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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Monde, porte-voix du lobbyiste anti-glyphosate Christopher Portier

6 Juin 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup)

Le Monde, porte-voix du lobbyiste anti-glyphosate Christopher Portier

 

 

 

Présentation de M.Christopher Portier lors de la réunion de concertation organisée par l'ECHA. Aucune indication [Ajout du 14 juin 2017 pour éviter toute mauvaise interprétation : sur cette présentation] du fait que M. Portier était employé par le consortium d'organisations HEAL.

 

 

Le glyphosate revient sur la table de négociation à Bruxelles... il est impératif pour le monde alter et anti de redémarrer la fabrique du doute...

 

M. Christopher Portier, un ancien agent de plusieurs institutions états-unienne devenu lobbyiste, a écrit une lettre à M. Jean-Claude Juncker dont l'élément principal est que les agences européennes d'évaluation seraient passées à côté de huit cas de cancers chez des animaux de laboratoire, ce qui invaliderait les évaluations et mettrait la santé publique en péril.

 

Gesticulation ! Pour rappel, nous avons publié la réponse du BfR allemand ici.

 

Le plus drôle est que M. Portier appelle à la transparence des dossiers des agences européennes, et que sa lettre est d'une remarquable opacité.

 

Et le Monde répercute...

 

 

À titre de comparaison, la transparence du représentant de l'industrie.

 

 

 

Il y a des lecteurs du Monde capables d'esprit critique. Voici, à l'heure où nous écrivons, le dernier commentaire sous le « Glyphosate et cancer : des études-clés ont été sous-estimées par l’expertise européenne » du duo de Stéphane, Horel et Foucart (dans cet ordre, mais M. Foucart a droit au gras...) :

 

« AZombie Hier

 

Incroyable. Un expert remet en question des conclusions d'experts? Mais sur quel critère? Danger ou risque? Rien n'est dit. À quels dosages? Rien n'est dit. Sur quels modèles? Des rongeurs, mais on s'en fout. Le traitement de ces questions par Le Monde tient de la propagande, et pas de l'information. Il s'agit pourtant de questions essentielles, qui touchent au quotidien. Le consommateur est-il en danger? Le Monde le laisse entendre… sans aucune raison valable. Une vraie honte. Une disgrâce. »

 

Excellent résumé !

 

 

Encore une lettre ouverte

 

Sur le fond, M. Christopher Portier a adressé le 29 mai 2017 une lettre ouverte – largement répercutée par l'altermonde – à M. Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne. Il est toujours utile de se référer aux textes originaux. Voici donc le résumé de M. Portier :

 

« L'Agence [sic, c'est l'Autorité] Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) et l'Agence Européenne des Produits Chimiques (EChA) ont terminé leurs évaluations du potentiel cancérogène du glyphose et ont conclu que les preuves ne soutiennent pas une classification du glyphosate. Les données brutes pour les études sur le cancer chez des animaux pour le glyphosate ont été publiées et une réanalyse de ces données montre huit cas où une augmentation significative de la réponse tumorale après l'exposition au glyphosate n'a pas été incluse dans l'évaluation soit par l'EFSA, soit par l'EChA. Cela suggère que les évaluations appliquées aux données sur le glyphosate sont scientifiquement erronées, et que les décisions dérivées de ces évaluations ne permettront pas de protéger la santé publique. Je demande que les évaluations de l'EFSA et de l'EChA soient répétées pour tous les points terminaux toxicologiques et que les données sous-jacentes à ces évaluations soient rendues publiques. »

 

Il y a là un raisonnement des plus surprenants. Pourquoi les évaluations seraient-elles erronées du simple fait que huit cas ne seraient pas traités dans les documents ? Il doit être extraordinairement compliqué de comprendre que le résultat final des évaluations restera inchangé si ces huit cas sont écartés comme non pertinents.

 

Et il y a de bonnes raisons de penser que telle doit être l'issue de cette nouvelle manœuvre à tous points de vue peu flatteuse pour son auteur.

 

 

Qui est Christopher Portier ?

 

Selon le duo de Stéphane, c'est un « toxicologue et biostatisticien de renommée mondiale, ancien directeur de plusieurs institutions de recherche fédérales américaines ». À notre connaissance, il n'est pas toxicologue. Et sa renommée mondiale, il l'a acquise – pas en bien – sur le dossier du glyphosate.

 

 

Lettre du 28 mai 2017 à M.Jean-Claude Juncker

 

 

Comme nous l'avons relaté précédemment, M. Portier a été coopté par le CIRC comme « spécialiste invité », malgré l'existence d'un conflit d'intérêts qui n'a été divulgué que rétrospectivement dans les documents du CIRC, alors qu'il était connu des agents de cette institution (voir la dernière ligne du CV de M. Portier, référencé sur la toile comme « Senior Visiting Scientist Award 2013_Professor Christopher J. Portier ». Il est rétrospectivement clair que M. Portier a joué un rôle crucial dans la décision du CIRC, qui a pu conclure à des « preuves limitées de cancérogénicité chez l'homme » grâce à une analyse statistique fortement controversée. On notera incidemment le curieux intitulé, sur Google, du communiqué de presse du CIRC qui a déclenché les controverses.

 

 

Liste des participants au groupe de travail du CIRC (après correction pour ajouter la note 2)

 

 

N'est-il pas curieux de voir comme affiliation d'un participant la fonction avant le départ à la retraite, alors qu'il a pris une nouvelle fonction par la suite ?

 

 

M. Portier travaille comme consultant. Il est notamment « Senior Contributing Scientist » de l'organisation états-unienne Environmental Defense Fund (EDF). De manière fort stupéfiante, il essaie de se dédouaner en affirmant qu'il travaille pour l'EDF sur des sujets non liés au glyphosate ou à d'autres pesticides...

 

Armé du classement en « cancérogène probable » – annoncé par le CIRC le 20 mars 2015, comme par hasard pour l'ouverture de la « semaine sans pesticides » par un communiqué de presse dont le référencement sur Google est surprenant – M. Portier a pris son bâton de pèlerin pour promouvoir le rejet de la demande de nouvelle autorisation du glyphosate au niveau européen, y compris en se présentant ou en se laissant présenter de manière trompeuse, par exemple comme « expert de l'OMS » ou « coauteur du rapport du CIRC ». Comme l'écrit cet autre blogueur dans « La communauté scientifique monte au créneau contre les "Fake News" »,

 

« De fait, partout où le glyphosate peut être remis en question, Mr Portier répond présent. »

 

 

Référencement du communiqué de presse du CIRC sur Google. Notez que le tétrachorvinphos et le parathion ont été classés en 2B, cancérogènes possibles...

 

 

M. Portier a, en particulier, suscité une lettre ouverte adressée à M. Jean-Claude Juncker le 27 novembre 2015 pour inciter la Commission à passer l'évaluation de l'EFSA à la trappe. Une lettre du reste signée par huit des 17 membres du groupe de travail du CIRC ayant participé à la réunion fatidique pour le glyphosate du 3 au 10 mars 2015.

 

 

La conclusion de la lettre du 27 novembre 2015

 

 

En mars de l'année suivante, ils sont 10 sur 18, en comptant M. Portier, à porter la controverse dans le monde scientifique par un commentaire dans le BMJ.

 

Le 7 décembre 2016, M. Portier a aussi fait une présentation pour le compte de la Health and Environment Alliance (HEAL), un consortium d'organisations européennes (en France, Phytovictimes et l'Association Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (ARTAC) de ce bon Pr Dominique Belpomme), dans une réunion de concertation organisée par l'ECHA (notez bien que sa présentation ne fait pas état de HEAL... vous avez dit « transparence »?).

 

HEAL a aussi présenté des observations dans le cadre de la procédure de consultation (N° 198). Le nom de l'auteur a été caviardé. Qui était-ce ?

 

Cerise sur le gâteau, M. Portier a annoncé dans sa dernière lettre qu'il est un expert témoin pour un cabinet d'avocats états-unien dans un litige portant sur le glyphosate.

 

 

Un extraordinaire conflit d'intérêts... dissimulé par le Monde des deux Stéphane

 

Le Portier collaborateur d'un cabinet d'avocats états-unien a tout intérêt à ce que la controverse perdure en Europe. Ce qui pose une question : sa lettre – dont on relèvera cette fois qu'il en est le seul signataire – est-elle de bonne foi ? La réponse impose d'en examiner la substance.

 

Mais il faut relever que, une fois de plus, les journalistes du Monde ont soigneusement omis de présenter M. Portier sous son vrai jour : celui de lobbyiste et de mercenaire de la cause anti-glyphosate.

 

C'est peut-être écrit en petits caractères (comme sur les contrats d'assurance...), mais M. Portier a bien fait état de ses activités dans sa lettre à M. Juncker. Alors, comment qualifier l'article du Monde ? Désinformation certainement, tromperie aggravée peut-être.

 

 

Nihil novi sub sole

 

On peut s'interroger de même sur la description des circonstances :

 

« […] Christopher Portier […] a eu accès aux données des études confidentielles sur le glyphosate – celles transmises par les industriels aux autorités européennes. Il y a découvert des informations passées jusqu’à présent inaperçues. »

 

Vraiment, à lire la lettre, on a plutôt l'impression qu'il s'agit d'articles scientifiques en bonne et due forme, certains peut-être non publiés.

 

En fait, on tourne en rond. Autrement dit, M. Portier ressasse des objections auxquelles il a déjà été répondu depuis longtemps. Le Monde écrit :

 

« Selon M. Portier, la réanalyse de ces données met en évidence plusieurs cas de cancer dus au glyphosate, et qui n’ont pas été pris en compte par les agences d’expertise européennes. "Autant l’EFSA [Autorité européenne de sécurité des aliments] que l’ECHA [Agence européenne des produits chimiques] ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d’augmentation d’incidence de cancers, dans les études menées sur les rongeurs", précise M. Portier à M. Juncker. »

 

 

On n'en saura guère plus... transparence...

 

 

La réponse a été réitérée récemment par le BfR, d'une manière finalement peu flatteuse pour M. Portier :

 

« Toutes les études originales mentionnées dans la lettre de M. Portier ont été examinées en fonction de leur fiabilité et de leur pertinence dans le cadre des évaluations des autorités européennes. Fondamentalement, une signification statistique ne doit pas être assimilée à une pertinence biologique selon les lignes directrices techniques de l'OCDE. Il est nécessaire d'évaluer les études animales en question non pas de manière isolée, mais selon une approche WoE, à savoir dans leur globalité et en tenant compte des directives harmonisées. »

 

 

La nécessaire conclusion selon l'industrie...

 

 

Est-ce si compliqué à comprendre pour un « toxicologue et biostatisticien de renommée mondiale » que signification statistique ne signifie pas encore signification biologique ? Et que, même s'il devait avoir raison sur les quelques cas de cancers prétendument omis, cela n'invalide pas nécessairement une conclusion fondée sur l'approche juridiquement imposée du poids de la preuve ?

 

Sa lettre est d'une rare opacité... Un comble pour quelqu'un qui réclame la transparence. Mais on peut aussi penser que cette opacité sert la finalité réelle de la démarche : faire obstruction à la procédure de ré-autorisation du glyphosate, dans une guerre de tranchées, en jetant un pavé dans la mare médiatique et le marais politique tout en empêchant une résolution du différend.

 

 

La conclusion de la lettre du 28 mai 2017

 

Cette opacité rend l'analyse détaillée de ses arguments quasi impossible. Nous sommes toutefois parti dans une fishing expedition. Nous avons jeté notre filet sur Sugimoto et al. (1997), 18-Month Oral Oncogenicity Study in Mice, une étude apparemment non publiée sur des souris CD-1, propriété, semble-t-il, de Alschu-Chemie GmbH. Et bingo ! Elle est citée 16 fois dans le cadre de la consultation publique. Elle est aussi mentionnée 33 fois dans le projet de rapport CLH (harmonized classification and labelling) de l'ECHA avec, bingo !, les doses administrées :

 

  • dans la ration 0 (témoin), 1.600 ppm, 8.000 ppm, 40.000 ppm. Soit 0 ; 1,6 ; 8 ; 40 grammes/kilogramme de ration ou litre de boisson !

     

  • Cela donne des prises journalières de 0 ; 165 ; 838 ; 4.348 milligrammes de glyphosate par kilogramme de poids corporel chez les mâles et 0 ; 153 ; 787 ; 4.116, chez les femelles.

 

 

...illustrée dans un cas particulier par le BfR. Sugimoto et al., c'est "C".

 

 

C'est à comparer avec la dose journalière admissible fixée pour l'homme : 0,3 mg/kg de poids corporel par jour ; insistons : la première dose administrée représente plus de 500 fois la DJA.

 

Autre comparaison : la dose maximale administrée aux souris correspond peu ou prou à un litre de concentré soluble du commerce – encore disponible pour les jardiniers amateurs – pour un homme de 75 kilos...

 

Et, si nous avons bien compris la lettre de M. Portier, les hémangiomes statistiquement significatifs sont ceux du groupe des femelles ayant reçu la dose maximale de glyphosate...

 

...Et avec ça, M. Portier, et le Monde à sa suite, essaient de nous faire peur !

 

 

Ah ! Mme Rivasi...

 

Nous ne nous attarderons pas sur M. Martin Pigeon, présenté comme « chercheur à Corporate Europe Observatory, une ONG bruxelloise ». Mme Horel connaît... elle a travaillé pour lui.

 

 

 

 

Plus intéressante est l'éructation de la députée européenne Michèle Rivasi, rapportée par le Monde :

 

Résultat de recherche d'images pour "rivasi glyphosate"

 

Cela n'a pas empêché Christopher Portier d'écrire sa lettre... 

 

« En mars 2016, après une réunion houleuse au Parlement de Strasbourg avec le directeur de l’EFSA, Bernhard Url, des eurodéputés écologistes requièrent de l’agence européenne la divulgation de plus de données. "Nous lui avons dit que des avis rendus sur la foi d’études secrètes n’ont aucune valeur scientifique, et les choses se sont assez mal passées, raconte la députée européenne Michèle Rivasi (EELV). J’ai expliqué au directeur de l’EFSA qu’il aurait des comptes à rendre si on réalisait dans quelques années que la réautorisation du glyphosate avait pu être responsable de morts ou de maladies. Nous avons finalement eu accès aux CD-ROM, sous certaines conditions. »

 

Toujours aussi hâbleuse, Michèle... Nous n'avons pas le souvenir d'une réunion houleuse. Et « ...des avis rendus sur la foi d’études secrètes n’ont aucune valeur scientifique » ? Bel exemple de post-rationalisme ! Peut-être faut-il songer à forger le mot « rivasisme »...

 

Mais remercions les deux Stéphanes, Foucart et Horel : grâce à eux et à leur militantisme, nous aurons eu une autre occasion de rire... jaune car Mme Rivasi contribue à la définition des politiques européennes.

 

Et peu de lecteurs du Monde semblent conscient de ce qui est une véritable escroquerie journalistique.

 

 

 

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Factsory 06/06/2017 19:54

Vous commencez à tromper le lecteur dès le début de votre article. Le rôle de M. Portier dans HEAL n'est pas mentionné dans sa présentation ? Mais où avez-vous trouvé sa présentation ? Car si vous aviez l'honnêteté de donner le lien vers le site de l'ECHA, où sa présentation figure, nous aurions tout le contexte. Voici le lien manquant : https://echa.europa.eu/-/the-committee-for-risk-assessment-starts-discussing-the-harmonised-classification-for-glyphosate et qu'y trouve-t-on ? La description des intervenants dont « un représentant de la société civile (Health And Environmental Alliance, HEAL) ». Et la présentation de M. Portier se trouve derrière un lien « Civil society (HEAL) ». Difficile de faire plus explicite.

Vous prétendez que sa renommée mondiale, M. Portier l'a acquise depuis l'épisode du glyphosate au CIRC. Et juste après vous mettez sa signature où l'on voit qu'il s'agit de l'ancien directeur ou directeur adjoint de quatre agences étatsuniennes. Sa renommée mondiale ? C'est le NIEHS, dont il a été directeur adjoint, qui le dit : https://www.niehs.nih.gov/news/assets/docs_a_e/dr_christopher_portier_508.pdf
Il n'est pas toxicologue ? Non il a juste été directeur adjoint du programme national de toxicologie.

Il est intéressant aussi que vous insistiez lourdement sur les conflits d'intérêts potentiels de M. Portier mais pas sur les experts du JMPR ou de l'ECHA ou de l'EFSA ou de …

Seppi 14/06/2017 17:40

Bonjour,

Votre commentaire a bien retenu mon attention.

Vous me demandez : « Le rôle de M. Portier dans HEAL n'est pas mentionné dans sa présentation ? » Non, il n'est pas mentionné. Je confirme.

« Car si vous aviez l'honnêteté de donner le lien vers le site de l'ECHA, où sa présentation figure, nous aurions tout le contexte. »

J'admets que je suis un peu négligent avec la séquence des opérations. Mais si vous aviez regardé attentivement, vous auriez vu un trait bleu sous « présentation » et « réunion de concertation ». Les liens y sont.

De toute manière, cela ne change rien au fait que M. Portier a – volontairement – omis de mentionner en quelle qualité il a fait la présentation. Le fait que cela soit indiqué sur une page de l'ECHA n'y change rien non plus.

Mais j'ai complété la légende de l'illustration : « Présentation de M.Christopher Portier lors de la réunion de concertation organisée par l'ECHA. Aucune indication [Ajout du 14 juin 2017 pour éviter toute mauvaise interprétation : sur cette présentation] du fait que M. Portier était employé par le consortium d'organisations HEAL. »

Je ne prétends pas, mais constate et maintiens que M. Portier a acquis sa réputation mondiale depuis l'épisode du glyphosate. Que ses états de service antérieurs aient été distingués ne change rien au fait qu'il était auparavant, selon la formule consacrée, un illustre inconnu.

Vous écrivez : « Il n'est pas toxicologue ? Non il a juste été directeur adjoint du programme national de toxicologie. » Eh bien, nous sommes d'accord ! Et le fait qu'il ait été directeur adjoint ne change rien au fait qu'il n'est pas toxicologue.

Et oui, j'insiste lourdement sur les conflits d'intérêts, non pas potentiels, mais réels, de M. Portier. Que d'autres en aient, réels ou allégués, ne change rien au fait que M. Portier avaient un conflit d'intérêts, devenus gigantesques après le classement du glyphosate par le CIRC.