Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Interdiction du glyphosate : un coût qui dépasse le milliard d'euros

23 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Politique

Interdiction du glyphosate : un coût qui dépasse le milliard d'euros

 

Glané sur la toile 158

 

 

Désherbage des abords des voies ferrées

 

 

La Fondation Concorde nous a livré un « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle » au titre légèrement restrictif.

 

Les auteurs ont en effet calculé :

 

« L’interdiction de cette molécule coûterait 976 millions d’euros au secteur agricole, en prenant en compte uniquement les coûts directs et chiffrables. »

 

Mais voici la suite :

 

« Cette interdiction entrainerait une multiplication par 16 ou 17 des coûts d’entretien des voies de la SNCF, passant de 30 millions d’euros à près de 500 millions d’euros. »

 

 

Au-delà des chiffrages, les auteurs recommandent trois mesures pour un débat apaisé et une action politique éclairée :

 

1. Une logique de parapluie à maîtriser

 

« L’un des problèmes majeurs des choix publics est que la logique du politique n’est pas celle des acteurs de la société, l’acteur politique cherchera à éviter d’être pris en faute et voudra à tout prix éviter le risque, notamment le risque médiatique. C’est pourquoi il préfèrera surprotéger pour se couvrir, même si le prix de cette tranquillité pour lui est l’étouffement de l’économie. […] »

 

2. Dépassionner le débat pour qu’il reste fondé sur les faits scientifiques

 

« Les responsables politiques français doivent avoir le courage de faire reposer les débats sur les faits et d’éviter d’organiser des confrontations opposant des opinions aux résultats scientifique. Cette logique du "micro-trottoir" consistant à considérer tout citoyen comme légitime à émettre un avis sur des sujets scientifiques doit être bannie. Les médias peuvent jouer un grand rôle dans le rétablissement d’un débat digne et rationnel sur ces questions sensibles. »

 

3. Promouvoir dans l’immédiat une régulation des usages plutôt qu’une interdiction

 

« Il n’existe pas vraiment de produit alternatif au glyphosate pour le moment, car ceux-ci n’ont pas la qualité d’universalité du glyphosate. Le contrôle des usages du produit semble une façon intelligente de sortir de ce débat. En tant que produit chimique, il est clair que l’usage du glyphosate doit faire l’objet de règles spécifiques, et cela d’autant plus que les risques environnementaux associés à son usage sont fortement dépendants des modes d’utilisation. »

 

S'agissant du premier point, les auteurs notent :

 

« Cette logique de parapluie consistant à préférer interdire dans le doute, de peur de se voir reprocher sa négligence plus tard, est un problème majeur. Le fait de confier la capacité de décision à des agences indépendantes telles que l’ANSES est une première forme encourageante de réponse. »

 

C'est à condition que l'ANSES – dans ce cas précis – ne déploie pas, elle aussi, la logique du parapluie ou se voie dicter des actions par des politiques pusillanimes ou démagogues. Comme ce fut déjà le cas...

 

S'agissant du deuxième point, un « micro-trottoir » géant a été organisé dans le cadre des États Généraux de l'Alimentation... Sera-t-on capable, quand on fera la synthèse, de faire prévaloir les arguments rationnels sur les opinions issues de l'émotion ou de la manipulation médiatique ? Ou fera-t-on de la « consultation-décision de l'Âge Facebook » : compter le nombre d'arguments et de votes... ?

 

Quant aux médias... à moins d'un appel au civisme et à un changement important de ligne éditoriale...

 

En fait, la première mesure serait que le personnel politique prenne la mesure de ses responsabilités.

 

L'analyse complète de la Fondation Concorde est publiée sur le site mentionné ci-dessus. Elle mérite lecture.

 

La Fondation Concorde est un laboratoire d'idées français fondé en 1997 par un groupe d'universitaires et d'hommes et femmes d'entreprises. Elle rassemble aujourd'hui plus de 2.500 membres. Elle fait travailler ensemble, bénévolement, experts, hommes et femmes d’entreprises et universitaires au sein de groupes de travail. Ses rapports et propositions sont transmis aux décideurs politiques.

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Ravijen 05/02/2018 23:21

Bonjour,
Il me semble qu'il serait aussi utile d'évoquer le bilan carbone des alternatives au glyphosate.
le désherbage thermique en vogue dans nos communes est une hérésie.
présenté comme du désherbage à "l'eau chaude", c'est en réalité du carburant fossile qui est consommé !
Cordialement

toune 25/08/2017 15:19

:) mon but est de démonter l'argument complotiste de la toute puissance de Monsanto sur ce marché...
Je pense au contraire que le roundup ne revêt absolument pas une importance stratégique pour Monsanto. Et comme c'est à peu près le seul argument de bon nombre d'opposant au glypho...
Bref, merci quand même, si je trouve qqch, je vous redis !!

Seppi 29/08/2017 13:42

Bonjour,

Ce n'est pas sur les quantités, mais c'est toujours util:

https://www.fool.com/investing/2016/05/26/how-much-money-does-monsanto-make-from-roundup.aspx

Seppi 25/08/2017 15:32

Re-bonjour,

Le glyphosate n'est plus un produit stratégique pour Monsanto en tant que source de revenus et de profits issus de sa fabrication. Les producteurs chinois, indiens, etc. ont dû prendre une part de marché importante (d'ailleurs, la procédure de renouvellement de l'autorisation pour l'Union Européenne est pilotée par un consortium, la Glyphosate Task Force).

Il l'est en revanche davantage en tant qu'élément de l'association OGL-HT – herbicide. Encore que... les premiers brevets relevant du génie génétique ont expiré et la concurrence risque d'être rude (sauf en Europe évidemment... mais Monsanto est bien assis sur un portefeuille de variétés « conventionnelles »).

D'aucuns, comme David Zaruk (le Risk-monger que je traduis avec plaisir), pensent que Monsanto a déjà le successeur du glyphosate dans son portefeuille.

Si vous trouvez des données, je suis preneur.

toune 25/08/2017 10:34

Bonjour,
je ne parviens pas à trouver sur le web une description relativement précise de la répartition du marché du glypho, par producteur, par pays...
j'aimerais notamment savoir ce que pèse réellement Monsanto et ses filières.
J'avais lu (je ne sais plus trop où) qu'il représentait 20 % à peine du marché...

Seppi 25/08/2017 11:35

Bonjour,

Merci pour votre colle !

Je suis logé à la même enseigne. J'ai aussi cherché, sans trouver.