets similaires, la preuve que les OGM sont sûrs tant pour les humains que pour l'environnement est écrasante, mais les militants s'accrochent au petit sous-ensemble d'articles qui vont dans leur sens. Mais examinez de manière critique ces articles, et il devient rapidement évident qu'il s'agit de science-poubelle. Telle est en effet la conclusion d'un nouvel examen fascinant qui a été publié dans Plant Biotechnology Journal, et je souhaite prendre quelques minutes pour en parler.

 

Note : Cet article porte spécifiquement sur les implications pour la santé humaine, et non pour l'environnement, mais on aboutit à la même conclusion lorsqu'on regarde les articles environnementaux.

 

L'article en question est intitulé « Characterization of scientific studies usually cited as evidence of adverse effects of GM food/feed » (caractérisation d'études scientifiques habituellement citées comme preuves d'effets indésirables des aliments génétiquement modifiés) ; je vous encourage à lire tout cela. C'est un article très accessible, facile à suivre. Néanmoins, j'évoquerai quelques points saillants. En un mot, cette étude a examiné la littérature, a identifié 35 études qui ont signalé des effets néfastes sur la santé associés aux OGM, puis a évalué la qualité de ces études et les a placées dans le contexte plus large de la littérature. Sans surprise, il a constaté que la qualité de la plupart de ces 35 études était assez faible, et qu'elles présentaient souvent des défauts flagrants.

 

 

Faible proportion d'études

 

Premièrement, il est important de noter que ces 35 études représentent une petite fraction de la littérature (environ 5% seulement des articles sur les OGM que les auteurs ont pu identifier). D'entrée de jeu, c'est un immense pavillon rouge. Si les résultats de ces études étaient corrects, ils devraient correspondre à ce que la majorité des études trouvent, et non pas ce que trouvent une petite minorité d'auteurs. En effet, en raison de la façon dont les statistiques fonctionnent, on peut s'attendre à ce qu'environ 5% des expériences produisent des faux positifs, dus au hasard (détails ici). Donc, même si ces études étaient impeccables, elles seraient toujours indiscernables du bruit de fond statistique lorsque vous regardez l'ensemble de la littérature.

 

 

Peu de laboratoires et d'auteurs

 

La chose suivante à noter est que ces 35 articles ont été produits par une poignée de chercheurs. En effet, un chercheur était un des auteurs d'onze de ces articles. Donc, ce que vous avez, c'est quelques laboratoires qui publient à répétition des articles qui corroborent les résultats antérieurs de ces mêmes laboratoires. C'est un autre problème. Si leurs résultats correspondaient à une réalité, d'autres scientifiques indépendants du monde entier auraient trouvé des résultats allant dans le même sens, mais ce n'est pas le cas. Cela suggère fortement que quelque chose d'anormal se produit dans ces quelques laboratoires et, en fait, dans certains cas, il y a des preuves évidentes de fraude (plus d'informations dans une minute).

 

 

Revues de bas étage

 

Les photos chocs, artistiquement montées...

 

Lors de l'évaluation des affirmations figurant dans un article, il est toujours judicieux de considérer la qualité et la renommée de la revue qui l'a publié (ce qui est souvent mesuré par un « facteur d'impact » qui repose sur le nombre de citations dont les publications de la revue font l'objet). Lorsque vous avez un résultat vraiment important, vous essayez de le publier dans une revue à impact élevé. En revanche, si vous avez un résultat assez inintéressant auquel tout le monde s'attend déjà ou un résultat très spécifique à un sujet étroit, vous le publiez généralement dans une revue de seconde zone. Ainsi, si la science est solide pour des allégations telles que : « Les OGM causent le cancer », vous vous attendez à ce que ces articles paraissent dans des revues à très fort impact, et vous devriez vraiment vous méfier lorsqu'ils paraissent dans de minuscules revues dont personne n'a jamais entendu parler. Demandez-vous : « Pourquoi un résultat qui est si important et intéressant n'a-t-il pas été publié dans un journal de haut niveau ? La réponse est habituellement qu'il n'a pas pu satisfaire leurs normes plus rigoureuses.

 

Donc, revenons à cette liste de 35 articles : qu'ont trouvé les auteurs ? Peut-être, sans surprise, que presque tous ces articles étaient publiés dans des revues mineures. En effet, huit de ces articles ont été publiés dans des revues qui sont si mineures qu'elles n'ont même pas de facteur d'impact (c'est là un autre énorme pavillon rouge), et six autres ont un facteur d'impact inférieur à 1 (ce qui est très bas). En fait, un seul de ces 35 articles (Ewen et Pusztai, 1999) a été publié dans un journal de haut rang. Il a cependant été la source d'une grande controverse. L'un des réviseurs a constaté qu'il était biaisé et ne devait pas être publié, et un autre a exprimé des doutes sérieux sur l'article, mais a pensé que, dans un souci de transparence, il serait préférable de le publier et de permettre à la communauté scientifique dans son ensemble de l'évaluer, plutôt que de risquer l'apparence d'un complot ou d'une mise sous éteignoir (voir l'article pour plus de détails). Personnellement, je suis en désaccord avec cette décision, mais c'est néanmoins une preuve que les folles théories de la conspiration concernant les scientifiques qui suppriment les preuves ne semblent pas seulement insensées, mais le sont réellement. En outre, The Lancet (le journal qui l'a publié) a également publié un éditorial indiquant que certains des réviseurs ont été en désaccord avec l'article.

 

Note : Il convient de mentionner que l'analyse des 35 articles a été publiée dans un journal très respecté qui a un facteur d'impact de 7,443.

 

 

Les conflits d'intérêts

 

Des résultats de recherche versés dans l'activisme...

 

Personnellement, je ne suis pas très préoccupé par les conflits d'intérêts (par exemple, les sources de financement et l'emploi par des entreprises ou des groupes d'activistes), mais il convient néanmoins de les mentionner. Les auteurs ont constaté que 21 des articles (60 %) présentaient des conflits d'intérêts, ce qui est légèrement supérieur aux 41,7 % des articles qui présentent des conflits d'intérêt dans le corpus de la littérature sur les OGM. Le seul point que je veux vraiment relever ici est que ce n'est pas une situation où les 35 articles sont tous exempts de conflits d'intérêts et où tous les articles concluant que les OGM sont sûrs sont affligés de conflits d'intérêts. En réalité, vous en avez, avec ou sans, dans chaque catégorie ; cela laisse 14 articles anti-OGM et 406 articles pro-OGM qui n'ont aucun conflit d'intérêts (voir l'article original pour plus de détails).

 

Note : Les auteurs de l'article d'analyse ont reconnu qu'ils avaient eux-mêmes des conflits d'intérêts, mais cela n'invalide pas leurs résultats et ne vous donne pas carte blanche pour ignorer leurs résultats. Comme toujours, lorsqu'il y a un conflit d'intérêts, vous devez procéder à un examen plus approfondi, mais vous ne devez pas ignorer aveuglément l'étude.

 

 

Problèmes avec les articles eux-mêmes

 

Enfin, et surtout, les auteurs ont constaté que les problèmes abondaient dans les études elles-mêmes. Ils ont très bien résumé cela dans le tableau 1 (tout en fournissant plus de détails dans le texte) ; les problèmes comprenaient des choses comme « statistiques erronées (pêche à la signification) » (de Vendomois et al., 2009), « non-utilisation de soja non GM comme témoin » (El-Kholy et al., 2014), « aucune information sur l'origine de la culture ; taille insuffisante de l'échantillon » (Yum et al., 2005), « pas de pertinence biologique » (Tudisco et al., 2007).

 

En outre, l'analyse parle de certains des exemples les plus connus de recherches biaisées sur les OGM. Par exemple, il y a l'infâme étude sur les rats de Séralini qui était si mauvaise qu'elle a été rétractée (Seralini l'a ensuite soumise à un journal prédateur où elle est actuellement publiée). De même, il y a plusieurs articles de Federico Infascelli. Si vous suivez les informations scientifiques, son nom pourra vous sembler familier, car, l'année dernière, on a découvert qu'il avait manipulé les données dans au moins deux de ses articles, ce qui a entraîné le retrait des deux. Tout son travail fait maintenant l'objet d'un examen minutieux et sa réputation a été ternie pour toujours (plus de détails sur Retraction Watch et Science-Based Medicine [et, sur ce site, ici, ici, ici et ici]).

 

Enfin, il convient de mentionner que ce n'est pas le premier article à se pencher sur ce problème. Une étude antérieure (Panchin et Tuzhikov, 2016) a également trouvé que les articles anti-OGM étaient affligés de nombreux problèmes (à savoir, des problèmes de statistiques) et que, lorsqu'on utilisait les bons tests statistiques, les effets négatifs signalés des OGM disparaissaient.

 

 

Conclusion

 

Alors, où cela nous laisse-t-il ? La réponse semble assez claire : les études anti-OGM représentent une petite partie de la littérature ; elles sont généralement publiées dans des revues de mauvaise qualité ; elles sont bourrées de problèmes statistiques et méthodologiques ; plusieurs d'entre elles ont été rétractées (parfois en raison de fraude scientifique) ; et ils sont réfutés par un vaste corpus de littérature. De plus, avant de suggérer sans raison que les auteurs des articles pro-OGM ont été achetés par de grandes entreprises, veuillez noter que moins de la moitié du corpus de la littérature sur les OGM présente des conflits d'intérêts, alors que 60 % des articles anti-OGM en présentent. En bref, les articles anti-OGM sont, au mieux, un bruit statistique, et ils ne constituent, en aucune façon, une preuve convaincante que les OGM sont dangereux. La plupart d'entre eux relèvent de la science-poubelle et devraient être rejetés en tant que tels.

 

Note : Une analyse similaire des articles sur les changements climatiques est parvenue à la même conclusion. À savoir, la poignée d'articles contestant le changement climatique anthropique est affligée de problèmes. (Benestad et al., 2016 ; les informations supplémentaires sont particulièrement utiles).

 

 

Littérature

 

Benestad et al. 2016. Learning from mistakes in climate research. Theoretical and Applied Climatology 126:699–703.

  • de Vendomois et al. 2009. A comparison of the effects of three GM corn varieties on mammalian health. International Journal of Biological Sciences 5:706–726.

  • El-Kholy, et al. 2014. The effect of extra virgin olive oil and soybean on DNA, cytogenicity and some antioxidant enzymes in rats. Nutrients 6:2376–2386.

  • Editors of the Lancet. 1999. Health risks of genetically modified foods. The Lancet 353:1811.

  • Ewen and Pusztai. 1999. Effects of diets containing genetically modified potatoes expressing Galanthus nivalis lectin on rat small intestine. Lancet. 354:1353–1354.

  • Panchin and Tuzhikov 2017. Published GMO studies find no evidence of harm when corrected for multiple comparisons. Critical Reviews in Biotechnology 37:213–217.

  • Sanchez and Parrott 2017. Characterization of scientific studies usually cited as evidence of adverse effects of GM food/feed. Plant Biotechnology Journal.

  • Tudisco et al. 2007. Investigation on genetically modified soybean (Roundup Ready) in goat nutrition: DNA detection in suckling kids. Italian Journal of Animal Science 6:380–382.

  • Yum et al. 2005.  Genetically modified and wild soybeans: and immunological comparison. Allergy and Asthma Proceedings 26:210–216.

 

______________

 

* Le blog d'origine s'est donné pour mission :

 

  • d'enseigner la pensée critique ;

  • d'expliquer comment la science fonctionne et pourquoi elle est fiable ;

  • d'utiliser la pensée critique pour défendre la science contre les nombreuses attaques à la logique défectueuse dont elle fait l'objet.

 

L'auteur a souhaité rester anonyme. Le nom de plume est tiré des BD Existential Comics.

 

Source : https://thelogicofscience.com/2017/07/30/most-anti-gmo-papers-contain-serious-flaws/

 

 

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Bugul Noz 15/08/2017 15:57

Vous préférez supputer à partir de résumés d'articles ? Marcott et al., 2013 (Science) est disponible en ligne : http://content.csbs.utah.edu/~mli/Economics%207004/Marcott_Global%20Temperature%20Reconstructed.pdf

Un extrait ?

"Our global temperature reconstruction for the past 1500 years is indistinguishable within uncertainty from the Mann et al.(2) reconstruction;both reconstructions document a cooling trend from a warm interval (~1500 to 1000 yr B.P.) to a cold interval (~500 to 100 yr B.P.), which is approximately equivalent to the Little Ice Age (Fig.1A)."

Cela me semble limpide.

Il est difficile de vous penser absolument cohérent lorsque, en quelques messages d'intervalles, vous êtes capable de déclarer que "bon, c'est vrai, ce serait plus difficile d'obtenir des crédits si on coupe la pompe à phynances onusienne" (et donc clairement d'indiquer que le financement explique le consensus scientifique sur le RCA) puis tout simplement nier avoir usé de cet argument (" Là vous prenez vos désirs pour des réalités mon cher. Ce que je critique, c'est l'ingérence des politiques dans le domaine de la science.").

Donc non, je ne prend pas mes désirs pour des réalités, je me contente de vous citer.

philippe 06/08/2017 20:54

@Seppi
Bonsoir,
Je pense qu'il n'a pas pu résister au jeu de mot. De plus, quand on sait que les réchauffistes les plus virulents ne rêvent que de tribunaux pour faire condamner tous ceux qui leur déplaisent, c'est un bon retour de bâton. Tim Ball a du penser que tendre l'autre joue, ça n'était plus la meilleure façon de faire.

Bugul Noz 15/08/2017 20:41

L'article (non scientifique) de Lindzen est plus que malhonnête : il est ridicule.

Cela commence très fort avec le refus de l'existence du consensus scientifique sur le RCA. Il cite les "97%" qu'il attribue FAUSSEMENT à une couverture de Newsweek, alors qu'il est issu d'un article scientifique (Cook et al., 2013).

Loin d'être anecdotique, cette manipulation grossière est révélatrice des relations "très particulières" qu'entretiennent les climatosceptiques avec la science, évitant comme la peste de se référer aux articles scientifiques.

Le grotesque arrive ensuite car, après avoir nié l'existence de ce très fort consensus, l'auteur nous explique sans sourciller qu'il est de toute façon tout à fait normal qu'il y ait un fort consensus, l'argent coulant à flot pour soutenir les thèses réchauffiste etc.

Comme le disait un collègue de labo : "non seulement c'est faux, mais en plus c'est très exagéré".

Seppi 07/08/2017 11:04

Bonjour,

Le jeu de mots est en effet irrésistible (et je pense qu'il est bien incrusté dans la Penn State...).

Sur Contrepoints, Richard Lindzen :

https://www.contrepoints.org/2017/08/06/296195-rechauffement-climatique-6-affirmations-erronees?

philippe 04/08/2017 16:49

@Bugul Noz

Pour ce qui est des travaux de Kaufman et Marcott, j'ai trouvé deux publis payantes sur Science. Néanmoins, dans le peu de texte accessible, il est clairement fait mention du Petit Age Glaciaire, période que la courbe de Mann avait complètement escamotée. Pas évident comme confirmation. de Plus, si cette courbe est confirmée, pourquoi a-t-elle disparu du rapport de GIEC alors qu'elle servait de fer de lance en 2001 ?
Stephen McIntyre et Ross McKitrick ont chacun leur fiche Wikipedia.
"Sinon, vous refusez la "science officielle", biaisée par l'argent ? " Là vous prenez vos désirs pour des réalités mon cher. Ce que je critique, c'est l'ingérence des politiques dans le domaine de la science. En 2013, Delphine Batho, alors ministre, adressait un carton rouge (même pas jaune) à l'Académie des Sciences pour avoir donné la parole à Vincent Courtillot dans une conférence sur les gaz de schiste http://www.usinenouvelle.com/article/gaz-de-schiste-la-france-ne-connait-pas-son-sous-sol.N192370
Ce qui compte le plus en science, ce n'est pas tant l'origine du financement, c'est la qualité du travail produit. Il faut bien sûr être vigilant quant à d'éventuels conflits d'intérêt, ça ne doit pas pour autant tourner à la paranoïa.
Si vous voulez faire des parallèles avec les anti-OGMs, demandez-vous quel est le camp qui utilise l'ad hominem, passe son temps à dénoncer des conflits d'intérêts réels ou imaginaires, fait appel à la justice pour régler des questions de science. Michael Mann refuse de communiquer ses données brutes, ça ne vous rappelle pas un certain Séralini ?
Et que pensez-vous de cette pétition https://350.org/climate-crimes-fr/ dans laquelle on trouve côte-à côte Claude Lorius, Valérie Masson Delmotte, Vandana Shiva, Pierre Rahbi, Marie-Monique Robin Gilles-Eric Séralini, Marc Dufumier, Nicolas Hulot, Jacques Testart et j'en passe (Corinne Lepage devait avoir piscine). Ça parle de crimes climatiques, rien que ça ! N'en doutons pas un certain nombre de ces signataires seraient volontiers volontaires pour être procureurs, juges et exécuteurs.
Voir Valérie Masson Delmotte, co-présidente du premier groupe de travail du GIEC (qui traite de l'aspect scientifique du climat) fricoter avec des idéologues altermondialistes pour qui la recherche de la vérité importe beaucoup moins que faire avancer leurs croyances, ça met un peu de doute quant à l'objectivité de la dame.

Seppi 05/08/2017 10:35

Bonjour,

On admettra quand même que quand Tim Ball a fait fort quand il a dit que Mann « belongs in the state pen, not Penn. State’ » (a sa place au pénitencier de l'État, pas dans l'Université de l'État ».

La plainte en diffamation de Mann est tout à fait compréhensible. Ce qui ne l'est pas, c'est que – est-il allégué – il ne s'est pas conformé aux procédures.

Bugul Noz 03/08/2017 21:03

@Philippe,

Concernant les confirmations de la courbes de Mann je peux vous renvoyer, par exemple, aux articles suivants : Kaufmann et Al. 2009, Ljungqvist et al. 2012, Marcotte et al. 2013. Vous connaissez d'ailleurs déjà ces références puisqu'elles vous ont déjà été opposées dans une autre discussion, sans que vous rétorquiez quoi que ce soit.

Vous vous référez, a contrario, à "McIntyre et McKitrick". Pourriez-vous être plus précis ?

Sinon, vous refusez la "science officielle", biaisée par l'argent ? Encore un excellent parallèle avec les anti OGM, qui n'ont que cet argument à opposer à l'écrasant consensus scientifique.

un physicien 03/08/2017 22:12

Extrait de la conclusion de l'article de Ljungqvist : We conclude that during the 9th to
11th centuries there was widespread NH warmth comparable
in both geographic extent and level to that of the 20th century
mean. Our study also reveals that the 17th century was dominated
by widespread and coherently cold anomalies representing
En entrant McIntyre et McKitrick dans Google scholar on trouve la critique de Mann. Je n'ai pas trouvé le bon Kaufmann.

philippe 03/08/2017 09:24

Et pour revenir à mon propos initial, je continue à trouver étrange cet amalgame entre anti-OGMs et ceux qu'on qualifie de climatosceptiques, les anti-OGMs les plus virulents sont les mêmes altermondialistes les plus réchauffistes. De plus, les uns se basent sur une science marginale, bancale, quand elle n'est pas frauduleuse ; les autres sont les tenant de la science officielle et ultra majoritaire (du moins d'un point de vue médiatique).
Je ne résume pas les travaux du GIEC à la courbe de Mann. Il est par exemple écrit noir sur blanc dans le dernier rapport scientifique du GIEC qu'il n'y a pas d'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et que rien ne permet de prédire que ce sera le cas à l'avenir, ce qu'ignorent nos politiques qui affirment le contraire à longueur de discours. En revanche, ils affirment sans honte que le réchauffement climatique produit tremblements de terre et tsunamis et serait la cause du terrorisme. J'attends avec impatience de voir déferler les hordes de terroristes inuits, les plus impactés par le réchauffement. Cela illustre bien les dangers d'une science instrumentalisée par les agendas politiques et non pas impartiale et favorisant un débat dépassionné et constructif entre tenants des différentes thèses. Il est vrai que le rapport scientifique fait plus de mille pages et qu'il est en anglais, alors personne ne le lit. Le rapport à l'attention des décideurs et lui bien plus court et beaucoup plus alarmiste, mais ce n'est pas un rapport scientifique, c'est une publication purement politique dont chaque mot est négocié âprement par tous les états.
Au final, je pense que cet amalgame n'a pour but que de décrédibiliser les travaux des scientifiques qui ne vont pas dans le sens de la doxa réchauffiste. Il est vrai que nous sommes dans l'ère de la post-vérité où l'appel à l'émotion et aux sentiments personnels compte bien plus que la recherche de la vérité.