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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sur l'incontournable France Agricole : « Du lait 100 % à l'herbe » et un dossier sur les associations céréales et protéagineux

3 Juin 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Sur l'incontournable France Agricole : « Du lait 100 % à l'herbe » et un dossier sur les associations céréales et protéagineux

 

 

 

 

Incontournable, elle l'est, en effet, la France Agricole, pour qui s'intéresse à l'agriculture – celle des réalités, pas des fictions et des illusions.

 

Le dernier numéro, du 2juin 2017, nous gratifie d'un « Du lait 100 % à l’herbe » qui relate l'expérience de la ferme du lycée agricole de Pixerécourt en Meurthe-et-Moselle :

 

« Depuis dix ans, les 80 laitières de la ferme du lycée agricole de Pixerécourt ne mangent que de l’herbe, ou presque. "Le système maïs-herbe-soja ne donnait pas de résultats économiques satisfaisants", explique Bertrand Cailly, le directeur de l’exploitation. Le rendement du maïs plafonnait à 8-10 t de MS/ha. La production par vache atteignait 9 500 l, mais c’était au prix de lourdes charges opérationnelles, qui engloutissaient une grande partie du revenu.

 

[...] Aujourd’hui, les vaches produisent à peine plus de 5 000 l par an, mais les charges opérationnelles sont réduites. Les résultats économiques ont retrouvé un niveau convenable. La marge brute par vache laitière ou par ha de SFP est comparable à celle de notre groupe (voir ci-dessus).

 

Le tableau est effectivement intéressant. Dans ce cas précis, la conversion au 100 % herbe semble favorable au revenu de l'éleveur (marge brute de 79.000 €/UTH contre 69.000€/UTH dans le groupe de comparaison). Mais attention : il manque des données (combien d'UTH par exemple).

 

Ce qui doit retenir notre attention, c'est la production de lait : 5.048 litres/vache laitière/an sur la ferme de Pixerécourt en 100 % herbe contre 7.659 dans les fermes de comparaison, moitié moins.

 

Cet article illustre par un simple tableau le problème des discours lénifiants sur la merveilleuse agroécologie (que je considérerais avec plus de bienveillance quand on m'aura ce que c'est précisément) avec une extensification à la clé : le choix de la stratégie de production qui peut être rationnel au niveau d'une ferme ne l'est pas forcément à un niveau plus élevé et, in fine, au niveau national. Imaginez que tous les éleveurs de la région se mettent au même système : y aura-t-il encore une laiterie ? Imaginez l'économie française avec une production laitière amputée d'un tiers...

 

On peut faire un raisonnement similaire avec le coût du concentré (14 €/1000 litres sur la ferme de Pixerécourt contre 56 € pour le groupe de référence) : ce qui représente une économie pour la ferme de Pixerécourt est un manque à gagner pour d'autres opérateurs.

 

Ce que nous entendons faire ici, ce n'est pas dénigrer l'agroécologie, mais mettre en garde contre les argumentations simplistes.

 

Ce numéro de la France Agricole comporte aussi un dossier sur les cultures associées de céréales et de protéagineux. Quelques pages que nous ne résumerons pas. Sauf à dire que ce n'est pas simple, ni sur le plan agronomique et technologique sur la ferme, ni sur le plan de la valorisation à la sortie de la ferme.

 

Et il y a d'autres articles passionnants. Pour les amateurs de machinisme, les promesses des alternatives au gazole ; la réduction des phytos dans des vergers ; le soja en dérobé (à condition de pouvoir irriguer...) ; etc.

 

Pour ceux qui ne sont pas abonnés, il reste une petite semaine pour acheter le numéro en kiosque.

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