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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Antivaccins : excellent « décodeurs » sur le Monde et nouveau scandale Rivasi

12 Juillet 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Santé publique

Antivaccins : excellent « décodeurs » sur le Monde et nouveau scandale Rivasi

 

Mis à jour le 15 juillet 2017

 

 

 

Ainsi, c'est un mensonge absolu de prétendre que [les vaccins] ont tué des milliers d'enfants... Et, ainsi, les gens qui s'engagent dans ces campagnes anti-vaccination -- vous savez -- ils tuent des enfants.

Bill Gates

 

 

Les décodeurs du Monde à la chasse aux mensonges

 

« Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime », c'est dans la rubrique « les décodeurs ».

 

M. Adrien Sénécat répond avec beaucoup de pertinence à des rumeurs et de grossiers mensonges sous les titres suivants :

 

1. Onze vaccins, mais pas onze piqûres à chaque fois

 

2. La majorité des enfants est déjà concernée par ces 11 vaccins

 

3. Un bébé n’est pas « trop fragile » pour supporter des vaccins

 

4. L’hépatite B n’est pas seulement une maladie sexuellement transmissible

 

5. La supposée nocivité de l’aluminium vaccinal n’est pas prouvée

 

6. Les parents qui refusent la vaccination iront-ils en prison ?

 

7. L’obligation vaccinale n’est pas une exception française

 

8. Un cadeau pas si juteux pour les laboratoires pharmaceutiques

 

 

Mme Michèle Rivasi au tableau du déshonneur

 

Sans surprise, Mme Michèle Rivasi, députée européenne d'Europe Écologie Les Verts en France et du Groupe des Verts/Alliance Libre Européenne à Strasbourg/Bruxelles, a l'honneur d'être citée. Sur trois des huit questions, mais cela aurait pu être pire.

 

C'est que Mme Rivasi a commis « Obligation vaccinale : la guerre est déclarée » sur le site Reporterre. Un titre qui a le mérite de bien montrer le caractère belliqueux de l'opposition à la vaccination obligatoire, en fait à la vaccination tout court.

 

 

Une déclaration imbécile reniée, puis supprimée

 

Voici sur la question 1 :

 

« L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, va encore plus loin en écrivant dans une tribune sur le site Reporterre que "le calendrier des 11 obligations vaccinales envisagées représenterait pas moins de 76 immunisations avant l’âge de 18 mois !» [ajout du 15 juillet 2017 : voir ci-dessous.]

 

Réponse de M. Sénécat :

 

« Si l’on suit le calendrier officiel des vaccinations, les trois premiers doivent être administrés deux fois entre 2 et 18 mois, le quatrième deux fois entre 12 et 18 mois. Soit, au total, onze [corrigé à « dix » dans un ajout de bas de page] piqûres entre la naissance et les 18 mois de l’enfant. Elles permettent d’administrer au total 31 doses de vaccins à ce dernier, et pas 76 comme l’affirme Michèle Rivasi. Contactée, l’eurodéputée nous a répondu qu’elle n’était pas à l’origine de ce chiffre et n’a pas pu nous en confirmer la source. »

 

Si le démon de la vérification vous habite, vous ne trouverez pas cette citation dans la tribune sur Reporterre. Enfin... plus !

 

Voici le texte tel qu'il s'établit maintenant :

 

« Au contraire de nos voisins qui ont fait de la liberté thérapeutique une véritable valeur sanitaire, le Premier ministre, Édouard Philippe, et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’illustrent par leur volonté de vouloir étendre l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins.

 

La France serait le premier pays d’Europe à vouloir imposer avec autant de force la panacée vaccinale. À raison ? Justement pas. »

 

 

 

 

Et voici le texte initial :

 

« Au contraire de nos voisins qui ont fait de la liberté thérapeutique une véritable valeur sanitaire, le Premier ministre, Édouard Philippe, et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’illustrent par leur volonté de vouloir étendre l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins.

 

Appliquer le calendrier des 11 obligations vaccinales envisagées représenterait pas moins de 76 immunisations avant l’âge de 18 mois ! La France serait le premier pays d’Europe à vouloir imposer avec autant de force la panacée vaccinale. À raison ? Justement pas. »

 

 

Du webcache : instantané de la page telle qu'elle était affichée le 11 juillet 2017 09:38:21 GMT.

 

 

Voici, aussi, la réponse de notre moteur de recherche préféré :

 

 

 

 

Et comme le copier-coller est – malheureusement – une composante de la blogosphère, le texte original a été reproduit ici.

 

Nous ne saurions dire ce qui est le plus scandaleux dans tout cela, au-delà du très dénigrant « panacée vaccinale ».

 

Que Mme Rivasi puisse balancer ainsi une affirmation dénuée de fondement ? Onze vaccins et 76 immunisations... 7 immunisations par vaccin ? Mme Rivasi, normalienne qui fut professeure agrégée de sciences naturelles, n'a pas trouvé qu'il y avait un loup. Mais c'est peut-être normal : l'hystérie anti-vaccinale (camouflée en défense de la liberté vaccinale) débranche tous les avertisseurs et toutes les alarmes.

 

Qu'elle ose se « justifier » de manière aussi cavalière et, tout compte fait, irresponsable ? Mme Rivasi n'est « pas à l’origine de ce chiffre » – qu'elle a pourtant cité et, par conséquent, endossé – et ne peux pas en donner la source... Elle est pourtant à portée de main : une pétition par exemple. Mais Mme Rivasi a déjà employé la même stratégie d'auto-dédouanement par le passé et démontré ses liens ténus avec le sens de la responsabilité personnelle : elle – la normalienne de formation scientifique, pourfendeuse des vaccins et de l'industrie pharmaceutique – « ne connaissait pas la réputation d'Andrew Wakefield quand elle a décidé d'organiser la projection [de Vaxxed] et le débat qui l'accompagne ».

 

 

Et la projection eut lieu... avec M.Andrew Wakefield...

 

 

Que Reporterre ait modifié subrepticement le texte de la tribune ? La première question est : de sa propre initiative ? Ou à la demande de Mme Michèle Rivasi ou de son entourage ?

 

 

Vacciner des nourrissons... mais uniquement contre des maladies de nourrissons

 

M. Adrien Sénécat cite aussi Mme Michèle Rivasi sous son point 4, « L’hépatite B n’est pas seulement une maladie sexuellement transmissible ». Celle-ci avait écrit dans sa tribune sur Reporterre (et c'est inchangé) :

 

« L’utilité d’associer des vaccins multivalents chez le nourrisson, et l’âge des vaccinations, doit aussi être réévaluée, les uns nécessaires, comme le DTP sans aluminium, et d’autres qui le sont moins, comme l’hépatite B, puisqu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible, ou le tétanos, qui reste à prouver chez le nourrisson. »

 

M. Sénécat aurait pu mettre le doigt sur une autre ânerie scandaleuse de Mme Rivasi, particulièrement évidente dans le cas du tétanos : le vaccin protège sur une longue durée, au-delà du stade « nourrisson » (on recommande ainsi un rappel de vaccin vers 15-16 ans pour le tétanos).

 

 

 

 

Totalitarisme ou dictature vaccinale ?

 

M. Adrien Sénécat explique au point 7 que « [l]’obligation vaccinale n’est pas une exception française ». Les faits sont faciles à prouver.

 

Mme Michèle Rivasi avait écrit dans Reporterre :

 

« Au contraire de nos voisins qui ont fait de la liberté thérapeutique une véritable valeur sanitaire, le Premier ministre, Édouard Philippe, et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’illustrent par leur volonté de vouloir étendre l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins.

 

La France serait le premier pays d’Europe à vouloir imposer avec autant de force la panacée vaccinale. À raison ? Justement pas. »

 

Un tel déni de réalité – pour tout dire, mensonge – est particulièrement ahurissant quand es médias français ont largement rapporté que l'Italie vient d'étendre son obligation vaccinale à douze maladies, un fait difficile à ignorer.

 

 

La multiplication des objections

 

La suite sur Reporterre vaut aussi lecture : un exercice de multiplication des objections, certes largement connues et maintes fois invoquées... « fiabilité de ces vaccins » ; « succession des scandales sanitaires et des complications » ; « défiance de la population » (Mme Rivasi n'y est bien sûr pas étrangère...) ; « scléroses en plaques, de maladies de Guillain-Barré, de scléroses latérales amyotrophiques et d’autres affections auto-immunes telles que les myofasciites à macrophages »...

 

On n'oubliera pas dans ce catalogue le vaccin contre la grippe H1N1 – qui s'avéra finalement, à l'époque, « inutile » faute de pandémie – le « vaccin Gardasil, présenté comme prévenant le cancer du col de l’utérus, alors qu’il ne protège que contre une fraction des papillomavirus pouvant entraîner un cancer ». Un raisonnement étonnant : en bref, puisqu'il ne protège pas contre tout, il ne sert à rien !

 

Et le catalogue se poursuit : « les indices inquiétants [qui] s’amoncellent sur le Gardasil » (Mme Rivasi reste prudemment dans le champ des supputations) ; les adjuvants et notamment les sels d’aluminium et – nouveau terrain de manœuvre – les nanoparticules, sans oublier l'« effet cocktail » de ces atomes qui « pourraient avoir un rôle actif dans la survenue, outre de cancers, de maladies cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’AVC… »

 

M. Adrien Sénécat n'est pas entré dans tous les points de ce débat, qui dépasse en partie le cadre de l'obligation vaccinale des nourrissons (avec les rappels idoines). Mais c'est un sujet qu'il pourrait utilement aborder dans une autre livraison.

 

 

Quand le tribunal dit la science...

 

Relevons aussi, sans commenter plus avant, cet appel d'une normalienne de formation scientifique à l'autorité, en matière scientifique, des tribunaux :

 

« D’autres motifs d’inquiétude pèsent sur les vaccins en matière d’adjuvants — ces additifs toxiques ajoutés pour renforcer la réponse immunitaire — à l’instar des sels d’aluminium vaccinaux dont les conséquences sur la santé sont maintenant avérées, comme l’indique la solide jurisprudence établie par le Conseil d’État et la Cour de justice de l’Union européenne. »

 

 

Et, bien sûr, l'hostilité anticapitaliste

 

L'objection est incontournable, consubstantielle au positionnement socio-politique de Mme Rivasi :

 

« Le débat aurait pu être objectif et apaisé. Il ne l’est pas. À qui profite cette frénésie vaccinale ?

 

Les vaccins sont malheureusement devenus, depuis les années 1980, un produit essentiellement marchand, ce qui a généré de nombreuses dérives alimentant la méfiance de nos concitoyens. »

 

Réponse de M. Sénécat :

 

« A l’arrivée, les bénéfices que les laboratoires pharmaceutiques réaliseront (une fois déduits leurs frais du chiffre d’affaires de 15 à 30 millions d’euros) se chiffreront plus en millions qu’en centaines de millions d’euros. »

 

En chapô, sur Reporterre, la « pensée » de Mme Rivasi est résumée comme suit :

 

« La décision du gouvernement de rendre obligatoire onze vaccins est dangereuse et inacceptable. Il faut protéger la santé des citoyens, pas les chiffres d’affaires des laboratoires, estime l’eurodéputée Michèle Rivasi. »

 

Réponse d'un commentateur – sur le seul plan des faits financiers (sur le plan de l'éthique...) :

 

« Petit détail amusant, les laboratoires Boiron ont enregistré 88 M€ de bénéfice en 2013 (https://tinyurl.com/y93gxuu7) et les bénéfices actuels, en baisse, sont du même ordre de grandeur (cf Wikipedia)… »

 

 

L'obligation vaccinale n'augmentera le marché et les "profits" des labos honnis que relativement à la frange de la population enfantine qui n'est pas vaccinée. Il devrait être facile de comprendre que l'argument de Mme Rivasi relève de l'obsession.

 

 

En guise de conclusion

 

Nous ne citerons qu'un commentaire :

 

« Le débat est impossible avec des groupes sectaires ... ils n'ont aucune idée des drames que provoquaient la PAA [poliomyélite antérieure aiguë], l'hépatite B avant la vaccination ... dans ma vie de médecin hospitalier, des morts par hépatite B fulminante, surtout des jeunes, (sans compter nombre de cirrhose, cancers du foie par hépatite B ancienne), j'en ai vu dans un service, pas de traitement, sauf symptomatiques, avant le vaccin et la greffe ! J'ai dans ma carrière vu cinq cas de tétanos (aucun n'était vacciné)... »

 

 

P.S. du 13 juillet 2017

 

Le Monde Idées avait publié une tribune subtilement anti-obligation vaccinale le 28 juin 2017 (date sur la toile), « Au sujet des vaccins, l’obligation n’est pas la solution » de M. Luc Perino, médecin généraliste et écrivain.

 

Il publie aujourd'hui « Se vacciner et vacciner les siens est un acte citoyen indispensable » de MM. Maxime Bacquet et Jeremy Do Cao (médecins internes membres de l’Association des Juniors en Pédiatrie). Extrait :

 

« Un important marché de la peur s’est nourri de cette suspicion et prolifère massivement, notamment sur Internet : par une argumentation circulaire, des sites Web amplifient de faux messages en se citant mutuellement et sans faire référence à des sources fiables. Les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux enferment les internautes dans leurs pensées en favorisant des contenus présentant les mêmes opinions.

 

Ils entretiennent ainsi la visibilité et les revenus publicitaires des sites de désinformation. La défiance populaire représente une source de profits substantiels, non seulement grâce aux publicités sur ces sites Internet, mais également hors ligne,... »

 

 

Ajout du 15 juillet 2017

 

L'entourage de Mme Rivasi a contacté l'équipe des décodeurs du Monde le 13 juillet 2017 pour préciser le nombre de « 76 immunisations ». M. Sénécat a donc écrit :

 

« ...ce chiffre correspondrait [selon l'entourage] en réalité au nombre d’antigènes présents dans les vaccins, multiplié par le nombre de rappels et serait cité dans un ouvrage à paraître.

 

Mais comme le notait en 2016 le rapport de la concertation citoyenne sur la vaccination (réalisé par un comité indépendant de seize personnes représentant la société civile, des professionnels de santé, des chercheurs en sciences humaines et sociales), les vaccins non vivants actuellement administrés aux jeunes enfants comme l’hexavalent "comportent un total d’environ 170 molécules antigéniques contre environ 3 000 dans les vaccins utilisés dans les années 1970-1980".

 

En réalité, les "vieux" vaccins protégeaient donc contre moins de maladie avec plus de 15 fois plus de molécules antigéniques. Parler de "76 immunisations" comme un chiffre impressionnant, voire dangereux, est donc pour le moins trompeur. »

 

Nous nous faisons une réflexion plus basique : que signifie le mot « immunisation » :

 

« immunisation (nom féminin) L'immunisation est un procédé de médecine préventive consistant à protéger les gens contre les organismes infectieux en leur inoculant une forme de cet organisme qui provoque non pas la maladie mais la formation d' anticorps servant à empêcher cette maladie. »

 

Ou, selon Larousse :

 

« Ensemble de circonstances ou de procédés qui déclenchent, chez un individu, une réaction immunitaire permettant à l'organisme de se défendre contre un élément étranger (substance, micro-organisme), nommé antigène. »

 

Autrement dit : des vaccins contre 11 maladies = 11 immunisations...

 

Sur Facebook, Mme Rivasi revient aussi sur le sujet le 12 juillet 2017 :

 

« Les Décodeurs du Monde me cible dans un papier à charge reprenant la doxa des ligues pro-vaccins.

 

Toutefois, concernant les "76 immunisations" que j'évoque, ce sont bien les décodeurs qui se trompent en confondant "doses de vaccins" (31) Et "immunisations" (76). Ce chiffre vient de Michel Georget. [...] »

 

« ...la doxa des ligues pro-vaccins... » ? Tout est dit !

 

Michel Georget ? Un anti-vaccins notoire... Tout est dit !

 

 

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