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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Évaluation des risques : le produit, pas le procédé !

8 Juin 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique

Évaluation des risques : le produit, pas le procédé !

 

 

Résultat de recherche d'images pour "product safety assessment" M. Giovanni Tagliabue, un chercheur indépendant italien, a produit un article très original, « Product, not process! Explaining a basic concept in agricultural biotechnologies and food safety » (le produit, pas le procéde ! Expliquer un concept de base des biotechnologies agricoles et de la sécurité alimentaire). Le résumé explique l'originalité :

 

« La plupart des chercheurs en sciences de la vie ont recommandé sans relâche que toute approche évaluative des produits agroalimentaires soit fondée sur l'examen du phénotype, c'est-à-dire des caractéristiques réelles des variétés de produits alimentaires, d'aliments pour animaux et de fibres : les effets de tout nouveau cultivar (ou de micro-organisme,ou d'animal) sur notre santé ne dépendent pas du (des) procédé(s), des techniques utilisées pour l'obtenir.

 

Les "organismes génétiquement modifiés" ("OGM"), en revanche, sont habituellement présentés comme un groupe avec des propriétés particulières – et le plus souvent perçus comme dangereux, voire nuisibles.

 

Certains chercheurs en sciences sociales croient toujours que considérer le procédé est une base correcte pour une compréhension et une réglementation fondées sur la science. Pour montrer qu'une telle approche est grossièrement erronée, et pour inviter les scientifiques, les enseignants et les communicateurs scientifiques à expliquer cette erreur aux étudiants, aux décideurs politiques et au public en général, nous avons imaginé un dialogue entre, d'une part, un sociologue qui a son opinion positive sur le poids qu'il convient de donner à une orientation fondée sur les procédés dans l'évaluation des risques et, d'autre part, quelques experts qui proposent beaucoup d'arguments contre cette approche. La discussion se concentre sur la sécurité des nouveaux aliments. »

 

Il en faut un peu plus. Alors voici le premier paragraphe :

 

« Nous sommes dans un laboratoire d'analyse alimentaire. Le "prototype" d'une nouvelle variété de poivrons doux vient d'être mis sur la table. Il y a là quelques personnes : la responsable du laboratoire, une toxicologue ; son assistant, un expert en allergies alimentaires et intolérances ; un spécialiste des biotechnologies agricoles de l'unité de recherche philanthropique qui a développé le cultivar ; un épistémologue des sciences de la vie qui est spécialisé dans la réglementation des biotechnologies agro-alimentaires et les politiques dans ce domaine. Le dernier est une professeure de sciences sociales, qui dirige un "Centre de Génie Génétique et Société" dans une université : parce qu'elle est convaincue qu'il n'est pas nécessaire de "réamorcer le débat sur le génie génétique", leur discussion est très interessante. »

 

Les propos de la sociologue sont inspirés de Jennifer Kuzma, « Policy: Reboot the debate on genetic engineering ». C'est un texte qui mérite d'être lu, ne serait-ce que parce qu'il présente très brièvement la situation aux États-Unis d'Amérique en matière de réglementation.

 

Nous avons trébuché sur le paragraphe suivant :

 

« De 1999 à 2000, j'ai dirigé une étude de l'Académie Nationale des Sciences des États-Unis (voir go.nature.com/lhyten) sur les plantes GM résistantes à des ravageurs et leur réglementation. TEn travaillant sur ce projet, et dans les années qui ont suivi, j'ai constaté que la plupart des gens qui sont en faveur de la réglementation fondée sur les produits estiment qu'il n'est pas nécessaire de traiter les organismes génétiquement modifiés différemment des organismes créés par des procédés classiques. En outre, ces personnes prétendent souvent que ceux qui pensent que le procédé d'ingénierie devrait être au centre de la réglementation – et qui veulent donc voir la plupart ou tous les produits GM passer par un examen réglementaire avant d'entrer sur le marché – font des arguments basés sur des valeurs ou des émotions, plutôt que sur la science, pour soutenir leurs points de vue.

 

Avec ce genre d'argument sophistique, la sociologie peut aller loin. Que pensent les partisans d'une réglementation fondée sur le produit des motivations des partisans d'une réglementation fondée sur le procédé ? Aucun intérêt pour la question.

 

Il y a aussi ce graphique :

 

Peut-on vraiment alléguer un contrôle moins rigoureux avec une statistique sur cinq ans et une croissance, sans nul doute liée au développement des activités de création d'OGM, de 1 (qu'on peut aussi considérer comme une valeur hors-type) et 10 ?

 

L'article de M. Tagliabue est instructif et d'une lecture agréable.

 

Un procédé à réutiliser ?

 

Il a déjà été utilisé par M. Jean-Paul Oury dans « OGM moi non plus – Petit dialogue génétiquement modifié » (www.livrebusiness.com, 2009).

 

 

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